À gauche, la création de Julia Vallelunga; à droite, le collier vendu par Topshop

L’industrie de la mode est loin d’être à l’abri du plagiat, une créatrice montréalaise l’a récemment appris à ses dépens. Toutefois, l’histoire a connu une fin heureuse dans son cas.

La semaine dernière, Julia Vallelunga, éditrice du blogue À la mode Montréal et designer de la ligne d’accessoires La Raffinerie, tombe par hasard sur une photo d’un collier pratiquement identique à l’une de ses récentes créations. Cette copie conforme était publiée sur le compte Instagram du populaire détaillant britannique Topshop.

« J’ai d’abord cru que c’était une photo d’un de mes colliers », dit Mme Vallelunga en entrevue.

Dans un premier temps, elle envoie un courriel à Topshop, sans obtenir de réponse.

Elle publie ensuite un billet sur son site, dans lequel elle invite les internautes à faire pression sur Topshop. Une petite campagne s’organise sur les réseaux sociaux, les gens envoient dans messages à Topshop sur Twitter, ainsi que sur ses comptes Facebook et Instagram.

« Au début, des messages étaient effacés sur Facebook et Instagram, confie Mme Vallelunga, mais ils ont fini par les laisser en ligne. »

Le temps passe, toujours pas de nouvelles de Topshop. Elle décide alors de signaler son histoire au très populaire et respecté site américain Refinery29, qui en fait un article.

C’est probablement l’élément qui a fait pencher la balance, croit la jeune Montréalaise. En effet, mercredi, elle reçoit un courriel de Topshop, dans lequel le détaillant lui présente ses excuses et indique que le modèle plagié a été retiré de ses boutiques et de son catalogue.

L’entreprise britannique blâme en outre un sous-traitant pour cette histoire. « C’est fort possible qu’un sous-traitant ait copié mon collier, dit Mme Vallelunga. Mais les entreprises comme Topshop qui en font la vente ont quand même la responsabilité de s’assurer qu’il n’y a pas plagiat, surtout quand ça leur est signalé ».

Les histoires comme la sienne sont très répandues dans le milieu de la mode. « Mais j’en ai rarement vu qui finissaient aussi bien », dit-elle. « C’est vraiment une victoire pour moi que Topshop se soit excusé et ait retiré le produit. Ils en ont certainement vendu un certain nombre, mais ce manque à gagner est compensé par la bonne visibilité que m’a apportée l’article de Refinery29 », conclut-elle.

Vincent.grou@radio-canada.ca