Image : Sopastrike.com

Comme nous vous l’annoncions hier, l’encyclopédie en ligne Wikipédia a confirmé qu’elle participerait au mouvement de protestation contre le projet de loi antipiratage SOPA (Stop Online Piracy Act), à l’étude à la Chambre des représentants aux États-Unis, et de son équivalent au Sénat américain, le Protect IP Act (PIPA).

Ainsi, la version en anglais de Wikipédia sera inaccessible à compter de minuit ce soir (HNE), pour une période de 24 heures. C’est la première fois que l’encyclopédie en ligne participe à une manifestation de cette nature. Bien que hautement symbolique, la portée de cette éclipse sera toutefois relative. Comme le souligne Gawker, même si Wikipédia arrive au 6e rang des sites les plus consultés, et que ses pages en anglais sont consultées 234 millions de fois chaque jour, les débrouillards n’auront pas trop de mal à y accéder en passant par la mémoire cache de Google…

Rappelons que le site SopaStrike.com répertorie les sites qui ont l’intention de protester demain. Notons que cette protestation peut prendre d’autres formes que la mise hors ligne. Par exemple, ces sites pourraient afficher une bannière qui dénonce le projet de loi.

Selon Bloomberg, sans aller hors ligne demain, Google proposera en page d’accueil un lien qui expliquera son opposition au projet de loi.

Au Canada

Et qu’en est-il au Canada? Un certain nombre de sites canadiens ont déjà annoncé leur participation : Codelabs.ca, Greenpowerplant.ca, Digibase.ca, Identi.ca, et le gestionnaire de nom de domaines Tucows.ca, entre autres.

J’attire d’ailleurs votre attention sur ce billet de Michael Geist, professeur à l’Université d’Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit d’Internet et du commerce électronique, qui explique les raisons pour lesquelles les Canadiens devraient se sentir concernés par les projets de loi et participer aux manifestations en ligne.

Il rappelle que si elles sont adoptées, ces lois auront d’importantes répercussions au Canada, car les adresses IP des sites canadiens sont allouées par l’American Registry for Internet Numbers, une entité américaine. Les sites canadiens tomberaient donc sous la coupe de SOPA/PIPA, des entreprises canadiennes pourraient également être visées.

M. Geist souligne également que le Canada a l’habitude de calquer sa stratégie en matière de propriété intellectuelle sur celle des États-Unis. C’est pourquoi il recommande aux Canadiens de contacter leurs élus et de leur faire part de leurs craintes. Les internautes peuvent également afficher le bandeau STOP SOPA sur leur photo de profil.

Pour en savoir davantage sur les effets des projets de loi SOPO/PIPA, voici un excellent billet de CNET.

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