La commissaire ontarienne à l’information et à la protection de la vie privée, Anne Cavoukian, a publié mercredi un document qui vise à séparer les faits de la fiction en ce qui a trait aux métadonnées.

Les métadonnées (par exemple le lieu, la date, la durée et les numéros de téléphone qui ont participé à un appel téléphonique, mais pas le contenu des conversations) ont maintes fois été citées depuis les révélations de l’ex-consultant en sécurité Edward Snowden sur le programme de surveillance électronique des services secrets américains.

Le document de la commissaire Cavoukian explique la portée des métadonnées et souligne l’importance, pour les gouvernements, d’assurer à la fois la sécurité et la vie privée de la population, tout en lui rendant des comptes.

La commissaire s’en prend particulièrement à trois idées reçues largement véhiculées depuis les révélations sur le programme de la NSA :

1- Le mythe : La collecte des métadonnées ne menace pas la vie privée parce qu’elle ne donne aucun accès au contenu.

La réalité : Vous n’avez pas besoin d’accéder au contenu des conversations pour avoir accès à des informations précieuses. L’accès aux métadonnées peut révéler des détails sur la vie personnelle, politique, sociale, financière et professionnelle d’une personne.

2- Le mythe : Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre.

La réalité : La vie privée n’a rien à voir avec le fait de vouloir cacher quelque chose ou avec la confidentialité. Le droit à la vie privée concerne le contrôle – le contrôle personnel et la liberté de choisir. Dans une société libre et ouverte, les citoyens doivent être libres de prendre des décisions éclairées concernant leur vie, incluant à quel moment et dans quelle mesure ils souhaitent divulguer des renseignements personnels.

3 – Le mythe : Si vous voulez que votre sécurité soit assurée, vous devez abandonner votre vie privée.

La réalité : Non seulement il est possible d’assurer la sécurité tout en protégeant la vie privée, mais cela est de loin préférable parce que c’est l’essence même de la liberté – mener nos activités quotidiennes sans craindre que l’État nous surveille constamment. Dans les sociétés libres et ouvertes, on ne s’attend pas à ce que les gens « racontent tout ».

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