Billets publiés en décembre 2012

Un podium!

Vendredi 21 décembre 2012 à 13 h 22 | | Pour me joindre

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J’avais hâte de commencer la saison de Coupe du monde et, voilà, je termine 2e à mon premier slalom géant parallèle à Carezza, en Italie.

Je suis contente de m’être qualifiée 4e et ensuite d’avoir terminé 2e, parce que deux de mes buts de la saison sont de me qualifier dans les huit premières et de réussir un podium à chaque course. C’est bien parti!

Tout le monde me demande pourquoi je connais du succès à Carezza. La piste ressemble à celle de Stoneham, la neige est bien tapée et mon style va bien avec le parcours.

Caroline Calvé à Carezza
Caroline Calvé à Carezza

Ma victoire de l’année dernière à Carezza est un événement très positif sur lequel bâtir. J’ai regardé des vidéos que je n’avais jamais vues dans les derniers jours. Je me suis rendu compte que je n’avais pas grand-chose à changer pour espérer gagner à chaque course. Ça m’a calmée!

Dans les derniers mois, j’ai vraiment réussi à mettre le doigt sur des choses qui m’aident à utiliser mon plein potentiel pendant les courses, comme mon état mental. J’essaie de ne rien laisser au hasard. C’est un gros avantage pour moi en cette année de qualifications olympiques.

Je reviens dès samedi au Québec avant de repartir le 1er janvier pour l’Autriche. Mes deux prochaines courses, deux slaloms parallèles, auront lieu les 11 et 12 janvier, avant les Championnats du monde de surf des neiges à Stoneham, fin janvier!

Caroline Calvé à Carezza
Caroline Calvé sur le podium à Carezza

Maze, mon modèle

Vendredi 21 décembre 2012 à 11 h 51 | | Pour me joindre

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Après la première course de la saison à Sölden, j’avais exprimé à quel point j’étais contente de la victoire de Tina Maze qui, malgré une dizaine de podiums en 2011-2012, n’avait pas gagné une course.

Eh bien là, j’ai l’occasion de me réjouir très souvent parce que Maze aligne les podiums au rythme d’un métronome.

Et Maze, c’est mon modèle. C’est une skieuse que j’admire depuis plusieurs années. On a le même physique et on a une technique similaire.

Elle skie avec beaucoup de confiance et je pense qu’elle va donner du fil à retordre à Lindsey Vonn pour le grand globe de cristal cette année [NDLR : l’entretien avec Gagnon a eu lieu juste avant que l’Américaine fasse l’impasse sur les prochaines Coupes du monde]. Son ski a toujours été solide, mais elle était plus émotive. Maintenant, elle est plus confiante et elle a plus de plaisir à skier que par le passé. C’est le fun à voir.

C’est sûr que Vonn avait préparé le terrain quand elle a tout gagné à Lake Louise. Mais Lake Louise, c’est sa piste. À moins qu’elle fasse une grosse erreur, Lindsey ne se fera jamais battre là.

Dans les prochaines courses, ça va être différent. Maze devrait représenter un bon défi pour Lindsey dans les courses de vitesse. D’ailleurs, on l’a vu à Saint-Moritz, Tina a fini 2e du super-G derrière Lindsey.

Le village de Saint-Moritz (crédit : Marie-Michèle Gagnon)

Maze a toujours été une technicienne redoutable. Maintenant, elle est capable de transposer ses acquis en vitesse, elle s’est beaucoup améliorée.

De plus, elle a du mérite parce qu’elle vient d’un petit pays et qu’elle est la seule de l’équipe slovène à pratiquer toutes les disciplines. Donc, depuis 2008, elle a formé sa propre équipe (Team Maze). Ça lui facilite les choses.

Je vous parlais de Lake Louise précédemment. C’est à cette occasion, à la fin novembre, que j’ai décidé que les descentes, ce ne serait pas pour moi pour le moment. Une seule descente d’entraînement à Lake Louise m’a convaincue.

N’allez pas croire que la vitesse me fait peur. J’adore ça. J’en mange. Je passe bien les sauts, ce n’est pas un problème, pas plus que la vitesse. Le problème, c’est que ça prend une touche spéciale sur la neige. Et pour ça, il faut avoir de l’expérience sur de longs skis. Justement, lors de la première descente d’entraînement à Lake Louise, je ne me sentais pas à l’aise sur mes skis de descente.

J’ai réalisé que je perdais un peu mon temps à faire de la descente. Il faut vraiment s’entraîner dans cette discipline pour être à l’aise et être capable de bien performer. Ce n’est pas évident de s’entraîner en descente durant l’été. C’est plus facile de préparer une piste de slalom géant ou de super-G que de descente.

Ça coûte cher avec tous les équipements de sécurité. C’est pour cela que l’été dernier, les équipes canadiennes, norvégiennes, suédoises et britanniques se sont regroupées pour quelques jours d’entraînement en Suisse.

À part Lindsey Vonn et quelques autres, qui n’ont jamais cessé de s’entraîner en descente, la plupart des autres filles optent soit pour les disciplines techniques, soit pour celles de vitesse.

Ma coéquipière Marie-Pier Préfontaine et moi lors de l’inspection du parcours à Lake Louise

Bien sûr, je pourrais en faire, mais je trouve que c’est plus bénéfique pour moi de m’entraîner en super-G. Au lieu de m’épanouir dans toutes les disciplines, je me contenterai d’ajouter le super-G cette année. D’autant plus qu’après Saint-Moritz, où j’ai fini 13e, je sais que je peux maintenant obtenir des tops 15.

Si je me concentre sur la descente et le super-G, peut-être que je ne pourrais pas faire mieux que des tops 30 dans l’une ou l’autre des disciplines. Et même là, je serais chanceuse.

Donc, jusqu’aux Jeux olympiques de Sotchi, je mets l’accent sur le super-G. Je ferai peut-être quelques entraînements en descente ici et là, mais pas de façon sérieuse, seulement pour me familiariser avec les pistes. Cela pourrait m’aider pour le super-G.

En tant que skieuse de slalom géant, c’est plus facile d’obtenir du succès en super-G qu’en descente. La descente, c’est vraiment une discipline en soi comme le slalom. Tu peux être une excellente skieuse de slalom géant et ne pas être capable de bien réussir en slalom.

C’est sûr qu’après Sotchi, j’aimerais ajouter la descente.

Mais chaque chose en son temps. Je suis encore jeune, alors vaut mieux me concentrer sur les disciplines avec lesquelles j’ai du succès en ce moment.

Bursite et Noël en Alberta

Mercredi 19 décembre 2012 à 16 h 00 | | Pour me joindre

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Twitter : @golden_lyle

Les dernières semaines ont principalement été consacrées à mon entraînement. Au début du mois, j’ai participé à la première Coupe Canada de la saison, à Québec.

J’ai eu une bonne première journée. J’ai remporté le 500 m et le 1000 m avec des temps respectables. Le samedi, j’espérais un bon résultat au 1500 m, mais ça a été une très mauvaise course, de loin ma pire course de l’année. Je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai sans doute manqué de jambes.

Ensuite, j’ai commencé à ressentir une douleur à l’épaule gauche qui m’a empêché de patiner dimanche. J’aurais voulu me venger de mon 1500 m, me défouler sur la glace, mais je n’ai pas pu à cause de cette blessure. J’ai appris par la suite que je souffre d’une bursite à l’épaule.

Cette blessure m’a un peu nui depuis deux semaines. Mais aujourd’hui, ça va mieux. J’ai eu des traitements à l’hôpital, dont une injection de cortisone, et c’est beaucoup mieux. Au début, c’était tellement douloureux que je n’étais pas capable de lever mon bras.

Je ne me suis pas blessé en raison d’un mouvement brusque. J’ai commencé à avoir mal chez moi, sans raison apparente. On ne sait pas quel est l’élément déclencheur. Mais après une analyse complète avec le médecin de l’équipe, on a découvert que j’ai des problèmes de posture. Mes pectoraux sont trop courts et ils ne sont pas assez souples, ce qui tire constamment mon épaule vers l’avant et met de la tension sur l’épaule. C’est ce qui a causé la bursite, et je vais devoir corriger le tout avec du renforcement spécifique pour le haut du dos et des étirements des pectoraux.

Le traitement à la cortisone me permet d’éviter la douleur pour les quatre à six prochains mois. Je devrai agir durant cette période pour éviter le retour de la blessure. J’ai déjà commencé une série d’exercices que je vais faire tous les jours.

Laurent Dubreuil à la Coupe Canada de Québec
Laurent Dubreuil à la Coupe Canada de Québec

Mes journées d’entraînements

Heureusement, je n’ai raté qu’un ou deux entraînements en raison de cette blessure. Je m’entraîne six jours par semaine, une ou deux fois par jour, du lundi au samedi.

Par exemple, le lundi, je me lève à 7 h, j’arrive à l’anneau de glace vers 8 h 15, le réchauffement commence vers 8 h 30 et dure de 30 à 40 minutes. Ensuite, nous allons sur la glace. Le lundi, c’est un entraînement de vitesse et d’intensité, de courtes distances avec beaucoup de repos entre chaque course. Ce n’est pas un entraînement particulièrement difficile, c’est même assez facile en fait. Il sert à travailler la technique et la puissance. Donc, ce n’est pas censé être très dur, mais il faut tout donner, il ne faut pas se retenir. Pour le retour au calme, nous faisons un peu de vélo suivi d’une série de contrôle musculaire ou d’abdominaux. L’entraînement dure de trois heures à trois heures et demie.

Nous retournons à l’anneau vers 15 h 30. Souvent, le deuxième entraînement sera plus difficile que le premier, avec des distances plus longues, comme des 800 m, pour travailler en aérobie lactique. Ça va faire très mal aux jambes. C’est un peu comme un 400 m ou un 800 m en course à pied, nous allons ressentir une sensation de brûlure dans les jambes. Cette journée-là, notre entraînement total aura duré cinq ou six heures.

De retour à la maison, je dois faire ma routine d’étirements parce que j’ai des problèmes de dos. Ces exercices sont vraiment importants pour garder ma souplesse. Si je ne m’étire pas, je risque de me blesser au dos. Je m’étire pendant une heure trente tous les soirs, principalement les jambes et maintenant les pectoraux pour mes problèmes d’épaule, puis je me couche. Et je recommence le lendemain.

Noël à Calgary

Pour la première fois de ma vie, je vais passer Noël ailleurs que chez moi. Je pars à la fin de la semaine à Calgary parce que les sélections nationales d’hiver ont lieu plus tôt cette année, du 3 au 6 janvier au lieu du 6 au 9. J’arrive deux semaines avant pour mettre en application ce que j’ai appris à Québec sur la glace plus rapide de Calgary.

Ce sera assurément un Noël différent! J’ai eu l’occasion de voir toute ma famille dans le dernier mois. Ce sera bizarre d’être séparé de tout le monde, mais en même temps, je suis rendu là dans ma carrière. Il faut prendre des décisions difficiles si on veut être au sommet et je veux être au sommet, donc je n’ai pas hésité. Nous allons sûrement nous réunir, tous les Québécois qui seront à Calgary, pour Noël.

Je ne suis pas vraiment capricieux sur les cadeaux. Si 10 jours après, je pouvais me classer au 500 m et au 1000 m aux Championnats canadiens, ce serait un bon cadeau des Fêtes!

Mon objectif à Calgary sera de me qualifier pour les étapes hivernales de la Coupe du monde au 500 m et au 1000 m. Mais surtout, je vise d’excellents résultats au combiné des deux épreuves puisque les quatre meilleurs sprinteurs auront leur billet pour le Championnat du monde sprint de Salt Lake City, les 26 et 27 janvier 2013. C’est mon objectif de la saison, je veux y être!

Joyeuses Fêtes!

Carezza, me voici!

Lundi 17 décembre 2012 à 14 h 55 | | Pour me joindre

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Nous arrivons finalement à la première Coupe du monde de la saison!

Dans les dernières semaines, j’ai participé à un camp d’entraînement dans l’Ouest canadien, à Nakiska, en Alberta, et à Panorama, en Colombie-Britannique. L’objectif était de tester une nouvelle fois des pistes différentes et surtout des conditions différentes.

Je dois dire que je suis très satisfaite du chemin parcouru avec mon équipement depuis Copper Mountain, au Colorado. J’ai réalisé de bons temps à l’entraînement. Je me suis habituée à ma nouvelle planche et, finalement, je l’aime vraiment beaucoup! Je suis très contente et j’ai un regain de confiance pour l’épreuve de Carezza, un slalom géant parallèle.

Caroline Calvé à l'entraînement à Panorama, en Colombie-Britannique
Caroline Calvé à Panorama, en Colombie-Britannique

Je dois donc avouer que mes entraîneurs avaient raison quand ils me disaient que cette planche était faite pour moi! Mes doutes provenaient du fait que la planche est difficile à tourner à l’extérieur d’un parcours en raison de sa rigidité. Elle est conçue pour l’entraînement et la compétition. Je ne pourrais pas la prendre pour une journée de plaisir à Tremblant!

Sa rigidité fait en sorte qu’elle me tient très bien. J’ai beaucoup plus confiance en cette planche qu’en toutes les autres que j’ai eues pour le slalom géant. Elle va bien aussi en slalom.

Le site d'entraînement de Caroline Calvé à Panorama, en Colombie-Britannique
Le site d’entraînement de Caroline Calvé à Panorama, en Colombie-Britannique

Objectif : le podium à chaque course

J’ai plusieurs objectifs cette saison. L’un d’eux est de mieux me qualifier à chaque compétition. Je vise un top 8. Dans notre sport, nous faisons deux descentes de qualifications. Je rate souvent l’une d’elles, mais cette année je veux essayer de réussir les deux. Si j’atteins ce but, mes résultats finaux ne seront que meilleurs.

Ensuite, je vise le podium à chaque course. Je ne m’en vais pas dans une Coupe du monde en me disant que j’espère finir 16e. Je suis rendue à ce point dans ma carrière. Je sais que je suis capable d’être constante.

Une autre victoire?

J’arrive en Italie un an après ma première et seule victoire en Coupe du monde. Je me demande aujourd’hui comment aborder la course. Dois-je arriver en me disant que je vais l’emporter à nouveau?

J’essaie de reproduire cette journée du 21 décembre 2011, de retrouver l’état d’esprit qui m’animait. En compétition, une foule de choses peuvent te déranger, par exemple les conditions météorologiques. Et si tu les laisses te déranger, ta journée peut être bousillée.

C’est pourquoi je considère important de trouver un état, une façon d’être qui me permet d’avoir un peu le dos d’un canard, pour que l’eau me glisse dessus sans me déranger. Ce qui m’aide le plus, c’est de me trouver dans un état de paix et d’être calme. Je fais des exercices de respiration tous les jours pour y parvenir.

Je trouve difficile de dire comment mes adversaires vont me percevoir. Mais c’est sûr que j’ai l’attitude de gagnante en moi, de quelqu’un qui va toujours se battre pour essayer de gagner.

À Carezza, ma plus sérieuse rivale sera certainement l’Allemande Amelie Kobert. Elle avait terminé 2e derrière moi l’an dernier. Son style ressemble au mien. Nous sommes considérées comme des filles qui aiment les virages larges. Souvent, quand je fais bien, elle fait bien aussi.

Je suis arrivée en Italie une dizaine de jours avant la compétition du 21 décembre. J’ai participé à un slalom de la Coupe d’Europe, où j’ai terminé 26e.

Dans les prochains jours, je vais diminuer le nombre de descentes d’entraînement pour arriver en forme vendredi. Enfin!

Caroline Calvé à Carezza, en Italie, quelques heures avant sa première victoire en Coupe du monde
Caroline Calvé à Carezza, en Italie, quelques heures avant sa première victoire en Coupe du monde, le 21 décembre 2011

Apprendre de ses erreurs

Mercredi 12 décembre 2012 à 14 h 38 | | Pour me joindre

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Quel excellent week-end à Saint-Moritz! On dirait que l’endroit me porte chance parce que chaque année, ça va de mieux en mieux.

Samedi, j’y ai obtenu le meilleur résultat de ma carrière en super-G, 13e. Comme j’avais déjà pris part à cette même épreuve ici en début d’année, je connaissais bien la piste. Mais ce qui m’a surtout aidée, c’est que j’ai beaucoup mis l’accent sur mon entraînement en slalom géant au cours de l’été. Et quand tu es forte en slalom géant, c’est plus facile de passer en super-G. Les deux disciplines se ressemblent beaucoup. Mon plan a donc bien fonctionné.

D’avoir fait le super-combiné (super-G et slalom) la veille a aussi aidé ma cause. J’ai regardé la vidéo de mon super-G et je l’ai analysée. J’ai constaté que je manquais d’agressivité et que ma position aérodynamique n’était pas toujours optimale. Cependant, la technique était à point.

J’ai donc corrigé mes petites lacunes et ça a fonctionné. D’ailleurs, je constate que je m’améliore chaque jour parce que chaque jour, j’apprends de mes erreurs.

Je suis donc vraiment contente de mon début de saison. C’est franchement au-delà de mes attentes. À chacune de mes courses, j’ai fini dans les points (top 30), dont trois fois dans le top 10. Je suis satisfaite de cette constance.

Je savais que j’avais eu de très bons entraînements au cours de l’été. Mais quand tous tes efforts se transposent en courses, c’est franchement agréable.

Je pense que je suis prête à franchir une autre étape. Je pense que je suis assez solide techniquement pour maintenant prendre plus de risques, pour travailler sur la tactique. Peut-être que ça va me faire monter de nouveau sur le podium cette saison.

J’espère que ma série de succès se poursuivra ce week-end à Val-d’Isère et à Courchevel. J’ai étiré mon séjour à Saint-Moritz jusqu’à mardi parce que je ne participe pas à la descente de vendredi.

J’ai donc profité des deux jours supplémentaires en Suisse pour peaufiner ma technique en vue des Coupes du monde de Courchevel (slalom géant) dimanche et d’Are (slalom géant et slalom) le week-end suivant. Comme le super-G de Saint-Moritz est encore frais dans ma mémoire, les entraîneurs et moi avons jugé que je n’avais pas vraiment besoin de m’entraîner pour celui de Val-d’Isère.

Donc, je me satisferais bien d’un top 30 en super-G samedi. C’est sûr que j’ai obtenu un top 15 la semaine dernière, mais je ne veux pas me mettre trop de pression pour répéter la même performance à chaque super-G. Par contre, à Courchevel, je vise un top 15. Je veux faire deux manches comme ma deuxième du slalom géant de Saint-Moritz, où j’ai réussi le 2e temps. Deux jours plus tôt, j’avais également enregistré le deuxième chrono du slalom lors du super-combiné.

En route vers ma 2e place dans la portion slalom du super-combiné de Saint-Moritz

Deux fois  en deux jours que j’ai failli remporter ma première manche en Coupe du monde. Les deux fois, une des meilleures du circuit m’a battue [NDLR : Tina Maze au slalom et Viktoria Rebensburg au slalom géant]. C’est décevant, mais c’est une déception positive.

Ce qui m’a déçue dimanche, c’est l’erreur bête que j’ai commise dans la descente initiale du slalom géant, et qui a bien failli m’exclure de la seconde manche.

J’étais encore dans le même état d’esprit que pour le super-G de la veille, c’est-à-dire en mode attaque. Je n’avais pas besoin de pousser autant, et c’est le cas de le dire, c’est ce qui m’a poussée à l’erreur à mon premier parcours. En slalom géant, il faut anticiper, être en avant de ses skis.

J’en ai tiré une bonne leçon : il faut me dissocier de chacune des disciplines parce que l’approche est différente pour chacune d’entre elles. C’est une leçon importante parce que je pratique plusieurs disciplines. Je dois apprendre à passer de l’une à l’autre sans gaspiller la première manche.

Leçon que j’entends mettre en application dès Courchevel!

Mes meilleurs amis

Lundi 10 décembre 2012 à 15 h 42 | | Pour me joindre

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Ça fait maintenant trois ans que je fais partie de l’équipe canadienne de ski acrobatique. J’entame ma quatrième saison.

Quand j’ai fait le saut de l’équipe du Québec à l’équipe nationale, je n’avais que 16 ans. C’est très jeune, beaucoup plus jeune que la moyenne des gars qui percent l’équipe. À mon arrivée, il y avait plusieurs vétérans comme Vincent (Marquis), Maxime Gingras, Warren Tanner et Pierre-Alexandre (Rousseau), des gars beaucoup plus vieux qui avaient 24, 28, 30 ans.

Forcément, ça m’a donné un coup de vieux. Il fallait que je sois sérieux. Je n’étais plus avec mes amis de 15-16 ans du secondaire. Alors, c’est sûr que j’ai gagné en maturité beaucoup plus rapidement que les jeunes de mon âge.

Mais je pense que ça a été un mal pour un bien parce que ça m’a beaucoup aidé dans ma carrière. Et aujourd’hui, les jeunes qui se joignent à l’équipe se fondent dans le moule. Ils se rendent compte que pour avoir de bons résultats, il faut être sérieux à l’entraînement, mais aussi dans notre routine quotidienne.

D’où l’importance du respect d’autrui. Par exemple, quand tu sais que les autres sont couchés, tu ne fais pas de bruit. Je dois admettre cependant que quand j’étais dans l’équipe du Québec (14-15 ans), ce n’était pas toujours très sérieux dans les chambres d’hôtel. On ne dormait pas toujours beaucoup. Maintenant, dans l’équipe canadienne, nous sommes plus professionnels.

Je suis très chanceux parce que mes coéquipiers et moi, nous nous respectons beaucoup. En fait, je ne pourrais pas avoir de meilleurs coéquipiers. Il y a vraiment une très bonne ambiance au sein de notre groupe.

Marc-Antoine Gagnon, Eddie Hicks, Cédric Rochon, Philippe Marquis et moi

Je connais Marc-Antoine (Gagnon), Cédric (Rochon) et Philippe (Marquis) depuis 10 ans. À l’époque, nous représentions l’élite de notre groupe d’âge. Alors, c’est vraiment cool que l’on se soit tous retrouvés dans l’équipe canadienne à peu près en même temps.

Ces gars-là, ce sont comme mes frères, je n’ai aucune gêne avec eux. Je peux me confier à eux, leur parler de n’importe quoi, même de choses en dehors du ski. Ce sont les premières personnes à qui je me confie, en plus de mes parents.

Sans aucun doute, je peux vraiment dire que ce sont mes meilleurs amis. J’ai aussi de très bons amis du secondaire, mais je passe pratiquement 12 mois par année avec Cédric, Philippe et Marc-Antoine.

Sur la piste, nous sommes des adversaires. Mais une fois la compétition terminée, on est toujours ensemble. On est assis les uns à côté des autres dans l’avion, on partage le même condo (à l’hôtel, nous sommes deux par chambre), on partage nos repas. Bref, je les vois plus que mon frère.

Comme on s’entend tellement bien, il n’y a pas beaucoup de moments où nous sommes seuls dans notre chambre devant notre ordinateur. On passe beaucoup de temps dans le salon, quand on loue un condo, à jouer à des jeux de société ou à des jeux vidéo.

Par exemple, en Finlande, on reste à l’hôtel. Mais tout près, il y a un salon de quilles. Chaque soir, nous allons jouer quelques parties après le souper.

Cédric est mon cochambreur depuis trois ans déjà. Phil et Marc-Antoine sont ensemble. C’est bien parce qu’on en vient à connaître nos habitudes. Cédric, c’est un couche-tôt et un lève-tôt. Grâce à lui, je me lève maintenant plus tôt, ce que je n’aimais pas particulièrement.

Mes coéquipiers et moi à Amsterdam

Cédric est également le meilleur cuisinier du groupe parce que lorsque nous vivons en condo, chaque soir, c’est l’un de nous qui a la tâche de préparer le souper. Il faut dire que Cédric avait une longueur d’avance puisqu’il a grandi dans ce milieu, son père est propriétaire de restaurants Saint-Hubert. En tout cas, il ne rate pas son poulet! Blague à part, c’est lui qui maîtrise le plus de recettes.

Moi, au début, je n’en menais pas large. J’étais jeune et il a fallu que j’apprenne sur le tas. Là, je me débrouille pas mal. Ma spécialité, ce que j’aime faire le plus souvent, c’est du spaghetti avec une sauce très relevée. Je n’aime pas ça quand ça goûte juste la tomate. J’ajoute donc du chili, du boeuf haché, des saucisses épicées et beaucoup de légumes. En fait, on pourrait pratiquement manger la sauce seule, mais je rajoute des nouilles en dessous.

Par contre, quand je reviens à la maison, je n’ai pas souvent l’occasion de tester mes recettes en famille. Ma mère aime cuisiner quand je suis là, alors j’en profite! Cependant, à quelques occasions, alors que j’étais seul avec ma mère ou avec mon frère et ma sœur, j’ai préparé le repas. Chaque fois, ils m’ont dit merci après le souper. Alors, j’ai présumé que c’était bon!