Archives du collaborateur Johanne Lapierre

Google Zeitgeist : 2012 en mots-clés

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 publié le 12 décembre 2012 à 13 h 55

Les revues de l’année abondent ces jours-ci… Certaines sont incontournables : comme il le fait chaque année, Google publie son Zeitgeist, soit une série de palmarès de mots, noms, expressions ou questions qui ont été les plus populaires sur le moteur de recherche­.

Dans le Zeitgeist 2012, Google publie tant les tendances mondiales que nationales, déclinées en une multitude de thèmes. Au total, au cours de la dernière année, 1200 milliards de recherches ont été effectuées en 146 langues sur le populaire moteur de recherche. Les termes les plus recherchés? Whitney Houston, Gangnam Style et l’ouragan Sandy.

Au Canada, le réseau social Pinterest, qui a beaucoup gagné en popularité cours de la dernière année, arrive en première place. L’ouragan Sandy arrive au 2e rang, suivi des Jeux olympiques. Quant à la chanteuse Whitney Houston, morte en février dernier, elle se retrouve en tête de la liste des célébrités ayant suscité le plus de recherches au Canada.

Quant aux thèmes typiquement canadiens, Google relève plusieurs palmarès intéressants. On apprend ainsi que Stephen Harper est le politicien canadien faisant l’objet du plus de recherche, suivi du candidat à la direction du Parti libéral du Canada Justin Trudeau. Quant aux musiciens canadiens les plus populaires, Justin Bieber trône sans surprise en haut de liste, alors que Drake se classe deuxième et Carly Rae Jepsen, troisième.

Fait intéressant, dans les questions commençant par « qu’est-ce que », la plus populaire est « qu’est-ce que l’amour »? Dans celles commençant par « comment », on retrouve « comment « rocker » » (how to rock).

Autres catégories intéressantes, en vrac…

Cuisine canadienne:
1- Bacon
2- Poutine
3- Sirop d’érable

Athlètes olympiques canadiens:
1- Milos Raonic
2- Alexandre Despatie
3- Christine Sinclair

Villes dans Google maps:
1- Toronto
2- Montréal
3- Calgary

Zeitgeist est un terme allemand qui signifie « l’esprit du temps ».

Finalement, Google a produit à partir des résultats du Zeitgeist 2012 une vidéo qui vaut le coup d’oeil.

 

Un oubli…

Jeudi, le site Kijiji publiait un communiqué, disant avoir été oublié de la liste de Google quant aux noms d’entreprises les plus recherchées au Canada en matière de vente au détail. Kijiji y disait que selon les propres chiffres de Google analytics, elle devrait être en tête de lice de la catégorie.

Google nous a confirmé avoir fait une erreur. L’entreprise dit qu’elle fera la correction dans ses listes.

 

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Dernièrement, la firme spécialisée dans le trafic Internet Renesys a rapporté et analysé des cas d’interruption d’Internet en Syrie et, il y a près de deux ans, en Égypte. Dans la masse de commentaires d’internautes reçus, la firme a remarqué qu’une question arrivait en tête de lice : est-il vraiment difficile de déconnecter un pays d’Internet?

Renesys s’est penchée sur le sujet, et publie cette semaine une carte des pays les plus vulnérables à une volonté politique de couper l’accès Internet aux citoyens. Résultat : une soixantaine de pays pourraient plutôt aisément priver leur population de ce lien de communication.

Pour en arriver à ce constat, Renesys a étudié le nombre d’entreprises qui fournissent un accès Internet depuis ou vers l’étranger aux frontières des différents pays. La firme a constaté que la décentralisation et la diversité du réseau étaient des facteurs-clés quant à la possibilité pour un gouvernement d’interrompre Internet dans son pays. Si seules une ou deux entreprises contrôlent le trafic Internet à la frontière, cela devient « presque banal » pour un gouvernement de couper l’accès au web dans son pays. « Faites quelques téléphones, ou couper le courant de quelques installations centrales, et vous avez (légalement) déconnecté l’Internet domestique de l’Internet global », explique Rensys.

Ainsi, selon l’analyse de Renesys, les pays qui ne comptent qu’une ou deux entreprises qui fournissent un accès à Internet à leur frontière présentent un « risque sérieux » de coupure du réseau. Au total, 61 pays (en vert foncé sur la carte) répondent à ce critère, dont la Syrie, l’Algérie, la Libye, le Myanmar ou encore le Yémen.

Du reste, les pays qui en possèdent moins de 10 sont considérés comme à « risque significatif », ceux qui en ont entre 10 et 40 sont à « faible risque », et ceux qui en ont plus de 40 sont considérés comme étant à l’épreuve d’une telle menace.

Le risque présenté dans l’analyse n’est toutefois pas nécessairement en corrélation avec la probabilité que les pays passent à l’action. Par exemple, le Groenland (province autonome du Danemark) fait partie des territoires les plus vulnérables en raison de sa géographie et des frais d’exploitation, et non par volonté de censure. Il peut toutefois être intéressant de comparer les données de la carte de Renesys et de celle des « ennemis d’Internet » publiée chaque année par Reporters sans frontières. On peut par exemple constater que la Syrie fait à la fois partie des pays ciblés comme « ennemis d’Internet » et de ceux qui sont les plus à risque dans l’analyse de Renesys.

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Facebook : un vote sur… le droit de vote!

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 publié le 5 décembre 2012 à 14 h 16

Le vote se poursuit jusqu'au 10 décembre sur Facebook.
L’état du vote à 12 h, le 5 décembre.
Depuis lundi et jusqu’au 10 décembre, les utilisateurs de Facebook sont invités à participer, peut-être pour la dernière fois, à un vote.

Les membres du réseau social peuvent se prononcer sur une série de nouvelles conditions d’utilisation qu’il souhaite mettre prochainement en œuvre. Deux documents régissant Facebook sont visés, soit la déclaration des droits et responsabilités et la politique d’utilisation des données.

La modification qui retient le plus l’attention est celle de la suppression du droit de vote des utilisateurs. En 2009, dans la foulée d’une polémique sur la politique de Facebook quant à la confidentialité des données, le site avait annoncé que ses utilisateurs pourraient dorénavant voter sur les modifications de ses conditions d’utilisation.

Mais en novembre, Facebook a annoncé qu’il comptait mettre fin à cette pratique, le mécanisme de vote incitant plus à la « quantité » de commentaires qu’à leur « qualité ».
Devant une nouvelle réaction négative des internautes à cette annonce, le réseau social a décidé de soumettre la mesure au vote. Mais voilà, Facebook est tenu de se soumettre au résultat du vote seulement si 30 % des membres y prennent part, un seuil qui n’a jamais été franchi lors de votes précédents. Avec un milliard d’utilisateurs, cela équivaut actuellement à quelque 300 millions de votes. Si la barre n’est pas atteinte, le tout ne sera que « consultatif ».

Vers midi, mercredi, plus de 219 000 personnes avaient voté contre les modifications proposées par Facebook, et près de 35 000 autres avaient voté pour : on est donc, pour l’instant, loin du compte. À noter que sur son blogue officiel, Facebook précise que le vote se déroule sous l’autorité d’un
« auditeur indépendant ».

Une autre mesure incluse dans ce vote soulève des inquiétudes pour les données des utilisateurs. Selon les nouvelles conditions, Facebook pourrait combiner les informations personnelles qu’il collecte sur ses membres avec celles d’autres sociétés lui appartenant, comme l’application de partage de photos récemment acquise Instagram.

Des associations de consommateurs ont plaidé que cette mesure soulevait des problèmes de protection des données. Certains ont affirmé que cette pratique pourrait violer les règles européennes sur la protection des données, ou encore un accord passé l’an dernier par Facebook dans le but de mettre fin à des poursuites de l’autorité américaine de la concurrence. Le site s’était alors engagé à demander le consentement de ses membres avant de partager des informations le concernant. Facebook affirme avoir révisé sa proposition afin que le partage des informations avec ses filiales soit fait en accord avec les lois applicables.

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Depuis hier, à Dubaï, près de 2000 délégués provenant de partout dans le monde se penchent sur l’avenir d’Internet. Ils prennent part à la Conférence mondiale sur les télécommunications internationales sous l’égide de l’Union internationale des télécommunications (UIT), organe de l’ONU. Au centre de cette grande rencontre : la révision du Règlement des télécommunications internationales (RTI).

Ce traité international vise à assurer l’interconnexion des services d’information et de communication à l’échelle mondiale. Il est signé par 178 pays, il a force obligatoire et n’a pas été modifié depuis 1988, soit avant l’essor d’Internet.

Les enjeux autour de la conférence de l’UIT, qui se déroule du 3 au 14 décembre, suscitent différentes réactions dans la communauté internationale et chez les principaux joueurs du web (voir notamment ce texte de Laurent LaSalle sur le blogue Triplex).

La position de la Russie, qui propose un plus grand contrôle de l’Internet par l’ONU et plus de pouvoir pour les États, est au cœur des inquiétudes. Des pays comme la Chine et l’Iran ont adopté des positions semblables. À l’opposé, les États-Unis estiment que le système actuel des multiples intervenants non gouvernementaux dans l’Internet devrait rester inchangé.

En marge de la rencontre, de vives inquiétudes quant à la liberté d’Internet ont donc été émises, notamment du côté de Google. L’entreprise, qui a créé une campagne associée d’une pétition en ligne, avance que « certains gouvernements ont l’intention de profiter d’une rencontre à huis clos » [la conférence de Dubaï] pour « réguler Internet et accroître la censure ». Google déplore notamment que seuls les États puissent voter à l’UIT, ce qui inclut des pays « qui ne défendent pas un Internet libre et ouvert ».

Google a peur que certains amendements proposés dans la révision du RTI ne menacent l’innovation. L’entreprise évoque que des projets « exigeraient de services comme YouTube, Facebook et Skype de payer de nouveaux droits afin d’atteindre les personnes à travers les frontières, ce qui pourrait limiter l’accès à l’information, en particulier sur les marchés émergents ».

D’autre part, Google estime que l’UIT ne constitue pas l’organe approprié pour traiter des questions d’Internet. « Bien que l’UIT ait aidé le monde à gérer les fréquences radio et les réseaux téléphoniques, ce n’est pas le bon endroit pour prendre des décisions concernant l’avenir de l’Internet », a déclaré Bill Echikson, directeur de Google pour la liberté d’expression en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique.

Juste avant l’ouverture de la conférence, Vinton Cerf, considéré comme l’un des pères fondateurs du web et qui oeuvre actuellement pour Google, a pris position sur le blogue de l’entreprise, se montrant préoccupé pour la liberté d’Internet. On peut également en savoir plus sur sa position, en français, dans les pages du quotidien Le Monde aujourd’hui.

D’ailleurs, un mème, clin d’œil à l’appel à la mobilisation des internautes par Vinton Cerf, circule beaucoup sur la toile mardi. On pourrait le traduire ainsi, en des termes plus polis : « Je ne crée pas toujours Internet, mais quand je le fais, je ne laisse pas l’ONU tout gâcher ».

Un mème mettant en scène Vinton Cerf
Un mème mettant en scène Vinton Cerf

Le dernier en date à s’exprimer sur le sujet : une autre grande figure du web, Tim Berners-Lee, que l’on désigne comme l’inventeur d’Internet. Il a affirmé à la BBC être inquiet que certains participants poussent pour qu’une agence de l’ONU dirige Internet, plutôt que de laisser cette tâche à des groupes qui « font déjà un bon travail ».

L’UIT veut se faire rassurante

De son côté, le secrétaire général de l’UIT, Hamadoun Touré, a déclaré lundi que la révision du RTI ne devrait pas toucher à la liberté d’expression sur Internet. Il a estimé que les craintes autour de cette liberté sont « complètement » infondées, excluant toute remise en cause de la liberté d’expression sur le web.

Il s’agit d’ailleurs, selon lui, d’une « mauvaise manière » d’attaquer la Conférence mondiale sur les télécommunications internationales. « Rien ne peut arrêter la liberté d’expression dans le monde d’aujourd’hui, et rien dans cette conférence ne touchera à cela », a-t-il déclaré devant les participants à la conférence. Quant aux décisions qui doivent être prises au cours de la conférence, M. Touré, dont l’organisation compte 193 États membres et plus de 700 institutions académiques et du secteur privé, a souligné que toutes les décisions à l’UIT se prennent « par consensus ».

Par ailleurs, dans un message vidéo adressé aux participants, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a indiqué que l’objectif de la conférence devrait être « d’assurer l’accès universel aux technologies de l’information et de la communication pour les deux tiers des habitants de la planète qui n’ont pas accès à l’Internet ».

Malgré toutes ces discussions autour de la gouvernance du web et des pouvoirs des gouvernements sur la toile, reste que de nombreux États imposent déjà une stricte censure sur le contenu de l’Internet dans leur pays, sans même chercher à obtenir l’autorisation de l’UIT.

Avec AFP

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En ce Black Friday, jour de grands soldes suivant la fête de l’Action de grâces aux États-Unis, de nombreux consommateurs se ruent dans les magasins pour profiter des aubaines. Cette tendance traverse d’ailleurs de plus en plus la frontière vers le nord.

Il en est de même pour le cyberlundi (Cybermonday), les commerçants canadiens étant de plus en plus nombreux, à l’image des marchands américains, à offrir d’importantes aubaines en ligne lors du lundi suivant l’Action de grâces.

Pour la petite histoire, devant le succès croissant du Black Friday aux États-Unis, des commerçants ont créé le cyberlundi il y a quelques années dans le but d’offrir des rabais à leurs clients exclusivement en ligne. Aujourd’hui, il s’agit de la plus importante journée de la saison des fêtes, même de l’année, pour les achats en ligne aux États-Unis.

Le cyberlundi de 2011 est le jour où il s’est dépensé le plus d’argent en ligne de l’histoire aux États-Unis, soit 1,25 milliard de dollars américains.

Selon le rapport annuel du cyberlundi de BMO, 44 % des consommateurs canadiens envisagent de magasiner en ligne lors du prochain cyberlundi.

Selon ce sondage, les Québécois sont les moins portés à acheter en ligne lors du cyberlundi : seuls 19 % des répondants ont affirmé qu’ils le feraient. Les résidents des provinces de l’Atlantique sont les plus nombreux à dire qu’ils feront des achats en ligne lors du cyberlundi, dans une proportion de
56 %.

Si le point culminant des offres en ligne s’articule autour de la journée de lundi, plusieurs marchands canadiens offrent déjà des soldes en ligne, faisant parfois la promotion autour de toute une semaine de soldes du Black Friday, ou encore en offrant des promotions tout au cours du week-end. D’autres commerçants proposent par exemple aux internautes de s’inscrire à une liste d’envoi par courriel pour recevoir des codes de promotion à utiliser en ligne lors du cyberlundi.

Une nouvelle tendance?

Sylvain Sénécal, titulaire de la Chaire de commerce électronique de HEC, souligne que la popularité des soldes autour de l’Action de grâces américaine au Canada ne date pas d’hier, mais que la tendance gagne en popularité d’année en année chez nous. « Les entreprises américaines avec des filiales ici au Canada ont introduit ça il y a déjà quelques années et ça a pris de l’ampleur chez les détaillants canadiens aussi », explique-t-il.

En fait, les pendants canadiens des grandes entreprises américaines ayant emboîté le pas les premiers, les entreprises d’ici n’ont eu d’autre choix que de suivre le mouvement. « Cela a mis une pression sur les autres détaillants au Canada qui n’avaient pas de ventes à ce moment-là parce que ce n’était pas quelque chose qui, culturellement, existait », précise M. Sénécal.

Si ces jours de soldes ne correspondent pas à une fête ou à un congé au Canada, puisque nous célébrons l’Action de grâces plus tôt qu’aux États-Unis, la coïncidence avec le début de l’intense période de magasinage des fêtes peut certainement expliquer une grande part du succès de tels concepts commerciaux chez nous. « Les Canadiens qui voient un événement comme ça, ils se disent : “ Je pourrais peut-être commencer à regarder pour mes cadeaux de Noël, et il y a une vente, en plus, chez tel détaillant ”. Ils vont être attirés là, et le détaillant qui ne fait pas sa vente est un peu pénalisé pour le début du magasinage de Noël », affirme Sylvain Sénécal.

« Aux États-Unis, c’est le départ du magasinage des fêtes : c’est un peu la même chose ici, le 25 décembre, il est là pour tout le monde, à la même date. » – Sylvain Sénécal

Et avec la parité du dollar canadien, des consommateurs pourraient-ils toujours être tentés de faire leurs achats sur des sites web américains lors du cyberlundi? Peut-être, s’ils ne trouvent pas le produit qu’ils recherchent sur les sites canadiens. « Étant donné que cela se développe au Canada, le premier réflexe est, je pense, de regarder ici pour sauver toutes sortes de coûts liés au
dédouanage », explique le professeur à HEC Montréal.

Quant aux choses à surveiller pour ceux qui souhaiteraient quand même acheter en ligne sur des sites américains, Sylvain Sénécal souligne que les frais d’expédition pour des achats faits au sud de la frontière peuvent parfois être élevés, et que les consommateurs doivent être vigilants en ce qui a trait aux garanties offertes sur les produits achetés aux États-Unis, qui ne peuvent souvent pas être honorées au Canada.

Des aubaines qui en valent le coup?

Selon l’expert, il y a réellement de bonnes affaires à réaliser lors du Black Friday ou du cyberlundi. Il ne faut toutefois pas être dupe, les commerçants font évidemment des coups de publicité, et le nombre de produits qui peuvent faire, par exemple, l’objet de ventes à 60 % est parfois limité. « Mais en même temps, s’il y a un produit qui nous convient à 60 % de rabais, c’est sûr que c’est intéressant », souligne M. Sénécal.

Et quels produits font généralement l’objet de bonnes ventes lors du cyberlundi? « Ce qui est à la mode, beaucoup, donc les choses électroniques, les vêtements ; ce sont des industries qui depuis longtemps participent à ces efforts promotionnels de vente autour de l’Action de grâces
américaine », relate Sylvain Sénécal.

Si le cyberlundi fait tranquillement son entrée dans notre culture, le professeur à HEC estime que les soldes d’Après-Noël demeurent toutefois plus connus chez nous. « Que ce soit en ligne ou en magasin, culturellement, il y a plus de gens qui connaissent le Boxing Day que le Black Friday ou le Cybermonday, bien que cela change », dit-il.

Des ventes en ligne en hausse aux États-Unis

Historiquement, le cyberlundi n’a pas toujours été la plus importante journée au chapitre des dépenses en ligne lors du temps des fêtes aux États-Unis. De 2005 à 2008, les ventes dépassaient celles du cyberlundi à plusieurs reprises au cours du mois de décembre. Les choses ont toutefois changé avec l’arrivée de la crise financière, en 2008. Devant la crainte d’une forte baisse de la consommation, les commerçants se sont mis à offrir des aubaines de plus en plus importantes autour du cyberlundi.

Selon des données de ComScore, en 2008, le cyberlundi grimpait en 3e place parmi les jours totalisant le plus de ventes en ligne, grimpant au 2e rang en 2009, puis au tout premier rang en 2010 et 2011.

Mais malgré la ruée en ligne lors du cyberlundi, les soldes offerts de plus en plus tôt lors de la période de l’Action de grâces ont provoqué une hausse des achats en ligne le jour même de la fête et lors du Black Friday. Les ventes en ligne lors du jour de l’Action de grâce ont connu une hausse fulgurante au cours des dernières années, ayant bondi de 128 % de 2005 à 2011. Cela surpasse même la croissance des ventes du cyberlundi (+106 %) au cours de la même période, bien que le total des ventes en lignes réalisées lors de cette journée demeure plus élevé (1,25 milliards $US en 2011, contre autour de 480 millions $US pour Thanksgiving).

Pour 2012, ComScore s’attend à des dépenses surpassant 1,5 milliard de dollars en ligne lors du Cyberlundi, ce qui devrait encore une fois en faire la journée la plus importante pour les ventes en ligne aux États-Unis.

Achats en ligne : sommes-nous en retard?

Pour Sylvain Sénécal, si le Canada et le Québec sont à la traîne lorsque l’on se compare aux États-Unis pour ce qui est des achats en ligne, nous demeurons une société parmi les plus branchées du monde, et le phénomène ne cesse de croître ici.

« D’année en année, les achats en ligne augmentent : oui il y a un décalage par rapport aux États-Unis, mais on n’est pas stagnants », relate-t-il. L’expert relève par ailleurs qu’aux États-Unis, certains facteurs comme l’absence de taxes pour les ventes en ligne ont permis un essor rapide du commerce de détail sur le web.

• En 2011, 61 % des internautes québécois ont acheté un produit ou un service sur Internet, une hausse de 8 % par rapport à 2010.

• La valeur moyenne mensuelle des achats réalisés par les cyberacheteurs adultes québécois est passée de 270 $ à 336 $ de 2009 à 2011.

• En 2011, les consommateurs ont dépensé 5,62 milliards de dollars en ligne au Québec.

Source : Enquête NETendances 2011 du CEFRIO

Et vous, comptez-vous faire des achats lors du cyberlundi? Trouvez-vous que les aubaines proposées en valent la peine?

En parallèle, la Journée mondiale sans achats se tient vendredi. Trouvez-vous que des phénomènes comme le Black Friday et le cyberlundi incitent les gens à trop consommer?

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