Ça fait maintenant trois ans que je fais partie de l’équipe canadienne de ski acrobatique. J’entame ma quatrième saison.
Quand j’ai fait le saut de l’équipe du Québec à l’équipe nationale, je n’avais que 16 ans. C’est très jeune, beaucoup plus jeune que la moyenne des gars qui percent l’équipe. À mon arrivée, il y avait plusieurs vétérans comme Vincent (Marquis), Maxime Gingras, Warren Tanner et Pierre-Alexandre (Rousseau), des gars beaucoup plus vieux qui avaient 24, 28, 30 ans.
Forcément, ça m’a donné un coup de vieux. Il fallait que je sois sérieux. Je n’étais plus avec mes amis de 15-16 ans du secondaire. Alors, c’est sûr que j’ai gagné en maturité beaucoup plus rapidement que les jeunes de mon âge.
Mais je pense que ça a été un mal pour un bien parce que ça m’a beaucoup aidé dans ma carrière. Et aujourd’hui, les jeunes qui se joignent à l’équipe se fondent dans le moule. Ils se rendent compte que pour avoir de bons résultats, il faut être sérieux à l’entraînement, mais aussi dans notre routine quotidienne.
D’où l’importance du respect d’autrui. Par exemple, quand tu sais que les autres sont couchés, tu ne fais pas de bruit. Je dois admettre cependant que quand j’étais dans l’équipe du Québec (14-15 ans), ce n’était pas toujours très sérieux dans les chambres d’hôtel. On ne dormait pas toujours beaucoup. Maintenant, dans l’équipe canadienne, nous sommes plus professionnels.
Je suis très chanceux parce que mes coéquipiers et moi, nous nous respectons beaucoup. En fait, je ne pourrais pas avoir de meilleurs coéquipiers. Il y a vraiment une très bonne ambiance au sein de notre groupe.

Marc-Antoine Gagnon, Eddie Hicks, Cédric Rochon, Philippe Marquis et moi
Je connais Marc-Antoine (Gagnon), Cédric (Rochon) et Philippe (Marquis) depuis 10 ans. À l’époque, nous représentions l’élite de notre groupe d’âge. Alors, c’est vraiment cool que l’on se soit tous retrouvés dans l’équipe canadienne à peu près en même temps.
Ces gars-là, ce sont comme mes frères, je n’ai aucune gêne avec eux. Je peux me confier à eux, leur parler de n’importe quoi, même de choses en dehors du ski. Ce sont les premières personnes à qui je me confie, en plus de mes parents.
Sans aucun doute, je peux vraiment dire que ce sont mes meilleurs amis. J’ai aussi de très bons amis du secondaire, mais je passe pratiquement 12 mois par année avec Cédric, Philippe et Marc-Antoine.
Sur la piste, nous sommes des adversaires. Mais une fois la compétition terminée, on est toujours ensemble. On est assis les uns à côté des autres dans l’avion, on partage le même condo (à l’hôtel, nous sommes deux par chambre), on partage nos repas. Bref, je les vois plus que mon frère.
Comme on s’entend tellement bien, il n’y a pas beaucoup de moments où nous sommes seuls dans notre chambre devant notre ordinateur. On passe beaucoup de temps dans le salon, quand on loue un condo, à jouer à des jeux de société ou à des jeux vidéo.
Par exemple, en Finlande, on reste à l’hôtel. Mais tout près, il y a un salon de quilles. Chaque soir, nous allons jouer quelques parties après le souper.
Cédric est mon cochambreur depuis trois ans déjà. Phil et Marc-Antoine sont ensemble. C’est bien parce qu’on en vient à connaître nos habitudes. Cédric, c’est un couche-tôt et un lève-tôt. Grâce à lui, je me lève maintenant plus tôt, ce que je n’aimais pas particulièrement.

Mes coéquipiers et moi à Amsterdam
Cédric est également le meilleur cuisinier du groupe parce que lorsque nous vivons en condo, chaque soir, c’est l’un de nous qui a la tâche de préparer le souper. Il faut dire que Cédric avait une longueur d’avance puisqu’il a grandi dans ce milieu, son père est propriétaire de restaurants Saint-Hubert. En tout cas, il ne rate pas son poulet! Blague à part, c’est lui qui maîtrise le plus de recettes.
Moi, au début, je n’en menais pas large. J’étais jeune et il a fallu que j’apprenne sur le tas. Là, je me débrouille pas mal. Ma spécialité, ce que j’aime faire le plus souvent, c’est du spaghetti avec une sauce très relevée. Je n’aime pas ça quand ça goûte juste la tomate. J’ajoute donc du chili, du boeuf haché, des saucisses épicées et beaucoup de légumes. En fait, on pourrait pratiquement manger la sauce seule, mais je rajoute des nouilles en dessous.
Par contre, quand je reviens à la maison, je n’ai pas souvent l’occasion de tester mes recettes en famille. Ma mère aime cuisiner quand je suis là, alors j’en profite! Cependant, à quelques occasions, alors que j’étais seul avec ma mère ou avec mon frère et ma sœur, j’ai préparé le repas. Chaque fois, ils m’ont dit merci après le souper. Alors, j’ai présumé que c’était bon!