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Vincent GrouVie privée : les partis politiques à l’abri de la loi

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 publié le 23 juillet 2013 à 11 h 44

Petit suivi sur cette histoire de courriels envoyés par erreur par l’aile jeunesse du Parti libéral du Canada en Nouvelle-Écosse, dont nous vous avons parlé la semaine dernière.

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada disait vendredi n’avoir reçu aucune plainte à ce sujet. Toutefois, selon Scott Hutchinson, porte-parole du Commissariat, « même si nous avions reçu une plainte à ce sujet, nous ne serions pas habilités à intervenir en vertu de la loi. Le fait est que ni la Loi sur la protection des renseignements personnels (qui s’applique aux ministères et organismes fédéraux) ni la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé) ne s’appliquent aux partis politiques ».

Il ajoute qu’il s’agit d’une lacune dont le Commissariat a déjà fait état. Un document de recherche externe publié en 2012 soulignait d’ailleurs que comme « les partis du Canada continuent de recueillir et de traiter des données personnelles, il est probable qu’il y aura d’autres incidents concernant des atteintes à la protection des données, l’utilisation et la communication sans consentement de renseignements personnels et des pratiques de marketing non sollicitées, et que les médias en feront état. On continuera aussi probablement à exiger du Commissariat à la protection de la vie privée qu’il réagisse, malgré qu’il ne soit pas l’instance appropriée ».

Comment les partis recueillent-ils ces données? Comme l’explique cet article de la CBC, les partis se constituent des bases de données (CIMS pour le Parti conservateur, dont une présentation est disponible en ligne, Liberalist pour le Parti libéral et NDP Vote pour le Nouveau Parti démocratique) qui sont très précieuses et qui leur permettent notamment de mener des campagnes ciblées auprès des électeurs.

Ces bases de données sont constituées en croisant différentes informations du domaine public, comme la liste électorale, des codes postaux, des listes de donateurs de partis, avec des informations comme des résultats de sondages internes.

Si chaque parti met en place des mesures pour protéger ces informations personnelles, des événements comme l’envoi des courriels du PLC, ou le dossier des appels trompeurs où l’utilisation du CIMS du Parti conservateur a été montrée du doigt, illustrent les craintes mentionnées plus haut par le Commissariat à la protection de la vie privée, qui souhaite qu’une réflexion publique ait lieu sur le sujet.

Pour me joindre :
Vincent.Grou@Radio-Canada.ca

Vincent GrouUn courriel du PLC soulève des questions de vie privée

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 publié le 19 juillet 2013 à 10 h 35

Un internaute qui nous a signalé la situation a eu la mauvaise surprise de voir certaines de ses informations personnelles dans la base de données du PLC.

Un envoi de courriel de la part de l’aile jeunesse du Parti libéral du Canada (PLC) en Nouvelle-Écosse soulève des questions en matière de vie privée.

De nombreux internautes qui disent n’avoir aucun lien avec le PLC ont reçu jeudi ce courriel, signé par Kelsey MacDonald, présidente des Jeunes libéraux de la Nouvelle-Écosse, qui les invite à participer au caucus de l’Atlantique 2013 :

Chers Jeunes libéraux,

Je m’appelle Kelsey MacDonald et, à titre de président des Jeunes libéraux de la Nouvelle Écosse, je vous invite cordialement à venir à Halifax pour participer au Caucus de l’Atlantique 2013. Chaque année, cet événement attire des Jeunes libéraux qui veulent s’investir davantage dans les activités du Parti et rencontrer des gens avec qui ils partagent les mêmes points de vue.

Cette année, le congrès a lieu dans la belle ville de Halifax, au cours la fin de semaine du 26 au 28 juillet. Ce sera certainement un événement mémorable, car il coïncide avec la Semaine de la fierté gaie. Les délégués pourront participer aux festivités en marchant aux côtés du chef libéral de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, lors du défilé.

Vous pouvez vous inscrire comme délégué au Caucus de l’Atlantique à Halifax en cliquant ici.

Le programme du Caucus de l’Atlantique comprend également une réunion-débat, une visite de la brasserie Keith et un dîner-pizza avec le chef libéral Stephen McNeil, des rencontres informelles avec des membres du caucus libéral, un jeu-questionnaire en soirée et l’occasion de visiter le centre-ville (ainsi que le port de Halifax à bord du Harbour Hopper)!

Cliquez ici pour consulter le programme de la fin de semaine et pour vous inscrire au Caucus de l’Atlantique 2013.

Au plaisir de vous voir à Halifax!

Kelsey MacDonald

Président des Jeunes libéraux de la Nouvelle-Écosse

Le courriel était accompagné d’un lien pour se désinscrire de la liste d’envoi du parti. Or, en cliquant sur ce lien, les internautes ont eu la mauvaise surprise de découvrir qu’ils avaient un profil sur le site du PLC et que celui-ci avait leur nom, leur adresse courriel, leur numéro de téléphone et  leur code postal. (Mise à jour : plusieurs personnes qui m’ont écrit après la parution de cet article ont dit avoir aussi reçu ce courriel et précisé que les informations personnelles contenues dataient de quelques années).

Comme le souligne ma consoeur de CBC Kady O’Malley, cet envoi massif a suscité maintes réactions dans les réseaux sociaux, nombreux étant ceux qui se demandent comment le PLC a pu obtenir leurs informations personnelles.

Dans une déclaration sur Facebook et sur Twitter, l’aile jeunesse de Nouvelle-Écosse et sa présidente ont présenté leurs excuses et attribué cet envoi à un problème informatique.

Un utilisateur du site Reddit a pour sa part soulevé la possibilité que les gens qui ont reçu ce courriel aient été inscrits à la liste d’envoi de la Canadian Coalition for Electronic Rights (CCER), une coalition maintenant défunte qui regroupait des entreprises Internet contre la version canadienne du Digital Millenium Copyright-Act. Si cette hypothèse s’avère, cela n’explique toujours pas comment la liste d’envoi de la CCER s’est retrouvée entre les mains du PLC. En soirée, jeudi, le directeur national du PLC, Jeremy Broadhurst, a déclaré que le parti prenait la question très au sérieux et que son équipe des TI tentait de déterminer s’il s’agit « d’une erreur humaine, d’un problème technique, ou d’une combinaison des deux ». Vendredi matin, un porte-parole du PLC nous a indiqué que l’enquête interne était toujours en cours. Il n’a pas été en mesure de dire si des membres de la CCER ont déjà eu un quelconque lien avec le PLC. Nous avons contacté le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada afin de savoir s’il avait reçu des plaintes à ce sujet et si une enquête de sa part était en cours. Pour me joindre : Vincent.Grou@Radio-Canada.ca

La compagnie propriétaire du train qui a explosé à Lac-Mégantic est vivement critiquée sur la toile, pour la qualité du français dans un de ses communiqués. Si bien qu’une page du site Internet de la Montreal, Maine and Atlantic (MMA) Railway semble avoir été détournée.

La mauvaise qualité du français du communiqué de presse de la MMA était telle que sa compréhension était difficile. En voici un extrait :

« Alors que l’enquête publique de la cause de l’accident a largement empêché MMA de terminer sa propre enquête, un fait qui a émergé est la locomotive du train de pétrole garé à la Station Nantes a été fermé ultérieur au départ de l’ingénieur qui avait manipulé le train de Farnham, qui a pu avoir eu comme conséquence la libération des freins à air sur la locomotive qui jugeait le train en place ».

En matinée, mardi, le communiqué a été retiré, puis une nouvelle version corrigée a été publiée. Voici l’extrait précédent corrigé :

« Bien que l’enquête gouvernementale sur la cause de l’accident a dans une grande mesure empêché MMA de terminer sa propre enquête, selon un fait qui semble établi, le moteur de la locomotive du train stationné à la station de Nantes a été arrêté après le départ du mécanicien qui avait conduit le train depuis Farnham, ce qui pourrait avoir entraîné le désarmement des freins à commande pneumatique de la locomotive qui maintenait le train en place ».

Un internaute mécontent a même détourné une page du site de la MMA, usant de sarcasme pour critiquer la compagnie, dans un français de mauvaise qualité :

mma-surleweb
mma-surleweb

Toutefois, MMA a fait savoir dimanche qu’elle avait dépêché à Lac-Mégantic une équipe, avec un porte-parole francophone.

Vincent GrouTwitter atteint du syndrome de la Tourette

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 publié le 19 juin 2013 à 9 h 55

Vous avez peut-être vu vos contacts publier sur Twitter des messages qui peuvent paraître incohérents, des insultes ou des onomatopées. Ils sont accompagnés du mot-clé #SurrenderYourSay (cédez votre parole).

Il s’agit de la campagne Surrender Your Say (en anglais) de la Fondation canadienne du syndrome de la Tourette. La campagne de 24 heures a débuté à 9 h (HAE) mercredi matin.

Comme l’explique la Fondation, le syndrome de la Tourette est un trouble neurologique caractérisé par des tics : des mouvements brusques, soudains et involontaires, ou des vocalisations répétitives qui surviennent de la même façon. La cause n’a pas été établie et à ce jour il n’existe aucun remède.

Le but de la campagne est de sensibiliser la population à ce que vivent les gens qui en sont atteints. En abandonnant leurs tweets, les internautes voient leur compte Twitter publier des messages incongrus sans qu’ils en aient le contrôle, et se retrouvent ainsi virtuellement atteints du syndrome.

 

 

 

La campagne est accompagnée du documentaire @Random, présente des portraits de différentes personnes atteintes du syndrome de la Tourette. Ceux-ci sont diffusés de façon aléatoire, ce qui fait que chaque internaute les verra dans un ordre différent. Il s’agit ici d’illustrer le fait que les personnes atteintes du syndrome ne vivent pas celui-ci de la même façon.

Mise à jour : Merci à un internaute qui nous a signalé sur Facebook l’existence de Guy, alias Tourette’s Karaoke, un Britannique atteint du syndrome, qui met en ligne des vidéos de lui chantant des grands succès en karaoké. Sa démarche lui permet de dédramatiser sa situation.

Pour me joindre :
Vincent.Grou@Radio-Canada.ca

Données informatiques

iStock Photo

La mise au jour, la semaine dernière, d’un vaste programme de surveillance électronique cautionné par le gouvernement américain continue de susciter de nombreuses réactions et de soulever tout autant de questions. Voici donc un tour d’horizon des derniers développements et quelques réponses aux questions.

Tout d’abord, Edward Snowden, l’ancien technicien de la CIA qui a révélé dimanche être à l’origine de fuites, est introuvable. Il a quitté lundi l’hôtel de Hong Kong où il logeait. Selon le Guardian, il se trouverait toujours dans la métropole. On apprend également que la Russie serait prête à l’accueillir.

Au Canada, la commissaire à la protection de la vie privée, Jennifer Stoddart, compte se pencher sur ce dossier. Ses intentions font écho aux inquiétudes de sommités et de groupes de pression comme Michael Geist (qui souligne que le Canada le fait depuis longtemps) et OpenMedia, qui invitent la population à demander des comptes au gouvernement canadien.

Le professeur à l’Université Laval et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en surveillance Stéphane Leman-Langlois a fait le point sur ce sujet avec René Homier-Roy.

Comment contourner la cybersurveillance?

Y a-t-il encore moyen d’échapper à la surveillance électronique? Au micro de C’est bien meilleur le matin, le collègue Janic Tremblay explique ce que les métadonnées révèlent sur vous.

Francetv info décline pour sa part une liste de mesures que vous pouvez prendre pour réduire votre empreinte numérique. Sachez toutefois qu’il est bien difficile d’éliminer toute trace de vos passages en ligne, qu’il vous faudra souvent renoncer à des produits ou à des services très populaires, et que certaines connaissances en informatique seront un atout. À lire, néanmoins, ne serait-ce que pour constater (une fois de plus) l’étendue des informations que le web collecte à notre sujet.

À voir également, cette infographie du Monde qui explique le fonctionnement du programme de surveillance.

Pourquoi Twitter n’est-il pas visé par Prism?

Beaucoup ont souligné le fait que Twitter n’était pas mentionné dans les documents révélés par le Guardian et le Washington Post.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette absence, expliquent des experts en sécurité informatique et en protection des données interrogés par TechHive.

Tout d’abord, la majorité du contenu de Twitter est déjà accessible. Et même s’il y a moyen d’envoyer des messages privés, le format de Twitter ne se prête pas à du partage de grandes quantités d’informations.

TechHive souligne par ailleurs que même si son nom n’est pas mentionné dans le document ultra-secret, on ne peut écarter à 100 % la possibilité que Twitter ne soit pas dans la ligne de mire des services de renseignement américains.

Une majorité d’Américains en faveur de la surveillance téléphonique

Selon un sondage du Pew Research Center, 56 % d’Américains trouvent acceptable que la National Security Agency (NSA) recueille des données téléphoniques pour mener des enquêtes sur le terrorisme, contre 43 % qui croient le contraire.

Par contre, 52 % croient que le gouvernement ne devrait pas surveiller le contenu des courriels, même dans le but de déjouer une attaque terroriste, contre 45 % qui estiment qu’une telle surveillance est acceptable.

En complément :

Naked Security souligne entre autres que Prism n’est pas le nom du programme, mais celui du système informatique qui le fait fonctionner.

Le Guardian rapporte comment les géants d’Internet mentionnés dans le document ont du mal à maintenir leur crédibilité et tentent de ménager leur réputation.

Le cas de Bradley Manning pourrait-il aider Edward Snowden à obtenir l’asile politique? demande le Washington Post.

Pour me joindre :
Vincent.Grou@Radio-Canada.ca