Blogue de Marie-Michèle Gagnon

Prisonnière à Sotchi

Mardi 5 février 2013 à 11 h 57 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Nous, skieurs alpins, avons découvert Sotchi il y a un an déjà. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avant de partir, puisque la Russie n’est guère une destination de prédilection pour les skieurs.

Je me souviens qu’à notre arrivée, il n’y avait que deux hôtels prêts à nous accueillir. Tout le reste était en chantier. Cependant, nous étions confinés dans un quadrilatère et on ne pouvait en sortir parce que c’était dangereux. La sécurité était omniprésente, il y avait même des tireurs d’élite dans le bois.

Disons que ça tranchait avec les autres destinations de la Coupe du monde. Généralement, on se promène dans le village, on va courir ou faire des randonnées en montagne. Mais là, nous n’avions pas cette liberté. C’était un peu bizarre, mais nous ne sommes pas restées assez longtemps pour que ça nous dérange vraiment.

J’imagine que les choses auront changé d’ici les Jeux.

Mes coéquipières avec des poupées russes
Mes coéquipières avec des poupées russes

Côté ski, j’ai eu l’occasion de tester la piste de descente dans deux entraînements. J’ai bien failli avoir l’occasion de m’élancer une troisième fois pour la descente officielle, mais les organisateurs ont annulé la course après la 51e concurrente en raison du brouillard. Comme je ne suis pas une descendeuse, je partais avec le dossard 60, je n’étais pas déçue parce que vaut mieux ne pas descendre si les conditions sont dangereuses.

C’était une piste assez difficile. Elle n’était pas préparée comme celle que l’on retrouve souvent en Coupe du monde. Le parcours était cahoteux. Il ventait beaucoup, disons que ce n’était pas mon idéal de piste de descente. Il faut dire que la température ne collaborait pas beaucoup avec la chaleur qu’il faisait.

De toute façon, je n’ai pas à me préoccuper trop du parcours, car la descente ne fera pas partie de mon programme olympique.

Cependant, j’ai bien aimé le tracé de super-G et de slalom. Un super-combiné était prévu pour le dernier jour de la Coupe du monde, mais la mollesse de la neige a forcé l’annulation de l’épreuve. On a quand même pu s’entraîner sur le parcours. J’ai fait quatre descentes sur la piste de slalom et c’était bien.

Le gros problème avec la neige molle, c’est que ce n’est pas juste pour tout le monde. Plus tu pars loin, plus le parcours est abîmé, tandis que sur une neige d’hiver, les skieurs ne laissent pas de trace. Alors, que tu partes 1er ou 60e, ça ne change pas grand-chose.

Les montagnes de Krasnaya Polyana
Les montagnes de Krasnaya Polyana

À Vancouver, c’était chaud aussi. La deuxième manche du slalom géant avait été remise au lendemain. Il faut s’ajuster et être prête pour toutes les conditions. La Russie aurait pu choisir une ville plus hivernale, mais il y a un petit côté exotique à Sotchi. C’est une station de villégiature, c’est différent.

J’ai déjà vécu une première expérience olympique à Vancouver. J’étais jeune. Je n’avais pas de pression, j’y allais juste pour l’expérience.

J’ai réalisé que les Jeux, c’était beaucoup plus gros et plus important que les autres compétitions. Non seulement pour nous, les athlètes, mais aussi pour la communauté. Aux Jeux, on court aussi pour les gens du Canada qui nous regardent à la télé. On les représente et ils sont fiers de nous. On veut donner le meilleur de nous-mêmes pour nous, mais aussi pour eux.

Je n’ai jamais ressenti pareil sentiment lors d’une Coupe du monde parce que je sais très bien que peu de Canadiens regardent nos courses.

Même si ce sont mes deuxièmes Jeux, je ne sais pas vraiment comment les approcher. Je sais que je vais encore découvrir des choses et acquérir de l’expérience.

Évidemment, je veux avoir une bonne saison avant les Jeux parce que je veux obtenir de bons résultats à Sotchi. C’est sûr que les Championnats du monde la semaine prochaine (pour moi), c’est un bon entraînement pour Sotchi.

Les Jeux olympiques sont encore loin et je n’y pense pas vraiment. Surtout que je suis une fille qui apprécie le moment présent. Je pense une course à la fois, la prochaine, et chaque course a la même importance. Je les attaque avec tout ce que j’ai.

Hôtels à Sotchi
Hôtels à Sotchi

C’est sûr que d’ici quelques mois, on va travailler sur notre horaire pour l’an prochain afin d’optimiser notre préparation. Pour l’instant, l’horaire de compétition de la Fédération internationale de ski (FIS) pour 2013-2014 n’a pas encore été approuvé, celui proposé récemment n’a pas été accepté.

Les entraîneurs vont nous proposer un horaire et, ensuite, nous ajusterons avec eux pour nous assurer d’arriver à Sotchi au sommet de notre forme.

Au cours de l’été, je m’attends à ce qu’on mette l’accent davantage sur le ski. Ce n’est pas moi la spécialiste de l’entraînement, je me pointe et je fais ce qu’on me dit de faire. Mais je sais que depuis trois ans, on a fait beaucoup de travail en salle pour justement bâtir notre force en vue des Jeux.

Autre gros été d’entraînement en perspective!