Billets publiés le 5 février 2013

La communauté scientifique québécoise continue de faire pression sur le gouvernement Marois pour maintenir le financement du Fonds de recherche du Québec, qui devrait être amputé de 31 millions à partir de 2013-2014.

Dans une nouvelle vidéo diffusée sur le web, des chercheurs ramassent des bouteilles vides, lavent des pare-brise et laissent entendre qu’ils devront aller jusqu’à se prostituer pour financer leurs travaux.

En décembre dernier, le gouvernement Marois a annoncé que les budgets des trois fonds de recherches du Québec seraient réduits de 31 millions de dollars en 2013-2014. Ces compressions s’inscrivent dans la volonté de Québec d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2013-2014.

Le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies est le plus touché, alors que son budget passera de 50,1 millions $ en 2012-2013 à 35,2 millions $ en 2013-2014, soit une baisse de 30 %. Au cours de la même période, le budget du Fonds de recherche du Québec – Santé passera de 79,8 millions $ à 69,8 millions $ (une baisse de 13 %) alors que celui du Fonds de recherche du Québec – Société et culture passera de 49,1 millions $ à 42,8 millions (aussi une baisse de 13 %).

Dès l’annonce, des milliers de chercheurs ont dénoncé les compressions, et jusqu’à maintenant plus de 10 400 personnes ont signé une pétition adressée au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne, lui demandant de revoir la décision du gouvernement.

Louis Bernatchez, professeur au Département de biologie de l’Université Laval et porte-parole des signataires, explique que les fonds financent autant le fonctionnement de grands réseaux de recherche, d’équipes de recherche intégrées dans ces réseaux, que le financement de bourses aux étudiants à la maîtrise et au doctorat.

Selon les chercheurs en santé, les compressions de 10 millions sur un budget total d’environ 80 millions pourraient se traduire par une réduction de 85 % des bourses aux étudiants des cycles supérieurs, par une réduction de moitié des bourses de carrière des chercheurs, ou par une diminution de 30 % des fonds accordés aux centres de recherche.

Compressions dans les Fonds de recherche du Québec
Compressions dans les Fonds de recherche du Québec

Pour appuyer les chercheurs, des entrepreneurs et des organisations non-universitaires ont par ailleurs envoyé une lettre à la première ministre du Québec, Pauline Marois, lui demandant « de reconsidérer sa décision et de maintenir les budgets des FRQ à leur niveau actuel ».

Lors de l’annonce des compressions, en décembre, le Fonds de recherche du Québec (qui regroupe les trois fonds sectoriels) avait indiqué que « le gouvernement du Québec prépare présentement une Politique nationale de la recherche et de l’innovation annoncée pour le printemps prochain avec, comme toile de fond, sa volonté d’accroître le budget de la recherche et développement, public et privé, de 2,58 % à 3 % du PIB au cours des prochaines années ». Ainsi « les Fonds de recherche du Québec sont confiants que cette nouvelle politique se traduira par des réinvestissements significatifs dans les Fonds en 2014-2015 ». Reste que pour l’année financière 2013-2014, la communauté scientifique s’inquiète et entend maintenir la pression sur le gouvernement Marois afin de pouvoir poursuivre ses travaux.

Pour me joindre :

bruno.maltais@radio-canada.ca

Crédit : iStockphoto

Ce 5 février marque la 10e Journée pour un Internet plus sûr. À cette occasion, 90 pays s’unissent afin de promouvoir l’usage sécuritaire des technologies en ligne et de la téléphonie cellulaire, particulièrement auprès des enfants et des adolescents.

C’est également dans le cadre de cette journée que la firme de cybersécurité Kaspersky publie une étude qui révèle que les enfants peuvent facilement avoir accès à du contenu inapproprié sur YouTube.

En écoutant des épisodes ou des extraits d’émissions pour enfants sur YouTube, les petits sont « à trois clics » de tomber sur des scènes montrant « des vidéoclips mettant en vedette de la violence, des armes et de la nudité, des extraits d’émissions de télé destinées à un auditoire adulte, et des compilations d’accidents de voitures ». Cela, en raison des suggestions de vidéos proposées par YouTube, à la fin des vidéos et dans la colonne de droite de l’écran.

Kaspersky, dans son communiqué de presse, donne des exemples de recherches d’émissions pour enfant, « Dora the Explorer » menait à deux clics d’un vidéoclip contenant des jurons et de la nudité; « Sesame Street » menait à deux clics d’une vidéo d’une femme en train d’accoucher; « Peppa pig » menait à deux clics d’une compilation d’accidents de voitures.

Soulignons qu’il est possible d’utiliser YouTube en mode sécurisé. Toutefois, Google, propriétaire de YouTube, reconnaît que le filtre n’est pas sûr à 100 %. Mentionnons que dans le cadre de la Journée pour un Internet plus sûr, Google fait la promotion de sa chaîne sur la vie privée et la sécurité en ligne.

Accompagner les enfants en ligne

De son côté, Enfant-Retour Québec publie une liste de conseils à l’attention des parents de jeunes enfants. On retrouve des conseils qui s’adressent aux différentes tranches d’âge. La clé : parler aux enfants et superviser leur utilisation d’Internet.

Enfant-Retour Québec invite également les internautes à consulter le Guide des droits sur Internet.

À lire également, les conseils du blogue Naked Security pour la sécurité des enfants.

Le disque Relaxation, de Philippe Von Horns

De la fin des années 1960 au début des années 1980, le Québec a connu son lot de disques non musicaux. Des disques de méthodes, pour apprendre à relaxer, à arrêter de fumer, à maigrir, ou encore à parler au gibier.

Si certains de ces vinyles trouvent une place de choix dans le cœur et la discothèque de certains collectionneurs de curiosités, d’autres sont tombés dans l’oubli avec le temps.

Quelle ne fut pas ma surprise, la semaine dernière, en écoutant la pièce This Old Relaxation, sur la plateforme SoundCloud. Il s’agit d’un remix (dans un français correct, on devrait dire réorchestration ou réarrangement) de la pièce This Old Tune, de l’artiste français Hugo Kant, par son compatriote et aussi DJ, Zé Mateo, membre du populaire collectif marseillais Chinese Man.

Grosse surprise, car Zé Mateo a utilisé, pour sa version, un disque québécois, Relaxation, de l’hypnotiseur Philippe Von Horns, paru au tout début des années 1970. Un album dont la pochette, plutôt marquante, montre diverses images de Von Horns, en spectacle, en train d’avaler une boule de feu, ou encore le cou transpercé d’une aiguille.

« J’ai passé trois semaines au Québec en septembre 2012, avec ma petite amie, et nous avons sillonné quelques magasins de vinyles à Montréal. Je suis tombé sur une section voix (un peu mon pêché mignon). J’ai acheté ce disque et en rentrant, j’avais un remix en cours pour Hugo Kant. La voix collait parfaitement », explique Zé Matéo.

De son côté, Philippe Posth Von Horns a appris les techniques de l’hypnose alors qu’il était étudiant, en France. Il a fait de nombreuses tournées au Québec entre 1968 et 1990, au cours desquelles il se produisait dans des spectacles de cabaret. Il a enregistré un autre microsillon, Pour faire l’amour, disque de « préparation à l’acte sexuel », au début des années 1980.

En 2001, Philippe Posth Von Horns a reçu un diagnostic de fibrose pulmonaire. « Ça fait 10 ans que j’attends de crever », dit-il en entrevue téléphonique. Il a depuis écrit un recueil, De page en page, dans lequel raconte son histoire et se livre à une réflexion sur la mort.

Comment a-t-il réagi en entendant la pièce? « Je suis très ambivalent. Je suis ravi d’entendre ma voix sur cette musique, mais en même temps, je regrette que personne ne m’ait jamais rien demandé ».

Zé Mateo admet d’emblée avoir fait preuve de maladresse dans ce cas-ci. « Chaque fois que nous réalisons une pièce à partir de samples, nous lançons les démarches pour solliciter l’éditeur et l’auteur. Parfois, elles n’aboutissent pas, le plus souvent nous négocions un accord par rapport à la musicalité et l’utilisation dans le morceau. Dans le cadre des voix, c’est plus complexe, car moins évident à retrouver. Il se trouve qu’au moment où j’ai découvert les voix de Philippe, j’avais noté dans un coin de ma tête qu’il fallait le prévenir (donc le retrouver). Puis, la machine lancée, j’ai un peu oublié… »

Ils ont, depuis, été mis en contact.

Chose certaine, les mélomanes qui seront dans la métropole en juillet pourront aller entendre les Chinese Man, qui se produiront au Festival international de jazz de Montréal. La date et le lieu restent à confirmer.

Si la question de la musique en ligne et du droit d’auteur vous intéresse, je vous recommande le dossier Musique 2.0 de mon collègue Marc-Antoine Ménard.

Vincent.grou@radio-canada.ca