Billets publiés en janvier 2013

À gauche, la création de Julia Vallelunga; à droite, le collier vendu par Topshop

L’industrie de la mode est loin d’être à l’abri du plagiat, une créatrice montréalaise l’a récemment appris à ses dépens. Toutefois, l’histoire a connu une fin heureuse dans son cas.

La semaine dernière, Julia Vallelunga, éditrice du blogue À la mode Montréal et designer de la ligne d’accessoires La Raffinerie, tombe par hasard sur une photo d’un collier pratiquement identique à l’une de ses récentes créations. Cette copie conforme était publiée sur le compte Instagram du populaire détaillant britannique Topshop.

« J’ai d’abord cru que c’était une photo d’un de mes colliers », dit Mme Vallelunga en entrevue.

Dans un premier temps, elle envoie un courriel à Topshop, sans obtenir de réponse.

Elle publie ensuite un billet sur son site, dans lequel elle invite les internautes à faire pression sur Topshop. Une petite campagne s’organise sur les réseaux sociaux, les gens envoient dans messages à Topshop sur Twitter, ainsi que sur ses comptes Facebook et Instagram.

« Au début, des messages étaient effacés sur Facebook et Instagram, confie Mme Vallelunga, mais ils ont fini par les laisser en ligne. »

Le temps passe, toujours pas de nouvelles de Topshop. Elle décide alors de signaler son histoire au très populaire et respecté site américain Refinery29, qui en fait un article.

C’est probablement l’élément qui a fait pencher la balance, croit la jeune Montréalaise. En effet, mercredi, elle reçoit un courriel de Topshop, dans lequel le détaillant lui présente ses excuses et indique que le modèle plagié a été retiré de ses boutiques et de son catalogue.

L’entreprise britannique blâme en outre un sous-traitant pour cette histoire. « C’est fort possible qu’un sous-traitant ait copié mon collier, dit Mme Vallelunga. Mais les entreprises comme Topshop qui en font la vente ont quand même la responsabilité de s’assurer qu’il n’y a pas plagiat, surtout quand ça leur est signalé ».

Les histoires comme la sienne sont très répandues dans le milieu de la mode. « Mais j’en ai rarement vu qui finissaient aussi bien », dit-elle. « C’est vraiment une victoire pour moi que Topshop se soit excusé et ait retiré le produit. Ils en ont certainement vendu un certain nombre, mais ce manque à gagner est compensé par la bonne visibilité que m’a apportée l’article de Refinery29 », conclut-elle.

Vincent.grou@radio-canada.ca

On apprenait plus tôt cette semaine que la vidéo canular montrant un aigle saisir un enfant sur le mont Royal, qui a été vue plus de 41 millions de fois sur YouTube, va permettre la création d’une bourse d’études.

Parfait exemple du canular qui se répand comme une traînée de poudre, cette vidéo est une belle occasion d’attirer votre attention sur une conférence prononcée à Londres en novembre dernier dans le cadre des événements TED.

Le journaliste Markham Nolan y raconte les méthodes utilisées pour authentifier deux vidéos qui circulaient sur la toile.

En cette ère où les vidéos spectaculaires sont légion sur le web (864 heures de vidéo auront été mises en ligne d’ici la fin de son discours d’une douzaine de minutes, précise-t-il), le travail du journaliste ne consiste plus seulement à trouver les bonnes histoires, mais aussi à les filtrer, à remonter jusqu’à la source afin de les vérifier.

La première vidéo qu’il cite en exemple montre la foudre qui tombe à proximité de la personne qui filme, pendant un orage, en Floride. La seconde montre une scène macabre, en Syrie, où des cadavres sont lancés dans une rivière du haut d’un pont.

M. Nolan explique comment, en utilisant des outils disponibles sur Internet, son équipe et lui sont parvenus à authentifier les vidéos en question.

Ils ont par exemple eu recours au bottin en ligne de Spokeo pour retrouver l’auteure de la vidéo de l’orage. Ils ont aussi utilisé WolframAlpha pour vérifier le temps qu’il avait fait en Floride les jours entourant la mise en ligne de la vidéo.

Pour la vidéo tournée en Syrie, les journalistes ont contacté, via Twitter, des sources qui se trouvaient à Hama, puis ont pu identifier l’endroit où la vidéo avait été tournée avec la bonne vieille imagerie satellite de Google Maps.

La conférence est sous-titrée en français.

Vincent.grou@radio-canada.ca

 

Vue de l’hôtel Ryugyong, à Pyongyang

Google a récemment dévoilé une version beaucoup plus détaillée de sa carte de la très hermétique Corée du Nord.

On peut notamment y voir des images satellites très claires de la capitale, Pyongyang.

La carte a été élaborée grâce à la participation d’internautes sur le service Map Maker et de récentes images satellites. Le Washington Post propose une série d’images avant/après qui permettent de constater les nouvelles informations qu’on trouve sur la carte et les comparer avec les anciennes. Toutefois, comme le souligne la BBC, certains contributeurs à cette nouvelle carte n’ont jamais mis le pied en Corée du Nord.

À L’extérieur de la capitale, on peut entre autres observer le Kwan-li-so 18, identifié comme un goulag sur la carte. La semaine dernière, le blogueur observateur de la Corée du Nord Curtis Melvin, à la lumière de la nouvelle imagerie satellite disponible sur Google Earth, soulevait la possibilité que de nouveaux camps de travail aient vu le jour au pays.

On peut également voir le centre de recherche nucléaire de Yongbyon et le centre de recherche et d’essais nucléaires de Punggye-ri. À ce sujet, le blogue 38 North procède aujourd’hui à l’analyse d’une série d’images satellites qui alimenteraient la thèse de l’imminence d’un nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord.

Rappelons que la semaine dernière, Pyongyang a brandi la menace de procéder à un nouvel essai nucléaire, en représailles à des sanctions imposées par les Nations unies et en signe de défi envers les États-Unis.

Le PDG de Google, Eric Schmidt, a récemment effectué une visite « humanitaire privée » en Corée du Nord, en compagnie de l’ex-diplomate américain Bill Richardson.

Vincent.grou@radio-canada.ca

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada et son équivalent néerlandais ont publié aujourd’hui les conclusions d’une enquête menée conjointement sur la plateforme de messagerie mobile WhatsApp, qui permet l’envoi de messages instantanés sur divers appareils mobiles.

Les deux instances de protection de la vie privée ont constaté que l’application contrevenait aux lois néerlandaise et canadienne en matière de protection de la vie privée. L’entreprise a pris des mesures pour corriger la situation, mais certains problèmes demeurent, pour le moment.

Par exemple (à l’exception des appareils Apple munis du logiciel d’exploitation iOS 6), l’application accède automatiquement à la totalité du carnet d’adresse des utilisateurs, et ne supprime pas les numéros de cellulaire des non-utilisateurs.

Parmi les problèmes corrigés, mentionnons que les messages envoyés via WhatsApp n’étaient pas chiffrés, ce qui les exposait au risque d’être interceptés, particulièrement quand ils étaient envoyés à partir de réseaux Wi-Fi non protégés.

Le Commissariat canadien et l’autorité néerlandaise de protection des données entendent effectuer un suivi auprès de l’entreprise, afin de s’assurer qu’elle met en place les correctifs toujours nécessaires.

Le rapport en entier est disponible ici.

Mentionnons que les conclusions de cette enquête sont publiées alors que le 28 janvier marque la Journée de la protection des données.

Vincent.grou@radio-canada.ca

TwitterTwitter avec des hashtags, ou partager des gazouillis avec des mots-clics?

La popularité de Twitter et l’apparition du concept de mot cliquable pour référencer le contenu d’un message a poussé les autorités linguistiques à se pencher sur le nom que l’on devrait donner à cette nouvelle réalité.

Au Québec, l’Office québécois de la langue française a proposé en janvier 2011 le « mot-clic » pour définir une « série de caractères précédée du signe #, cliquable, servant à référencer le contenu des micromessages, par l’indexation de sujets ou de noms, afin de faciliter le regroupement par catégories et la recherche thématique par clic ».

En France, la Commission générale de terminologie et de néologie vient d’officialiser le néologisme « mot-dièse », qui définit « suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d’intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d’en faciliter le repérage ».

Les mots-clics sont essentiellement utilisés sur le réseau social Twitter, mais aussi sur Google+ et Tumblr.

Le site d’information Rue89 souligne par ailleurs que le symbole # n’est pas un dièse, mais un croisillon. Au Québec, sur les claviers, on parle plutôt d’un carré.

Franciser avant qu’il ne soit trop tard

L’an dernier, le bureau de la traduction du Canada a publié une liste de termes français liés à Twitter. L’organisme fédéral notait qu’« en l’absence d’une terminologie française clairement définie, on constate dans l’usage que les termes anglais dérivés de tweet sont francisés, voire simplement repris », ajoutant qu’« il est essentiel de proposer une terminologie française correcte et uniformisée avant que l’usage ne se fige ».

Les ministères canadiens ne « twitteraient » plus; ils « gazouilleraient » et partageraient des « gazouillis ».

Hélas, pendant ce temps, le mot « tweet » et le verbe « twitter » ont tout de même fait leur apparition dans Le Petit Robert dans l’édition 2012.

Pour me joindre :

bruno.maltais@radio-canada.ca