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Les Anonymous ciblent des membres du gouvernement turc

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 publié le 5 juin 2013 à 16 h 20

Le drapeau des Anonymous

Des militants du collectif de cyberpirates Anonymous ont dit mercredi avoir attaqué le gouvernement turc et obtenu des détails confidentiels sur des membres du bureau du premier ministre, Recep Tayyip Erdogan.

Ces cyberattaques ont été menées en soutien aux manifestations antigouvernementales qui secouent le pays depuis plusieurs jours.

On confirme de source ministérielle que des adresses courriel de l’équipe du premier ministre ont été piratées, en précisant que les adresses concernées ont été depuis retirées du réseau.

Les membres de « Anonymous Turquie »  disent dans un communiqué publié sur Twitter qu’ils n’ont pas divulgué de numéros de téléphone portable et qu’ils ne diffuseraient que les mots de passe d’adresses courriel en lien avec des affaires non classées.

Reuters

La Sûreté du Québec (SQ), en collaboration avec d’autres corps policiers, a procédé mardi matin à six arrestations et six perquisitions « en lien avec les attaques informatiques perpétrées depuis le 18 mai dernier contre des sites publics et parapublics ».

La SQ refuse toutefois de spécifier quelles attaques ont été ciblées par les enquêteurs, et elle ne veut pas préciser si les personnes arrêtées sont en lien avec Anonymous, qui a revendiqué plusieurs attaques informatiques au cours des derniers mois au Québec.

Les six individus arrêtés, dont trois sont mineurs, pourraient faire face à des accusations de méfaits, de méfaits sur des données, d’utilisation non autorisée d’un ordinateur et de complot.
Les arrestations ont été menées à Rimouski, Sherbrooke, Forestville, Montréal et Longueuil. Les accusés devraient comparaître par vidéoconférence devant un juge du palais de justice de Montréal.

Les policiers disent prendre ce genre de crimes « très au sérieux ». Pour mener son enquête sur les cyberattaques des dernières semaines, la SQ a mis sur pied une équipe intégrée composée du Service de police de la Ville de Montréal, du Service de la protection des citoyens de Laval, du Service de police de la Ville de Longueuil et de la Gendarmerie royale du Canada. La SQ dit aussi avoir obtenu l’aide du CERT/AQ, l’équipe de gestion d’incidents de sécurité informatique de l’administration québécoise pour son enquête.

Dans son communiqué, la Sûreté du Québec dit ne pas souhaiter donner plus de détails sur ces arrestations « pour ne pas nuire à l’enquête en cours ».

Au cours des dernières semaines, de nombreux sites Internet ont été la cible de pirates informatiques, dont plusieurs sites gouvernementaux, celui du Service de police de la Ville de Montréal ou encore le site du Parti libéral du Québec. Voici nos précédents articles sur certaines cyberattaques commises au cours des dernières semaines :

Et si vous souhaitez en savoir davantage sur la nébuleuse Anonymous :

 

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Une attaque par des pirates informatiques du collectif Anonymous sur le site de l’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ) est à l’origine de la diffusion de coordonnées professionnelles de dizaines de policiers québécois, le week-end dernier.

« L’information vient d’une liste de nos membres, mais ne contient aucun renseignement personnel », a indiqué à Radio-Canada Alain St-Onge, directeur général de l’ADPQ. « Notre site a été attaqué le lundi 28 mai et désactivé depuis », a-t-il précisé.

L’Association des directeurs de police du Québec, un organisme sans but lucratif basé à Laval, regroupe quelque 450 dirigeants des corps policiers de la province.

La liste publiée sur un site Internet associé à Anonymous contient les noms et coordonnées professionnelles (courriels, numéros de téléphone, adresses) de quelque 160 policiers. « Les informations sur ces policiers sont généralement publiques, et on ne pense pas que des pirates aient eu accès à d’autres informations », explique M. St-Onge, qui ajoute que la Sûreté du Québec fait le suivi dans ce dossier.

Des attaques informatiques en marge du conflit étudiant

Depuis l’adoption de la loi 78, instaurée pour mettre fin au conflit étudiant, le collectif Anonymous critique l’atteinte à la liberté d’expression et les interventions policières lors des manifestations. Pour se faire entendre, des pirates informatiques ont attaqué une quinzaine de sites web, dont ceux des ministères de la Sécurité publique et de l’Éducation, de l’Assemblée nationale, du Parti libéral du Québec, de la Déontologie policière, du Service de police de la Ville de Montréal et de l’Association des directeurs de police du Québec.

Certaines attaques informatiques engorgent les serveurs et perturbent l’accès aux sites, tandis que d’autres, plus importantes, permettent d’accéder à la gestion du site pour en modifier l’apparence ou pour obtenir des contenus confidentiels. Les attaques sont souvent annoncées, puis revendiquées, dans une stratégie de communication qui vise à donner le maximum d’influence à Anonymous.

Articles connexes:

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Qui sont les Anonymous?

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Les Anonymous piratent plusieurs sites du gouvernement du Québec

 

Pour me joindre :

Florent DaudensQui sont les Anonymous?

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 publié le 29 mai 2012 à 15 h 58

Le drapeau des Anonymous - Source : Wikipédia

Avec leurs attaques contre des sites gouvernementaux et leurs vidéos sur YouTube, les pirates d’Anonymous se sont immiscés dans la crise au Québec depuis plusieurs jours. Mais la teneur de ce mouvement d’«hacktivistes » (contraction de hacker – pirate – et activiste) reste difficile à cerner.

Pour mieux les comprendre, nous nous sommes joints aux discussions de « l’opération Québec » menée en ce moment contre des sites de la province. Il en ressort un portrait partiel, mais éclairant.

Un groupuscule? Une nébuleuse? Le mouvement reste décentralisé, voire fragmenté. Par exemple, au sujet d’une possible attaque sur les sites liés à la Formule 1, la confusion règne. « Sa lair que ces pas vrais le GP » affirme l’un, tandis qu’un autre déclare « je sais pas si c vrai, mais le fait d’Avertir c’Est fail [un raté, ndlr]». Et un autre de demander : « mais pourquoi le gp au juste?? ». L’un demande à un autre s’il sait qui a publié le communiqué et précise « c’est n’est pas crédible selon moi ». On devise ensuite sur le fait que le communiqué soit rédigé en anglais, ce qui pourrait indiquer qu’il s’agit d’une autre faction d’Anonymous.

D’ailleurs, les Anonymous se jouent des frontières. On a ainsi pu voir Anonymous Tunisie apporter son soutien à l’opération Québec, en établissant un parallèle avec le printemps arabe.

On se moque aussi des autorités, entre autres de la Ville de Montréal, qui affirme traiter l’interruption de service de son site comme un problème technique lié à une plus grande affluence plutôt que comme un acte de piratage. « Je crois que cette personne ne sait pas ce qu’est un ddos [une attaque de déni de service, ndlr] », commente l’un des Anonymous.

Au fil des discussions, on s’invective (« ta moin de 14 ans ? ») et on manie l’humour geek en s’expulsant soi-même du canal de discussion, par exemple. L’argot français côtoie celui plus québécois, avec une écriture proche des SMS.

Un réseau à géométrie variable

Les Anonymous revendiquent plusieurs règles, dont la plus évidente : l’anonymat. Tous discutent sous pseudonyme sur les canaux IRC, une interface de dialogue qui a connu son heure de gloire il y a plusieurs années.

« Il n’y a pas de Star chez anonymous, donc pas d’interview ou de discours entrainant. Il n’y a pas de porte parole, chef ou admin, ou même un gars en charge de quoi que ce soit. » – Règlement des Anonymous

Un slogan, utilisé dans toutes leurs actions : « Nous sommes Anonymes. Nous sommes légion. Nous ne pardonnons pas. Nous n’oublions pas ». Un symbole : le masque de Guy Fawkes dans le film V pour Vendetta. En filigrane de leurs actions, ils ciblent tout ce qu’ils considèrent comme une entrave à la liberté sur Internet.

De premières attaques en 2008

Les premiers faits d’armes d’Anonymous remontent à 2008, lorsqu’ils ont attaqué l’Église de scientologie qui avait demandé de faire retirer une vidéo sur le site 4chan, creuset de la culture web. Anonymous a ensuite attaqué plusieurs sites comme Visa ou Paypal (les vitrines et non les infrastructures de paiement) après l’arrestation de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. Ou encore ceux du département américain de la Justice et d’Universal Music après la fermeture de MegaUpload.

Ils peuvent commettre plusieurs types d’attaques. Le DDOS, ou déni de service, consiste à multiplier le nombre de requêtes simultanées sur un serveur, afin de le saturer et de le mettre hors service. Cette attaque ne demande pas de compétences informatiques poussées, d’autant plus qu’une application en ligne, LOIC, permet à chacun de mettre son ordinateur à contribution, avec les risques que cela comporte.

Par contre, plusieurs sites ont été « défacés » avec l’affichage de la signature des Anonymous, par exemple, sur la page d’accueil. Cette attaque requiert une intrusion dans le gestionnaire du site. Des Anonymous soutiennent aussi détenir des informations confidentielles, notamment du Service de police de la Ville de Montréal, mais le principal intéressé nie qu’il s’agisse de données sur ses policiers.

Un plus petit groupe, LulzSec, avait beaucoup fait parler de lui lors d’une intrusion sur le réseau de jeu en ligne de Sony en 2011. Les six membres ont été arrêtés au début de l’année.

Et aussi : Anonymous dans le paysage québécois, un reportage au Téléjournal

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Anonymous affirme que tous les sites Internet liés à la Formule 1 seront attaqués lors du Grand Prix du Canada qui se tiendra à Montréal du 8 au 10 juin.

« Il semble que Bernie Eccelstone n’a pas appris de son expérience au Bahreïn », et que ce « diable reste déterminé à tenir son Grand Prix dans des endroits où Amnistie internationale et d’autres groupes de défense des droits de la personne dénoncent des violations des droits », écrit le collectif de pirates informatiques dans un communiqué en anglais diffusé lundi soir.

Faisant référence à la loi 78, qualifiée de « tyrannique » et de « draconienne », Anonymous dit vouloir perturber « la petite fête » de M. Eccelstone.

« Nous voudrions rappeler à tous ceux qui prévoient assister à cette course abominable que la dernière fois (au Bahreïn), Anonymous a trouvé toutes les données personnelles des spectateurs, incluant leur numéro de carte de crédit sur les serveurs non cryptés de la F1, et nous avons mis ces informations sur Internet », peut-on lire dans le communiqué.

« Nous vous recommandons donc de joindre le mouvement de boycottage du Grand Prix de Montréal et nous vous recommandons fortement de ne pas acheter de billets ou de produits de F1 par Internet. Vous aurez été avertis », poursuit Anonymous, qui encourage par ailleurs les amateurs de Formule 1 à participer aux manifestations dans les rues de Montréal.

Rappelons que des pirates informatiques du réseau Anonymous ont infiltré lundi le site Internet du Service de police de la Ville de Montréal, une semaine après des attaques sur une douzaine de sites gouvernementaux, de l’Assemblée nationale et du Parti libéral du Québec. Dans certains cas, Anonymous a seulement engorgé les serveurs, tandis que dans d’autres, les pirates ont réussi à prendre le contrôle - partiellement du moins – des sites.

Mise à jour, mardi 15 h 25:

Une vidéo intitulée « Boycott F1 » a été ajoutée sur la chaîne d’Anonymous francophone. Le message ne parle pas d’attaques informatiques, mais lance plutôt un appel à boycotter le Grand Prix du Canada à Montréal et à participer aux manifestations.

http://youtu.be/vpy54Ec-SrM

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