On m’avait prévenu qu’un été préolympique est fort différent des autres. En effet!

J’ai dû gérer plus de demandes qu’à l’habitude, tant des médias que de mes commanditaires, mais ça s’est avéré moins fou que ce à quoi je m’attendais.

Dans la mesure du possible, je me plie à ces obligations. Elles font également partie de la vie d’un athlète qui va aux Jeux olympiques. Honnêtement, j’aime ça. J’aime ma vie de skieur. Et acquiescer aux demandes des médias et des commanditaires fait partie de cette vie-là.

Mon but, c’est de gagner aux Jeux olympiques. J’imagine que si j’atteins mon but, les demandes seront encore plus nombreuses. Alors, aussi bien m’y faire tout de suite! Je vais être prêt à tout, avant comme après!

Il reste que ma priorité demeure toujours l’entraînement. Il suffit donc de garder le bon équilibre. Heureusement, mes parents m’ont aidé à ce chapitre et mes commanditaires, eux, le savent.

L'équipe de Découverte avec Scott Livingston
L’équipe de Découverte avec mon entraîneur Scott Livingston

Par exemple, l’un d’eux, RioBel, organise régulièrement des matchs de baseball entre employés. Quand je suis disponible le soir, ça me fait plaisir d’y aller. De petites choses aussi simples ne bouleversent pas mon horaire.

Même les nouveaux commanditaires n’avaient pas de demandes extravagantes. Et parlant de nouveaux partenaires, je fais maintenant partie de l’équipe BMW avec Kaillie Humphries (bobsleigh), Mark McMorris (surf des neiges), Rosalind Groenewoud (ski acrobatique) et Meghan Agosta (hockey).

Quand BMW m’a approché, je m’attendais à tout et à rien. Je me disais : peu importe la voiture qu’ils vont me donner, ça va être génial. Ils n’ont rien imposé, ils m’ont laissé choisir n’importe quel modèle de la série 3. J’ai arrêté mon choix sur la meilleure et l’une des plus chères, la BMW 335i M Sport, noire avec les sièges rouges comme Batman!

À mon âge, si je n’avais pas été un athlète, je ne pense pas que j’aurais eu la chance de conduire une aussi belle et luxueuse voiture. J’en profite pendant que ça passe. La commandite est d’une durée de quatre ans et je changerai de voiture dans deux ans.

J’ai hâte de rouler avec ma nouvelle auto! J’espère la recevoir avant mon départ pour l’Argentine le 28 août. J’aimerais pouvoir l’essayer au moins une fois, sinon j’y rêverai pendant les trois semaines de mon camp d’entraînement. Mes parents m’ont proposé d’aller la chercher pendant mon absence et de m’envoyer des photos!

Kaillie Humphries, Mark McMorris, Rosalind Groenwoud, Mikaël Kingsbury et Meghan Agosta
Kaillie Humphries, Mark McMorris, Rosalind Groenewoud, moi et Meghan Agosta.

Voiture ou pas, le camp en Argentine sera le plus important de l’été. J’en ai déjà deux sous les spatules, à Whistler en mai et juillet. En août, je suis resté à Montréal pour peaufiner mon travail en gymnase pendant que mes coéquipiers s’entraînaient au mont Hood en Oregon. Ce camp était axé sur les sauts et disons que je n’ai pas trop de problèmes avec cette partie de mon sport.

Ce petit mois à la maison m’a permis de me reposer, de voir famille et amis et de profiter de la piscine.

Ce premier camp dans des conditions hivernales en Argentine s’avérera un bon test pour Sotchi parce que les conditions peuvent être très similaires et aussi difficiles.

Peu de soleil, donc on voit mal les bosses. Une neige collante qui se tape vite et se change rapidement en glace, exactement comme à Sotchi en 2012. En revanche, les sauts sont toujours beaux.

La plupart de mes coéquipiers n’aiment pas aller en Argentine parce que c’est trop loin, il n’y a pas grand-chose à faire et il ne fait pas souvent beau, moi j’adore. C’est presque toujours mon meilleur camp.

Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury à Whistler

J’aime quand c’est difficile et qu’il faut que je trouve des solutions différentes pour réussir une descente parfaite de haut en bas. C’est un beau défi. La concentration joue alors un plus grand rôle. Ça m’oblige à puiser dans mes ressources et, quand j’arrive au dernier camp sur neige, en octobre à Zermatt, sur une pente plus inclinée en fin de parcours, je ne mets que deux jours pour pouvoir attaquer à 100 %.

En Argentine, je veux travailler sur de petits points techniques comme ralentir en gardant une ligne plus directe, être plus léger avec un bras quand je pique mon bâton. De petits points qui peuvent faire une différence auprès des juges. Je veux aussi mettre l’accent sur mon côté esthétique, c’est-à-dire que, peu importe la température ou les conditions de neige, mes sauts sont gros et ma vitesse est au rendez-vous pour que tout ait l’air facile.

Comme les filles sont en Australie, on se retrouvera entre gars. C’est motivant parce qu’on se pousse à aller plus vite. Et comme les gars skient avec une ligne plus directe, le parcours devient alors plus rapide.

Ce n’est rien contre les filles. Quand elles sont là, les parcours ressemblent davantage à ce que l’on retrouve en compétition. Alors, j’imagine que les entraîneurs vont s’arranger pour trouver un juste milieu en travaillant les bosses!

Comme gagner deux Coupes Stanley

Vendredi 12 avril 2013 à 14 h 53 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Enfin! Je suis à la maison pour environ un mois, ça fait du bien. Peut-être que je ferai une petite escapade dans le sud, du côté de Riviera Nayarit sur la côte ouest mexicaine, question de faire un peu de surf. Mais je n’ai rien réservé encore.

Comme le reste de l’équipe de bosses, j’ai un petit faible pour le surf. Peut-être parce que c’est tout le contraire des bosses puisqu’il n’y a aucun choc sur le corps. Tout ce que tu as à faire c’est de relaxer dans l’eau et d’attendre ta vague!

Je n’ai pas vraiment eu le temps de souffler depuis la fin de la saison de la Coupe du monde. La semaine dernière, à Whistler, j’ai fait mon premier tournage en vue des Jeux olympiques. Il s’agit de capsules qui seront diffusées pendant les Jeux, mais je n’ai pas vraiment le droit de dévoiler quoi que ce soit.

J’ai également fait plusieurs séances de photos en ski et en civil, que l’on pourra voir dans des journaux ou sur des édifices.

Mark McMorris (surf des neiges), Rosalind Groenewoud (ski acro/demi-lune) et ma coéquipière Justine Dufour-Lapointe étaient également de la partie.

Ma saison s’est bien conclue, il y a deux semaines à Val Saint-Côme, avec le titre canadien en simple. En revanche, d’un commun accord avec mon entraîneur, je n’ai pas participé à l’épreuve en parallèle. La neige était vraiment molle et nous ne voulions pas prendre de risques inutiles. D’ailleurs, mon coéquipier Simon Pouliot-Cavanagh s’est blessé à un genou à l’entraînement. Heureusement, il a eu plus de peur que de mal!

Je suis très content de ma saison, et surtout de ma fin de saison. Ce dont je suis le plus fier, c’est ma victoire en simple aux Championnats du monde. C’était vraiment cool. Comme cette compétition se déroule tous les deux ans, les skieurs poussent toujours un peu plus fort. Même moi, je suis sorti un peu de mes limites avec deux gros sauts et une descente très rapide. Je suis content d’avoir réussi LA descente au bon moment. Ça m’a prouvé que je pouvais skier sous pression, et j’en suis vraiment fier.

Oui, Alex a dit des choses contre les juges aux mondiaux et il a gagné les trois dernières Coupes du monde, mais j’ai bien skié à ces trois courses et je suis passé près de gagner. Toute cette histoire est derrière moi. J’ai tourné la page sur cet épisode et je suis prêt à me concentrer sur la prochaine saison.

Mes globes de cristal représentent aussi tout un accomplissement. Je ne peux pas dire que j’apprécie moins celui-là que le premier. L’an passé, c’était vraiment spécial de tenir les petit et gros globes pour la première fois. C’est comme gagner la Coupe Stanley deux années de suite, ça n’arrive pas souvent dans une carrière.

Alors, je suis tout aussi ravi. Ça montre que je me suis bien entraîné durant l’été et que tout va dans la bonne direction.

Par contre, à ce rythme, je vais devoir penser à faire installer un second foyer!

Les globes de cristal de Mikaël Kingsbury
Mes globes

Je reprendrai le collier le 10 mai avec un camp et des tests physiques à Kelowna et à Whistler.

Durant l’été, je veux corriger mes petits défauts techniques. Parce que je veux que toutes mes descentes à Sotchi soient parfaites. Je ne veux pas faire d’erreur, je veux avoir une bonne vitesse et je ne veux pas sortir de ma zone de confort pour être certain d’aller chercher une médaille… celle d’or. C’est surtout sur ces points-là que je vais me concentrer.

Il y a beaucoup de skieurs qui vont prendre des risques aux JO et peut-être que ça ne pardonnera pas avec le changement de température. C’est une piste où tu peux être super rapide, mais il faut rester dans sa zone de confort.

Quand j’ai gagné la Coupe du monde à Sotchi, en février, je ne suis jamais sorti de ma zone de confort. En fait, c’est très rare que j’en sorte. Parfois, je dois le faire si je sais qu’un adversaire a réussi une superbe descente. À Sotchi, j’ai voulu skier comme si c’était les Jeux. L’an prochain, je veux donc répéter la même chose, mais en étant encore meilleur techniquement.

Il ne faut pas se méprendre, la zone de confort, ce n’est pas là où tout est facile. C’est là où je suis en contrôle, même si je vais très vite. Je dois être alerte et me rendre en bas avec cette vitesse-là. Donc, je ne prends pas de risques qui vont faire en sorte que je vais réussir 1 fois sur 5. En fait, il s’agit de skier sur la ligne sans jamais la dépasser pour ne pas perdre le contrôle.

J’essaie juste de trouver la stratégie pour être assez vite afin de remporter cette fameuse course olympique.

Outre ma technique, je veux aussi travailler sur mes atterrissages. Par contre, je n’ajouterai pas de nouveaux sauts à ma liste. Déjà, je fais les deux plus gros homologués par la Fédération internationale de ski. Alors, tant que la FIS ne modifiera pas ses règles, je conserve mes deux valeurs sûres, mon périlleux avec deux vrilles en haut et mon 1080 désaxé en bas. Même que selon la compétition, le 720 peut suffire!

Bon été!

L’homme à battre

Mercredi 27 février 2013 à 9 h 39 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Dans quelques jours s’amorcent les Championnats du monde, mon autre objectif principal de la saison après la Coupe du monde de Sotchi, épreuve test pour les Jeux olympiques.

Je profite de cinq jours de repos à Copenhague avant de m’envoler pour Voss. Les massothérapeutes sont ici aussi, et ils nous traitent aux petits oignons afin que nous soyons prêts pour les mondiaux.

Les entraîneurs avaient choisi cette pause au Danemark pour deux raisons : un, c’est dans le même fuseau horaire que la Norvège et, deux, nous n’étions jamais allés à Copenhague. Alors, aussi bien joindre l’utile à l’agréable!

Ce repos sera particulièrement profitable après deux grosses compétitions à Sotchi et à Inawashiro, car les mondiaux vont compter beaucoup de jours de courses. Pour la première fois, les qualifications et les finales se dérouleront sur deux jours, tant en simple qu’en parallèle.

Pour une raison que j’ignore, la Fédération internationale de ski en a décidé ainsi. Ça va faire beaucoup de jours de ski, mais ça vaut la peine pour mes parents qui font le voyage! C’est la première fois qu’ils viennent me voir skier en Europe. C’est cool et j’ai hâte de les voir. D’habitude, ils optent pour Deer Valley. Mais cette année, ils ont préféré la Norvège.

Mikaël Kingsbury à Sotchi
Après ma victoire à Sotchi
Un excellent choix! J’adore ce pays. Si j’avais à déménager du Canada, c’est en Norvège que je m’installerais. La Suède et l’Australie ne suivent pas loin derrière, mais mon premier choix serait la Norvège parce que ça ressemble beaucoup à chez nous.

J’arrive à Voss comme l’homme à battre, un statut qui me plaît et un avantage. J’ai remporté les cinq épreuves en simple cette saison, de quoi faire le plein de confiance pour la suite. Je suis exactement dans la position dans laquelle je voulais me présenter à Voss.

En 2011, c’est Guilbaut Colas qui était auréolé de ce statut et il avait gagné. J’espère bien l’imiter.

Tout ce que j’ai à faire, c’est de skier comme je le fais depuis le début de la saison. Je n’ai pas encore vu la piste. Mais en 2011, j’avais fini 2e dans l’épreuve en parallèle. Je sais que je vais trouver le moyen pour faire preuve de constance à chaque descente. Ainsi, je vais contraindre mes rivaux à pousser et à éventuellement commettre des erreurs. D’ailleurs, c’est mon point fort et j’entends bien m’en servir à 100 %!

C’est un titre que je veux vraiment décrocher. Même en parallèle, je sais que mon ski est là et que je peux gagner. Alors, pourquoi pas deux médailles d’or?

La piste ressemble beaucoup à celle de Sotchi en raison de sa longueur et de son inclinaison. Par contre, les conditions vont être mieux qu’en Russie avec une vraie neige hivernale. Je me suis quand même bien débrouillé sur la piste olympique.

Il faut dire que je skie bien dans les conditions printanières. Nos camps d’été se déroulent presque toujours sur ce type de neige. Donc, c’est parfait pour moi si c’est comme ça l’an prochain!

Il suffit d’avoir des skis moins aiguisés pour que les carres ne ralentissent pas trop l’élan. En fait, contrairement aux skieurs alpins ou aux fondeurs, les bosseurs accordent peu d’importance au fartage à moins de skier sur une piste peu pentue. Nous avons seulement besoin d’une bonne cire de glisse et nous gérons notre vitesse selon l’inclinaison.

Mikaël Kingsbury
Sur la piste de Sotchi
J’avais fait de Sotchi un objectif important cette saison parce que je pouvais y obtenir ma sélection pour les Jeux. Je suis content de l’avoir réglé aussi rapidement et de l’avoir fait avec une telle constance. C’est une pression de moins sur les épaules pour le reste de la saison et même jusqu’aux Jeux olympiques. Je vais pouvoir m’entraîner la tête libre.

Après ma victoire à Sotchi, j’ai enchaîné avec une autre à Inawashiro dans l’épreuve de simple samedi dernier. Ce qui me réjouit, c’est que j’ai réussi ma meilleure descente du jour au moment où ça comptait vraiment : en super finale.

J’avais opté pour une stratégie plus prudente en qualifications et en finale, soit ralentir mon élan pour minimiser les erreurs parce que la neige collante se compactait au passage des skieurs et se transformait en glace. Sauf que c’est le contraire qui s’est produit… j’en faisais plus. Alors, en super finale, je suis revenu à ma bonne vieille recette qui est de foncer. Et ça a fonctionné!

Ma série de deux victoires a pris fin le jour suivant. J’ai été éliminé en quarts de finale par Bradley Wilson, l’éventuel vainqueur. J’ai bien skié contre l’Américain. J’étais sorti plus fort au départ. Mais à mi-parcours, il m’a rattrapé et il m’a devancé de quelques centièmes de secondes à l’arrivée. Comme nous avions deux excellentes descentes sans erreur, il a avancé en demi-finales grâce à un score serré de 18-17. Et moi, j’ai fini 5e.

Bradley méritait vraiment la victoire cette journée-là. Il skiait avec aplomb.

J’espère prendre ma revanche à Voss!

Sotchi me voici

Vendredi 8 février 2013 à 10 h 56 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Ma série de podiums consécutifs en Coupe du monde s’est arrêtée à 19. Tout un exploit. Il y a plein de gens dans le milieu qui disent que ça ne sera jamais battu, qu’en fait, je suis le seul qui pourrait améliorer cette marque.

Pour ma part, je dois avouer que je ne suis pas du tout fâché que ce record soit derrière moi. Quand je suis arrivé au bas de la piste, j’ai senti une tonne de pression s’envoler.

Mine de rien, de course en course, la pression s’accumulait. Chaque fois que j’étais en haut de la piste, j’entendais l’annonceur poser la question : Kingsbury va-t-il améliorer sa série de podiums? J’étais capable de gérer cette pression parce qu’au portillon de départ, je suis dans ma zone.

En revanche, j’aurais préféré que cette série prenne fin à la régulière, soit en étant battu par un meilleur adversaire ou en commettant une erreur, plutôt que par un bris d’équipement. La partie arrière de ma fixation de droite s’est littéralement cassée juste avant le deuxième saut. Ce n’est qu’une fois au bas de la piste que j’ai constaté le bris. Car au moment de perdre mon ski, je n’ai pas compris pourquoi c’est le droit qui avait lâché alors que tout mon poids se trouvait sur le gauche.

Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury

Après Deer Valley, je suis rentré au Québec pour cinq petits jours de repos bien mérité – la piste de Deer Valley taxe le corps –, avant de m’envoler pour Sotchi où se déroulera l’épreuve test en ski acrobatique la semaine prochaine. Ce sera mon troisième voyage à Sotchi. L’an dernier, j’ai pris part à une Coupe d’Europe… que j’ai gagnée. Et en 2011, j’y suis allé avec l’équipe canadienne juste pour me familiariser avec l’endroit.

C’est donc gonflé à bloc, mais aussi soulagé, que je pars pour la Russie parce que j’ai remporté les trois épreuves en simple de la saison et les trois premières qui servaient de qualification pour les Jeux. On dirait que lors des courses en simple, je me sens plus en mode olympique que lors des deux autres années précédentes. En principe, je suis pratiquement assuré d’aller aux Jeux, même si selon les critères de la Fédération canadienne, je dois également réussir un podium à Sotchi ou aux mondiaux en mars.

Comme j’étais sur le podium de la Coupe d’Europe l’an dernier, des gens de l’organisation m’ont offert une petite répétition préolympique. J’ai visité les installations. Ils m’ont indiqué comment ça se passerait aux JO, ils m’ont montré où sera la zone mixte, les tests antidopage. Donc, ça a été une bonne préparation, même si c’est sûr que ça va être encore plus gros aux JO.

En ce qui a trait à la piste de bosses, elle est belle. Mais ce n’est pas la plus difficile que j’ai vue. Par contre, les conditions changeantes seront difficiles. Une neige molle et collante qui se transforme en glace. Après cinq skieurs, la piste devient comme une grosse boule de neige pleine d’eau qui durcit. Je pense que les conditions seront pires qu’à Vancouver parce que c’est encore plus chaud.

Mikaël Kingsbury sur la piste de Sotchi

Ça fait deux fois que je vais en Russie, mais je ne peux pas dire que j’ai vu grand-chose du pays, à part la montagne et le site pour le patinage, le hockey et les cérémonies. En fait, à Sotchi, il n’y avait rien. Ils nous ont seulement dit que les futures installations seraient construites à tel ou tel endroit.

Sotchi, c’est vraiment dépaysant. Disons que c’est spécial d’être en hiver, de voir de la neige… et des palmiers en même temps! Notre hôtel était sur le bord de l’eau et il y avait des glissades d’eau à côté. Ça me fait penser à Vancouver, les palmiers en plus!

Justement, j’ai déjà vécu l’expérience olympique aux Jeux de Vancouver, où j’étais ouvreur de piste. Je suis vraiment content d’avoir eu un avant-goût des Jeux grâce au Comité olympique canadien. Il a usé de son influence pour que nous soyons là, Philippe (Marquis), Cédric (Rochon), Eddie (Hicks) et moi. On s’est entraînés avec nos coéquipiers de l’équipe canadienne. C’est comme si nous avions coursé, mais avec le stress et la pression en moins.

En haut de la piste, je me suis imprégné du moment en regardant la foule, en regardant les gars se préparer, s’échauffer. En fait, j’étais comme une ombre qui surveillait tout. Ça sera donc un gros avantage d’avoir tout vu et d’avoir profité de ce moment. Parce que pour l’occasion, j’avais les mêmes privilèges que les athlètes, j’avais une accréditation, j’avais accès au salon des athlètes sur le site de la compétition. Seulement pour cette course-là cependant.

À Sotchi, j’aurai une VRAIE accréditation. Je logerai dans le village des athlètes, ce qui n’était pas le cas à Vancouver. J’ai hâte, ça va être vraiment cool.

Kingsbury sur le podium avec les Russes Sergey et Andrey Volkov

Je me demande bien quels coéquipiers vont m’accompagner. La lutte est vraiment serrée dans l’équipe. Marc-Antoine (Gagnon) est vraiment en bonne position, il est le plus constant après Alex (Bilodeau) et moi. Entre Cédric, Simon (Pouliot-Cavanagh), Phil, et même Pascal-Olivier (Gagné) qui vient d’arriver, ça joue du coude. Tous les gars sont capables de faire un podium, mais c’est de savoir qui va le faire au bon moment. Ils ne vont pas se battre à coup de 5e-6e places, mais à coup de podiums.

Les Russes seront à surveiller chez eux. Ils ont toujours été de bons skieurs. Mais leur point faible, c’était les sauts. Ils les ont toutefois beaucoup améliorés. La saison passée, Sergey Volkov a fini 6e au classement des bosses. Et cette saison, c’est Alexandr Smyshlyaev (4e) qui s’illustre. Sauf que dans son cas, il n’a réussi ses podiums qu’à Calgary et à Deer Valley.

Mais c’est sûr qu’eux aussi, comme pour nous à Vancouver, ils ont un objectif pour Sotchi. Je parle beaucoup aux Russes. J’essaie de me rapprocher d’eux, surtout que nos anciens entraîneurs (Stephen Fearing, Jim Schiman et Darcy Down) sont rendus avec l’équipe russe. Cependant, je n’ai jamais eu la chance d’aborder avec eux la question de la pression pour les Jeux de Sotchi.

Quelles sélections olympiques?

Mercredi 16 janvier 2013 à 17 h 42 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Lake Placid, c’est un peu comme une nouvelle saison qui s’amorce avec le début des épreuves en simple… et aussi la première sélection pour les Jeux olympiques de Sotchi. Ce que je ne savais même pas!

Pour vous dire à quel point je suis stressé avec les qualifications pour les JO. Je n’ai pas l’intention de me laisser déranger par cet aspect, je vais skier comme à l’habitude et me concentrer sur chacune des courses.

Je suis un skieur constant, qui finit ses courses. Si je continue à skier comme je le fais depuis le début de l’année et si je peux monter sur le podium le plus souvent possible, je vais avoir ma qualification en poche. Je veux régler ce dossier cette saison. C’est un rêve d’aller aux Jeux.

J’ai déjà deux épreuves de bosses en parallèle sous les skis pour lesquelles je suis très satisfait de mes performances avec une victoire et une 3e place. De quoi faire amplement le plein de confiance!

Mais ce qui s’en vient me procure aussi une bonne dose de confiance. Les épreuves en simple, c’est ma force. Elles me permettent aussi d’exécuter des sauts plus compliqués, je n’ai qu’à me concentrer sur ma performance, mais, en même temps, il n’y a pas de place à l’erreur.

La saison dernière, j’ai amorcé ma série de six victoires consécutives avec la première course en simple, aussi la première de la saison.

J’étais au sommet de mon art. Je dominais course après course. Ça s’annonce donc bien pour ce qui s’en vient parce que ce sont des pistes que je connais et sur lesquelles j’ai déjà gagné. Je sais que je peux bien réussir de nouveau.

De plus, je me suis bien reposé durant les fêtes que j’ai passées à mon chalet de Saint-Sauveur. J’ai pris une semaine de congé. Ensuite, j’ai repris l’entraînement en salle et j’ai agi comme entraîneur du club de Saint-Sauveur pendant deux jours. Je n’ai pas skié plus de 5-6 bosses, question de montrer aux jeunes ce que je leur enseignais.

Ce repos a fait du bien parce que ce n’est pas facile sur le corps d’entreprendre la saison avec deux courses en parallèle. On doit faire plusieurs descentes durant la journée et l’adrénaline est à son comble avec un rival à tes côtés qui te pousse à donner le maximum à chaque course.

Je remarque aussi que c’est de plus en plus difficile dès les huitièmes de finale. Il y a deux ans, j’étais moins fort et j’avais plus de facilité à franchir le premier tour. Maintenant, tout le monde est rapide. Heureusement que dans pareilles circonstances, mon ski reste impeccable.

Ce qui complique les choses davantage, c’est que l’équipe canadienne est très forte. Déjà, j’ai affronté mes coéquipiers à cinq reprises, trois fois à Ruka et deux fois à Kreischberg. Et deux fois, je me suis mesuré à Alex (Bilodeau). À Ruka, j’ai eu le dessus et j’ai gagné. En Autriche, j’ai fait une petite erreur et c’est Alex qui est passé en finale.

Avant le second saut, j’ai mis un peu trop de pression sur le devant de mes skis et je n’ai pas été capable de me redresser. Mon périlleux était trop vers l’avant, j’ai perdu mes skis à la réception. Si j’étais resté centré sur mes skis, j’aurais peut-être sauté plus haut qu’à l’habitude, mais j’aurais réussi mon atterrissage.

Ce n’est pas la fin du monde. Je porte encore le dossard jaune de meneur. Alex et moi affichons le même nombre de points (160), mais j’ai gagné le bris d’égalité parce que je compte une victoire et une 3e place, tandis qu’Alex a fini deux fois 2e.

Nous repartons ainsi à zéro pour le début de l’année. La course au globe s’annonce excitante. Je crois que ça va être une lutte entre Alex et moi toute la saison. J’ose même prédire que Marc-Antoine (Gagnon) va compléter le top 3 tout canadien à la fin de la saison. Généralement, je ne me trompe pas souvent dans mes prédictions. Marc-Antoine connaît un bon début de saison (4e et 5e), son ski s’est vraiment amélioré. Présentement, il est 4e, mais il se distingue encore plus en simple.

Tout le monde croyait que les retours attendus de Dale Begg-Smith et de Guilbaut Colas cette saison allaient resserrer la course au globe de cristal. Ce ne sera pas le cas. Le retour de Begg-Smith, c’était une rumeur. J’ai parlé à des Australiens et ils m’ont dit qu’il ne reviendra pas.

Colas, lui, s’est blessé de nouveau au dos avant la première Coupe du monde. Il n’a pas beaucoup skié. Il était présent aux deux Coupes du monde, mais comme observateur. Il faudra l’avoir à l’œil quand il reviendra. Cependant, ce ne sera pas facile pour lui, il n’a pas skié depuis près de deux ans. D’autant plus que ce gars-là, c’est un gagnant, il ne voudra pas finir 5e ou 6e à son retour.

Reste à voir s’il sera à Lake Placid.

Mes meilleurs amis

Lundi 10 décembre 2012 à 15 h 42 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Ça fait maintenant trois ans que je fais partie de l’équipe canadienne de ski acrobatique. J’entame ma quatrième saison.

Quand j’ai fait le saut de l’équipe du Québec à l’équipe nationale, je n’avais que 16 ans. C’est très jeune, beaucoup plus jeune que la moyenne des gars qui percent l’équipe. À mon arrivée, il y avait plusieurs vétérans comme Vincent (Marquis), Maxime Gingras, Warren Tanner et Pierre-Alexandre (Rousseau), des gars beaucoup plus vieux qui avaient 24, 28, 30 ans.

Forcément, ça m’a donné un coup de vieux. Il fallait que je sois sérieux. Je n’étais plus avec mes amis de 15-16 ans du secondaire. Alors, c’est sûr que j’ai gagné en maturité beaucoup plus rapidement que les jeunes de mon âge.

Mais je pense que ça a été un mal pour un bien parce que ça m’a beaucoup aidé dans ma carrière. Et aujourd’hui, les jeunes qui se joignent à l’équipe se fondent dans le moule. Ils se rendent compte que pour avoir de bons résultats, il faut être sérieux à l’entraînement, mais aussi dans notre routine quotidienne.

D’où l’importance du respect d’autrui. Par exemple, quand tu sais que les autres sont couchés, tu ne fais pas de bruit. Je dois admettre cependant que quand j’étais dans l’équipe du Québec (14-15 ans), ce n’était pas toujours très sérieux dans les chambres d’hôtel. On ne dormait pas toujours beaucoup. Maintenant, dans l’équipe canadienne, nous sommes plus professionnels.

Je suis très chanceux parce que mes coéquipiers et moi, nous nous respectons beaucoup. En fait, je ne pourrais pas avoir de meilleurs coéquipiers. Il y a vraiment une très bonne ambiance au sein de notre groupe.

Marc-Antoine Gagnon, Eddie Hicks, Cédric Rochon, Philippe Marquis et moi

Je connais Marc-Antoine (Gagnon), Cédric (Rochon) et Philippe (Marquis) depuis 10 ans. À l’époque, nous représentions l’élite de notre groupe d’âge. Alors, c’est vraiment cool que l’on se soit tous retrouvés dans l’équipe canadienne à peu près en même temps.

Ces gars-là, ce sont comme mes frères, je n’ai aucune gêne avec eux. Je peux me confier à eux, leur parler de n’importe quoi, même de choses en dehors du ski. Ce sont les premières personnes à qui je me confie, en plus de mes parents.

Sans aucun doute, je peux vraiment dire que ce sont mes meilleurs amis. J’ai aussi de très bons amis du secondaire, mais je passe pratiquement 12 mois par année avec Cédric, Philippe et Marc-Antoine.

Sur la piste, nous sommes des adversaires. Mais une fois la compétition terminée, on est toujours ensemble. On est assis les uns à côté des autres dans l’avion, on partage le même condo (à l’hôtel, nous sommes deux par chambre), on partage nos repas. Bref, je les vois plus que mon frère.

Comme on s’entend tellement bien, il n’y a pas beaucoup de moments où nous sommes seuls dans notre chambre devant notre ordinateur. On passe beaucoup de temps dans le salon, quand on loue un condo, à jouer à des jeux de société ou à des jeux vidéo.

Par exemple, en Finlande, on reste à l’hôtel. Mais tout près, il y a un salon de quilles. Chaque soir, nous allons jouer quelques parties après le souper.

Cédric est mon cochambreur depuis trois ans déjà. Phil et Marc-Antoine sont ensemble. C’est bien parce qu’on en vient à connaître nos habitudes. Cédric, c’est un couche-tôt et un lève-tôt. Grâce à lui, je me lève maintenant plus tôt, ce que je n’aimais pas particulièrement.

Mes coéquipiers et moi à Amsterdam

Cédric est également le meilleur cuisinier du groupe parce que lorsque nous vivons en condo, chaque soir, c’est l’un de nous qui a la tâche de préparer le souper. Il faut dire que Cédric avait une longueur d’avance puisqu’il a grandi dans ce milieu, son père est propriétaire de restaurants Saint-Hubert. En tout cas, il ne rate pas son poulet! Blague à part, c’est lui qui maîtrise le plus de recettes.

Moi, au début, je n’en menais pas large. J’étais jeune et il a fallu que j’apprenne sur le tas. Là, je me débrouille pas mal. Ma spécialité, ce que j’aime faire le plus souvent, c’est du spaghetti avec une sauce très relevée. Je n’aime pas ça quand ça goûte juste la tomate. J’ajoute donc du chili, du boeuf haché, des saucisses épicées et beaucoup de légumes. En fait, on pourrait pratiquement manger la sauce seule, mais je rajoute des nouilles en dessous.

Par contre, quand je reviens à la maison, je n’ai pas souvent l’occasion de tester mes recettes en famille. Ma mère aime cuisiner quand je suis là, alors j’en profite! Cependant, à quelques occasions, alors que j’étais seul avec ma mère ou avec mon frère et ma sœur, j’ai préparé le repas. Chaque fois, ils m’ont dit merci après le souper. Alors, j’ai présumé que c’était bon!

Enfin, mes skis de rêve

Jeudi 22 novembre 2012 à 15 h 50 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Je ne tiens plus en place. J’ai vraiment hâte que la saison commence. Je trouve toujours le mois de novembre long parce que je suis prêt et que je veux courser.

Je suis d’autant plus impatient depuis que j’ai reçu tous mes vêtements et mon équipement pour la nouvelle saison. Ce qui veut toujours dire que ça commence bientôt. J’ai hâte de tout étrenner, surtout mes nouveaux skis.

En fait, c’est le même modèle que l’an dernier. Mais ma compagnie IDone a dessiné un modèle pro avec ma signature. C’est vraiment cool. Pour avoir un tel privilège, tu dois gagner les Jeux olympiques, les Championnats du monde ou la Coupe du monde [NDLR : il a gagné la Coupe du monde l’an dernier].

Ce n’est pas n’importe lequel skieur qui peut entrer dans cette compagnie-là. Tu dois faire partie des 10 meilleurs du monde si tu veux qu’ils te fournissent des skis et te commanditent.

Pour l’instant, le ski n’a pas de design particulier, c’est le même pour tout le monde, mais je vais en faire un pour les Jeux olympiques. Par contre, tu peux choisir tes couleurs. Moi, j’ai opté pour le blanc, le rouge et l’or, en plus de ma signature. Évidemment, rouge pour le Canada, or pour la couleur de ma médaille préférée et blanc parce que je trouve ça beau et que ça se camoufle dans la neige. Ça n’a rien de stratégique, c’est juste que j’aime l’agencement de ces trois couleurs-là.

Les gens peuvent acheter ces skis-là, mais ils ne sont pas faciles à trouver parce qu’il n’y a pas beaucoup de magasins qui les tiennent étant donné qu’ils sont japonais. Il faut aller dans des boutiques qui se spécialisent dans le ski de bosses.

Je suis vraiment fier d’avoir enfin ma signature sur mes skis, de faire partie de ce groupe sélect d’athlètes qui comprend l’Australien Dale Begg-Smith (champion olympique à Turin et médaillé d’argent à Vancouver), le Finlandais Janne Lahtela (champion du monde de 1999 et champion olympique en 2002) et la Japonaise Aiko Uemura (championne du monde de 2009). Ce sont tous des skieurs que j’admirais quand j’étais jeune.

Mes skis!

Et justement, quand j’étais plus jeune, je voulais aussi avoir mon nom sur mes skis, un petit rêve de jeunesse, pas aussi grand que celui de gagner un globe de cristal cependant. Alors, quand j’ai eu ma première paire d’IDone, je voulais signer mon nom dessus pour imiter Lathela et Begg-Smith. Mais je me suis gardé une petite gêne. Sauf qu’aujourd’hui, c’est enfin vrai.

Le 15 décembre, à Ruka, je participerai donc à ma première Coupe du monde avec mes skis autographiés. Je mettrai le cap sur la Finlande deux semaines plus tôt pour un dernier camp d’entraînement.

Mes coéquipiers, eux, ont eu droit à un camp supplémentaire à Apex ce mois-ci, mais mon entraîneur préférait que je poursuive mon entraînement en gymnase et que je me repose. Ainsi, j’arriverai en Finlande en excellente forme physique et sans aucune petite blessure.

Je suis un peu privilégié! Comme le camp d’Apex est surtout axé sur les sauts et que c’est l’une de mes forces, il vaut mieux que j’améliore ma condition physique pour traverser toute la saison.

D’ailleurs, je n’ai pas participé à ce camp au cours des trois dernières années, et force est d’admettre que c’est une recette qui me convient bien.

J’ai déjà quatre jours de ski dans les jambes depuis le début du mois. Je vais à Saint-Sauveur faire des virages, question de garder mon sens du ski bien aiguisé.

À bientôt!

Déception pour la relève

Mardi 23 octobre 2012 à 18 h 03 | | Pour me joindre

Pour me joindre

J’étais en plein camp d’entraînement à Zermatt quand j’ai appris la nouvelle sur l’annulation de l’épreuve de bosses à la Coupe du monde de Val Saint-Côme (NDLR : seuls les sauts seront présentés).

Quelle déception! À part deux skieurs, tous les autres membres de l’équipe canadienne sont québécois! Souvent, c’est la seule chance dans l’année pour nos parents, notre famille et nos amis de nous voir en compétition.

C’est également une chance unique pour obtenir beaucoup de visibilité. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, le ski acrobatique ne jouit pas de la même couverture que le hockey, voire le ski alpin. Alors, c’est franchement dommage!

Mais au moins, nous n’avons pas tout perdu. L’épreuve de bosses à Calgary a été maintenue au calendrier (NDLR : celle de saut a été annulée). On va donc essayer de se concentrer sur le côté positif.

Évidemment, pour les athlètes de Coupe du monde, c’est décevant de ne pas skier chez nous parce que c’est notre événement préféré. Mais l’impact est complètement différent pour ceux qui veulent faire leur place en Coupe du monde. Il faut savoir que, généralement, le Canada a droit à 6-7 places en Coupe du monde. Sauf que lorsque la course se déroule chez nous, on peut inscrire beaucoup plus d’athlètes, une bonne douzaine. Ainsi, en perdant une épreuve de Coupe du monde, ces jeunes athlètes perdent une chance de montrer leur savoir-faire et de se tailler une place dans l’équipe.

Mais revenons sur Zermatt où j’ai passé les deux dernières semaines pour mon troisième camp de la saison sur neige. C’est vraiment le camp de vérité, celui qui ressemble le plus à une Coupe du monde. En principe, en partant d’ici, tu es prêt à courser. Alors, je travaille sur les choses qui manquent à ma préparation pour les courses, même si la météo n’a pas toujours collaboré. Des vents de 80 km/h ont forcé la fermeture des remonte-pentes à cinq reprises!

En juillet, à Whistler, l’accent était mis sur les sauts. En septembre, en Argentine, j’ai travaillé ma technique et ma vitesse. En Suisse, c’est le moment de tout mettre ensemble.

Mikaël Kingsbury/Crédit: Association canadienne de ski acrobatique

De plus, les meilleurs athlètes sont au rendez-vous. Tu peux voir tout le monde à l’œuvre. Cependant, je ne passe pas mon temps à épier ce que les autres font, même si j’aime bien observer les changements qu’ils ont apportés durant la saison morte.

Je dois me concentrer sur mon travail. Et Dieu sait que j’en ai! Je n’ai pas encore atteint mon plein potentiel. Mais mon ski est beaucoup plus fort que l’an passé. Je me suis beaucoup amélioré, mais les autres aussi.

L’entraînement en gymnase a porté ses fruits. D’ailleurs, je ne regrette pas d’avoir fait l’impasse sur le camp sur neige au mont Hood (Oregon), en août, pour poursuivre mon travail de musculation.

Il me manquait de la force physique pour attaquer les bosses comme le font Alex (Bilodeau) et Guilbaut (Colas), et ça me poussait parfois à l’erreur.

En Suisse, j’ai senti une différence. En plus d’avoir des jambes plus fortes, mon cardio a beaucoup mieux toléré l’altitude. Je suis content de voir que mon travail est un peu récompensé parce que cette saison marque le retour de gros canons avec Colas et (Dale) Begg-Smith (médaillé d’or aux Jeux de Turin et d’argent à Vancouver).

Je continuerai donc à redoubler d’ardeur en novembre en gymnase avant de mettre le cap sur la Finlande le 29 novembre pour la première Coupe du monde de la saison à Ruka, le 15 décembre.