Erik Guay est en train de s’établir comme le meilleur skieur canadien de l’histoire. Champion du monde de la descente en 2011, gagnant du petit globe de cristal en super-G l’année précédente, le véloce skieur de Mont-Tremblant compte 15 podiums en Coupe du monde, un de plus que le légendaire Ken Read. Il s’approche tranquillement du record de 20 de Steve Podborski.

Sotchi loin dans mes pensées

Jeudi 7 février 2013 à 9 h 45 | | Pour me joindre

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Sotchi? C’est encore beaucoup trop loin pour y penser. Je ne suis pas encore rendu là dans ma tête. Il y a tellement de choses qui peuvent se produire en un an. Une blessure, et vlan, j’oublie les Jeux.

Pour l’instant, il y a un autre gros événement qui occupe mes pensées : les Championnats du monde où je dois défendre mon titre en descente. Ensuite, je devrai me concentrer sur le reste de la saison.

Je trouve même que le début de la prochaine saison est encore trop prématuré pour penser aux Jeux. Selon moi, l’important, c’est que les choses tombent en place le mois avant les Jeux olympiques, les Championnats du monde ou toute autre course où l’on veut performer.

Erik Guay à Sotchi
Erik Guay à Sotchi
Les résultats de cette saison n’ont pas d’impact pour l’an prochain. Ce que j’ai fait à Wengen et Kitzbühel le mois dernier, ça ne veut rien dire pour 2014. Par contre, si j’obtenais pareils résultats en janvier 2014, je serais sur la bonne voie.

Mais je peux dire que jusqu’à maintenant, mon plan de match a fonctionné. J’ai commencé la saison lentement afin de pousser la machine davantage en janvier avec le but avoué d’attaquer aux mondiaux.

Donc, je suis vraiment content de ma progression durant le mois de janvier. Ma 4e place à Wengen et mes 5e (super-G) et 2e (descente) positions à Kitzbühel m’ont insufflé une bonne dose de confiance.

Reste maintenant à voir si le plan de match fonctionnera à Schladming parce que les conditions (neige, pluie, brouillard) sont vraiment particulières. Je n’ai coursé que deux fois ici, lors de finales de la Coupe du monde l’an dernier et, disons, que je ne suis pas très fier de mes résultats (13e de la descente et 19e du super-G).

Alors, je reste réaliste. Être sacré champion du monde de la descente deux fois de suite, ce ne sera pas une mince tâche. C’est un sport où tout se joue par des centièmes. De plus, les Autrichiens vont vouloir rapatrier le titre chez eux. C’est sûr qu’ils ne m’encourageront pas… même si mon commanditaire (Red Bull) est autrichien!

En tout cas, je ne serai pas le seul à ressentir une certaine pression aux mondiaux. Klaus Kröll, qui vient de Schladming, Aksel Lund Svindal, le meneur au classement de la descente, et Dominik Paris, qui m’a devancé sur la plus haute marche du podium à Kitzbühel, en auront aussi un peu sur les épaules.

Par contre, contrairement aux mondiaux de 2011 et même aux Jeux de Vancouver, j’ai enfin maîtrisé mes douleurs au dos. Avant, je devais réduire mes entraînements en salle et sur neige. Maintenant, je peux m’entraîner davantage en ski, donc ma technique et ma constance se sont améliorées.

Un gros plus pour la confiance. Un gros plus pour un gars qui est un peu tanné des 4e et 5e places (5e en descente et super-G aux Jeux de Vancouver, 4e en super-G aux Jeux de Turin, 4e en descente aux mondiaux d’Are en 2007 et 6e des super-G des mondiaux de 2007 et 2003).

Erik Guay
Erik Guay lors de la descente de Sotchi
C’est sûr que le parcours de descente à Sotchi ressemble davantage à un parcours de super-G. Il y a trop de virages serrés à mon goût, mais le tracé est ce qu’il est et je dois en tirer le meilleur.

Cela dit, c’est un parcours qui pourrait me convenir assez bien. L’an passé, j’ai eu de la misère avec la section du haut, j’ai eu de la misère à tourner mes skis de descente et j’ai fini 20e. Cependant, j’avais été très rapide en bas. Pour moi, l’important sera de bien skier la section du haut pour bien amener ma vitesse. La section du bas m’inquiète un peu moins.

En revanche, c’est un endroit tout à fait splendide. Il n’y a pas de conifères, mais de belles forêts de feuillus. C’est très unique. Je ne crois pas avoir vu quelque chose de la sorte.

Kitzbühel, le Super Bowl du ski

Samedi 19 janvier 2013 à 13 h 09 | | Pour me joindre

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Ce n’est pas la meilleure place, la 4e, mais je suis content de ma journée.

C’est important de mettre les choses en perspective. À l’entraînement cette semaine, j’ai fini deux fois 14e. J’avais de la misère avec quelques sections. Et aujourd’hui, j’ai bien skié et j’ai réussi à corriger les erreurs que je commettais.

Malheureusement, j’ai perdu le podium dans le milieu du parcours. Je suis mal sorti de l’Alpweg, une portion très étroite, et ça m’a causé des ennuis dans les virages serrés qui suivaient. Jusque-là, je détenais les chronos intermédiaires les plus rapides, mais j’y ai laissé six dixièmes de seconde.

Néanmoins, j’aime la façon dont j’ai amorcé 2013. C’était mon but de bien commencer l’année, surtout après la déception de Bormio entre Noël et le jour de l’An.

J’étais fiévreux en Italie et ma 24e place m’a fait mal au classement de la descente. J’étais 4e et je suis glissé au 8e rang. Mon résultat d’aujourd’hui m’a permis de remonter d’une place.

C’est décevant parce que généralement j’obtiens de bons résultats à Bormio. Mais ce qui est encore plus décevant, c’est la victoire que je me suis fait souffler à Val Gardena.

J’avais la victoire en poche jusqu’à ce que deux skieurs, partis avec des dossards élevés, se faufilent devant moi. Le soleil parti, la piste s’est durcie et elle était plus rapide.

Pourtant, c’est moi qui avais le mieux skié de la journée. Mais ça fait partie du sport!

C’est donc avec beaucoup de confiance que je mets le cap sur Kitzbühel la semaine prochaine. Une autre piste mythique. Je vais essayer de bâtir sur ce que j’ai fait durant la semaine à Wengen.

La Streif, c’est une piste qui sied bien aux vétérans, à des gars d’expérience. Didier Cuche, maintenant retraité, et Klaus Kröll, qui m’a sorti du podium à Wengen, s’y sont toujours distingués.

À 31 ans, je pense que je suis mûr pour réussir mon premier podium sur une piste que j’aime et où j’y ai obtenu deux 5es positions. Gagner Kitzbühel, c’est le rêve de tout skieur, c’est comme gagner le Super Bowl. C’est LA course que je veux vraiment remporter avant la fin de ma carrière, même si je ne cracherais pas non plus sur une victoire à Wengen.

Kitzbühel est cependant très différent de Wengen. La Streif est tellement abrupte que la technique y joue un rôle primordial. En revanche, la Lauberhorn, par sa longueur, 4415 m, te laisse amplement de temps pour commettre des erreurs.

Reste que ce sont quand même les deux pistes les plus difficiles du circuit. Et deux pistes que tout skieur veut avoir à son palmarès.

J’y travaille!