Billets publiés le 1 avril 2011

Carole AounLes élections fédérales et les réseaux sociaux

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 publié le 1 avril 2011 à 22 h 05

La journaliste Myriam Fimbry présente à l’émission de radio Désautels un reportage sur l’impact des réseaux sociaux dans la présente campagne électorale. Elle interroge autant des candidats qui font leurs premiers pas dans le monde virtuel que des habitués des claviers.

Les réseaux sociaux permettent notamment de recruter des bénévoles et d’entrer en contact avec une certaine tranche de la population, mais selon les candidats interrogés cela ne remplace pas le porte-à-porte et le contact humain. Myriam Fimbry s’est également rendue à la permanence du Bloc québécois où une équipe de 10 personnes surveille ce qui se dit sur les médias sociaux. Elle a aussi posé quelques questions à Denis Coderre, l’un des politiciens les plus suivis sur Twitter.

« La campagne électorale de 2004 c’était la campagne de l’Internet. La campagne de 2006 c’était la campagne des blogues. La campagne de 2008 c’était la campagne de Facebook. Plusieurs disent que la campagne de 2011 c’est la campagne de Twitter alors ce qui est très important et ce que nous avons réalisé depuis le début, c’est la nouvelle façon de faire et qu’il fallait bien sûr ne pas négliger cette réalité », raconte Dimitri Soudas, directeur des communications de Stephen Harper.

Pour me joindre: 

L’annonce faite jeudi par le chef du Parti conservateur Stephen Harper de donner des milliards en prêt pour le projet du bas Churchill suscite de nombreuses réactions en ligne. Le chef des conservateurs offre à Terre-Neuve-et-Labrador des garanties sur un emprunt de 4,2 milliards de dollars pour la réalisation du projet. Il a fait cette promesse dans le cadre d’un engagement d’aide au financement de « projets majeurs d’énergie propre partout au Canada ».

Vendredi, le premier ministre du Québec Jean Charest n’a pas manqué de dénoncer cette annonce. Il a rappelé que son gouvernement ne s’est jamais objecté à ce que les Terre-Neuviens développent leur énergie hydroélectrique. Il a toutefois souligné que les Québécois ont financé seuls les opérations d’Hydro-Québec et le développement de la société d’État, incluant les interconnexions avec les provinces voisines.

Sur Radio-Canada.ca et sur notre page Facebook, les internautes semblent partagées par la promesse du chef conservateur.

Dans notre article, Harper garantit des milliards en prêt pour le projet du bas Churchill, « L’avocat du diable » ne semble pas impressionné par les propos du chef conservateur. Il n’hésite pas à qualifier certaines promesses de farfelues. « Soyez pas naïf. Ce projet est un bel exemple d’investissement nul des conservateurs. Ce n’est pas rentable. Je mets au défi n’importe qui de me prouver que Terre-Neuve pourra exporter de l’électricité aux USA et vendre moins cher que le Québec! Ce n’est pas moi qui le dis, mais les experts dans le domaine. Les Terre-Neuviens seraient perdants eux même. Les chiffres avancés du projet aussi sont conservateurs ce qui en diminue encore le profit anticipé. »

Le commentaire envoyé par « exprimonsnous » critique le geste de Harper. « Je ne peux pas croire que quelqu’un au Québec va voter pour Harper après cette annonce ! Ici, c’est nous qui avons financé notre système de distribution d’Hydro-Québec. C’est pour ça, entre autres qu’on paye maintenant notre électricité plus cher. Et le fédéral va financer les autres provinces ? Pourquoi? Pour venir nous concurrencer en utilisant notre argent pour le faire? Dehors Harper. »

De son côté, « JP Québec » qualifie de honteuse la situation. « Non seulement le fédéral n’a pas mis un sou lorsque le Québec a décidé d’investir dans ses projets hydro-électriques, mais là, il fait payer les Québécois – à partir de nos impôts – ce projet de Terre-Neuve qui nous fera concurrence !!! »

Prudence et nuance

Toutefois, plusieurs internautes demeurent prudents et tentent de nuancer les propos du chef conservateur.

« hachey65 » nous écrit : « Le parti conservateur à annoncer qu’il serait d’accord à fournir une garantie de prêt, il existe toute une différence entre une garantie de prêt et une subvention. Faites donc vos leçons avant de répondre. En passant, c’est frustrant de voir un compétiteur lorsqu’on détient le monopole. Mais, il faut s’adapter, car le marché de l’hydroélectricité le fera, n’ayez crainte. »

« St-Ferdinand01 » abonde dans le même sens.

« Avant de paniquer et de prêter une tonne d’intentions à cette annonce, regardons objectivement les faits. Il ne s’agit pas d’une subvention, mais juste une garantie de prêt, donc pas un sou qui sort du gouvernement fédéral, mais le gouvernement de Terre-Neuve va pouvoir obtenir un plus bas taux pour son prêt auprès des banques ou autres prêteurs. »

-St-Ferdinand01

Même son de cloche sur Facebook :

Pour sa part, « missdéco » souligne l’aspect santé de cette annonce et de son impact. « Il est nécessaire pour les familles de la Nouvelle-Écosse d’avoir une électricité moins chère et de pouvoir éliminer les centrales au charbon et de garder les grandes compagnies ouvertes et de diminuer les cancers liés à l’utilisation du charbon ça c’est humain et nécessaire », dit-elle.

«Jocelyn Ouellet» affirme qu’il «faut arrêter un peu d’être des partisans bornés. Si ça coûte moins cher à TN et que ça ne coûte pas plus cher aux Canadiens, c’est une promesse intelligente. Au Québec de présenter des projets d’énergie propre qui seront admissibles eux aussi.»

Finalement, «hachey65» se demande si les Québécois ont peur. «C’est étrange on dirait que certains Québécois pensent qu’ils sont les seuls d’être en mesure de produire de l’hydroélectricité, avez-vous peur de Terre-Neuve? Je crois qu’il est temps de cette digne province puisse se développer énergétiquement, quoique qu’en pense les Québécois. Si ce n’est pas possible de la faire en accord avec le fédéral, le projet ira de l’avant, peu importe, le Québec, que cela vous plaise ou non.»

Et vous, comment réagissez-vous à cette promesse de Stephen Harper?

Pour me joindre:

Vincent GrouVos images de la campagne

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 publié le 1 avril 2011 à 15 h 59

Vous avez peut-être remarqué que le dossier Élections fédérales 2011 de Radio-Canada.ca propose la section La campagne en images. On peut y voir des photos tirées des agences de presse, mais aussi des photos prises par nos journalistes qui suivent les différents chefs tout au long de la campagne.

Nous sollicitons maintenant vos images pour enrichir cet album. Comment se passe la campagne chez vous? Y a-t-il des enjeux que vous voulez illustrer, comme une route inachevée ou un bâtiment délabré? Êtes-vous envahis par les pancartes électorales? Y en a-t-il qui sont placées là où elles ne devraient pas être? Y a-t-il des pancartes originales de candidats indépendants? Quelle était l’ambiance lors du passage d’un des chefs? Avez-vous été témoin d’une scène particulière? Etc.

Envoyez-nous vos images à l’adresse Radio-Canada.ca/Temoin.

Média@McGill propose aujourd’hui dès 14 h 30 une conférence suivie d’une table ronde sur les médias sociaux et les mouvements sociaux au Moyen-Orient au Maghreb.

C’est Annabelle Sreberny, professeur des médias et de la communication à l’Université de Londres, qui présente la conférence d’ouverture portant plus précisément sur le Mouvement vert en Iran et le rôle qu’y jouent les médias.

Fadi Hammoud, journaliste indépendant, et Aziz Salmone Fall, du Groupe de recherche d’initiative pour la libération de l’Afrique, prennent également part à la table ronde qui suivra la conférence. Il sera question des mouvements sociaux et des médias sociaux qui ont marqué l’actualité dernièrement.

J’assiste à cet événement et j’enverrai des messages par Twitter. Vous pourrez ainsi suivre les grandes lignes de cet événement.




Avez-vous entendu parler du conflit ivoirien sur les médias sociaux? Certes, les médias traditionnels couvrent le conflit. Mais des vidéos sur YouTube? Des blogueurs en direct d’Abidjan? La situation se compare difficilement aux révoltes populaires en Tunisie, en Égypte et dans plusieurs pays du Magreb et du Moyen-Orient.

« Il faut faire attention et être vigilant aux autres révolutions qui ne se passent pas de manières aussi flamboyantes, mais qui sont aussi là sur le terrain », me disait mercredi Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale pour le Canada francophone.

« En Côté-d’Ivoire, il y a encore des gens qui prennent énormément de risques. Regardez les massacres qui se passent là-bas. En Haïti, il y a des femmes qui se font violer tous les jours », ajoutait-elle.

« Il ne faut pas oublier les révolutions qui sont moins bruyantes et aussi le fait que ces moyens technologiques-là sont parfois d’une manière systémique un peu discriminants »

– Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale pour le Canada francophone

Ces propos, elle les a tenus en marge de la conférence du grand patron d’Amnistie internationale, Shalil Shetty, qui était à Montréal pour lancer les activités du 50e anniversaire de l’ONG.

Le thème de sa conférence? « L’évolution des technologies de l’information et les droits humains dans le monde ».

Car Amnistie internationale mise beaucoup sur les nouvelles technologies pour défendre les droits de l’homme et mobiliser ses quelque 3 millions de militants dans plus de 150 pays. Signe des temps, l’ONG devrait lancer son application iPhone la semaine prochaine.

Pour les défenseurs des droits de l’homme, les médias sociaux sont fort utile pour « témoigner, dénoncer et mobiliser », explique Béatrice Vaugrante. « On l’a vu au Kenya quand on a fait notre campagne sur les évictions forcées. Les cellulaires ont été un énorme outil pour divulguer l’information et mobiliser. On le voit aussi en Chine où de plus en plus d’internautes et de blogueurs passent des informations à leurs risques et péril.»

Même utilité présentement en Libye : « On a [la chercheuse] Donatella Rivera en ce moment en Libye qui nous dit le jour-même à travers son blogue « Voici ce que j’ai fait, voici les victimes que j’ai rencontrées », donc c’est chaud et c’est fait par un expert. Ça aide nos gens sur le terrain et ça nous aide aussi à diffuser l’information  », explique Mme Vaugrante.

Mais la forte médiatisation sociale de certains conflits se fait-elle au détriment d’autres crises?

« On sait que les populations rurales et les femmes, qui en général sont moins éduquées, ont moins de revenus et n’ont pas forcément accès à ces moyens de technologies. Donc en tant que militants des droits humains, il faut qu’on prenne en compte ces enjeux-là », explique Béatrice Vaugrante.

Et vous, avez-vous l’impression que les médias sociaux vous permettent d’être mieux informés au sujet des conflits aux quatre coins de la planète?

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