Billets publiés le 5 décembre 2012

Dernièrement, la firme spécialisée dans le trafic Internet Renesys a rapporté et analysé des cas d’interruption d’Internet en Syrie et, il y a près de deux ans, en Égypte. Dans la masse de commentaires d’internautes reçus, la firme a remarqué qu’une question arrivait en tête de lice : est-il vraiment difficile de déconnecter un pays d’Internet?

Renesys s’est penchée sur le sujet, et publie cette semaine une carte des pays les plus vulnérables à une volonté politique de couper l’accès Internet aux citoyens. Résultat : une soixantaine de pays pourraient plutôt aisément priver leur population de ce lien de communication.

Pour en arriver à ce constat, Renesys a étudié le nombre d’entreprises qui fournissent un accès Internet depuis ou vers l’étranger aux frontières des différents pays. La firme a constaté que la décentralisation et la diversité du réseau étaient des facteurs-clés quant à la possibilité pour un gouvernement d’interrompre Internet dans son pays. Si seules une ou deux entreprises contrôlent le trafic Internet à la frontière, cela devient « presque banal » pour un gouvernement de couper l’accès au web dans son pays. « Faites quelques téléphones, ou couper le courant de quelques installations centrales, et vous avez (légalement) déconnecté l’Internet domestique de l’Internet global », explique Rensys.

Ainsi, selon l’analyse de Renesys, les pays qui ne comptent qu’une ou deux entreprises qui fournissent un accès à Internet à leur frontière présentent un « risque sérieux » de coupure du réseau. Au total, 61 pays (en vert foncé sur la carte) répondent à ce critère, dont la Syrie, l’Algérie, la Libye, le Myanmar ou encore le Yémen.

Du reste, les pays qui en possèdent moins de 10 sont considérés comme à « risque significatif », ceux qui en ont entre 10 et 40 sont à « faible risque », et ceux qui en ont plus de 40 sont considérés comme étant à l’épreuve d’une telle menace.

Le risque présenté dans l’analyse n’est toutefois pas nécessairement en corrélation avec la probabilité que les pays passent à l’action. Par exemple, le Groenland (province autonome du Danemark) fait partie des territoires les plus vulnérables en raison de sa géographie et des frais d’exploitation, et non par volonté de censure. Il peut toutefois être intéressant de comparer les données de la carte de Renesys et de celle des « ennemis d’Internet » publiée chaque année par Reporters sans frontières. On peut par exemple constater que la Syrie fait à la fois partie des pays ciblés comme « ennemis d’Internet » et de ceux qui sont les plus à risque dans l’analyse de Renesys.

Pour me joindre :

Par courriel : johanne.j.lapierre@radio-canada.ca

Sur Facebook : http://www.facebook.com/surleweb

Sur Twitter : @johannelapierre et @SurLeWeb

Facebook : un vote sur… le droit de vote!

par

 publié le 5 décembre 2012 à 14 h 16

Le vote se poursuit jusqu'au 10 décembre sur Facebook.
L’état du vote à 12 h, le 5 décembre.
Depuis lundi et jusqu’au 10 décembre, les utilisateurs de Facebook sont invités à participer, peut-être pour la dernière fois, à un vote.

Les membres du réseau social peuvent se prononcer sur une série de nouvelles conditions d’utilisation qu’il souhaite mettre prochainement en œuvre. Deux documents régissant Facebook sont visés, soit la déclaration des droits et responsabilités et la politique d’utilisation des données.

La modification qui retient le plus l’attention est celle de la suppression du droit de vote des utilisateurs. En 2009, dans la foulée d’une polémique sur la politique de Facebook quant à la confidentialité des données, le site avait annoncé que ses utilisateurs pourraient dorénavant voter sur les modifications de ses conditions d’utilisation.

Mais en novembre, Facebook a annoncé qu’il comptait mettre fin à cette pratique, le mécanisme de vote incitant plus à la « quantité » de commentaires qu’à leur « qualité ».
Devant une nouvelle réaction négative des internautes à cette annonce, le réseau social a décidé de soumettre la mesure au vote. Mais voilà, Facebook est tenu de se soumettre au résultat du vote seulement si 30 % des membres y prennent part, un seuil qui n’a jamais été franchi lors de votes précédents. Avec un milliard d’utilisateurs, cela équivaut actuellement à quelque 300 millions de votes. Si la barre n’est pas atteinte, le tout ne sera que « consultatif ».

Vers midi, mercredi, plus de 219 000 personnes avaient voté contre les modifications proposées par Facebook, et près de 35 000 autres avaient voté pour : on est donc, pour l’instant, loin du compte. À noter que sur son blogue officiel, Facebook précise que le vote se déroule sous l’autorité d’un
« auditeur indépendant ».

Une autre mesure incluse dans ce vote soulève des inquiétudes pour les données des utilisateurs. Selon les nouvelles conditions, Facebook pourrait combiner les informations personnelles qu’il collecte sur ses membres avec celles d’autres sociétés lui appartenant, comme l’application de partage de photos récemment acquise Instagram.

Des associations de consommateurs ont plaidé que cette mesure soulevait des problèmes de protection des données. Certains ont affirmé que cette pratique pourrait violer les règles européennes sur la protection des données, ou encore un accord passé l’an dernier par Facebook dans le but de mettre fin à des poursuites de l’autorité américaine de la concurrence. Le site s’était alors engagé à demander le consentement de ses membres avant de partager des informations le concernant. Facebook affirme avoir révisé sa proposition afin que le partage des informations avec ses filiales soit fait en accord avec les lois applicables.

Pour me joindre :

Par courriel : johanne.j.lapierre@radio-canada.ca

Sur Facebook : http://www.facebook.com/surleweb

Sur Twitter : @johannelapierre et @SurLeWeb