HEC propose des cours gratuits en ligne

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 publié le 22 octobre 2012 à 18 h 04

L’École des hautes études commerciales de Montréal s’inscrit dans la lignée des universités telles que Stanford, Harvard ou encore le MIT en proposant une première offre de cours gratuits en ligne.

Dans un effort de partage universel des connaissances en vogue sur le web, HEC offre trois cours gratuits sur son nouveau « campus virtuel ». Il ne s’agit pas ici de cours pouvant être crédités pour l’obtention l’un diplôme universitaire, ni toutefois de simples conférences ou cours à aller écouter en ligne. Ceux qui s’inscrivent à un cours d’EDUlib devront réaliser des lectures et tester leurs connaissances en ligne pendant six semaines. « On s’attend donc à ce que les participants consacrent un minimum de six heures de travail personnel par semaine au cours », peut-on lire sur le site de l’initiative.

Un premier cours, Introduction au marketing, débutera le 12 novembre. Deux autres cours sont au programme pour l’hiver 2013 : Comprendre les états financiers et Problèmes et politiques économiques : les outils essentiels d’analyse. On dit du côté de HEC Montréal que l’offre de cours sera ensuite bonifiée pour répondre à la demande.

Si l’initiative se veut d’éducation populaire et que les cours sont conçus pour être accessibles à un large public, HEC Montréal assure que le niveau d’apprentissage est bel et bien universitaire. « Les cours d’EDUlib sont calqués sur ceux offerts dans nos salles de cours. Ils sont donnés par les mêmes professeurs et les connaissances transmises sont de calibre universitaire », estime Jean Talbot, directeur de la Direction de l’apprentissage et de l’innovation pédagogique à HEC et instigateur du projet.

Mais concrètement, les étudiants virtuels n’auront pas à effectuer d’exhaustifs travaux comme sur les bancs d’école. Chaque semaine, ils auront à visionner environ une heure de vidéos divisées en capsules de 15 minutes. Ils devront réaliser des exercices et des tests en ligne. Aucun professeur ne sera en poste pour corriger les élèves. Le tout sera automatisé, sous forme de questionnaires en mode choix de réponses multiples. Les élèves pourront donc suivre l’évolution de leurs résultats au fur et à mesure qu’ils progresseront dans le cours.

Ainsi, HEC ne prévoit pas de limite d’inscriptions. Par ailleurs, peu d’investissements ont été nécessaires pour implanter le projet, HEC ayant repris une plateforme technologique déjà utilisée par l’université comme outil pédagogique en ligne (environnement collaboratif libre Sakai).

« Avec EDUlib, gens d’affaires et entrepreneurs, par exemple, pourront améliorer leurs pratiques d’affaires. De futurs étudiants en gestion trouveront peut-être là confirmation de leur vocation. Toutefois, ces cours ont vraiment été conçus pour être largement accessibles, dans un effort concerté de diffusion des connaissances. » - Jean Talbot

Une première québécoise

Jean Talbot a voulu mettre une telle initiative de l’avant après avoir observé une telle mouvance du côté des universités américaines. Il aime bien l’idée d’un partage plus large des connaissances. Il s’agit aussi pour lui d’une espèce de juste retour des choses à la population, considérant de surcroît qu’ici, une bonne part de l’éducation universitaire est financée par le public. Selon M. Talbot, des gens qui n’ont peut-être jamais eu la chance d’accéder à l’université pourront toucher à certaines connaissances avec ces cours.

Si des vidéos de cours et des documents sont depuis un moment partagés avec les étudiants et le public par de nombreuses universités francophones, dont plusieurs universités françaises (voir notamment cet article du Figaro), une telle initiative est, à la connaissance de Jean Talbot, une première non seulement au Québec, mais dans la Francophonie.

L’offre pour de tels cours est en effet actuellement principalement anglophone. Pour la petite histoire, aux États-Unis, le MIT partage ses connaissances sen ligne depuis de nombreuses années, et fait figure de pionner dans le domaine de la diffusion de contenus éducationnels en ligne. Dans un spectre plus large, des initiatives telles que iTunesU permettent à de grandes universités de partout dans le monde de diffuser leur savoir en ligne.

Mais c’est à l’automne 2011 qu’une première plateforme de cours gratuits en ligne a été conçue par deux professeurs en sciences informatiques de l’Université Stanford. Récoltant un succès instantané, son exemple a été suivi par de nombreuses institutions.

Au cours du projet-pilote de Stanford, quelque 43 000 personnes ont complété un cours avec succès, dont des étudiants virtuels provenant du Pérou, du Ghana, de la Russie ou encore de la Nouvelle-Zélande. Aujourd’hui, plus d’un million de participants sont inscrits à des cours virtuels gratuits, cours principalement dispensés par des universités américaines de renom comme Stanford ou Harvard. On en retrouve beaucoup sur la plateforme Coursera, justement créée par les professeurs de Stanford Andrew Ng et Daphne Koller. Des universités canadiennes comme l’Université de la Colombie-Britannique ou l’Université de Toronto y offrent des cours. L’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, en Suisse, y offre des cours, dont un à venir en français.

En fin de journée, lundi, une trentaine de personnes s’étaient déjà inscrites à un cours sur le site d’EDUlib. Jean Talbot n’a aucune idée du nombre d’inscriptions auquel il doit s’attendre. Dans les grandes universités américaines, parfois plus de 100 000 personnes s’inscrivent à des cours gratuits en ligne. S’il ne s’attend pas du tout à une telle affluence, il prévoit recevoir certainement une centaine d’inscriptions, et un nombre de 1000 ne l’étonnerait pas. Reste à voir si d’autres institutions francophones d’ici emboîteront le pas…

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