Billets publiés le 18 mai 2012

Florent DaudensLa loi spéciale s’appliquerait aux tweets

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 publié le 18 mai 2012 à 15 h 05

Le projet de loi spéciale à l’étude à l’Assemblée nationale pourrait aussi toucher Twitter, a confirmé ce matin Michelle Courchesne en chambre. Et possiblement Facebook aussi.

Interrogée à cet effet par les députés Jean-Martin Aussant (Option nationale) et Stéphane Bédard (Parti québécois), la ministre de l’Éducation a confirmé que la police pourrait remonter jusqu’à l’auteur d’un tweet appelant à manifester. « Ce seront les corps policiers qui auront à décider si effectivement il y a lieu de remonter la filière » pour retrouver la personne à l’origine d’un appel à manifester, a-t-elle déclaré. Et d’ajouter qu’il reviendrait aux tribunaux de poursuivre ou pas l’auteur du tweet. « On ne peut pas prévoir tous les cas d’espèce », estime

On peut voir l’échange avec le député du PQ ci-dessous.

D’autre part, on ignore si arborer un carré rouge comme image de compte sur Twitter pourrait donner lieu à des poursuites. Mme Courchesne n’a pu répondre au sujet de la légalité du port du carré rouge en personne. La question de son port virtuel n’a pas été abordée.

La question des statuts Facebook n’a pas été abordée en chambre, mais on peut supposer que les mêmes dispositions s’appliqueraient.

Des amendements ont été apportés à l’article 29 : les mots « par un encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation ou un ordre » ont été retirés, ainsi que « par un acte ou une omission ». Cet article peut concerner les citoyens relayant sur les réseaux sociaux un appel à manifester, par exemple. Toutefois, sur RDI, des juristes ont affirmé qu’il était difficile d’évaluer l’impact de cette loi et de ses amendements, y compris par rapport aux réseaux sociaux (voir la vidéo ci-dessous, dans la quatrième partie).

Pour me joindre :

florent.daudens@radio-canada.ca

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Florent Daudens100 000 signatures contre la loi 78

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 publié le 18 mai 2012 à 10 h 57

Un simple formulaire en ligne cristallise l’opposition de milliers de citoyens contre la loi spéciale 78 adoptée à l’Assemblée nationale. Peu avant 19 h, 100 000 personnes avaient demandé à s’ajouter à la requête en nullité qui sera déposée contre ce projet, moins de dix heures après la mise en ligne du formulaire.

Mise sur pied par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), la Fédération universitaire du Québec (FEUQ) et l’organisme Juripop, cette initiative vise à « être prêt quand la loi sera votée », explique Julien Pelletier, directeur général de Juripop.

« Le nombre de signataires ne va pas affecter la constitutionnalité de l’éventuelle loi, mais c’est fait pour que ceux qui veulent contester la validité de cette loi puissent le faire. » – Julien Pelletier, directeur général de Juripop

Toutes les signatures seront donc déposées en cour avec la requête que prépare l’organisme avec une dizaine d’avocats, sous la houlette de Félix-Antoine Michaud. Et ce, après avoir été mandaté par la FECQ.

« Les lignes téléphoniques ne dérougissent pas, souligne Julien Pelletier. Les gens disent que ce genre de loi ne s’est pas vu depuis longtemps et que le remède est beaucoup trop exagéré ».

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Faut-il se précipiter sur les actions Facebook? À 38 $ US, le titre « FB », le réseau social créé par Mark Zuckerberg, est valorisé à environ 104 milliards $ US pour son entrée en Bourse vendredi, mais n’est-il pas surévalué et l’investissement sera-t-il si rentable?

Ceux qui possèdent déjà des titres, notamment une partie des employés du groupe, sont certains de gagner en les revendant, de même que les gros investisseurs qui les auront acquis au prix initial pour les écouler dans la foulée d’une introduction en fanfare. Quant aux autres…

La tentation est grande d’investir tout de suite dans ce qui pourrait être le prochain Google, son grand rival. On se souvient que le numéro un des moteurs de recherche sur Internet avait été introduit à 85 $ US l’action pour s’échanger à 100 $ US dès la première cotation et grimper au-dessus de 700 $ US en 2007. Quatre ans plus tard, il se maintient au-dessus des 600 $ US. Mais les chances d’une performance similaire dans le marché actuel semblent minces.

D’abord, la vaste majorité des investisseurs ordinaires n’auront pas accès aux actions de Facebook à 38 $ US car ils passeront après les initiés et les clients des banques d’investissement. Le cours flambe quasiment toujours très vite pendant qu’arrivent les premiers ordres d’achat au prix du marché.

Ensuite, certains s’inquiètent des signes de ralentissement et s’interrogent sur la capacité de Facebook à poursuivre son expansion dans l’espace mobile alors que Mark Zuckerberg l’a conçu dans sa chambre de Harvard il y a huit ans pour une utilisation sur ordinateur fixe. En outre, l’évolution du réseau social dépend aussi de celle du marché publicitaire et des législations sur la protection des données privées.

Enfin, sans remonter jusqu’à l’éclatement de la bulle Internet au début des années 2000, l’histoire récente des groupes vedettes du Web incite à la prudence:

– Pandora, une radio en ligne américaine, a fait son entrée sur le Nasdaq, la bourse des valeurs technologiques, le 15 juin dernier à 20 $ US. Les investisseurs ordinaires ont pu se procurer des actions à 26 $ US dans la journée… mais elles valent moins de 11 $ US aujourd’hui.

– Groupon, la société de réduction sur les achats groupés en ligne, avait été introduit à 20 $ US le 4 novembre 2011, s’était envolé à plus 31 $ US dans la journée… et en vaut moins de 13 désormais.

– Zynga, développeur de `FarmVille’ et autres jeux sur Facebook, avait démarré à 10 $ US le 16 décembre 2011, était monté à 11,50 $ US dans la journée, et avoisine actuellement les 8 $ US.

Même l’une des introductions en Bourse vedettes de l’an dernier n’apparaît plus comme une si bonne affaire si l’on prend en compte le facteur risque: mise sur le marché à 45 $ US le 19 mai, l’action du réseau social professionnel LinkedIn a plus que doublé de valeur en quelques minutes, culminant à 122,70 $ US pour terminer sa première journée de cotation à 94,25 $ US. Aujourd’hui, après une année de turbulences boursières, le titre s’échange aux environs de 105 $ US, ce qui ne représente qu’un gain somme toute modeste de 11 pour cent par rapport au cours initial.

Finalement, celui qui touche à coup sûr le gros lot est le fondateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, qui fêtait ses 28 ans lundi. Après la vente prévue d’environ 30 millions de titres vendredi, il en possédera encore 503,6 millions, soit 32 pour cent du total, et restera le plus gros actionnaire du groupe aux 900 millions d’utilisateurs. Il contrôlera la société, avec 56 pour cent des droits de vote et à 38 $ US l’action, son portefeuille d’actions de Facebook pèsera 19,1 milliards $ US.

The Associated Press