Au Nigéria, des activistes accusent sur le web les politiciens de légaliser la pédophilie, alors qu’une campagne lancée sur les réseaux sociaux dénonce le mariage forcé des fillettes dans le pays.

Le mouvement qui a pris forme ces derniers jours s’oppose à un vote au Sénat qui définit comme « citoyen majeur » toute personne âgée de 18 ans et plus, mais aussi toutes les femmes mariées, quel que soit leur âge. Les sénateurs ont eu l’occasion de se prononcer sur l’abolition de ce texte inclus dans la constitution du pays la semaine dernière, mais ils ont choisi de le maintenir.

La campagne nommée « une enfant, pas une épouse », utilise sur Twitter le mot-clic #ChildNotBride pour attirer l’attention sur cette décision qui, selon les militants, légalise le mariage d’adultes avec des filles mineures.

Les slogans relayés sur les réseaux sociaux stipulent «qu’une fille mineure ne devrait pas avoir de bébé, mais seulement des poupées » et que « si une enfant n’est pas en âge de voter, elle n’est pas en âge de se marier ».

Par ailleurs, si la reconnaissance légale implicite du mariage des mineurs choque les internautes, ce n’est pas le seul problème. L’école de droit de l’Université de Cornell souligne qu’en stipulant que les fillettes mariées sont des femmes majeures, le texte les soustrait aussi aux protections garanties par la Loi sur les droits des enfants au Nigéria.

Une pétition a été mise en ligne par le mouvement sur le site Change.org pour demander l’amendement de la loi.

Nada, 11 ans, en cavale pour éviter un mariage forcé

Malheureusement, le Nigéria n’est pas le seul endroit où le mariage forcé de fillette est dénoncé. Dans une vidéo mise en ligne la semaine dernière, une Yéménite de 11 ans, Nada Al-Ahdal, raconte en arabe que ses parents voulaient la marier de force. Elle explique qu’elle s’est enfuie, avec l’aide d’un oncle, pour éviter ce mariage arrangé.

La vidéo fait un vigoureux plaidoyer contre le mariage forcé des enfants. « Je ne suis pas la seule », clame Nada, qui ajoute que plusieurs enfants n’ont pas la chance, comme elle, de fuir.

« Je n’aurais pas eu de vie, pas d’éducation. N’ont-ils aucune compassion? » – Nada Al-Ahdal

La vidéo mise en ligne par l’institut de recherche sur les médias au Moyen-Orient Memri a été visionnée près de 8 millions de fois.

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Lili.Boisvert@Radio-Canada.ca