Blogue de Marie-Michèle Gagnon

Lac-Etchemin après Hurghada et avant Schaldming

Mercredi 23 janvier 2013 à 17 h 43 | | Pour me joindre

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Je me prépare pour ma dernière Coupe du monde avant les Championnats du monde. Un dernier week-end à Maribor, en Slovénie, et je rentrerai enfin à la maison pour une semaine.

J’aurais pu participer à la Coupe du monde de Moscou (city event), où une invitation est nécessaire pour être de la partie. Mais comme la course se déroule durant le seul temps où je peux retourner à la maison, j’ai préféré passer mon tour.

Cette course ne revêt pas vraiment d’importance pour moi parce que je ne me bats pas pour un des classements en Coupe du monde. Par contre, ma jeune coéquipière Britanny Phelan y sera puisqu’un bon résultat lui permettrait de se qualifier pour les finales de la Coupe du monde de Lenzerheide, réservées aux 25 premières de chaque discipline.

Pour moi, le retour à la maison va me faire le plus grand bien. Je n’ai pas été chez moi, au Québec, depuis le mois de juillet. J’ai hâte de voir mes parents, mes amis, ma famille.

Depuis le printemps dernier, j’ai un pied à terre à Canmore en Alberta. Comme nos entraînements estivaux se déroulent dans la région de Calgary, c’est plus pratique. J’avais besoin d’avoir une place à moi, même si je ne suis pas souvent à la maison.

Mais quand je reviens au Québec, c’est différent. Chez moi, à Lac-Etchemin, les gens sont tellement fiers de ce que je fais. Je me sens comme une reine. Les gens suivent mes performances et ils l’apprécient. Ça me donne toujours une bonne dose de confiance pour les courses. Donc, je n’aurais pas pu choisir meilleur moment, juste avant les Championnats du monde.

Au cours des dernières années, je suis revenue à la maison plus tôt dans la saison. Mais cette année, les entraîneurs ont voulu essayer une recette différente puisqu’au cours des années passées, nos résultats durant les fêtes étaient moins bons. Ainsi, de concert avec eux, l’équipe technique féminine a décidé de skier durant toute la période des fêtes sans prendre de congé. Comme nous étions déjà en Europe, valait mieux en profiter.

Mais tout de suite après la Coupe du monde de Zagreb, nous avons filé vers l’aéroport de Munich pour un petit cinq jours de vacances au soleil, à Hurghada, en Égypte.

Je sais, l’Égypte ne sonne pas comme la destination soleil par excellence, mais c’était la seule sans décalage horaire et la plus proche de l’Europe. Finalement, ça ne s’est pas avéré aussi chaud qu’on l’espérait, tellement que nous avons eu un peu froid! Des skieuses qui manquent de vêtements chauds, ironique n’est-ce pas? Mais le bon côté, c’est que nous avons pris une pause du ski et que nous avons eu beaucoup de plaisir.

Avant de partir pour l’Égypte, j’avais eu un petit passage à vide à Courchevel et à Are, où je n’ai pas terminé mes courses. À Are, j’étais déçue parce que c’est là que j’ai eu mon premier podium l’an dernier. Et d’habitude, j’y skie bien.

Cependant, mes deux chronos intermédiaires indiquaient que je pointais aux 1er et 3e rangs avant de sortir de piste. C’est sûr que le fait de ne pas finir, ça atteint ta confiance. Je crois que j’ai été prise dans une espèce de spirale.

Les sorties de piste font partie de la vie des skieurs et il faut apprendre à vivre avec elles. C’est sûr que j’avais de gros objectifs cette année et, inconsciemment, je me mettais de la pression. Les sorties de piste n’aident donc pas et troublent ta confiance. Tu te dis : coudonc, je ne peux même pas descendre jusqu’en bas.

Depuis, j’ai eu de bons entraînements et j’ai retrouvé ma confiance. Pour regagner la confiance, il faut avoir une approche professionnelle, reprendre sa routine et continuer à travailler. Le ski, c’est 50 % physique et 50 % mental. Les entraîneurs s’occupent de la technique, et parfois ils essaient de nous aider mentalement. C’est à nous de trouver des solutions.

Par exemple, à Zagreb, je m’étais foulé la cheville deux jours avant la course. Elle était vraiment enflée et je ne croyais pas pouvoir skier. Mon copain (Travis Ganong, skieur de l’équipe américaine) assistait à une de mes courses pour la première fois de la saison. Il m’a aidée à approcher la course avec une attitude de dur. Il m’a appris à ne pas me trouver d’excuse. J’ai donc foncé et fait de mon mieux. J’ai fini 8e!

C’est sûr que d’avoir un copain qui fait la même chose que toi, ça aide. Il comprend et sait ce que tu vis. Mais n’imaginez pas que notre conversation tourne toujours autour du ski, il faut en sortir sinon ce ne serait pas sain.

Certes, à Flachau, je n’ai pas terminé le slalom quand j’ai enfourché un piquet. Tu ne peux pas vraiment analyser ce genre d’erreurs. Est-ce que les skis étaient trop aiguisés? Est-ce moi qui étais trop dynamique? C’est une erreur minime et il faut passer à autre chose.

C’est tellement plus facile de commettre des erreurs en slalom parce que c’est une discipline rapide. Enfourcher et sortir de piste sont monnaie courante. C’est comme un parcours d’agilité.