Accueil

recommander

Star Académie, ça change pas le monde sauf que… lorsqu’on y participe, tout le monde en parle. C’est ce que racontent les membres de Mes Aïeux quelques jours après leur visite sur l’épatant plateau de Julie Snyder. « Même dans la cour d’école quand je reconduis notre fils, les enfants nous en parlent! » s’étonne encore la très enceinte Marie-Hélène Fortin (violon) en se frottant le ventre. Nouvel album oblige (À l’aube du printemps) le groupe est au coeur d’une éreintante tournée promotionnelle.

Ce qui est franchement très chic avec Mes Aïeux, c’est que malgré leurs 15 ans d’existence, leur amitié est toujours solide. J’ai passé deux heures en compagnie de Stéphane Archambault (voix) et Frédéric Giroux (basse, guitare), et j’ai été surprise de constater à quel point ils s’intéressent encore sincèrement à ce que l’autre raconte, qu’ils sont encore capables de se faire rire, qu’ils sont sur la même longueur d’onde.

 

 Pensez-y : 15 ans, ce n’est pas rien. Et même si aujourd’hui Les  Cowboys Fringants, Karkwa et Les Trois Accords cumulent les années au compteur, il fut un temps où les groupes québécois ne survivaient  pas longtemps. Marie-Hélène (violon) acquiesce, puis me rappelle que Fred et Stéphane, deux ex-colocs, étaient déjà de bons amis avant même de fonder le groupe et surtout, elle me précise que les membres du groupe ne sont pas toujours ensemble.

Il est vrai qu’il y a de longues pauses après les tournées, mais au sein de Mes Aïeux, on retrouve quand même deux frères et un couple. Ajoutez à cela le succès, la cohabitation et hop, voilà le cocktail idéal pour un ras-le-bol intense.

 

On le dit sur toutes les tribunes, Mes Aïeux est un groupe convivial et inclusif. Dans les courriels de gens qui souhaitent assister à l’enregistrement de Studio 12, j’ai lu de nombreuses fois que « Mes Aïeux, c’est nous. On s’y reconnaît. » On peut reprocher à Mes Aïeux d’être parfois passéiste, parfois moralisateur, mais il reste que le grand public s’identifie à ce groupe qui a vendu 650 000 albums en carrière.

 

 

En observant les cinq membres de Mes Aïeux se réunir sur scène, je m’imagine à quoi doit ressembler le quotidien d’un professeur. Pendant que Marc-André Paquet teste le son de sa batterie, Stéphane se porte volontaire pour aller chercher des cafés; Fred et Luc Lemire (percussions, instruments à vent) cherchent en vain un moyen d’être plus virils en jouant du piccolo sur l’introduction de La Stakose; Benoît Archambault arrive le souffle court de Gatineau, où il donnait un spectacle pour enfants (en se désolant justement de ne pas voir suffisamment les siens), et Brigitte St-Aubin, l’invitée, accorde son violon. Mes Aïeux, c’est démocratique : pour qu’une décision passe, elle doit faire consensus. Les discussions sont nombreuses, mais les membres du groupe résolvent les impasses en moins de deux. Tout le monde parle en même temps ou presque. C’est un joyeux bordel, un peu comme dans un poulailler! Même l’ingénieur de son Pierre Plante (pourtant père de deux jeunes garçons) est étourdi, ce qui fait bien rire Marie-Hélène.

L’ambiance est rigolote. Toujours volontaires, Mes Aïeux suivent quiconque dans un délire. Pour tuer le temps pendant qu’on peaufine l’éclairage, Benoît se lance dans une interprétation spontanée de More than words, succès des années 90. Les autres, guillerets, suivent instinctivement, même si tous ne maîtrisent pas nécessairement les paroles du groupe Extreme. Ils connaissent déjà tous les textes de leur nouvel album, par contre. Ce soir à Studio 12, Mes Aïeux interprètent exclusivement des chansons d’À l’aube du printemps, dont quelques-unes qui n’ont encore jamais été jouées en public.

Les nouvelles chansons font mouche! Deux semaines après la parution du disque, les fans présents en studio l’ont visiblement apprivoisé, voire adopté. Une fois l’enregistrement de l’émission terminé, Mes Aïeux offrent en bonus, juste pour les chanceux en studio, une version arabisante de Dégénérations. Généreux, vous dites? Une si belle fin pour notre Studio 12.

Studio 12, ça se termine ici. Je garde en mémoire un laboratoire créatif et convivial, où de formidables (et parfois peu probables) rencontres ont eu lieu. J’ai souvent eu le privilège d’être témoin d’une étincelle, d’une idée qui a ensuite fait son chemin, sur scène ou sur disque. J’ai eu la chair de poule souvent. Merci aux artistes qui ont tendu la main aux autres, à ceux qui ont cassé leurs chansons ici en primeur, à ceux qui ont eu l’audace de pousser le concept un peu plus loin, à ceux qui ont chamboulé leur horaire pour être des nôtres, à ceux qui se font rares, à ceux qui ont l’oreille absolue, à ceux qui sont revenus encore et encore. Et pour ceux qui n’ont pas pu venir, tant pis. Vous avez manqué un chouette party.

 

 

recommander

Lorsqu’Antoine Gratton monte sur scène, c’est inéluctablement avec une étoile dessinée autour de l’œil, le corps moulé dans un costume de Lycra brillant et pailleté. L’artiste prend un plaisir évident à se costumer. Plus son uniforme est flamboyant, plus Antoine semble heureux. Pour lui en mettre plein la vue, Studio 12 lui a ouvert les portes du costumier de Radio-Canada. À voir :

recommander

Antoine Gratton s’est couché très tard. Oubliez tout de suite le cliché de l’artiste-oiseau-de-nuit-épicurien. S’il n’a presque pas fermé l’œil de la nuit, c’est parce qu’il a écrit des arrangements de cordes jusqu’à trois heures du matin. Ses voisins – « les gars sont super cool », s’empresse-t-il de préciser – on fait la fête jusqu’au lever du soleil. « Dès que je m’endormais – boum –, la musique me réveillait. De la musique house, en plus! » dit-il en riant.

Le teint bronzé, Antoine revient de Floride. Depuis l’automne dernier, il multiplie les allers-retours à Miami, où il se consacre à l’écriture de… quelque chose de secret avec des collaborateurs américains. Son quatrième album, La défense du titre n’a même pas un an que le chanteur se dit « déjà ailleurs ».

Cette semaine, il est bien ici avec nous, voué à faire de son Studio 12 le meilleur possible. D’abord, l’émission télévisée est en noir et blanc. C’est son idée. Ensuite, en plus de ses musiciens et ses choristes, il a fait appel au Quatuor Orphée, déjà présent sur son album.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On le savait déjà auteur-compositeur-interprète, multi-instrumentiste, bête de scène et arrangeur. Il est aussi un chef d’orchestre qui dirige les cordes comme le ferait un vrai de vrai, mais sans baguette. Récemment, il a vu le Requiem de Mozart à la Maison symphonique. « On dirait que les pantalons du maestro Nagano sont trop courts », fait-il remarquer, sourire en coin. Antoine discute avec le quatuor et son invité Clément Jacques, qui reprend sa chanson Let go let go.  « Finalement, je ne tripe pas sur ce que j’ai écrit », dit-il, critique, en corrigeant sa partition. Antoine Gratton travaille fort et beaucoup, même si ses albums n’ont jamais atteint les sommets des palmarès des ventes. En plus d’accompagner les autres (Elisapie Isaac, Daniel Boucher dans sa formule power trio, la tournée Quand le country dit bonjour), il a récemment assuré la réalisation des albums d’Amylie (Le royaume, à venir) et de Chloé Lacasse, son invitée à Studio 12.

 Antoine explique à ses musiciens le code vestimentaire de l’émission (encore une fois, son idée) : chic et, si possible, en noir et blanc. On débat du style des années 50, du crooner Dean Martin qui animait son émission avec panache, un cocktail à la main. « C’était du jus de pomme, en fait! » dévoile Antoine.

Le jour de l’enregistrement, Antoine se faufile discrètement dans la régie pour y déposer un bouquet de roses rouges. Il file comme un renard vers le studio, où il distribue des gazous colorés à tous, accroche des banderoles autour d’un pied de micro et dépose un autre bouquet de roses – blanches, celles-là – sur le tabouret de la choriste Elizabeth Blouin-Brathwaite. Pourquoi toute cette mise en scène? C’est son anniversaire! « C’est tout Antoine, ça », me dira plus tard Stéphanie Boulay, l’autre choriste. « C’est le gars le plus généreux, le plus attentionné que je connaisse. »

 

Un vrai gentleman, en effet. Pour remercier ses musiciens de l’avoir suivi dans ses folies, Antoine leur offre deux bouteilles de Moet & Chandon. Du jamais vu à Studio 12. De la grande classe. Dean Martin serait fier.

La nuit des fées

Vendredi 9 mars 2012 à 13 h 07 | | Pour me joindre

Pour me joindre

recommander

Loreena McKennitt, harpiste et chanteuse manitobaine, a vendu 14 millions de disques dans le monde. Avec sa voix cristalline, elle chante les fables celtiques ou méditerranéennes depuis 30 ans. Son public est fidèle, son succès, international. D’ailleurs pour répondre à la demande, son site web officiel est en huit langues, dont le turc et l’hébreu! Loreena McKennitt arrive à Studio 12 nimbée de sa propre légende, celle d’une artiste unique en son genre, à l’abri des tendances. Elle gère sa carrière depuis le début. C’est une perfectionniste et une globe-trotter chevronnée qui n’a aucun temps à perdre. Je lui serre la main, lui dis naïvement qu’elle ressemble à dame Helen Mirren (l’actrice oscarisée que j’ai interviewée à l’époque du film The Queen). À son sourire pincé (mais courtois), je devine qu’elle est lasse de cette comparaison. Malgré cette maladresse, elle est accessible et chaleureuse.

 

 

Marie-Jo Thério est un Spoutnik. Une femme entière, solaire et sensible. Une artiste qui a passé près de 10 ans à peaufiner, avec rigueur et sensibilité, l’album double Chasing Lydie, récit de la quête de sa grande tante. En regardant ses yeux espiègles sous sa tignasse blonde, on s’imagine facilement à quoi Marie-Jo ressemblait lorsqu’elle était gamine. L’écouter parler, c’est un peu comme regarder une pétarade de feux d’artifice : elle raconte Casa Malina, son repère au Costa Rica; la timidité qui s’empare d’elle lorsqu’elle s’achète des croustilles au dépanneur; un souper bien arrosé avec Daran. Trente minutes plus tard, elle est aux commandes du piano, dirigeant ses musiciens dans un franglais bien inspiré. « Guettez-moi », lance-t-elle en plein milieu d’un solo. « I’m strangling with intensity here! », dira-t-elle plus tard avant d’éclater de rire.

Loreena est en coulisses, lunettes pendues au nez, les yeux rivés sur l’écran de son ordinateur portable. Elle m’explique qu’elle a beaucoup de travail administratif à faire, car elle est la productrice exécutive de Celtic footprints, sa tournée mondiale. Qu’elle est l’unique propriétaire de ses chansons depuis le début de sa carrière. Qu’elle a un chat qui s’appelle Carrot et qui n’est pas roux. Qu’elle est absolument ravie d’être avec nous cette semaine. Que Marie-Jo est lovely.

Studio 12 a invité Marie-Jo et Loreena, chacune accompagnée de ses musiciens et de son répertoire, à se relayer sur scène. Entre les deux magiciennes, il y a contact. Le temps d’un émouvant duo, leurs voix s’entrelacent. Je me liquéfie sur ma chaise. Vous aussi, vous verrez.

****

En visite-éclair dans le petit musée de Radio-Canada, Marie-Jo s’est plongée dans ses souvenirs d’enfance. Vidéo.

recommander

Une heure avant de partager la scène à Studio 12, Stefie Shock et Élage Diouf se sont amusés à jammer sur le djembé. Discussion spontanée sur les percussions, les voyages en Afrique et le choc culturel.