
Le drapeau des Anonymous - Source : Wikipédia
Après la fermeture de Megaupload hier, le groupe de pirates Anonymous a riposté en attaquant plusieurs sites d’importance : le département de la Justice américain, Universal Music, le site de l’Assocation américaine de l’industrie de la musique ou encore Hadopi, l’autorité chargée des droits d’auteurs en France.
L’opération, baptisée #opmegaupload, constitue une attaque de déni de service. En bref, il s’agit de multiplier le nombre de demandes de connexion à un serveur pour le faire saturer. Cela provoque sa mise hors ligne, sans toutefois causer de dommages à l’architecture technique.
La plupart des sites sont de retour en ligne ce matin, à l’exception d’Universal Music qui affiche un message de maintenance. Mais sur Twitter, le groupe promet d’autres attaques.
Anonymous pourrait être qualifié de nébuleuse puisque chacun peut s’y joindre par des canaux de discussion sur le service de chat IRC ou encore par Twitter. Et nul besoin de posséder des connaissances informatiques poussées avec le programme LOIC (Low Orbit Ion Cannon). En le téléchargeant, l’utilisateur ajoute son ordinateur à la somme de ceux utilisés pour multiplier les requêtes de connexion sur un site. Cette méthode avait déjà été utilisée pour protester contre l’arrestation de Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, en décembre 2010.
Le groupe a aussi embrigadé d’autres internautes en les faisant cliquer sur un lien à partir de Twitter et d’autres plateformes. Cela permettait d’activer une version en ligne de LOIC, impliquant l’ordinateur dans les requêtes de connexion vers les sites visés par le groupe, comme le détaille Gawker.
Les fondateurs de Megaupload devant la justice
Pendant ce temps, Kim Schmitz, le fondateur du site (qui se fait appeler Kim Dotcom), a comparu devant la justice néo-zélandaise vendredi avec trois autres accusés. Ils sont maintenus en détention en attendant une nouvelle audience lundi pour une éventuelle mise en liberté sous caution. « Nous n’avons rien à cacher », a déclaré à la barre le fondateur du site, un ressortissant allemand âgé de 37 ans.
L’arrestation de M. Schmitz a été plutôt musclée, a relaté un inspecteur néo-zélandais. « M. Dotcom est rentré dans sa maison et a activé plusieurs mécanismes de fermeture électronique. Une fois ces codes neutralisés par la police, il s’est barricadé dans une chambre forte (…) et lorsque la police est parvenue à y pénétrer, ils ont trouvé M. Dotcom près d’une arme qui avait l’apparence d’un fusil de chasse à canon scié ». Et d’ajouter : « Ça a été plus compliqué que de frapper à la porte ».
Les policiers ont aussi interpellé Finn Batato, 38 ans, responsable du marketing, et le Co fondateur et responsable technique du site Mathias Ortmann, 40 ans, tous deux de
nationalité allemande, ainsi qu’un Néerlandais de 29 ans, Bram Van der Kolk. Trois autres membres du site restent recherchés. Le FBI collaborait avec la police néo-zélandaise depuis début 2011 dans cette affaire.
Les procureurs américains les accusent d’avoir entraîné des pertes de plus de 500 millions de dollars pour les détenteurs des droits d’auteur de fichiers distribués illégalement sur Megaupload. Et ce, tout en ayant généré des profits de 175 millions de dollars grâce aux abonnements et à la publicité, peut-on lire dans l’acte d’accusation.
Megaupload constitue le 13e site le plus visité, avec 50 millions de visiteurs par jour, selon l’acte d’accusation.
Ils risquent jusqu’à 20 ans de prison pour conspiration de racket, conspiration de violation de copyright et conspiration de blanchiment d’argent. La police néo-zélandaise a également saisi des avoirs de plusieurs millions de dollars, dont plusieurs voitures de luxe.
La fermeture de Megaupload survient au lendemain d’une protestation de grande envergure sur le web contre deux projets de loi antipiratage aux États-Unis, SOPA et PIPA.
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