Billets publiés en octobre 2012

Dans la cour des grands

Mardi 30 octobre 2012 à 16 h 19 | | Pour me joindre

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Twitter : @golden_lyle

Après deux ans avec l’équipe de développement, je commence ma première véritable saison avec l’équipe senior. Le premier test sera les sélections nationales du 1er au 4 novembre à Calgary.

Je suis en Alberta depuis deux semaines et, jusqu’à maintenant, l’entraînement se déroule vraiment bien sur mes distances de 500 m, 1000 m et 1500 m. J’ai travaillé fort cet été à Québec et je me sens bien sur la glace. Je suis sûr que les résultats seront positifs!

Même si je suis plus jeune que presque tout le monde sur le circuit et que tous les bons patineurs de mes distances sont 3, 4, 5, même 10 ans plus vieux que moi, je ne me considère pas comme une recrue. Je n’ai jamais utilisé l’âge comme une excuse. Je n’ai jamais vu ça comme un obstacle à surmonter parce que j’ai toujours eu l’ambition de battre les patineurs contre qui je patine, peu importe l’âge qu’ils ont.

La progression normale d’un athlète veut qu’à 25 ans, il soit meilleur qu’à 20 ans. Cette année, je ne serai pas au sommet de ma carrière, je vais continuer de m’améliorer dans les prochaines saisons. Mais en même temps, ce n’est pas une année d’apprentissage. L’an dernier, j’ai réussi à me qualifier pour les Championnats du monde, où j’ai terminé 11e au 500 m. Le tremplin, c’était l’an dernier. Cette année, je vise des podiums.

Laurent Dubreuil et son imitation de Yohan Blake
Laurent Dubreuil et son imitation de Yohan Blake

Je fais du patin depuis l’âge de 4 ans. Mes meilleurs résultats sont toujours venus au 500 m. Je suis un sprinteur. Plus la distance est courte, mieux c’est pour moi. Ma grande force est le départ de mes 500 m.

Mais je ne serais pas prêt à dire que c’est ma distance préférée. Je trouve plus valorisant de patiner le 1000 m. Le 500 m, c’est de la puissance brute. Pour le 1000 m, il y a deux types de patineurs. D’abord des sprinteurs qui sont capables de ne pas casser et de finir fort. Puis, il y a des patineurs de plus longues distances, qui partent un peu moins vite, mais qui finissent très fort. Pour un sprinteur, être bon au 1000 m est signe que ce patineur s’est vraiment entraîné fort et qu’il a fait tout ce qu’il avait à faire pour performer. Tu ne peux pas venir magiquement au 1000 m parce que c’est trop dur comme course.

De jeudi à dimanche, je vais affronter des patineurs que je connais bien. Je suis au courant des temps qu’ils sont capables de réaliser, je sais à quoi m’attendre et j’ai vraiment confiance d’être au coeur de la lutte et de battre la plupart des gars.

L’an dernier, dans les sélections d’automne, j’ai fini 3e au 500 m, 8e au 1000 m et j’ai causé une surprise avec ma 4e place au 1500 m. J’avais eu une très bonne course et j’avais été capable de me classer dans une distance qui n’est pas du tout l’une de mes spécialités.

Cette année, j’ai l’ambition de me classer dans les trois distances. C’est sûr que la compétition sera ardue et il y a une possibilité que je rate mon coup sur une distance. Mais je pense que mon objectif est réalisable. Mes résultats jusqu’à présent à l’entraînement me donnent la confiance de me qualifier dans les trois courses.

Pour y parvenir, je dois terminer parmi les quatre premiers au 1000 m et au 1500 m. Au 500 m, les cinq meilleurs seront choisis.

Si mes résultats sont bons, je vais en Europe dans les jours suivant la sélection canadienne pour la première étape de la Coupe du monde aux Pays-Bas. Les courses se dérouleront à partir du 16 novembre.

À bientôt!

Déception pour la relève

Mardi 23 octobre 2012 à 18 h 03 | | Pour me joindre

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J’étais en plein camp d’entraînement à Zermatt quand j’ai appris la nouvelle sur l’annulation de l’épreuve de bosses à la Coupe du monde de Val Saint-Côme (NDLR : seuls les sauts seront présentés).

Quelle déception! À part deux skieurs, tous les autres membres de l’équipe canadienne sont québécois! Souvent, c’est la seule chance dans l’année pour nos parents, notre famille et nos amis de nous voir en compétition.

C’est également une chance unique pour obtenir beaucoup de visibilité. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, le ski acrobatique ne jouit pas de la même couverture que le hockey, voire le ski alpin. Alors, c’est franchement dommage!

Mais au moins, nous n’avons pas tout perdu. L’épreuve de bosses à Calgary a été maintenue au calendrier (NDLR : celle de saut a été annulée). On va donc essayer de se concentrer sur le côté positif.

Évidemment, pour les athlètes de Coupe du monde, c’est décevant de ne pas skier chez nous parce que c’est notre événement préféré. Mais l’impact est complètement différent pour ceux qui veulent faire leur place en Coupe du monde. Il faut savoir que, généralement, le Canada a droit à 6-7 places en Coupe du monde. Sauf que lorsque la course se déroule chez nous, on peut inscrire beaucoup plus d’athlètes, une bonne douzaine. Ainsi, en perdant une épreuve de Coupe du monde, ces jeunes athlètes perdent une chance de montrer leur savoir-faire et de se tailler une place dans l’équipe.

Mais revenons sur Zermatt où j’ai passé les deux dernières semaines pour mon troisième camp de la saison sur neige. C’est vraiment le camp de vérité, celui qui ressemble le plus à une Coupe du monde. En principe, en partant d’ici, tu es prêt à courser. Alors, je travaille sur les choses qui manquent à ma préparation pour les courses, même si la météo n’a pas toujours collaboré. Des vents de 80 km/h ont forcé la fermeture des remonte-pentes à cinq reprises!

En juillet, à Whistler, l’accent était mis sur les sauts. En septembre, en Argentine, j’ai travaillé ma technique et ma vitesse. En Suisse, c’est le moment de tout mettre ensemble.

Mikaël Kingsbury/Crédit: Association canadienne de ski acrobatique

De plus, les meilleurs athlètes sont au rendez-vous. Tu peux voir tout le monde à l’œuvre. Cependant, je ne passe pas mon temps à épier ce que les autres font, même si j’aime bien observer les changements qu’ils ont apportés durant la saison morte.

Je dois me concentrer sur mon travail. Et Dieu sait que j’en ai! Je n’ai pas encore atteint mon plein potentiel. Mais mon ski est beaucoup plus fort que l’an passé. Je me suis beaucoup amélioré, mais les autres aussi.

L’entraînement en gymnase a porté ses fruits. D’ailleurs, je ne regrette pas d’avoir fait l’impasse sur le camp sur neige au mont Hood (Oregon), en août, pour poursuivre mon travail de musculation.

Il me manquait de la force physique pour attaquer les bosses comme le font Alex (Bilodeau) et Guilbaut (Colas), et ça me poussait parfois à l’erreur.

En Suisse, j’ai senti une différence. En plus d’avoir des jambes plus fortes, mon cardio a beaucoup mieux toléré l’altitude. Je suis content de voir que mon travail est un peu récompensé parce que cette saison marque le retour de gros canons avec Colas et (Dale) Begg-Smith (médaillé d’or aux Jeux de Turin et d’argent à Vancouver).

Je continuerai donc à redoubler d’ardeur en novembre en gymnase avant de mettre le cap sur la Finlande le 29 novembre pour la première Coupe du monde de la saison à Ruka, le 15 décembre.

Plus prête que jamais

Jeudi 18 octobre 2012 à 11 h 50 | | Pour me joindre

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Dix jours, c’est tout ce qu’il reste avant le début de la prochaine saison de la Coupe du monde. Je m’envole dimanche pour Sölden où sera donné le coup d’envoi de la saison, avec un slalom géant le 27 octobre.

Je ne me suis jamais sentie aussi prête à amorcer une saison. D’abord, parce que nous avons eu un camp d’entraînement sur neige de plus que les années précédentes, soit trois, ce qui représente une dizaine de jours de plus de ski. J’ai donc une quarantaine de jours de ski dans les jambes.

Puis, parce que mon premier podium en Coupe du monde (ma 3e place à Are), à mon avant-dernière course, m’a insufflé toute une dose de confiance et de motivation. Évidemment, j’aurais voulu que la saison se poursuive, mais j’ai brisé la glace. Et maintenant, je sais ce qu’il faut pour monter sur un podium et son accessibilité n’est plus un lointain mirage.

Sans équivoque, ça a été le meilleur été d’entraînement de ma carrière, et dans toutes les disciplines. J’imagine que c’est une progression normale après toutes ces années de travail.

Durant la saison morte, j’ai surtout axé mon entraînement sur le slalom géant. La saison dernière, je suis sortie de piste deux fois à mes trois premiers slaloms géants. En plein milieu de la saison, j’ai dû retourner à la base, ce qui n’est pas l’idéal. J’ai retrouvé ma touche et ma confiance par surcroît.

Je me suis donc fait un plan pour améliorer mon slalom géant, un long processus où j’ai multiplié les descentes en travaillant sur les mêmes points techniques. Au dernier camp d’entraînement, à Zermatt, j’ai ajouté l’intensité pour reproduire une vitesse de course. Déjà, je vois une grosse différence au chapitre de la rapidité et de la confiance.

J’ai fait le travail. Maintenant, place à la course. J’espère que tout l’entraînement se transposera en course. Il faut juste que j’aie la tête à la bonne place.

L’équipe canadienne à Zermat/crédit: Marie-Michèle Gagnon

Mais je suis confiante pour Sölden. Même si c’est le parcours le plus à pic, le plus gros mur en slalom géant, j’ai assez d’expérience, je sais comment approcher cette piste-là. J’ai déjà participé deux fois à cette course et j’y ai obtenu de bons résultats (13e en 2011 et 25e en 2012). Donc, je suis confiante.

Avec un slalom géant plus fort, j’aurai aussi plus de succès en super-G. Cette saison, je participerai au super-G si j’ai une chance de réussir un top 15. Je serai dans le portillon de départ pour le premier à Lake Louise. J’ai aussi changé d’approche pour maximiser mes chances : je participerai aux descentes d’entraînement au lieu de me lancer dans le super-G sans connaître la piste. Même que si tout se déroule bien, j’oserai peut-être faire la descente.

Je n’ai toutefois pas l’intention d’ajouter les épreuves de vitesse à mon programme avant les Jeux olympiques de Sotchi. À long terme, je veux développer mes aptitudes en vitesse, mais je demeurerai toujours une skieuse technique parce que ce sont les disciplines dans lesquelles j’excelle.

Cependant, je dois dire qu’à Zermatt, nous avons fait une semaine complète d’entraînement de vitesse et j’ai vraiment aimé l’expérience. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas entraînée en vitesse et j’ai vu une belle amélioration.

Qui sait, peut-être qu’à Sotchi mon nom apparaîtra sur la liste de départ du super-G?

À bientôt.