Billets publiés le 5 juillet 2012

Quelques milliers de Canadiens pourraient être coupés du web lundi si leur ordinateur est toujours infecté par le virus informatique DNSChanger, qui a touché des centaines de milliers de personnes au cours des dernières années.

Ce 9 juillet, les autorités américaines ont déconnecté deux serveurs temporaires mis en place l’an dernier dans le cadre d’une opération internationale visant à enrayer le virus informatique, et qui s’était soldé par l’arrestation de six Estoniens.

En quatre ans, le virus DNSChanger a touché jusqu’à 4 millions d’ordinateurs dans le monde, dont quelque 25 000 au Canada. Il redirigeait les internautes vers des sites malveillants choisis par les créateurs du virus, permettant à ces derniers d’empocher près de 20 millions de dollars, selon Paul Vixie, à la tête du consortium responsable de l’architecture des serveurs DNS dans le monde, cité par le réseau anglais de Radio-Canada.

Après l’arrestation des créateurs présumés de DNSChanger, en novembre 2011, les autorités américaines n’ont pas coupé directement les faux serveurs DNS puisque cette démarche aurait bloqué l’accès à Internet de tous les ordinateurs infectés. Les autorités avaient plutôt décidé de remplacer les serveurs malveillants par des serveurs sécuritaires, le temps que les internautes puissent supprimer le virus. C’est ainsi que huit mois plus tard, le temps est venu de fermer les serveurs temporaires.

Or, selon les estimations du consortium responsable des serveurs, il reste 275 000 infectés dans le monde, dont 7000 au Canada.

Les principaux fournisseurs Internet, comme Vidéotron et Bell, ont communiqué avec leurs clients par téléphone, par la poste ou par courriel il y a déjà un bon moment, et des procédures pour supprimer le virus sont disponibles sur le site Internet (Bell / Vidéotron).

Pour vérifier si votre ordinateur est infecté (s’il n’est pas déjà trop tard…!), rendez-vous sur le site de l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet. Et si vous faites partie des malchanceux, vous pourrez trouver des informations sur la manière de vous débarrasser du virus sur cette page.

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Les images des profils Twitter de Martine Desjardins et François Legault

Les oiseaux de nuit ont pu assister hier soir à un vif échange sur Twitter entre la présidente de la Fédération universitaire du Québec, Martine Desjardins, et le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, au sujet des droits de scolarité.

À l’origine de ce « tweet-fight », ce message de M. Legault, qui a réanimé son compte Twitter depuis quelques jours : « Lorsqu’on compare avec le financement des universités du reste du Canada et qu’on voit des professeurs quitter, il y a sous-financement ».

La réplique de Mme Desjardins n’a pas tardé, celle-ci estimant qu’il s’agit d’une analyse réductrice. Les deux ont ensuite devisé pendant deux heures, parvenant difficilement à trouver un terrain d’entente.

Mal financement contre sous-financement

La présidente de la FEUQ a martelé la position qu’elle défend depuis le début du conflit étudiant : les universités sont mal financées, et non sous-financées. Elle estime pouvoir dégager des économies de 189 millions de dollars avec une meilleure gestion.

De son côté, François Legault soutient que les universités québécois accusent un écart de financement d’au minimum 500 millions de dollars avec celles du reste du pays. Il propose que les étudiants paient 200 millions et les contribuables 300.

Martine Desjardins a émis des doutes sur ces chiffres, affirmant au passage que les étudiants ont déjà dû payer 350 millions de plus ces cinq dernières années. Elle reproche au chef de la CAQ de ne pas disposer d’objectifs précis, notamment au niveau du nombre de professeurs nécessaires. « Pourquoi ne pas définir vos objectifs? Vérifier la gestion des universités? Au lieu d’augmenter l’endettement des étudiants et des familles? », écrit-elle.

Au fil de cet échange qui est resté courtois, chacun a tenu sa ligne; François Legault a insisté sur la comparaison avec les universités canadiennes, Martine Desjardins sur l’évaluation de la gestion des universités québécoises.

Toutefois, cette discussion publique a permis à plusieurs internautes de prendre connaissance des arguments des deux protagonistes, voire de participer aux échanges.

« Une théatralisation du débat démocratique »

On a d’ailleurs pu assister à plusieurs échanges sur Twitter de la classe politique québécoise ces dernières semaines. Une tendance que l’on peut voir dans de nombreux pays, surtout dans l’arène politique. Interrogé à ce sujet par Owni, le sociologue Antonio Casilli estime que « le tweet clash théâtralise un débat démocratique en pleine mutation ». « Tout le jeu politique moderne est basé sur la recherche de consensus et de compromis. De ce point de vue, le tweet clash peut être lu comme la résurgence d’une forme de discorde démocratique ancienne », estime le sociologue.

« Ce qu’on cherche avant tout, à travers l’expression des passions politiques et personnelles, c’est à convaincre les autres du bien-fondé de nos positions. Tout cela aboutit donc à une manifestation – du désaccord – qui aide à caractériser les positions parfois trop floues des hommes politiques. » – Antonio Casilli, sociologue

Les différents partis politiques québécois tentent d’ailleurs de se positionner sur les réseaux sociaux alors que les rumeurs d’élections s’intensifient. À l’instar de François Legault qui s’est remis à twitter dernièrement, l’équipe du premier ministre Jean Charest a investi Facebook. Ce dernier n’est pas sur Twitter, tout comme Pauline Marois, tandis qu’Amir Khadir s’y trouve aussi.

Les partis politiques sur Twitter

Les partis politiques sur Facebook

Les chefs des partis sur Facebook

Avec Bruno Maltais

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