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Motivé et comblé

Vendredi 27 septembre 2013 à 11 h 59 | | Pour me joindre

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Une arthroscopie à mon genou gauche en juillet a considérablement compromis mon entraînement en vue de cette importante saison olympique.

Malgré la colère, la frustration et la déception, tu dois revenir à la réalité, ce qui est plus facile à faire à 32 ans qu’à 22. Après 3-4 jours, contrairement à 3-4 semaines en 2003 quand je m’étais déchiré le ligament croisé antérieur, j’avais retrouvé ma motivation pour affronter ce nouveau défi.

Et ce n’est pas la fin du monde, même si ça compromettait ma carrière. J’ai une femme, deux filles en santé et bientôt trois. Je serai de nouveau papa à la fin mars.

Tout a été bien planifié. La cigogne devrait passer autour du 25 mars, et je termine ma saison le 18. Reste juste à espérer que le bébé ne décidera pas de se pointer prématurément.

On ne veut pas connaître le sexe avant sa naissance. Karen et moi aimons avoir la surprise. Cependant, je dois avouer que j’aimerais bien avoir un garçon pour équilibrer les choses. Parce que sinon, je vais me retrouver en minorité avec quatre femmes à la maison!

La grossesse n’a cependant rien changé pour les Jeux olympiques. Karen n’avait pas prévu venir à Sotchi de toute façon. La Russie, ce n’est pas simple et c’est également très cher. Même ma mère n’est plus certaine de faire le voyage. Mon père, lui, a déjà réglé le dossier : il regardera les Jeux de Mont-Tremblant. Au moins, je pourrai compter sur la présence de mon frère Stefan!

Pour ma part, j’ai repris l’entraînement en salle cette semaine. Après deux mois de natation et de travail au haut du corps, car mon genou ne tolérait pas les chocs, j’avais besoin de renouer avec cette intensité que recherchent constamment les athlètes.

Mon chirurgien Robert Litchfield m’a donné le feu vert vendredi dernier pour reprendre l’entraînement. Aucune limite sur ce que je peux faire tant et aussi longtemps que je ne ressens pas de douleur. Si c’est le cas, je devrai faire un pas en arrière.

Ça a été une semaine épuisante, j’y ai mis toute la gomme. Les jeunes Mikaël Kingsbury et Alexandre Bilodeau m’ont fait souffrir sur le vélo. J’avais le sentiment d’être en mode rattrapage, moi qui suis à environ 80 % de ma forme. Mais j’ai bien confiance que pour mon retour sur neige le 1er novembre au Colorado, la forme sera revenue à 100 %.

Ma grande crainte c’est que la blessure revienne sur la neige, même si je ne ressens rien en gymnase, comme en juillet. Il n’y a aucun mouvement dans un autre sport ou dans la vie de tous les jours qui reproduit celui que ne tolère pas mon genou en ski. C’est quand je transfère mon poids de droite à gauche dans les virages qu’un pincement, parfois intenable, à l’extérieur de mon genou gauche apparaît. Tellement que j’étais incapable de garder ma jambe contractée.

Pour éviter que le problème surgisse de nouveau à mon prochain séjour sur neige, mon entraîneur Scott intégrera des séances de patinage à mon entraînement. Au chapitre de la pression et de l’angle, il y a une certaine similitude avec le ski.

J’aurai la réponse dans cinq semaines. Mes coéquipiers de l’équipe canadienne me rejoindront une semaine plus tard. Comme je ne compte que cinq jours sur neige depuis le printemps, je profiterai de leur absence pour retrouver mes sensations. Parce qu’une fois qu’ils seront là, ça va rouler à fond pendant deux semaines.

Comme il y a toujours un côté positif, ce repos forcé m’a permis d’assister au mariage d’une amie il y a deux semaines à Barcelone. Une belle semaine de vacances avec ma femme en Espagne. Initialement, un camp sur neige au Chili m’empêchait d’y assister. Mais quand je me suis blessé, je l’ai appelée tout de suite pour dire qu’on s’en venait.

Ensuite, j’en ai été quitte pour une semaine folle : Barcelone-Munich-Montréal-Mont Tremblant-Vancouver-Los Angeles-Auckland-Queenstown-London (Ontario). Deux jours d’avion pour une journée en Nouvelle-Zélande pour le tournage d’une publicité qui sera diffusée avant et durant les Jeux.

Essoufflant, mais d’ici le Colorado, je n’ai plus de distractions… à part l’entraînement intense. Je baisse la tête, je fonce et… je souffre.

Le lieu du crime

Mercredi 25 septembre 2013 à 12 h 24 | | Pour me joindre

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Je rentre de Sotchi où j’ai vécu mon premier séjour en Russie au bord de la mer Noire. Le paysage est magnifique, même si le chaos existe. Sotchi est une ville en construction dans laquelle il n’est pas encore facile de se rendre du point A au point B.

Mes coéquipières et moi sommes restées coincées dans l’autobus pendant deux heures et quart après un entraînement. Le trajet vers l’hôtel aurait dû se faire en 15 minutes! Ces problèmes de trafic prévisibles ne m’ont cependant pas empêché d’apprécier ce périple d’une dizaine de jours dans cette cité olympique en devenir. J’ai bien hâte de redécouvrir cette ville dans toute sa splendeur en février prochain.

Ma vue de la mer Noire de ma chambre d'hôtel à Sotchi
Ma vue de la mer Noire de ma chambre d’hôtel à Sotchi

Le stade où se dérouleront les cérémonies d'ouverture.
Le stade où se dérouleront les cérémonies d’ouverture.

Nous avons battu l’équipe russe à deux occasions, 6-1 et 9-1, mais je suis convaincue qu’elles seront meilleures aux Jeux. Les Russes commencent à peine leur centralisation et je les sens plus combatives que par le passé.

Le lieu du crime n’est pas à Sotchi. Il se trouve plutôt aux États-Unis, à Burlington, au Vermont. Je me prépare à y retourner le 12 octobre pour un match contre l’équipe américaine. C’est à cet endroit où j’ai marqué le but vainqueur de la finale du Championnat du monde en 2012 en territoire ennemi.

Ce but inscrit en prolongation m’a procuré des sensations que je n’avais jamais vécues auparavant. Notre ex-gardienne Kim St-Pierre m’avait déjà raconté l’étrange plaisir d’être renversée sur la glace par ses coéquipières après une victoire importante.

Je me suis retrouvée dans cette position envieuse à Burlington. Après mon but, les filles se sont toutes ruées vers moi et m’ont entourée dans un élan de bonheur frénétique. Ce jour-là, j’ai vécu la joie ultime!

Je me souviens du jeu à la perfection. Et dire que la joueuse à l’origine de ce but n’a pas obtenu de point. La défenseuse Tessa Bonhomme a forcé la défense américaine à reculer en fonçant au but. Je n’ai eu qu’à pousser la rondelle dans le filet grâce à la passe de Jayna Hefford.

Nous allons affronter les Américaines à deux reprises en octobre. Le 12 à Burlington et le 17 à Boisbriand. Ces rencontres ne sont jamais amicales. Les joueuses des deux équipes doivent se démarquer à tout prix dans ces matchs afin d’être sélectionnées pour les Jeux.

Il s’agit de mes matchs préférés. Ce sont des duels très physiques. Si je m’entraîne, c’est pour disputer des affrontements comme ceux-là. Je vous invite à venir constater cette intensité sur place à Boisbriand.  Et voici d’autres photos de mon passage à Sotchi…

À bientôt!

En compagnie de mes coéquipières dans un restaurant de Sotchi. J'ai aimé la cuisine russe.
En compagnie de mes coéquipières dans un restaurant de Sotchi. J’ai aimé la cuisine russe.

Le Palais de glace Bolshoi où la finale sera jouée.
Le Palais de glace Bolshoi où la finale sera jouée.

Fatiguée, mais plus heureuse

Mercredi 18 septembre 2013 à 10 h 47 | | Pour me joindre

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L’entraînement bat son plein. Après une période intense et éreintante d’entraînement physique de mai à juillet, me voilà au frais à l’Ice House. Il fait 25 degrés à l’extérieur et je suis emmitouflée dans un manteau d’hiver.

J’aime cette transition sur la glace où je peux exploiter davantage mes forces. Je n’ai rien d’une athlète d’endurance, je ne tolère pas l’acide lactique, alors les entraînements printaniers à haut volume sont plus pénibles. Je préfère les entraînements où l’on met davantage l’accent sur la technique et où les distances sont plus courtes, les poids plus lourds et les répétitions moins nombreuses.

Donc, je suis un peu plus souriante par les temps qui courent, mais tout aussi fatiguée.

Heureusement, j’ai droit à un petit congé cette semaine. Notre programme d’entraînement est conçu par cycle, donc après 3-4 semaines d’entraînement, nous arrêtons une semaine. La raison : le corps a besoin de repos si nous voulons être au sommet de notre forme pour les courses importantes, soit les Coupes du monde, mais surtout les Jeux olympiques.

Congé ne rime pas nécessairement avec vacances. Neurofeedback pour soulager mes symptômes de commotion, étirements, massages, physiothérapie et rendez-vous chez le médecin meublent ma semaine. Ce ne sont pas de vraies vacances, mais au moins, je peux monter ma jument.

Justement, je vous parlerai de cette passion pour les chevaux dans ma prochaine chronique.

L’entraînement à l’Ice House permet de travailler mes départs sur de la vraie glace. C’est un aspect non négligeable, puisque l’on m’a toujours dit que, peu importe la piste dans le monde, chaque dixième de seconde retranchée au départ se traduit par deux dixièmes, deux dixièmes et demi à l’arrivée. Un réel avantage.

Non seulement c’est un entraînement plus pointu, mais comme la piste est très courte, je peux faire six répétitions de poussées au départ et je n’ai pas besoin de subir le reste de la piste, sa vitesse et sa force g, ce qui est vraiment taxant pour le système nerveux.

Mais l’entraînement fait en gymnase au printemps n’a pas d’impact sur le travail actuel sur glace. L’endurance et le haut volume servent plutôt à construire la base à long terme pour la saison qui nous attend. Les voyages, les Coupes du monde semaine après semaine, les longues heures sur la piste, les nombreuses descentes, l’entraînement en gymnase, les soins thérapeutiques, la préparation de l’équipement, nos journées sont souvent interminables et notre système nerveux en souffre. Alors, c’est là que toutes les heures d’entraînement en gymnase rapportent. Elles servent à contrer la fatigue.

Dans deux semaines, une autre phase d’entraînement commencera avec l’ouverture de la piste olympique de Calgary. Bienvenue vitesse et force g!!!

Patiner et pianoter

Jeudi 12 septembre 2013 à 11 h 02 | | Pour me joindre

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Laurent Dubreuil, Muncef Ouardi, Gregor Jelonek (entraîneur), Guillaume Blais-Dufour et François Déry
Laurent Dubreuil, Muncef Ouardi, Gregor Jelonek (entraîneur), Guillaume Blais-Dufour et François Déry

Je suis mon plus redoutable adversaire. Et je suis toujours extrêmement dur avec moi-même. Mais aujourd’hui, je sais que j’ai une longueur d’avance. Mes efforts de l’été portent leurs fruits.

Je profite des bienfaits d’un entraînement plus intense qu’à l’habitude en saison estivale. J’ai la forme du mois d’octobre dès septembre. Je le sens, c’est du solide.

C’était prévu comme ça depuis la fin de la saison. C’est difficile de manquer de motivation à son premier cycle vers les Jeux olympiques. J’ai passé une bonne partie de l’été chez moi, dans la région de Québec, attelé à la tâche. Séances de patinage, du vélo, de la course, de la musculation et, surtout, des étirements. Je ne suis pas un gars souple. Si je ne fais pas ma routine d’étirements chaque soir, je n’arriverai pas à finir la saison. J’en suis certain, car j’ai le dos fragile…

Je dois d’ailleurs choisir mes moments de divertissement en tenant compte de ma condition. J’aurais bien aimé assister à des spectacles au Festival d’été de Québec, mais je ne suis pas capable de rester debout pendant cinq heures d’affilée. C’est plus facile de m’étendre au bord de la piscine de mes parents. On est tellement claqué après un entraînement!

J’arrive à jouer au golf, mais je suis franchement mauvais. C’est pathétique. Entre deux entraînements, je me suis récemment tourné vers le piano pour me changer les idées. Franchement, je n’aurais pas dû arrêter de suivre des cours à l’adolescence. Ma mère a toujours voulu que ses enfants soient bons au piano. Aujourd’hui, je mets en marche le déshumidificateur pour que personne ne m’entende jouer les deux pièces de mon répertoire. Lesquelles? Je préfère les garder secrètes…

Je ne vous ferai cependant pas de cachette au sujet de mes préférences pour les Jeux. Le 1000 m est ma course préférée, même si je suis meilleur au 500 m. Je retire une grande fierté d’un bon résultat au 1000 m. On ne devient pas bon sur cette distance comme par magie. Si tu ne t’entraînes pas assez pour le 1000 m, tu vas casser dans le dernier tour. C’est la récompense de tes efforts. J’aime aussi l’aspect stratégique de cette course. Au 500 m, l’épreuve est terminée avant que tu t’en aperçoives…

Le Canada devrait avoir quatre places pour ses athlètes pour chaque course à Sotchi. Aucun patineur n’obtiendra de préqualification. J’aurai mon sort entre mes mains pour les sélections nationales des 500 et 1000 m, en décembre.

J’ai seulement 21 ans et le patinage de vitesse est un sport où la maturité physique est cruciale. Aux derniers Championnats du monde, j’étais le plus jeune des 24 patineurs inscrits au 500 m. J’avais pris le 9e rang. Je ne connais pas beaucoup d’athlètes plus forts à 20 ans qu’à 25 ans. Des champions sont même dans la trentaine. Les Jeux de Sotchi demeurent mon premier test.

Je pense que j’aurai beaucoup de choses à vous raconter d’ici là. Je vous écris un autre blogue après mon passage au centre national à Calgary à la mi-septembre.

Bonne semaine!

Souper d’équipes…

Mercredi 4 septembre 2013 à 11 h 09 | | Pour me joindre

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J’ai une soixantaine de parties de hockey à disputer avec mes coéquipières d’ici le début des Jeux de Sotchi. Environ la moitié contre de jeunes hommes de 16 ou 17 ans. Ces gars-là ne nous prennent pas à la légère, parce que chaque victoire vaut des points au classement de la ligue midget AAA de l’Alberta.

C’est comme ça que les dirigeants de Hockey Canada nous gardent sur le qui-vive. Ils nous poussent à la limite de nos capacités. On a un calendrier plus chargé que les équipes de la Ligue nationale de hockey d’ici février!

Caroline Ouellette et ses coéquipières réunies à un camp de conditionnement en mai dernier à Penticton en Colombie-Britannique.
Caroline Ouellette et ses coéquipières réunies à un camp d’entraînement en mai dernier à Penticton, en Colombie-Britannique.

Entre deux tours à la patinoire, je prendrai le temps de vous raconter mon parcours vers Sotchi, où je devrais vivre mes derniers Jeux olympiques. Ce blogue sera mon carnet de voyage. Un périple qui dure depuis 15 ans avec l’équipe nationale.

Au Canada, une hockeyeuse doit s’établir à Calgary pour espérer vivre son rêve olympique. Je loue une chambre dans la maison d’une policière. La policière en question, Rebecca Fahey, a joué avec l’équipe nationale de 1994 à 1998. Charline Labonté et moi vivons chez elle depuis le début du mois d’août.

Nous avons eu un souper d’équipe pas comme les autres la semaine dernière. Nous nous sommes retrouvées au même restaurant que les joueurs invités au camp d’orientation de l’équipe nationale masculine. Ce n’était pas un hasard, nos entraîneurs avaient même décidé avec qui nous devions être assises à la table.

J’ai mangé avec Shea Weber des Predators de Nashville, Marc Staal des Rangers de New York, Taylor Hall des Oilers d’Edmonton et Brad Marchand… des Bruins de Boston. Oui, la partisane du Canadien en moi a remarqué encore une fois son petit air détestable. Mais finalement, je l’ai beaucoup aimé. Ils étaient tous très curieux de connaître notre réalité. Brad et ses compagnons n’étaient pas habitués à jaser de hockey de cette façon avec des femmes! Je pense que nos trois gardiennes, dont Charline, étaient très contentes d’avoir été jumelées aux cinq gardiens canadiens…

Nous passerons les 10 premiers jours de septembre à Sotchi pour affronter l’équipe russe. Cette formation nous a étonnées au dernier Championnat du monde à Ottawa, avec sa médaille de bronze. Je suis aussi curieuse de découvrir la culture russe avant de rentrer à Montréal pour une pause de quelques jours.

Je me sens encore plus en forme qu’il y a quatre ans, même si j’approche de la mi-trentaine. Mes trois médailles d’or ne m’assurent de rien. C’est d’ailleurs ma devise de ne rien tenir pour acquis. Nous sommes 27 joueuses et 6 seront retranchées d’ici Noël. J’ai déjà vu des amies proches perdre leur place, ce n’est pas évident.

Je vous tiens au courant de mon expérience à Sotchi dès mon retour au pays.

À bientôt!

On m’avait prévenu qu’un été préolympique est fort différent des autres. En effet!

J’ai dû gérer plus de demandes qu’à l’habitude, tant des médias que de mes commanditaires, mais ça s’est avéré moins fou que ce à quoi je m’attendais.

Dans la mesure du possible, je me plie à ces obligations. Elles font également partie de la vie d’un athlète qui va aux Jeux olympiques. Honnêtement, j’aime ça. J’aime ma vie de skieur. Et acquiescer aux demandes des médias et des commanditaires fait partie de cette vie-là.

Mon but, c’est de gagner aux Jeux olympiques. J’imagine que si j’atteins mon but, les demandes seront encore plus nombreuses. Alors, aussi bien m’y faire tout de suite! Je vais être prêt à tout, avant comme après!

Il reste que ma priorité demeure toujours l’entraînement. Il suffit donc de garder le bon équilibre. Heureusement, mes parents m’ont aidé à ce chapitre et mes commanditaires, eux, le savent.

L'équipe de Découverte avec Scott Livingston
L’équipe de Découverte avec mon entraîneur Scott Livingston

Par exemple, l’un d’eux, RioBel, organise régulièrement des matchs de baseball entre employés. Quand je suis disponible le soir, ça me fait plaisir d’y aller. De petites choses aussi simples ne bouleversent pas mon horaire.

Même les nouveaux commanditaires n’avaient pas de demandes extravagantes. Et parlant de nouveaux partenaires, je fais maintenant partie de l’équipe BMW avec Kaillie Humphries (bobsleigh), Mark McMorris (surf des neiges), Rosalind Groenewoud (ski acrobatique) et Meghan Agosta (hockey).

Quand BMW m’a approché, je m’attendais à tout et à rien. Je me disais : peu importe la voiture qu’ils vont me donner, ça va être génial. Ils n’ont rien imposé, ils m’ont laissé choisir n’importe quel modèle de la série 3. J’ai arrêté mon choix sur la meilleure et l’une des plus chères, la BMW 335i M Sport, noire avec les sièges rouges comme Batman!

À mon âge, si je n’avais pas été un athlète, je ne pense pas que j’aurais eu la chance de conduire une aussi belle et luxueuse voiture. J’en profite pendant que ça passe. La commandite est d’une durée de quatre ans et je changerai de voiture dans deux ans.

J’ai hâte de rouler avec ma nouvelle auto! J’espère la recevoir avant mon départ pour l’Argentine le 28 août. J’aimerais pouvoir l’essayer au moins une fois, sinon j’y rêverai pendant les trois semaines de mon camp d’entraînement. Mes parents m’ont proposé d’aller la chercher pendant mon absence et de m’envoyer des photos!

Kaillie Humphries, Mark McMorris, Rosalind Groenwoud, Mikaël Kingsbury et Meghan Agosta
Kaillie Humphries, Mark McMorris, Rosalind Groenewoud, moi et Meghan Agosta.

Voiture ou pas, le camp en Argentine sera le plus important de l’été. J’en ai déjà deux sous les spatules, à Whistler en mai et juillet. En août, je suis resté à Montréal pour peaufiner mon travail en gymnase pendant que mes coéquipiers s’entraînaient au mont Hood en Oregon. Ce camp était axé sur les sauts et disons que je n’ai pas trop de problèmes avec cette partie de mon sport.

Ce petit mois à la maison m’a permis de me reposer, de voir famille et amis et de profiter de la piscine.

Ce premier camp dans des conditions hivernales en Argentine s’avérera un bon test pour Sotchi parce que les conditions peuvent être très similaires et aussi difficiles.

Peu de soleil, donc on voit mal les bosses. Une neige collante qui se tape vite et se change rapidement en glace, exactement comme à Sotchi en 2012. En revanche, les sauts sont toujours beaux.

La plupart de mes coéquipiers n’aiment pas aller en Argentine parce que c’est trop loin, il n’y a pas grand-chose à faire et il ne fait pas souvent beau, moi j’adore. C’est presque toujours mon meilleur camp.

Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury à Whistler

J’aime quand c’est difficile et qu’il faut que je trouve des solutions différentes pour réussir une descente parfaite de haut en bas. C’est un beau défi. La concentration joue alors un plus grand rôle. Ça m’oblige à puiser dans mes ressources et, quand j’arrive au dernier camp sur neige, en octobre à Zermatt, sur une pente plus inclinée en fin de parcours, je ne mets que deux jours pour pouvoir attaquer à 100 %.

En Argentine, je veux travailler sur de petits points techniques comme ralentir en gardant une ligne plus directe, être plus léger avec un bras quand je pique mon bâton. De petits points qui peuvent faire une différence auprès des juges. Je veux aussi mettre l’accent sur mon côté esthétique, c’est-à-dire que, peu importe la température ou les conditions de neige, mes sauts sont gros et ma vitesse est au rendez-vous pour que tout ait l’air facile.

Comme les filles sont en Australie, on se retrouvera entre gars. C’est motivant parce qu’on se pousse à aller plus vite. Et comme les gars skient avec une ligne plus directe, le parcours devient alors plus rapide.

Ce n’est rien contre les filles. Quand elles sont là, les parcours ressemblent davantage à ce que l’on retrouve en compétition. Alors, j’imagine que les entraîneurs vont s’arranger pour trouver un juste milieu en travaillant les bosses!

Un été chargé

Lundi 29 juillet 2013 à 10 h 07 | | Pour me joindre

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J’ai le plaisir de me joindre à l’équipe de blogueurs de Radio-Canada Sports à l’approche des Jeux olympiques de Sotchi. D’ici là, je vous raconterai divers aspects de ma vie d’athlète jusqu’à ces Jeux, qui se tiendront dans mon pays natal.

La saison de Coupe de monde de ski de fond s’est terminée le 2 avril dernier, lors d’une course justement tenue en Russie. J’en ai ensuite profité pour aller rendre visite à ma grand-mère, qui vit là-bas. C’était d’ailleurs la dernière fois que je la voyais avant le grand événement, où elle compte bien venir assister à mes courses.

Nous avons passé du très bon temps ensemble. Aussi, il y avait tellement de neige que j’ai pu rendre visite aux athlètes du club de ski de fond que je fréquentais à l’époque, avant d’émigrer au Canada à l’âge de 15 ans. Les deux entraîneurs sont toujours les mêmes. Leurs élèves savent qui je suis et me suivent, alors ils étaient très contents de me rencontrer.

Par la suite, je suis allée en vacances au Mexique avec ma mère. Je savais qu’il s’agissait de ma dernière occasion de relaxer avant d’entreprendre la saison qui mènera aux Jeux olympiques. J’en ai bien profité. J’ai même trouvé ça un peu dommage pour ma mère parce que je passais mon temps à me reposer et à dormir!

Avec ma mère, au Mexique.
Avec ma mère, au Mexique.

C’était quand même bien de passer du temps avec elle, car dès le 1er mai j’ai repris l’entraînement à plein régime, à deux séances par jour, entre le mont Sainte-Anne et les installations de B2dix à Montréal.

À Sainte-Anne, je fais davantage de l’entraînement traditionnel de ski de fond. Nous y faisons beaucoup de ski à roulettes, de course à pied et de ski walking (marche nordique) dans les sentiers. Nous sommes une bonne équipe là-bas, avec Alex Harvey et les athlètes de l’équipe de développement. Il y a notamment trois ou quatre filles qui ont un très bon potentiel et que je vois participer aux Jeux de Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018. Elles n’ont même pas encore atteint la vingtaine. C’est très cool, pour Alex et moi, de côtoyer ainsi la relève de notre sport.

Jamais travaillé aussi fort

Les choses sont très différentes à Montréal, où l’attention est davantage portée sur le sprint. On y travaille surtout en vitesse et en puissance et on côtoie plusieurs athlètes d’autres sports. Ça m’aide beaucoup de travailler ainsi ma vitesse de départ, mon explosion.

Par exemple, vendredi matin, nous nous sommes entraînés dans les escaliers du mont Royal, que l’on tentait de monter le plus vite possible sur toute la longueur.

C’est très dur, mais nous y mettons tous nos efforts. En fait, si je regarde mes mois de mai et de juin, je peux dire que je n’ai jamais travaillé aussi fort à cette période de l’année. C’est différent de l’entraînement traditionnel et ça fonctionne très bien pour moi.

J’aime vraiment m’entraîner à B2dix. Mes partenaires d’entraînement sont parmi les meilleurs du monde dans leur sport. Ils sont tous très professionnels et dévoués et se donnent complètement. C’est plaisant de constater les points forts et les points faibles de chacun. Dans mon groupe de 4-5 athlètes, je suis la seule qui pratique un sport d’endurance.

Bien que nous soyons tous compétitifs, l’énergie du groupe est excellente. Ça reste très amical. Nous savons que nous nous retrouverons cet hiver à Sotchi, que nous vivrons dans le même village olympique, que nous porterons le même uniforme.

Nous développons donc autre chose qu’une simple amitié. Nous savons que, bientôt, nous aurons tous la même mission.

Je reste encore quelques jours au Québec. Mais en août, toute l’équipe canadienne de ski de fond, y compris les athlètes en développement, va tenir un camp d’entraînement à Snowfarm, près de Queenstown, dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Je connais l’endroit pour y être allée il y a plusieurs années. Tous y seront, une vingtaine de personnes en tout.

Habituellement, à ce temps-ci de l’année, nous allons sur un glacier, mais la neige n’est pas pareille à celle sur laquelle nous skions l’hiver. Cette fois-ci, nous serons dans de vraies conditions hivernales au mois d’août. Ça va donc nous servir de point de référence.

Après, je rentrerai au Québec pour le reste de l’été et une partie de l’automne.

À bientôt!

Dasha

Faire bouger la jeunesse

Jeudi 18 juillet 2013 à 13 h 11 | | Pour me joindre

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Au moment où la première canicule s’abat sur le Québec, je me suis envolée pour la Suisse. Un camp de deux semaines à Zermatt, où l’accent sera mis sur la technique en slalom et en slalom géant.

J’ai hâte de skier. Ça fait deux mois que je travaille exclusivement sur mon développement physique. Je suis très satisfaite du progrès accompli.

Contrairement aux dernières années, où l’accent était mis sur la masse musculaire, nous avons cette fois axé l’entraînement sur la puissance. Donc, au lieu de prendre la charge la plus lourde possible, je devais pousser ou soulever une charge le plus vite possible.

Après deux mois, j’ai vu une bonne différence. En mai, j’avais fait un test sur un vélo pour mesurer ma puissance. Pendant deux minutes, je devais générer et maintenir une certain nombre de watts. J’avais tenu le coup pendant 1 min 50 s. La semaine dernière, pour le même nombre de watts, j’ai poussé jusqu’à 2 min 45 s. C’est une nette amélioration.

Les entraîneurs tenaient également à ce que l’on travaille le volet mouvement parce qu’ils ne voulaient pas que l’on devienne des madames muscles sans souplesse. Nous avons donc incorporé à notre entraînement de la danse house, un genre de hip-hop, et de la gymnastique pour apprendre à bouger avec notre nouvelle masse musculaire.

Disons que nos talents de danseuses étaient plutôt limités au début. On manquait de coordination. À la fin, nous bougions beaucoup mieux, au grand plaisir de notre entraîneur de danse.

Marie-Michèle Gagnon et Marie-Pier Préfontaine en Suisse
Marie-Michèle Gagnon et Marie-Pier Préfontaine en Suisse

Nous avons même eu droit à un entraînement original : du ménage! Devant l’ampleur des dégâts causés par les inondations, toute l’équipe féminine technique a décidé d’aller donner un coup de main durant une journée à Calgary, à l’un de nos commanditaires de longue date qui, malheureusement, a été touché. Une initiative approuvée par nos entraîneurs.

De notre côté, nous avons été épargnées, même si Canmore a reçu beaucoup d’eau. Seul hic, l’autoroute entre Calgary et Canmore était fermée, donc petit congé forcé pour nos entraîneurs. Nous sommes assez autonomes, alors leur absence durant quelques jours n’a pas changé grand-chose.

Avant de partir pour la Suisse, j’ai passé une semaine chez moi à Lac-Etchemin. Une semaine fort occupée avec un tournoi de golf, un tournage télé en prévision des Jeux olympiques et un triathlon.

Le premier tournoi de golf Marie-Michèle Gagnon a permis d’amasser 20 000 $ pour les jeunes sportifs de ma région. Plus jeune, j’ai bénéficié du soutien de ma communauté. Alors, à mon tour, j’essaie d’aider les jeunes de mon coin.

L’équipe de hockey mineur, l’équipe junior de golf, l’équipe junior de ski du mont Orignal et l’équipe de soccer mineur profiteront de cette aide. Des jeunes qui se démarquent dans des sports individuels, comme Marie-Colombe St-Pierre en athlétisme et une autre en snowboard cross, recevront aussi une bourse.

Triathlon au Lac-Etchemin
Triathlon au Lac-Etchemin

Je suis aussi l’instigatrice du triathlon MMG pour les jeunes de 5 à 13 ans. Mon but, c’est juste de faire bouger les jeunes. C’est mon idée, mais je compte sur le soutien de plein de gens pour l’organiser. Moi, j’ai eu la chance de grandir dans une famille sportive. J’ai vu l’effet énergisant et positif du sport.

C’était vraiment mignon de voir les petits bouts de 5-6 ans faire leur course. Je pense qu’on va répéter l’expérience chaque année, et peut-être même ajouter un volet pour les adultes. Lac-Etchemin a tout ce qu’il faut pour organiser un triathlon et ça pourrait devenir une belle tradition.

Pour ceux incapables de faire le triathlon parce qu’ils ne pouvaient apporter leur vélo, il y avait une option B : une course à obstacles de style Spartan. Les jeunes ont vraiment tripé. C’était vraiment cool.

L’an dernier, j’avais organisé une journée olympique, avec pour thématique les Jeux de Londres. Il y avait huit stations, avec différents sports comme le volleyball, le basketball, le baseball, le tennis et le soccer que les jeunes essayaient pendant une demi-heure sous l’œil attentif de moniteurs spécialisés. Puis l’après-midi, ils avaient accès aux glissades d’eau et à un parcours d’habiletés, un peu comme je fais à l’entraînement. Ils devaient courir pendant 30 secondes au travers d’obstacles et il y avait une remise de médailles à la fin.

Je ne reviendrai pas à Lac-Etchemin avant un bon petit bout de temps. À mon retour de Suisse, je file à Lake Tahoe chez mon copain pour une semaine. Ensuite, une dizaine de jours à Canmore et, à la mi-août, je m’envole pour un camp d’un mois en Nouvelle-Zélande!

Le pouvoir de la victoire

Vendredi 12 juillet 2013 à 9 h 44 | | Pour me joindre

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Nous sommes presque à la mi-juillet et, déjà, j’ai deux camps sur neige sous la planche.

Le premier, à la fin avril et début mai, à Sunshine (C.-B.), a servi essentiellement à tester de l’équipement. Par contre, au cours des deux semaines que je viens de passer au mont Hood (Oregon), j’ai effectué des séries d’exercices spécifiques, plutôt des trucs de base, rien de technique, question de bien sentir la planche.

Les conditions de neige n’étaient pas extra, de la belle sloche gelée, mais il se pourrait très bien que ce soit la même chose à Sotchi. Donc, c’est une bonne expérience en poche!

Notre entraîneur Rob Roy tient vraiment à ce qu’on exécute bien les exercices, et c’est ce qu’il regarde pour apporter les correctifs nécessaires. C’est vraiment un retour à la base.

On n’installe pas de portes sur la piste, seulement des piquets qui nous indiquent où effectuer notre virage. À cette période de l’année, les portes feraient trop ressortir notre instinct de compétiteurs. Les piquets nous forcent à conserver un rythme et ils gardent notre œil habitué à regarder au loin pour la porte suivante.

Mont Hood
Mont Hood

Les exercices servent à réveiller notre corps, notre système nerveux. Un peu comme je le fais avant une compétition. On travaille sur des choses simples comme le rythme ou la pression sous nos pieds.

Un des exercices pour le rythme consiste en un quick up-slow down, comme l’appelle Rob. On doit se relever rapidement à la sortie d’un virage, mais, par contre, on doit fléchir les genoux plus lentement à l’amorce du virage.

Pour la première fois, les filles de l’équipe alpine ont leur propre entraîneur. Il y a un an, Rob avait été embauché pour travailler avec les filles qui commençaient sur le circuit de la Coupe du monde. J’étais allée le voir, justement au mont Hood, et je lui avais dit que j’aimerais travailler avec lui pour voir son approche.

Finalement, par un concours de circonstances, il s’est occupé de nous toute la saison. On l’a vraiment aimé, c’est un gars qui se dévoue beaucoup et qui porte une attention particulière aux détails. Alors, à la fin de la saison, on a demandé qu’il devienne officiellement notre entraîneur.

Comme nous étions en position de force avec les bons résultats obtenus par notre équipe, c’était plus facile de demander un changement et c’était plus facile pour les dirigeants de Snowboard Canada de répondre positivement.

Patrizia Kummer, Caroline Calvé et Ariane Lavigne en Oregon
Patrizia Kummer, Caroline Calvé et Ariane Lavigne en Oregon

Depuis mon retour de l’Oregon, je m’entraîne en gymnase à Montréal. En fait, le programme de Rob est de quatre semaines en salle et de deux semaines sur neige. En ce moment, je travaille la force pure en faisant des répétitions avec de lourdes charges afin d’augmenter ma puissance. L’après-midi, je vais jouer dehors avec une sortie à vélo ou de course à pied. Disons qu’avec les nombreuses journées de pluie, j’ai sorti mon vélo moins souvent que prévu.

Dans l’une de mes précédentes chroniques, j’avais écrit que je voulais travailler mon endurance parce que le parcours de Sotchi était plus long d’une dizaine de secondes. Depuis, les organisateurs ont décidé de le raccourcir un peu. Je m’y attendais parce que les Russes n’ont vraiment pas bien coursé cette journée-là. Ce sont des athlètes puissants. Ils surfent tellement sur la limite qu’ils vont exploser dans le parcours.

Le parcours long ne les avantageait pas, alors ils ont décidé de descendre le départ. On aura probablement 3-4 portes de moins, ce qui équivaut à peu près à 9 secondes. Ce sera quand même un parcours plus long que court, mais plus près de la normale. Néanmoins, je continue à travailler comme s’il n’avait pas été modifié afin d’avoir plus d’endurance en février prochain.

Apprendre pour mieux avancer

Vendredi 5 juillet 2013 à 15 h 22 | | Pour me joindre

Pour me joindre

La période intense d’entraînement bat actuellement son plein. Une période cruciale où l’on met l’accent sur la force et le volume. Beaucoup de musculation, à la limite de mes capacités.

L’entraînement que je fais maintenant me permet de commencer la saison avec une force maximale. C’est sûr qu’au mois de février, je vais en avoir perdu, car durant la saison je ne peux m’entraîner aussi fort dans le gym.

Mon entraîneur Scott Livingston a une façon originale pour imager le concept. Il dit que c’est comme si j’essayais d’ajouter plus de distance entre ma voiture et celle en avant de moi parce que si ça freine, j’aurai une plus grande marge de manœuvre.

En gros, ça veut dire qu’il faut que je donne tout ce que j’ai l’été pour rester le plus longtemps en forme l’hiver.

Scotty excelle pour trouver des exercices toujours plus difficiles les uns que les autres. Quand je fais un exercice solidement, soit il augmente la tension, soit il le remplace par un autre plus exigeant.

Justement, cette semaine, je joue au cobaye en essayant de nouveaux exercices… et j’ai mal un partout. Mais ça fait du bien, c’est bon.

J’aime m’entraîner, je trouve ça motivant. C’est sûr que je préfère l’entraînement sur la neige, mais après la saison de la Coupe du monde, j’ai toujours hâte de retrouver le gym. Et quand, comme maintenant, ça fait deux mois que je n’ai pas enfilé mes bottes et skis, j’ai hâte de voir de la neige. Cette attitude-là fait en sorte que je suis toujours affamé.

Je serai bientôt en partie rassasié parce que le 15 juillet, je pars pour un camp sur neige à Zermatt. Un camp de deux semaines, mais je pourrais ajouter une semaine supplémentaire si le besoin se fait sentir. Comme je n’ai skié que trois jours lors de notre camp en mai à Sunshine, j’ai un peu de retard sur les autres et je n’ai pas testé l’équipement autant que je l’aurais souhaité.

La bonne nouvelle, c’est que le genou et le dos ne me font plus souffrir. À Sunshine, la douleur à mon genou gauche était réapparue et j’avais préféré jouer de prudence parce que ça ne servait à rien de pousser à cette période de l’année.

Erik Guay
Erik Guay à Sunshine

Je m’étais blessé lors d’une descente d’entraînement à la Coupe du monde de Kvitfjell au début mars, une déchirure partielle du ligament croisé postérieur gauche subie en frappant un trou, suivie d’une chute plus bas. Mais comme je tenais vraiment à skier pour accumuler des points, j’ai pris part à la descente et au super-G. Avec le recul, j’ai réalisé que j’avais fait une erreur, car j’ai probablement aggravé la blessure en skiant.

J’ai retenu la leçon et je l’ai appliquée en mai! Mais on dirait que plus je vieillis, plus j’ai de bobos à soigner. Je crois que je suis aussi bien de m’y faire!

Une autre leçon que j’ai apprise, c’est que les Jeux olympiques ne sont pas une compétition comme les autres. Dans le passé, l’équipe de ski alpin essayait de faire comme si c’était simplement une autre Coupe du monde.

Ce n’est pas le cas du tout. C’est une course spéciale, il y a une énergie différente autour des Jeux. C’est important de le savoir. Et il faut absolument s’imprégner de cet esprit olympique et s’en nourrir pour qu’il nous serve de motivation.

À Vancouver, l’équipe avait décidé que, pour notre bien, valait mieux ne pas habiter le village olympique. Donc, nous, skieurs alpins, restions dans le village même de Whistler. C’était une mauvaise décision. Je n’ai pas vraiment vécu ces Jeux-là, même si c’était chez nous.

À Sotchi, je tiens à ce que ça soit différent. Je veux m’amuser et voir d’autres compétitions, malgré le travail que j’ai à faire.

À quelques mois de Sotchi, je n’ai pas l’intention de changer grand-chose. L’important, c’est de rester en santé. J’ai toujours eu un certain succès aux Jeux, même si je n’ai pas été sur le podium. Je comprends mon sport, je sais que ça se joue à quelques centièmes de seconde. J’espère juste que les centièmes vont être de mon côté cette fois-ci.

L’équipe travaille actuellement à faire des tests en soufflerie sur les combinaisons et les casques à Ottawa. Je ne suis pas vraiment engagé dans les tests, mais j’espère des résultats positifs pour qu’on ait quelque chose de mieux que l’an dernier. Les Italiens et les Norvégiens détenaient des combinaisons plus rapides, à la limite de la légalité. Tant que ça passe dans la soufflerie, la Fédération internationale de ski l’accepte.