Blogue de Caroline Calvé

Une leçon pour les JO

Mercredi 6 février 2013 à 8 h 41 | | Pour me joindre

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Les Championnats du monde de surf des neiges de Stoneham sont terminés depuis quelques jours, et je dois avouer que mes résultats n’ont pas été à la hauteur de mes attentes. J’ai terminé au 34e rang en slalom géant en parallèle et 19e en slalom en parallèle.

Je m’attendais plutôt à réussir au moins des tops 8, mais ce n’est pas ce qui est arrivé. Dans des situations comme celle-là, je ne pense pas qu’il faille tourner la page rapidement et oublier. Je dois trouver des points positifs, et il est important d’apprendre de ces points, surtout à un an des Jeux de Sotchi.

L’envergure des Championnats du monde est très semblable à celle des Jeux olympiques. Il y a une panoplie de gens qui ne sont d’ordinaire pas dans les Coupes du monde qui sont aux mondiaux et aux JO. C’est aussi un événement qui ressemble aux Olympiques en ce qui concerne les attentes personnelles.

Le positif, c’est que j’ai réalisé que ce n’est pas une compétition qui ressemble aux courses de la Coupe du monde. Je crois que le fait d’avoir compris cette réalité m’aidera dans mon entraînement préolympique.

C’est un changement dans ma façon de voir ces compétitions majeures. Avant, je me répétais que les Championnats du monde et les JO étaient des compétitions comme les autres. Mais ce n’est pas vraiment le cas.

C’est dommage ce qui s’est passé à Stoneham, mais ça fait partie du sport. Je vais et je dois m’en servir de façon positive pour l’avenir.

Les émotions

Ne pas bien réussir en compétition est très décevant. Et ce genre de résultats fait passer un athlète par toute une gamme d’émotions. Dans mon cas, au début, j’étais fâchée et j’avais envie de tout casser. Ensuite, j’ai vécu une grande déception parce que j’avais des attentes. Et je suis certaine que l’équipe aussi avait des attentes. À ce moment précis, j’ai eu l’impression d’avoir déçu mes entraîneurs et la fédération. Je vivais ce sentiment pour la première fois.

J’avais déjà entendu d’autres athlètes avoir ce genre de discours, et chaque fois je disais : « Voyons! Tu cours pour toi, pas pour personne d’autre! ». Mais aujourd’hui, j’ai peut-être un peu compris le sens de ces mots.

Je crois que je suis rendue à un point de ma carrière où les attentes sont plus grandes. Sans parler de médailles, je pense plutôt à franchir l’étape des qualifications dans le top 8. J’ai eu à l’esprit que j’avais peut-être déçu des gens. C’est un concept nouveau pour moi et c’est un peu étrange de me sentir ainsi.

J’en ai fait part brièvement à l’entraîneur-chef et il m’a rapidement rassurée. Je suis contente de lui avoir dit comment je me sentais. J’ai ainsi pu mettre ces émotions derrière moi par la suite.

L’apprentissage

Le slalom géant en parallèle est ma discipline préférée, et c’est celle dans laquelle j’excelle le plus. J’avais des attentes face à cette journée aux Championnats du monde. J’ai peut-être un peu trop pensé aux résultats au lieu de me concentrer sur ce que j’avais à faire.

Le début de ma course se déroulait bien jusqu’à un dérapage qui m’a ralentie. Dans la partie plus pentue, j’ai vu que j’étais derrière l’autre planchiste et j’ai voulu pousser un peu trop. Pourtant, je sais qu’en qualifications, le but n’est pas d’arriver la première en bas, mais plutôt de réussir un bon chrono. J’ai été trop dynamique et ça m’a nui.

Je voulais tellement faire bonne figure parce que j’étais aux Championnats du monde et parce que je courais chez nous, que c’est venu déranger mon processus de décision en piste.

Pourtant, je sais que je n’ai pas besoin d’être plus que ce que je suis déjà. Dorénavant, je saurai mieux réagir dans cet environnement. Je dois me rappeler ce que je suis capable de faire.

Un autre point positif est qu’il me reste un an avant Sotchi! J’aurai le temps de bien me préparer, d’autant plus que le décompte olympique est vraiment commencé.

Une année pour performer

J’ai encore plusieurs courses au programme cette saison. L’entraînement estival sera important et devra être de qualité. En fait, tout sera important dans l’année à venir.

Un événement-clé sera la Coupe du monde de Sotchi, à la mi-février. J’aurai la chance de voir l’état de la piste, de me familiariser avec le site de compétition et aussi de tester la qualité de la neige. Je pourrai aussi découvrir les conditions météorologiques de cette période de l’année.

Le fait d’avoir la possibilité de descendre une piste olympique, un an avant les JO, aide beaucoup. Ce sera le temps de prendre des notes. Je vais descendre la piste avec ma caméra pour avoir en main le maximum de détails.

Ce sera aussi un effort d’équipe pour emmagasiner l’information, puisque nous ne resterons pas à Sotchi très longtemps.

Comme dans tout, je veux réussir ce que j’ai à faire et je ne veux pas avoir de regrets. Je veux pouvoir me dire que j’ai fait tout ce que je pouvais.

Je ne vise pas les Jeux olympiques pour l’expérience. Je vise les Jeux olympiques pour performer. Et les 12 prochains mois seront axés sur cet objectif.

À bientôt!