Blogue de Rebecca Makonnen

Galaxie : entre la lumière et le bruit

Vendredi 24 février 2012 à 17 h 48 | | Pour me joindre

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Olivier Langevin est l’homme de confiance de Mara Tremblay, de Vincent Vallières et de Fred Fortin. Celui à qui ils confient leurs chansons, celui qui les épaule pendant une étape de la création, celui qui signe la réalisation de leurs albums. C’est donc dire que vous connaissez Olivier Langevin, peut-être même sans le savoir ou peut-être l’avez-vous vu sur scène, penché sur sa guitare, en plein solo. C’est un joueur étoile de l’indie rock québécois.

Guitariste, réalisateur, auteur, compositeur et interprète : tous ces chapeaux lui vont, peu importe l’ordre. Olivier Langevin, c’est la personne qu’on a accueillie le plus souvent à Studio 12, alors qu’il accompagnait Mara, Fred ou Vincent, ou parce qu’on a fait appel à lui précisément, à la recherche d’un son particulier, d’une signature – la sienne. Il excelle dans le rock, comme en témoignent les disques de Galaxie, mais il sait nuancer son jeu pour mieux s’adapter à ceux qu’il accompagne. Entre deux parties de hockey sur glace (il en est passionné) et les projets des autres, Olivier a trouvé du temps pour se consacrer à Galaxie, groupe qu’il a créé au tournant du siècle. Février 2011, l’album Tigre et diesel était lancé et s’imposait dans nos oreilles. La réaction, comme un coup de foudre, a été immédiate et amplement méritée. On a adoré l’album, poussé par la chanson Piste 1. Un riff inoubliable, des gargouillis de synthétiseurs, une cadence de locomotive, de la distorsion en masse et la voix de sirène d’Audrey-Michèle Simard, qui chantait « À cause de toi le ciel est comme un dancefloor maléfique. » Le sort en était jeté.

Une poignée de statuettes (GAMIQ, Félix) et plusieurs spectacles plus tard, Olivier Langevin a débranché sa guitare et mis le cap sur l’Indonésie. Il a rapporté dans sa besace des histoires de voyages rocambolesques (méfiez-vous des traversiers!) et des sinus bloqués, mais rien ne pourrait l’empêcher de brancher son ampli et de jouer de la musique. Il arrive avant l’heure de sa convocation, prêt à travailler. Dans Galaxie, tous les musiciens sont sollicités ailleurs, du claviériste Dan Thouin (directeur musical de Gilles Vigneault) à la choriste Audrey-Michèle Simard (Caracol).

Les répétitions vont vite : Galaxie, ça se passe sur scène. Et entre amis. Olivier propose de passer le micro au batteur Pierre Fortin, qui lance un premier album solo, Mécanique d’hiver, la semaine prochaine. Pierre est fébrile à l’idée d’interpréter une de ses nouvelles chansons devant un public, mais ravi de pouvoir montrer une autre facette de sa personnalité. Rien à voir avec la musique que proposent les deux groupes dont il fait partie, Galaxie et Les Dales Hawerchuk.

Drôle de coïncidence, un autre percussionniste a sa chance de briller lors du Studio 12 de Galaxie : Olivier a invité Julien Sagot, de Karkwa, à présenter une chanson de son premier album solo, Piano mal. Sa voix, déjà entendue sur Les chemins de verre, de Karkwa, est caverneuse (Marie-Pierre Arthur la qualifie « d’outre-tombe ») et sied bien l’atmosphère intrigante qui se dégage de cet album réalisé par Simon Angell (Patrick Watson). J’ignore si Julien Sagot se sent libéré de quelque chose, mais il semble heureux et léger. Son rire est particulièrement jouissif. Entre Sagot et Langevin (c’est comme ça qu’ils s’appellent), on devine une grande camaraderie et un grand respect. Même si le soir de l’enregistrement, Julien assurait la première partie du spectacle des Barr Brothers au Club Soda, Olivier a insisté pour qu’il soit présent. On a donc devancé de deux heures l’enregistrement de l’émission. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour la musique?

Entre l'ombre et la lumière : Simon Angell et Julien Sagot