Je suis de retour de Heerenveen, aux Pays-Bas, où j’ai participé à la première étape de la Coupe du monde. J’ai atteint la moitié de mes objectifs, qui étaient de terminer parmi les meilleurs patineurs du groupe B pour accéder au groupe A.
Au 500 m, seul le meilleur patineur du groupe B dans la première course passait au groupe supérieur pour la deuxième course de la compétition. Ça a été très serré. J’ai terminé 2e, à seulement 9 centièmes de seconde de mon coéquipier Jamie Gregg. Je suis un peu déçu parce que ce n’était pas ma meilleure course. J’étais trop fébrile. Je n’ai pas été capable d’exécuter certains aspects techniques. Je voulais trop dans les droits, je poussais trop par-derrière. Mais c’est de l’apprentissage, il faut que je sois capable de contrôler mes émotions, de forcer, d’être très agressif, tout en gardant ma technique.
Je me suis bien repris dans l’après-midi au 1000 m, le seul de cette compétition. Je me suis concentré à avoir un bon départ et ensuite j’ai vraiment très bien fait techniquement, ce qui m’a mené à la 2e place. Au 1000 m, une 2e place dans le groupe B, c’est vraiment très bien parce que je suis davantage un patineur de 500 m. J’ai donc réussi à monter dans le groupe A dans l’une des deux distances. Malgré ma déception après la première course de 500 m, j’ai été capable de revenir avec force dans le 1000 m.
Par contre, mon second 500 m dans le groupe B est à oublier. Je patinais dans la dernière paire. Et juste avant moi, un patineur coréen a chuté et il a endommagé la glace. Il y a eu une longue pause pour réparer la surface. Je n’ai pas été capable de revenir avec force par la suite. Une pause de 15 minutes avant la course, ce n’est vraiment pas un scénario idéal.
Il faut être capable de rester réchauffé sans s’essouffler ni perdre de l’énergie. J’ai essayé de faire des départs, mais ça m’a fait perdre de l’explosion, de la puissance, et je ne suis pas resté réchauffé parce qu’il faisait froid dans l’aréna. J’ai été incapable de bien gérer la situation et j’ai terminé 6e. Je connais rarement de mauvaises courses comme celle-là.
À l’opposé, je suis satisfait de mon 1000 m. Le calibre du groupe B était très élevé. À titre d’exemple, le patineur qui a terminé 3e derrière moi, le Sud-Coréen Mo Tae-bum, a fini 2e à Vancouver. J’ai quand même été capable de rivaliser avec les meilleurs au 1000 m, qui n’est pas ma distance de prédilection.
Mon entraîneur et moi ne nous attendions pas à des résultats à tout casser à cette compétition. D’être capable de rivaliser, de battre quelques patineurs dans les meilleurs du monde sans être au sommet de ma forme, c’est de bon augure pour la deuxième moitié de la saison. Mon entraînement estival a porté ses fruits. Je suis un patineur plus complet et je suis en meilleure forme.
Mon résultat m’a permis de monter dans le groupe A pour l’épreuve suivante à Nagano, au Japon, mais j’ai décidé de ne pas prendre part aux épreuves asiatiques de la Coupe du monde cet automne. J’ai un plan de saison et je dirais même de carrière. Mes 19, 20, 21 et 22 ans, je veux les passer à faire des compétitions, à essayer de gagner des titres, mais surtout à me développer. La meilleure façon pour moi de le faire, ce n’est pas en faisant trop de courses, c’est en m’entraînant fort.

Laurent Dubreuil à Québec
C’est par l’entraînement qu’on devient rapide en course, pas en faisant seulement des compétitions. Je pense que c’est une bonne décision. C’est sûr que je ne le regretterai pas. J’ai pris la même décision l’an passé, de rester à la maison, et ça a très bien fonctionné. Nous gardons la recette et nous espérons qu’elle fonctionne encore cette saison.
Je vais quand même participer à une autre compétition avant les Fêtes. La première étape de la Coupe Canada aura lieu à Québec ce week-end, à l’anneau Gaétan-Boucher. C’est le circuit canadien en place pour les patineurs non qualifiés pour la Coupe du monde. Il s’agit de patineurs très rapides. Il y a des points canadiens à l’enjeu et un peu d’honneur aussi!
Les courses seront disputées de vendredi à dimanche. Ce sera un bon entraînement de récupération entre chaque course. Je devrai aussi rester concentré pendant une longue période.
Pour récupérer entre les courses, après une distance, je saute sur un vélo stationnaire ou je fais un peu de jogging pour faire baisser l’acide lactique dans les jambes. Et il faut manger! Il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’alimentation pendant une journée de compétition.
À titre d’exemple, vendredi, selon l’horaire provisoire, je vais devoir me lever entre 5 h 30 et 6 h. Le réchauffement sur la glace aura lieu vers 7 h 30 et les courses vont commencer à 9 h. Je vais avoir une course dès le début de la compétition. Ma deuxième course sera en fin d’avant-midi.
Si je ne mange pas après mon déjeuner, je vais manquer d’énergie. Ensuite, il faut s’asseoir. Il ne faut pas passer la journée debout. C’est le genre d’erreurs que les jeunes font, ils sont excités d’être à une compétition, ils vont regarder les courses à côté de la glace. Mais rester debout pendant deux heures, c’est très mauvais pour les jambes. Il faut rester calme et être capable de mettre l’interrupteur en marche quand on arrive sur la glace.
Si je dis que c’est une erreur de jeune de se tenir sur le bord de la piste, c’est parce que je l’ai déjà fait. Je me suis rendu compte que je n’avais plus les jambes pour la deuxième course, car j’avais passé la journée debout et à m’amuser. Il faut être capable de contrôler ses émotions, de rester prêt et il faut voir la tâche devant nous. Il ne faut pas se laisser avoir par le fait que c’est amusant d’être en compétition. Il faut réaliser qu’on est là pour performer. Et pour performer, ça prend des conditions gagnantes et il faut les appliquer.
L’an dernier, j’avais très bien réussi. Je me sens en confiance et en forme. J’ai hâte de voir ce que je peux faire à Québec!








