Site officiel de Citoyenneté et Immigration Canada.
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Une campagne lancée sur les réseaux sociaux par des candidats à l’immigration qui dénoncent la lenteur du traitement de leurs dossiers semble exaspérer Citoyenneté et Immigration Canada (CIC), qui leur demande d’arrêter immédiatement de contacter le ministre Chris Alexander via Twitter, a constaté Radio-Canada.

Le bureau de CIC situé à Ankara est très occupé depuis plus de deux ans. Des milliers de dossiers ont afflué vers la Turquie après la fermeture des ambassades canadiennes en Syrie et en Iran.

Conséquence : les personnes présentant une demande sous le programme de travailleurs qualifiés peuvent avoir des retards dans le traitement de leur demande. Un groupe d’Iraniens, dont les dossiers sont traités au bureau de CIC à Ankara, a lancé une campagne en ligne afin d’obtenir des réponses plus précises de la part du ministère. Une adresse courriel a été créée afin d’envoyer des messages à CIC, aux médias ou au ministre fédéral de l’Immigration, Chris Alexander. Les membres de ce groupe informel font aussi un usage quotidien de Twitter, afin de demander à CIC et à M. Alexander d’accélérer le traitement de leurs dossiers, ou de transférer ceux-ci vers un bureau moins achalandé que celui d’Ankara, comme celui de Paris.

Or, la campagne en ligne n’est pas du tout du goût de CIC, qui a demandé au groupe d’arrêter « immédiatement » d’envoyer des messages au ministre Chris Alexander, dans un courriel non signé émanant du ministère, dont Radio-Canada a obtenu copie.

« Il nous a été signalé que les gens suivants continuent d’envoyer des messages directement au ministre », peut-on lire dans le courriel, qui identifie quatre comptes Twitter. « Nous vous demandons et vous recommandons de vous abstenir immédiatement de tout contact avec lui à ce sujet à l’avenir », lit-on dans le courriel datant du 1er octobre 2013. L’un des utilisateurs identifiés a envoyé « cinq messages » en une journée au ministre, précise l’auteur du courriel.

Le député conservateur Chris Alexander pendant la période des questions, à la Chambre des communes, le 18 juin 2013.
Le député conservateur Chris Alexander pendant la période des questions, à la Chambre des communes, le 18 juin 2013
Dans un autre courriel non signé datant du 24 septembre dernier, CIC demande aux personnes mécontentes des délais de traitement de leur dossier « d’arrêter immédiatement cet assaut contre-productif », et d’attendre leur tour « en ligne », comme le fait la vaste majorité des demandeurs. « Vous avez pris la décision de créer une situation afin d’embarrasser le Département, en envoyant un barrage de courriels », peut-on lire. Le courriel est une réponse à une lettre qu’un groupe d’Iraniens mécontents avait envoyée par la poste au bureau d’Ankara.

Le ton utilisé dans les deux courriels de CIC étonne Amir, qui dit faire partie du groupe dont le dossier d’immigration se trouve au bureau d’Ankara. « Est-ce que c’est illégal de « twitter » au Canada? », se demande-t-il. Il est un des Iraniens qui utilisent les réseaux sociaux, notamment Twitter, afin de critiquer CIC pour la lenteur du traitement des dossiers qui se trouvent à Ankara. « J’ai le droit de me plaindre, et lorsque Ankara, Citoyenneté et Immigration Canada, le ministre, personne ne répondent, les gens « twittent » autant qu’ils le peuvent afin d’obtenir une réponse acceptable. Mais on dirait que le [bureau] d’Ankara essaye de nous forcer à arrêter de nous plaindre en nous menaçant », estime ce dernier.

Les procédures d’immigration d’Amir, qui a une formation d’ingénieur, ont commencé en 2011. Après avoir passé les différentes étapes du processus d’immigration avec succès, son dossier semble désormais bloqué à Ankara depuis l’année dernière, selon lui. « Après un an, ils n’ont même pas ouvert mon dossier […] Personne ne répond à nos questions et à nos inquiétudes», dit-il lors d’une entrevue par messagerie instantanée.

Le bureau turc de CIC doit faire face à un afflux de demandes, à cause de la situation dans la région. « Ici, à Ankara, nous avons récemment dû réaffecter des ressources significatives afin de faire face au nombre croissant de réfugiés dans cette partie u monde », explique le courriel que CIC a envoyé au collectif d’Iraniens mécontents. Pour faire face à l’afflux de demandes, CIC explique qu’une partie des dossiers d’Ankara a été transférée vers Paris.

Les choses devraient s’accélérer pour les demandeurs comme Amir, selon CIC. « À mesure que les dossiers seront examinés, nous communiquerons avec les demandeurs pour leur demander de suivre les directives pour l’examen médical ou de satisfaire à toute autre exigence en temps opportun; ainsi, beaucoup plus d’Iraniens obtiendront leur visa en 2013 », explique Remi Lariviere, porte-parole de CIC, par courriel.

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