Blogue de Marie-Michèle Gagnon

Maze, mon modèle

Vendredi 21 décembre 2012 à 11 h 51 | | Pour me joindre

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Après la première course de la saison à Sölden, j’avais exprimé à quel point j’étais contente de la victoire de Tina Maze qui, malgré une dizaine de podiums en 2011-2012, n’avait pas gagné une course.

Eh bien là, j’ai l’occasion de me réjouir très souvent parce que Maze aligne les podiums au rythme d’un métronome.

Et Maze, c’est mon modèle. C’est une skieuse que j’admire depuis plusieurs années. On a le même physique et on a une technique similaire.

Elle skie avec beaucoup de confiance et je pense qu’elle va donner du fil à retordre à Lindsey Vonn pour le grand globe de cristal cette année [NDLR : l’entretien avec Gagnon a eu lieu juste avant que l’Américaine fasse l’impasse sur les prochaines Coupes du monde]. Son ski a toujours été solide, mais elle était plus émotive. Maintenant, elle est plus confiante et elle a plus de plaisir à skier que par le passé. C’est le fun à voir.

C’est sûr que Vonn avait préparé le terrain quand elle a tout gagné à Lake Louise. Mais Lake Louise, c’est sa piste. À moins qu’elle fasse une grosse erreur, Lindsey ne se fera jamais battre là.

Dans les prochaines courses, ça va être différent. Maze devrait représenter un bon défi pour Lindsey dans les courses de vitesse. D’ailleurs, on l’a vu à Saint-Moritz, Tina a fini 2e du super-G derrière Lindsey.

Le village de Saint-Moritz (crédit : Marie-Michèle Gagnon)

Maze a toujours été une technicienne redoutable. Maintenant, elle est capable de transposer ses acquis en vitesse, elle s’est beaucoup améliorée.

De plus, elle a du mérite parce qu’elle vient d’un petit pays et qu’elle est la seule de l’équipe slovène à pratiquer toutes les disciplines. Donc, depuis 2008, elle a formé sa propre équipe (Team Maze). Ça lui facilite les choses.

Je vous parlais de Lake Louise précédemment. C’est à cette occasion, à la fin novembre, que j’ai décidé que les descentes, ce ne serait pas pour moi pour le moment. Une seule descente d’entraînement à Lake Louise m’a convaincue.

N’allez pas croire que la vitesse me fait peur. J’adore ça. J’en mange. Je passe bien les sauts, ce n’est pas un problème, pas plus que la vitesse. Le problème, c’est que ça prend une touche spéciale sur la neige. Et pour ça, il faut avoir de l’expérience sur de longs skis. Justement, lors de la première descente d’entraînement à Lake Louise, je ne me sentais pas à l’aise sur mes skis de descente.

J’ai réalisé que je perdais un peu mon temps à faire de la descente. Il faut vraiment s’entraîner dans cette discipline pour être à l’aise et être capable de bien performer. Ce n’est pas évident de s’entraîner en descente durant l’été. C’est plus facile de préparer une piste de slalom géant ou de super-G que de descente.

Ça coûte cher avec tous les équipements de sécurité. C’est pour cela que l’été dernier, les équipes canadiennes, norvégiennes, suédoises et britanniques se sont regroupées pour quelques jours d’entraînement en Suisse.

À part Lindsey Vonn et quelques autres, qui n’ont jamais cessé de s’entraîner en descente, la plupart des autres filles optent soit pour les disciplines techniques, soit pour celles de vitesse.

Ma coéquipière Marie-Pier Préfontaine et moi lors de l’inspection du parcours à Lake Louise

Bien sûr, je pourrais en faire, mais je trouve que c’est plus bénéfique pour moi de m’entraîner en super-G. Au lieu de m’épanouir dans toutes les disciplines, je me contenterai d’ajouter le super-G cette année. D’autant plus qu’après Saint-Moritz, où j’ai fini 13e, je sais que je peux maintenant obtenir des tops 15.

Si je me concentre sur la descente et le super-G, peut-être que je ne pourrais pas faire mieux que des tops 30 dans l’une ou l’autre des disciplines. Et même là, je serais chanceuse.

Donc, jusqu’aux Jeux olympiques de Sotchi, je mets l’accent sur le super-G. Je ferai peut-être quelques entraînements en descente ici et là, mais pas de façon sérieuse, seulement pour me familiariser avec les pistes. Cela pourrait m’aider pour le super-G.

En tant que skieuse de slalom géant, c’est plus facile d’obtenir du succès en super-G qu’en descente. La descente, c’est vraiment une discipline en soi comme le slalom. Tu peux être une excellente skieuse de slalom géant et ne pas être capable de bien réussir en slalom.

C’est sûr qu’après Sotchi, j’aimerais ajouter la descente.

Mais chaque chose en son temps. Je suis encore jeune, alors vaut mieux me concentrer sur les disciplines avec lesquelles j’ai du succès en ce moment.