Le Lumia 900,  précédente version du teléphone mobile de Nokia
Le Lumia 900, précédente version du teléphone mobile de Nokia

Plusieurs agences canadiennes de protection de la vie privée ont élaboré des règles pour aider les concepteurs de logiciels à créer des applications pour téléphones intelligents qui respectent la confidentialité des données.

Ceux qui ne sont pas d’une transparence absolue quant aux données recueillies pourraient contrevenir à la loi et déplaire à leurs éventuels clients, préviennent ces gardiens des données personnelles.

La Commissaire fédérale à la vie privée, Jennifer Stoddart, s’est associée à ses homologues de la Colombie-Britannique et de l’Alberta pour dévoiler un document de 12 pages qui explique comment les lois canadiennes sur la vie privée s’appliquent aux concepteurs d’applications mobiles. Et ce, qu’ils soient établis au Canada ou à l’étranger.

« Nous nous inquiétions de constater que certaines applications semblaient déconnectées des lois canadiennes sur l’utilisation des données personnelles, a-t-elle dit lors d’un entretien. C’est parfois de l’ignorance. Parfois j’ai l’impression qu’ils s’en fichent et qu’ils ne font pas de grands efforts pour savoir. Et parfois, c’est une attitude de « attrapez-moi si vous en êtes capables ». »

Mme Stoddart a ajouté que tout concepteur qui vendait une application aux Canadiens devait se plier aux mêmes règles que les autres entreprises.

Ce qui veut dire, selon le guide, que les concepteurs doivent s’assurer que toute information recueillie auprès des utilisateurs est pertinente à leur produit et enregistrée de façon sécuritaire. Les utilisateurs doivent en avoir été pleinement informés et doivent consentir au type de données qui seront recueillies et à l’usage qui en sera fait.

Les utilisateurs de plus en plus vigilants

Les commissaires à la vie privée ne seront pas les seuls à garder un oeil sur les concepteurs, a prévenu Mme Stoddart. Les consommateurs se préoccupent de plus en plus de l’utilisation de leurs informations personnelles en ligne. Or, des utilisateurs qui estiment que leur vie privée a été brimée peuvent se retourner contre les concepteurs.

« En raison du réseautage extrême du monde en ligne, les mauvaises nouvelles circulent rapidement. Et il y a toujours des gens qui se préoccupent de leur vie privée, qui peuvent en parler s’ils sont d’avis [qu'une application] ne la respecte pas », a dit la commissaire fédérale.

En dépit de légendes urbaines à l’effet contraire, [les utilisateurs] ne veulent pas fournir de données démographiques ou dévoiler leur emplacement en échange d’applications gratuites. – Jennifer Stoddart, commissaire à la protection de la vie privée du Canada

Les commissaires fédéral et provinciaux ont le pouvoir de faire respecter les lois sur la vie privée. Ils peuvent lancer des enquêtes et ordonner aux entreprises de rentrer dans le rang. Si elles ne le font pas, les commissaires peuvent s’adresser aux tribunaux.

Plusieurs enquêtes en cours

Mme Stoddart a révélé que plusieurs enquêtes sur des concepteurs d’applications mobiles étaient en cours, mais que les détails ne seraient rendus publics que lorsqu’elles auront été complétées.

Les commissaires à la vie privée ont rencontré les concepteurs plus tôt cette année, avant d’ébaucher leurs règles. Devin Tuistra, de la firme ontarienne de développement d’applications FloatPoint Media, a assisté à l’une de ces rencontres.

« D’un côté, l’utilisateur demande une expérience de réalité augmentée et une expérience adaptée à son environnement. Mais en même temps, ils ne veulent pas dévoiler d’informations confidentielles, a-t-il dit. C’est une difficulté que nous rencontrons constamment. »

M. Tuistra estime néanmoins que le consommateur en ressort vainqueur quand son appareil mobile lui offre du contenu personnalisé.

« Ça rend l’expérience plus riche, a-t-il expliqué. De pouvoir entrer dans un centre commercial et d’avoir instantanément sur mon téléphone une liste de coupons pour les produits que j’aime acheter, je crois que c’est intéressant. »

Le document à l’intention des concepteurs d’applications mobiles

La Presse canadienne