Billets publiés en septembre 2011

Florent DaudensLa revue du web – 30 septembre 2011

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 publié le 30 septembre 2011 à 17 h 23

À la revue du web aujourd’hui : les verbes sur Facebook et l’expression humaine; Spotify est-il allé trop loin?; un montage qui fait fureur sur Vkontakte, le Facebook russe; les États-Unis des années 40; la fin de la science; une application qui choque aux États-Unis. Et une nouveauté : notre suggestion musicale du vendredi. N’hésitez pas à nous envoyer les vôtres!

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Avec Vincent Grou

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Le ministre du Patrimoine, James Moore. Photo : PC / Adrian Wyld

Le ministre du Patrimoine, James Moore, a présenté hier une nouvelle tentative de réformer la loi sur le droit d’auteur au Canada. Connu sous le nom de C-32 avant les dernières élections, il se nomme aujourd’hui C-11 et devrait rafraîchir une loi datant de 1997.

Si ce projet est adopté, il aura donc fallu quatre tentatives : une avec les libéraux en 2005, trois avec les conservateurs en 2008, 2010 et 2011.

Le gouvernement reprend le projet là où il l’avait laissé, en se basant sur les consultations publiques menées en 2009. L’impact de ce projet de loi se fera sentir au quotidien dans de nombreuses sphères. Dans l’état actuel du projet de loi, voici donc une liste des changements.

Le projet de loi permettrait aux particuliers de :

  • Copier le contenu d’un appareil à un autre (d’un CD vers un lecteur MP3, par exemple). Et ce, seulement si ce contenu n’est pas protégé par un verrou électronique.
  • Enregistrer des émissions de télévision, de radio ou sur Internet pour les consulter plus tard sur l’appareil de leur choix. Interdiction toutefois de se constituer une bibliothèque ou d’utiliser ces enregistrements à des fins commerciales. La loi ne s’applique toutefois pas à des émissions diffusées à la demande (en streaming) ou protégées par des verrous.
  • Créer une copie de sauvegarde, sauf pour les contenus verrouillés ou à la demande.
  • Intégrer du contenu protégé par des droits d’auteur et légalement acquis dans du contenu généré par un utilisateur (par exemple, un montage personnel d’une chanson de Lady Gaga). Ceci, tant que ce contenu généré par un utilisateur ne comporte pas d’objectifs commerciaux et n’a pas d’impact négatif sur la mise en marché ou sur la réputation de l’artiste.
  • Utiliser du contenu protégé à des fins éducatives ou humoristiques. Il s’agit d’une extension de la loi actuelle sur l’utilisation équitable d’un contenu – jusque-là limitée à la recherche, des études privées ou encore à des fins journalistiques.
  • Copier du matériel protégé diffusé dans le cadre d’un cours à distance afin de le consulter ultérieurement. Ainsi, les professeurs vont pouvoir distribuer des copies électroniques de matériel protégé à leurs étudiants, mais seulement si tous détruisent ce matériel dans un délai inférieur à 30 jours après la fin du cours. Les professeurs devront aussi prendre des mesures préventives contre la copie et la distribution du matériel à d’autres fins qu’éducatives.

D’autres mesures figurent dans ce projet de loi :

  • Interdire le contournement des verrous numériques, même à des fins légales comme celles prévues dans les éléments mentionnés plus haut. Cette proposition fait débat, plusieurs experts critiquant le gouvernement pour ne pas avoir inclus une exemption qui permettrait un tel contournement pour, par exemple, copier des extraits d’un manuel pour le voir sur un autre appareil.
  • Interdire la fabrication, l’importation et la vente de technologies ou d’équipements conçus principalement pour briser les verrous numériques. Cela inclut le déverrouillage de DVD achetés à l’étranger pour pouvoir les lire en Amérique du Nord.
  • Exiger des fournisseurs d’accès à Internet qu’ils informent leurs clients lorsque ceux-ci violent le droit d’auteur, si l’ayant droit le signale. Le fournisseur est tenu de conserver des « informations pertinentes » sur l’utilisateur, notamment son identité, et celles-ci pourraient être divulguées à l’ayant droit sur ordonnance du tribunal.
  • Exempter les fournisseurs d’accès et les moteurs de recherche de la responsabilité des violations de droits d’auteur s’ils agissent strictement comme des intermédiaires dans l’hébergement, la mise en cache ou la transmission de matériel protégé.
  • Interdire à une personne de fournir un service dont elle « sait ou devrait savoir qu’il est conçu principalement pour permettre des actes de violation du droit d’auteur » sur Internet ou sur tout autre réseau. Cette clause vise notamment les sites web créés distribuer du contenu protégé, notamment les sites de partage de fichiers (peer-to-peer).
  • Différencier une violation commerciale du droit d’auteur d’une violation individuelle. La pénalité pour individu oscillerait ainsi entre 100 et 5 000 $, soit moins que la pénalité actuelle maximale de 20 000 $.
  • Autoriser les bibliothécaires à numériser des documents imprimés et d’en envoyer une copie à un utilisateur qui, lui, pourrait voir ces documents et les imprimer.
  • Autoriser les utilisateurs handicapés à convertir le contenu protégé dans un format accessible.

Cet article est tiré de la version anglophone de CBC.

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On attendait avec impatience la réaction d’organismes de protection de la vie privée aux changements majeurs annoncés par Facebook la semaine dernière.

Cette refonte, qui n’était jusqu’ici visible que pour les développeurs de Facebook, commencera à partir d’aujourd’hui à être déployée pour l’ensemble des quelque 800 millions d’abonnés du réseau social. Au cours de prochains jours vous verrez donc, si ce n’est déjà fait, votre profil Facebook complètement transformé.

Pour un survol de ces changements et de leurs implications, consultez cet article de mon collègue Florent Daudens qui, plus tôt cette semaine, expliquait comment s’y retrouver avec ces nouveautés.

Pendant ce temps, 10 organismes américains de protection de la vie privée, menés par l’Electronic Privacy Information Center, réclament une enquête sur ces changements. Dans une lettre adressée à la Federal Trade Commission (FTC), ils s’inquiètent de ce que ces changements impliqueront en matière de vie privée.

Des exemples troublants

Les exemples déclinés dans la lettre donnent froid dans le dos. Les inquiétudes des organismes concernent notamment la nouvelle ligne du temps (Timeline) et le fil en continu, ou télex (Ticker) dévoilés par Facebook.

Ils citent cet article de Computerworld, selon qui la ligne du temps facilitera la tâche des pirates informatiques à la recherche d’informations personnelles en vue de mener des attaques.

La lettre, souligne aussi que Facebook incite fortement ses utilisateurs à mettre le plus d’informations personnelles possible sur leur ligne du temps. Cette pratique se fait au détriment des consommateurs, car ces informations seront utilisées par Facebook et par des tiers, notamment à des fins publicitaires. Mais aussi parce que Facebook pourrait changer, sans avertissement, ses conditions d’utilisation, et révéler ces informations personnelles.

La ligne du temps contient, par exemple, une section sur la santé de l’utilisateur. Vous pouvez maintenant indiquer, par exemple, que vous vous êtes fracturé un bras. Ce type de renseignement constitue « une véritable mine d’or actuarielle », estime David Meyer, de ZDNet.

Les organismes signataires dénoncent également le fait que le fil en continu permet d’être témoin d’interactions, sur Facebook,  entre des gens que vous ne connaissez pas. Ce fil est également un  outil qui permet de voir en direct la musique que vos contacts écoutent, les films qu’ils regardent ou les lectures qu’ils font (s’ils ont installé les applications pour ce faire). La lettre cite cet article de Ted Samson, d’InfoWorld qui explique qu’en voyant passer sur son fil un message d’un parfait inconnu, a découvert qu’un de ses amis avait commenté le site web d’un film porno homosexuel.

Malgré cela, souligne la lettre, dans sa rubrique d’aide, Facebook affirme que le télex ne change pas vos paramètres de sécurité. « Si le télex affiche des actualités que vous n’avez pas remarquées auparavant, c’est probablement parce qu’il rend les choses plus simples », affirme la rubrique. Affirmation que réfutent les signataires de la lettre.

Confus, comme toujours

Les organismes de protection de la vie privée estiment que les changements  fréquents sur Facebook sèment la confusion et font en sorte que les usagers ne sont pas portés à modifier leurs paramètres de sécurité. Paramètres qui, au demeurant, sont souvent complexes à modifier. La lettre cite l’exemple de l’application du Washington Post. Au moins sept étapes doivent être franchies si vous ne voulez que vos contacts sachent ce que vous lisez via cette application.

« Cette confusion mène à la prolifération de la désinformation », ajoute la lettre.

Les groupes estiment également que ces nouvelles fonctions bafouent les précédentes mesures mises en place par Facebook pour protéger la vie privée de ses utilisateurs.

En conclusion, les organismes estiment que les changements sur Facebook constituent une pratique commerciale trompeuse et inéquitable, qui contrevient à la loi américaine de protection du consommateur. Voilà pourquoi ils demandent à la FTC d’enquêter.

La Commissariat à la vie privée reste sur ces gardes

Au Canada, le Commissariat à la protection de la vie privée dit suivre de près la constante évolution de Facebook (et des autres réseaux sociaux).

Anne-Marie Hayden, directrice des communications, a indiqué à Radio-Canada.ca que Facebook a présenté au Commissariat un sommaire des changements avait annoncés le 22 septembre dernier. « Nous effectuerons un examen très attentif de ces changements en fonction de leurs répercussions sur la vie privée des Canadiennes et des Canadiens. Nous prendrons les mesures nécessaires si nous croyons qu’il est possible que se produisent de nouvelles violations de la loi canadienne sur la protection des renseignements personnels », dit-elle. Elle ajoute que jusqu’à maintenant, le commissariat n’a reçu aucune plainte ni demande de renseignements au sujet de ces changements.

En 2009, à la suite d’une longue enquête et d’une série de recommandations, le Commissariat s’était dit satisfait de la réponse de Facebook. L’organisme dit toutefois avoir reçu d’autres plaintes depuis.

La lettre des dix organismes

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Florent DaudensLa revue du web – 29 septembre 2011

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 publié le 29 septembre 2011 à 17 h 03

À la revue du web entre autres aujourd’hui : une étude montre que les internautes lisent les commentaires; un chroniqueur se demande si Facebook va trop loin, tandis qu’un artiste dessine des affiches de propagande pour les réseaux sociaux.

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Le militant anticorruption indien Anna Hazare, qui fait une grève de la faim de deux semaines en août dernier, est désormais présent sur les réseaux sociaux.

Le compte Twitter @annahazaresays, mis en ligne aujourd’hui, compte déjà plus de 2000 abonnés. La page Facebook Anna Hazare Says comptait de son côté plus de 1100 adeptes au moment d’écrire ces lignes.

Le militant a également inauguré un blogue en anglais, en hindi et en marathe, Anna Hazare Says. Dans un billet, il affirme qu’Internet lui servira notamment à dialoguer plus facilement avec les gens qui partagent ses points de vue.

En août dernier, nous vous parlions des répercussions de la croisade d’Anna Hazare sur les réseaux sociaux. Nous mentionnions notamment la page Facebook Anna Hazare, qui n’est plus, maintenant, sa page officielle, mais qui compte près de 400 000 adeptes.

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