Blogue de Mikaël Kingsbury

Quelles sélections olympiques?

Mercredi 16 janvier 2013 à 17 h 42 | | Pour me joindre

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Lake Placid, c’est un peu comme une nouvelle saison qui s’amorce avec le début des épreuves en simple… et aussi la première sélection pour les Jeux olympiques de Sotchi. Ce que je ne savais même pas!

Pour vous dire à quel point je suis stressé avec les qualifications pour les JO. Je n’ai pas l’intention de me laisser déranger par cet aspect, je vais skier comme à l’habitude et me concentrer sur chacune des courses.

Je suis un skieur constant, qui finit ses courses. Si je continue à skier comme je le fais depuis le début de l’année et si je peux monter sur le podium le plus souvent possible, je vais avoir ma qualification en poche. Je veux régler ce dossier cette saison. C’est un rêve d’aller aux Jeux.

J’ai déjà deux épreuves de bosses en parallèle sous les skis pour lesquelles je suis très satisfait de mes performances avec une victoire et une 3e place. De quoi faire amplement le plein de confiance!

Mais ce qui s’en vient me procure aussi une bonne dose de confiance. Les épreuves en simple, c’est ma force. Elles me permettent aussi d’exécuter des sauts plus compliqués, je n’ai qu’à me concentrer sur ma performance, mais, en même temps, il n’y a pas de place à l’erreur.

La saison dernière, j’ai amorcé ma série de six victoires consécutives avec la première course en simple, aussi la première de la saison.

J’étais au sommet de mon art. Je dominais course après course. Ça s’annonce donc bien pour ce qui s’en vient parce que ce sont des pistes que je connais et sur lesquelles j’ai déjà gagné. Je sais que je peux bien réussir de nouveau.

De plus, je me suis bien reposé durant les fêtes que j’ai passées à mon chalet de Saint-Sauveur. J’ai pris une semaine de congé. Ensuite, j’ai repris l’entraînement en salle et j’ai agi comme entraîneur du club de Saint-Sauveur pendant deux jours. Je n’ai pas skié plus de 5-6 bosses, question de montrer aux jeunes ce que je leur enseignais.

Ce repos a fait du bien parce que ce n’est pas facile sur le corps d’entreprendre la saison avec deux courses en parallèle. On doit faire plusieurs descentes durant la journée et l’adrénaline est à son comble avec un rival à tes côtés qui te pousse à donner le maximum à chaque course.

Je remarque aussi que c’est de plus en plus difficile dès les huitièmes de finale. Il y a deux ans, j’étais moins fort et j’avais plus de facilité à franchir le premier tour. Maintenant, tout le monde est rapide. Heureusement que dans pareilles circonstances, mon ski reste impeccable.

Ce qui complique les choses davantage, c’est que l’équipe canadienne est très forte. Déjà, j’ai affronté mes coéquipiers à cinq reprises, trois fois à Ruka et deux fois à Kreischberg. Et deux fois, je me suis mesuré à Alex (Bilodeau). À Ruka, j’ai eu le dessus et j’ai gagné. En Autriche, j’ai fait une petite erreur et c’est Alex qui est passé en finale.

Avant le second saut, j’ai mis un peu trop de pression sur le devant de mes skis et je n’ai pas été capable de me redresser. Mon périlleux était trop vers l’avant, j’ai perdu mes skis à la réception. Si j’étais resté centré sur mes skis, j’aurais peut-être sauté plus haut qu’à l’habitude, mais j’aurais réussi mon atterrissage.

Ce n’est pas la fin du monde. Je porte encore le dossard jaune de meneur. Alex et moi affichons le même nombre de points (160), mais j’ai gagné le bris d’égalité parce que je compte une victoire et une 3e place, tandis qu’Alex a fini deux fois 2e.

Nous repartons ainsi à zéro pour le début de l’année. La course au globe s’annonce excitante. Je crois que ça va être une lutte entre Alex et moi toute la saison. J’ose même prédire que Marc-Antoine (Gagnon) va compléter le top 3 tout canadien à la fin de la saison. Généralement, je ne me trompe pas souvent dans mes prédictions. Marc-Antoine connaît un bon début de saison (4e et 5e), son ski s’est vraiment amélioré. Présentement, il est 4e, mais il se distingue encore plus en simple.

Tout le monde croyait que les retours attendus de Dale Begg-Smith et de Guilbaut Colas cette saison allaient resserrer la course au globe de cristal. Ce ne sera pas le cas. Le retour de Begg-Smith, c’était une rumeur. J’ai parlé à des Australiens et ils m’ont dit qu’il ne reviendra pas.

Colas, lui, s’est blessé de nouveau au dos avant la première Coupe du monde. Il n’a pas beaucoup skié. Il était présent aux deux Coupes du monde, mais comme observateur. Il faudra l’avoir à l’œil quand il reviendra. Cependant, ce ne sera pas facile pour lui, il n’a pas skié depuis près de deux ans. D’autant plus que ce gars-là, c’est un gagnant, il ne voudra pas finir 5e ou 6e à son retour.

Reste à voir s’il sera à Lake Placid.