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Comme gagner deux Coupes Stanley

Vendredi 12 avril 2013 à 14 h 53 | | Pour me joindre

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Enfin! Je suis à la maison pour environ un mois, ça fait du bien. Peut-être que je ferai une petite escapade dans le sud, du côté de Riviera Nayarit sur la côte ouest mexicaine, question de faire un peu de surf. Mais je n’ai rien réservé encore.

Comme le reste de l’équipe de bosses, j’ai un petit faible pour le surf. Peut-être parce que c’est tout le contraire des bosses puisqu’il n’y a aucun choc sur le corps. Tout ce que tu as à faire c’est de relaxer dans l’eau et d’attendre ta vague!

Je n’ai pas vraiment eu le temps de souffler depuis la fin de la saison de la Coupe du monde. La semaine dernière, à Whistler, j’ai fait mon premier tournage en vue des Jeux olympiques. Il s’agit de capsules qui seront diffusées pendant les Jeux, mais je n’ai pas vraiment le droit de dévoiler quoi que ce soit.

J’ai également fait plusieurs séances de photos en ski et en civil, que l’on pourra voir dans des journaux ou sur des édifices.

Mark McMorris (surf des neiges), Rosalind Groenewoud (ski acro/demi-lune) et ma coéquipière Justine Dufour-Lapointe étaient également de la partie.

Ma saison s’est bien conclue, il y a deux semaines à Val Saint-Côme, avec le titre canadien en simple. En revanche, d’un commun accord avec mon entraîneur, je n’ai pas participé à l’épreuve en parallèle. La neige était vraiment molle et nous ne voulions pas prendre de risques inutiles. D’ailleurs, mon coéquipier Simon Pouliot-Cavanagh s’est blessé à un genou à l’entraînement. Heureusement, il a eu plus de peur que de mal!

Je suis très content de ma saison, et surtout de ma fin de saison. Ce dont je suis le plus fier, c’est ma victoire en simple aux Championnats du monde. C’était vraiment cool. Comme cette compétition se déroule tous les deux ans, les skieurs poussent toujours un peu plus fort. Même moi, je suis sorti un peu de mes limites avec deux gros sauts et une descente très rapide. Je suis content d’avoir réussi LA descente au bon moment. Ça m’a prouvé que je pouvais skier sous pression, et j’en suis vraiment fier.

Oui, Alex a dit des choses contre les juges aux mondiaux et il a gagné les trois dernières Coupes du monde, mais j’ai bien skié à ces trois courses et je suis passé près de gagner. Toute cette histoire est derrière moi. J’ai tourné la page sur cet épisode et je suis prêt à me concentrer sur la prochaine saison.

Mes globes de cristal représentent aussi tout un accomplissement. Je ne peux pas dire que j’apprécie moins celui-là que le premier. L’an passé, c’était vraiment spécial de tenir les petit et gros globes pour la première fois. C’est comme gagner la Coupe Stanley deux années de suite, ça n’arrive pas souvent dans une carrière.

Alors, je suis tout aussi ravi. Ça montre que je me suis bien entraîné durant l’été et que tout va dans la bonne direction.

Par contre, à ce rythme, je vais devoir penser à faire installer un second foyer!

Les globes de cristal de Mikaël Kingsbury
Mes globes

Je reprendrai le collier le 10 mai avec un camp et des tests physiques à Kelowna et à Whistler.

Durant l’été, je veux corriger mes petits défauts techniques. Parce que je veux que toutes mes descentes à Sotchi soient parfaites. Je ne veux pas faire d’erreur, je veux avoir une bonne vitesse et je ne veux pas sortir de ma zone de confort pour être certain d’aller chercher une médaille… celle d’or. C’est surtout sur ces points-là que je vais me concentrer.

Il y a beaucoup de skieurs qui vont prendre des risques aux JO et peut-être que ça ne pardonnera pas avec le changement de température. C’est une piste où tu peux être super rapide, mais il faut rester dans sa zone de confort.

Quand j’ai gagné la Coupe du monde à Sotchi, en février, je ne suis jamais sorti de ma zone de confort. En fait, c’est très rare que j’en sorte. Parfois, je dois le faire si je sais qu’un adversaire a réussi une superbe descente. À Sotchi, j’ai voulu skier comme si c’était les Jeux. L’an prochain, je veux donc répéter la même chose, mais en étant encore meilleur techniquement.

Il ne faut pas se méprendre, la zone de confort, ce n’est pas là où tout est facile. C’est là où je suis en contrôle, même si je vais très vite. Je dois être alerte et me rendre en bas avec cette vitesse-là. Donc, je ne prends pas de risques qui vont faire en sorte que je vais réussir 1 fois sur 5. En fait, il s’agit de skier sur la ligne sans jamais la dépasser pour ne pas perdre le contrôle.

J’essaie juste de trouver la stratégie pour être assez vite afin de remporter cette fameuse course olympique.

Outre ma technique, je veux aussi travailler sur mes atterrissages. Par contre, je n’ajouterai pas de nouveaux sauts à ma liste. Déjà, je fais les deux plus gros homologués par la Fédération internationale de ski. Alors, tant que la FIS ne modifiera pas ses règles, je conserve mes deux valeurs sûres, mon périlleux avec deux vrilles en haut et mon 1080 désaxé en bas. Même que selon la compétition, le 720 peut suffire!

Bon été!

La meilleure saison de ma carrière

Vendredi 29 mars 2013 à 14 h 51 | | Pour me joindre

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La meilleure saison de ma carrière s’est conclue en début de semaine avec les titres en slalom et slalom géant en parallèle aux Championnats canadiens.

Chaque année, je connais ma meilleure saison, c’est une progression constante.

Cependant, j’ai fait un grand pas entre ma 12e place au classement général l’an dernier et ma 3e cette année. Je suis montée sur le podium à plusieurs reprises (3) durant la saison, dont une fois en slalom, une première pour moi en Coupe du monde. J’ai porté le dossard jaune de meneuse à quelques reprises et j’ai décroché deux médailles de cristal, une pour ma 3e place au classement général des épreuves en parallèle et l’autre pour ma 3e position au classement du slalom.

À plusieurs égards, ça a été une année de premières! C’est très encourageant pour l’an prochain!

J’attribue mon succès à deux aspects importants qui ont fait une différence : la technique et le psychologique.

Caroline Calvé
Caroline Calvé avec sa médaille de cristal

J’ai déjà un peu abordé le sujet technique dans mon blogue en début de saison, à quel point il était important de maîtriser la technique européenne afin d’agrandir ma boîte à outils.

Je voulais maîtriser cette technique parce qu’en surf des neiges alpin, ce sont les coureurs du Vieux Continent qui dominent sur le circuit de la Coupe du monde. Leur force, c’est leur grande constance. Et moi, je tenais à diminuer ma marge d’erreur pour augmenter mon taux de réussite.

Notre nouvel entraîneur Rob Roy, qui a travaillé avec les Autrichiens, était l’homme tout désigné pour me permettre d’atteindre mon but.

La technique européenne propose une ligne plus directe d’une porte à l’autre. Et tu utilises la gravité pour descendre. Donc, tu ne veux pas nuire à la gravité en faisant de grands virages.

Les grands virages sur la carre, c’est ce que j’avais toujours appris. Le problème avec cette technique-là, c’est qu’une fois que tu es engagée dans ton virage, tu ne peux pas changer ta trajectoire. Et ça fonctionne moins bien sur les parcours plus abrupts.

Donc, je perdais beaucoup de temps dans les sections à pic parce que je ne savais pas comment ajuster ma technique.

Avec cette nouvelle technique, tu n’as qu’à laisser flotter ta carre sur la neige. Une fois que tu arrives à la bonne distance de la porte, tu mets un peu de pression sur ta planche, ta carre mord dans la neige et là, tu termines ton virage. C’est très doux comme technique et beaucoup moins agressif que ce que je pratiquais avant.

L’autre avantage, c’est que cette technique-là est moins exigeante sur le corps. Pour nous, qui faisons 10 descentes si on atteint la finale, ça fait une grosse différence. Ça diminue le risque d’erreurs et de chutes quand tu laisses la gravité faire une partie du travail.

Maintenant, je détiens un avantage sur les Européennes parce que je suis capable d’appliquer ces deux techniques-là.

À plusieurs reprises cet hiver, j’ai pu alterner les deux techniques selon le type de parcours. Cela m’a vraiment aidée à être plus constante, parce que je pouvais m’adapter plus facilement aux conditions.

La Canadienne Caroline Calvé à Stoneham
La Canadienne Caroline Calvé

Par contre, au début de l’été, ma tête ne suivait pas, elle paniquait à l’idée de filer directement vers les portes. Ma tête n’était pas habituée à analyser le parcours de cette façon.

Et c’est là que l’aspect mental, que je considère comme aussi important que le physique en compétition, est entré en jeu.

J’ai enfin trouvé un psychologue avec une approche très concrète. Pas le genre qui ne fait que jaser sur un divan.

Ça faisait longtemps que je recherchais un programme d’entraînement pour ma tête, comme j’en ai un quand je vais au gymnase. C’est important d’être fort mentalement quand tu dois faire 10 descentes dans une journée. Il faut avoir la bonne approche pour faire face aux diverses situations. C’est quelque chose qui s’exerce, comme le côté technique, surtout pour une fille comme moi qui a tendance à tout suranalyser.

Les concepts, je les connaissais. Je comprends que je dois me concentrer sur le processus et non sur les résultats. Mais comment les appliquer?

L’an passé, quand j’ai gagné à Carezza, tout est tombé en place au bon moment. J’étais concentrée sur une descente à la fois, j’étais calme et seulement contente de m’être qualifiée pour les huitièmes de finale. J’avais parfaitement géré ma course et ma journée.

Mais cette course « psychologiquement » parfaite, c’était le fruit du hasard. Est-ce que je saurais comment reproduire une journée parfaite? Comment retrouver ce même état d’âme pour obtenir d’autres bons résultats?

Pierre Beauchamp m’a donné des exercices, des trucs pour travailler sur mes faiblesses. Il m’a aidée à mettre le doigt sur les choses qui fonctionnent avec moi pour que je puisse les reproduire en compétition.

Par exemple, nous avons convenu que je dois être un peu zen avant la course. Pour y arriver, je dois faire des exercices de respiration, faire un plan. J’ai besoin d’être sur le pilote automatique quand je course.

Calvé (droite) aux côtés de Patrizia Kummer, gagnante du globe de cristal, et de Marion Kreiner.
Calvé (droite) aux côtés de Patrizia Kummer, gagnante du globe de cristal, et de Marion Kreiner.

Il reste encore beaucoup de travail à faire, parce que l’an prochain avec les Jeux, il va y avoir beaucoup de pression pour performer au moment important. Mais je vois déjà qu’après seulement une saison, ça a porté ses fruits. J’ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner l’an prochain.

Les deux médailles de cristal représentent l’ensemble de mes succès cette année. Je suis la première Canadienne à atteindre ce niveau-là en Coupe du monde. C’est particulier comme sensation de réaliser que tu fais partie des trois meilleures au monde dans ton sport.

Je peux aussi me targuer d’être non seulement la première Canadienne à avoir remporté un slalom géant en parallèle en Coupe du monde, mais un slalom aussi.

C’est sûr que c’est un peu décevant parce qu’avec l’annulation de la dernière course à Sierra Nevada, je n’ai pas pu me battre pour le globe de cristal en slalom géant en parallèle et pour celui du cumulatif des épreuves en parallèle. Mais les conditions de neige n’étaient pas dignes d’une Coupe du monde et, dans les circonstances, l’annulation était préférable. Oui, d’un côté, j’aurais pu gagner le globe, mais de l’autre, j’aurais pu perdre ma 3e place au classement cumulatif.

Rien pour gâcher mes vacances. Un mois que je passe chez moi, avec mon copain et mon chien. Je voyage assez que je n’ai pas envie de boucler de nouveau mes valises. Je veux être là aussi pour voir pousser mes fleurs!

Bon été!

La glace m’aime

Jeudi 28 mars 2013 à 14 h 27 | | Pour me joindre

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Ça y est, c’est le temps des vacances… et elles tombent à point. La saison m’a paru vraiment longue, c’est la première fois que ça m’arrive.

J’ai quand même réussi à obtenir le meilleur résultat de ma saison le week-end dernier aux Championnats du monde par distance, à Sotchi : une 9e place au 500 m, une hausse de deux rangs par rapport aux mondiaux de l’an dernier.

Pas si mal pour un gars qui a souffert d’une entorse lombaire juste avant son départ pour l’Europe… suivi d’un bel effet domino. Je me suis blessé à un muscle pectoral en faisant un départ, puis ensuite, au psoas.

Bref, j’ai commencé à recouvrer la santé seulement deux semaines avant les mondiaux. Et je considère que j’y ai patiné la meilleure course de ma vie.

Mon premier 500 m était excellent, j’étais au 7e rang, à 4 centièmes de seconde de la 4e place. C’était extrêmement serré. Si j’avais été trois dixièmes de seconde plus rapide par course, j’aurais gagné. Je ne prétends pas que j’aurais été capable de le faire, mais on parle ici de centièmes de seconde.

Ça augure bien pour 2014. D’être si près à un an des Jeux, ça me permet de croire qu’avec un été d’entraînement, un an de plus, une plus grande maturité et une plus grande force physique, je serai capable de réduire l’écart.

Laurent Dubreuil
Laurent Dubreuil

J’ai vraiment adoré patiner à Sotchi. L’anneau est magnifique, le plus beau que j’ai vu de ma vie. C’est d’un tel luxe, les planchers sont même en marbre!

De plus, c’est le genre de glace que j’aime : inégale et un peu lente, contrairement aux pistes de Calgary et de Salt Lake City, reconnues comme les deux plus lisses et plus rapides (à cause de l’altitude) du monde.

Sur une glace comme Sotchi, le coup de patin n’est peut-être pas aussi fluide, mais il faut serrer les dents et donner tout ce qu’on a. Ça m’avantage et ça convient bien à mon style et à ma mentalité. Disons que quand tu t’entraînes dehors, n’importe quel anneau intérieur représente une nette amélioration. Le seul avantage à patiner à l’extérieur, dans des conditions horribles, c’est que ça facilite ma capacité d’adaptation.

Mon entraîneur m’a même dit après une course que la glace avait l’air de m’aimer. J’allais vite sans trop me casser la tête. La glace aimait mon coup de patin. J’ai donc hâte d’y retourner l’an prochain.

Par contre, j’ai été surpris de constater tout le travail qui restait à faire avant l’ouverture des Jeux dans 10 mois. Ils vont devoir mettre les bouchées doubles, mais il y avait beaucoup de travailleurs qui s’affairaient sur les chantiers.

Anneau de glace de Sotchi
Anneau de glace de Sotchi

Le Canada n’a gagné qu’une médaille aux mondiaux, le bronze de Christine Nesbitt au 1500 m. Il faut mettre ces résultats en perspective.

Avant d’arriver aux mondiaux, il y avait peu de Canadiens ayant des chances de médailles. Moi, c’était irréaliste de me voir sur le podium. Par contre, 9e au 500 m à 20 ans, sur une distance où les temps sont serrés, je me considère comme un espoir de médaille l’an prochain.

Kali Christ, 5e au 1500 m à 21 ans, est dans la même situation que moi. Denny Morison, lui, disputait sa première course depuis sa fracture du péroné en décembre. Avant sa blessure, il trônait en tête du classement du 1000. Alors, ce n’est que partie remise pour 2014.

Il n’y a qu’à la poursuite féminine que le Canada a perdu une médaille, quand Nesbitt a chuté dans le dernier virage, alors qu’elle était 2e.

Si on regarde la colonne des résultats, certes, ce n’est pas reluisant, mais l’équipe va se relever et répondre aux attentes l’an prochain.

Laurent Dubreuil
Laurent Dubreuil à Sotchi

Pour moi, ma saison olympique commence maintenant. Je me suis rendu compte l’an passé que si on ne se repose pas pendant le mois de vacances, on peine durant toute la saison. Physiquement et mentalement, j’ai besoin d’une bonne pause. Ce mois de congé va me donner l’énergie nécessaire pour traverser les nombreux camps d’entraînement (5 au menu) et la prochaine saison.

L’an passé, je n’ai pas eu droit à un congé récupérateur. En avril, j’ai été hospitalisé deux jours pour un ulcère à l’oesophage. J’ai perdu 12 livres, et je n’en ai pas en surplus afin d’être le plus rapide possible. Ça a grugé mes muscles, mes forces.

C’est pour cette raison que je n’ai pas eu les résultats escomptés. Je n’ai pas été capable d’être au sommet de ma forme avant la dernière compétition de la saison, les mondiaux. J’ai combattu la fatigue toute l’année. J’ai l’impression d’avoir fait deux saisons de suite.

Je n’aurais pas dû recommencer à m’entraîner tout de suite en sortant de l’hôpital. J’aurais dû prendre deux semaines de plus pour me donner une chance de récupérer de la maladie.

En revanche, je ne considère pas cette saison comme perdue. Je me suis quand même rapproché des meilleurs au monde. Je me positionne relativement bien pour la saison olympique, mais je ne peux pas cacher que j’espérais mieux cette année.

Alors, je ne ferai pas grand-chose pendant mes vacances. Mes projets : rester chez nous, me lever tard et me coucher à la même heure que d’habitude.

Parce que 2014 sera la saison la plus importante de ma carrière!

J’ai à peine eu le temps de poser mes valises à Canmore (je suis arrivée tard lundi soir) que me voilà repartie pour Whistler où se tiennent les Championnats canadiens.

Ce n’est pas toujours évident de prendre part aux Championnats canadiens après une longue saison de Coupe du monde, mais ça permet de retrouver tous les coéquipiers et d’accumuler des points FIS. Dans mon cas, c’est dans les épreuves de vitesse que je veux faire le plein de points afin d’avoir un meilleur numéro de dossard en Coupe du monde.

Si j’accumule 500 points, je partirai tout juste après les 30 premières. Si je réussis à me hisser dans le top 30, alors là, je m’élancerai après les 15 meilleures. C’est vraiment mon objectif pour l’an prochain de me rendre à 500 points.

Je ne suis jamais très loin, autour de 400, mais je dois vraiment pousser encore plus pour optimiser mes chances dans les épreuves de vitesse. Quand tu pars loin, c’est plus difficile mentalement et physiquement parce que tu courses sur une piste plus endommagée, sans parler de l’obscurité qui s’installe parfois. Alors, ce n’est vraiment pas évident de sortir un bon résultat.

Pour se retrouver dans les points FIS, il faut avoir de la graine de mathématicien. C’est tout un calcul qui dépend du nombre de participants dans une course, du palmarès de ceux qui finissent dans le top 10, de la longueur du parcours, de l’avance du gagnant et de son nombre de points FIS. Bref, ce n’est pas facile de s’y retrouver.

Moi, en route vers ma 4e place à Ofterschwang

Si je reviens sur ma saison en Coupe du monde, c’est sûr que je n’ai pas obtenu les résultats auxquels je m’attendais. J’ai eu beaucoup de sorties de piste, j’ai raté de belles occasions. Malgré tout, mon ski s’est vraiment amélioré. J’ai fait un gros pas en avant et je sens que je suis sur la bonne voie. Les résultats n’ont pas suivi. Mais des fois, ça fait partie du processus de progression. Je ne suis pas nécessairement contente de mes résultats, mais de ma progression oui. C’est excitant pour l’an prochain.

J’ai surtout appris qu’il ne fallait pas que je panique si je n’ai pas une bonne descente. Lors de quelques courses, je n’avais pas de bonnes sensations, pourtant, j’étais très rapide et je ne commettais pas d’erreurs. Comme j’attaque toujours, ça peut m’aider dans l’avenir.

Si je compare à l’an dernier où j’avais eu une super saison avec mon premier podium et plusieurs top 10, c’est assez similaire. Cette année, je suis quand même passée très près du podium avec ma 4e place en slalom à Ofterschwang, et j’ai réussi encore plusieurs autres résultats dans le top 10.

C’est certain qu’après la saison 2011-2012, j’avais mis la barre haut. Mais cette 4e position en Allemagne m’a vraiment ravie. J’étais contente d’avoir un résultat qui démontrait ce que j’étais capable de faire. À la deuxième manche, j’ai vraiment bien skié, tout était parfait. Alors, ça ne me dérangeait pas de passer si près du podium. C’est sûr que c’était l’un de mes objectifs cette saison, mais ce n’est pas la fin du monde, il me reste encore plusieurs années.

Par contre, j’ai reçu toute une tape dans le dos aux finales de la Coupe du monde à Lenzerheide.

Heureuse de cette 4e place!

L’Italien Andrea Massi, l’entraîneur de Tina Maze, la gagnante du grand globe de cristal, m’a dit que, selon lui, je figurais parmi les six meilleures skieuses en slalom géant et en slalom. Difficile de demander mieux comme encouragement quand les autres entraîneurs remarquent ta progression.

Après les Championnats canadiens, je passerai un mois avec mon copain (le skieur américain Travis Ganong) en Californie. Nous allons faire du ski hors piste et peut-être du vélo de montagne dans le désert de Moab.

Du ski pour des skieurs, ça ne rime pas trop avec vacances. Mais cette fois, c’est vraiment pour notre plaisir. Et puis, ça ne se compare en rien avec les pistes damées et injectées de la Coupe du monde. Nous sommes dans le milieu de nulle part, sans remonte-pentes et sans âme qui vive. J’apprends aussi à aimer la poudreuse, ce qui n’est pas évident pour une fille du Québec habituée aux pistes dures et glacées.

En hors-piste l’an dernier!

Début mai, ce sera le retour au travail avec deux camps de ski d’une semaine à Sunshine. Il est rare que nous ayons l’occasion de faire du ski au Canada. Ce sera agréable. Nous allons en profiter pour tester de l’équipement et faire différents exercices.

Notre entraînement estival sera similaire à l’an dernier, avec deux camps en Suisse et un en Nouvelle-Zélande. L’an dernier, les entraîneurs avaient choisi le plongeon comme nouvel exercice pour développer nos habiletés. Cette année, ce sera des cours de zumba… ce qui sera très bon pour améliorer ma souplesse!

Je vous promets une petite vidéo de mes cours de danse durant l’été!

Un globe à portée de main

Mercredi 6 mars 2013 à 10 h 47 | | Pour me joindre

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Ne reste plus que trois courses avant la fin de la saison. Ces trois slaloms géants en parallèle à Arosa (Suisse), La Molina et Sierra Nevada (Espagne) vont déterminer la gagnante du globe de cristal.

C’est vraiment excitant parce que c’est la première fois que j’ai la chance de mettre la main sur le globe. Je ne dois pas me concentrer uniquement sur l’objet de mes convoitises, mais c’est sûr que j’y pense parce qu’il est à portée de main.

Mon expérience m’a cependant appris l’importance de se concentrer sur le moment présent. Alors, une course à la fois!

À l’épreuve test de Sotchi, à la mi-février, je portais le dossard jaune de meneuse au classement de la spécialité pour la première fois de ma carrière.

Sauf que cette expérience en Russie s’est cependant avérée moins concluante que ma dernière à Moscou où j’ai gagné le slalom en parallèle.

À Sotchi, j’ai dû me contenter du 14e rang du slalom géant en parallèle. Une véritable déception!

J’ai gagné ma première manche en huitième de finale par une seconde. Dans la seconde, j’ai fait quelques erreurs dans la portion plate du milieu, donc il n’y avait plus de dénivelé pour reprendre ma vitesse. La Suisse Patrizia Kummer a donc franchi la ligne d’arrivée première… avec un chrono cumulatif égal au mien.

Je n’avais jamais vécu cela. Dans pareilles circonstances, il y a un règlement qui stipule que celle qui comble le retard avance au tour suivant.

J’étais déçue parce que mentalement, je me disais : je viens de perdre contre quelqu’un qui ne m’a pas battue. Je ne l’ai pas encore vraiment digéré. Je trouve ce règlement vraiment stupide.

Par contre, Sotchi m’a permis de réaliser deux choses importantes. Je vais devoir modifier mon entraînement estival et travailler davantage en endurance parce que la piste est longue, environ 57-58 s, au moins 10 de plus que d’habitude. Dix descentes d’une minute, c’est long.

Mes entraînements sont spécifiques à la durée de mes courses. Je fais beaucoup de sprints avec des intervalles de 45-47 s.

Il y aura également un impact mental. Je dois m’attendre à toutes les conditions possibles, ce qui complique passablement la préparation. Inévitablement, la technique est affectée.

À Sotchi, à ma première descente de qualification, je ne pouvais presque pas mettre de pression sur mes carres parce qu’au moindre mouvement brusque, ma planche se dérobait sous mes pieds. Puis, avec la chaleur, les conditions avaient changé entre les qualifications et les huitièmes de finale.

Ce type d’imprévus m’inquiète moins qu’avant. J’ai plus d’expérience qu’aux derniers Jeux à Vancouver et je me sens davantage prête à les affronter.

Surprise, me voilà à Garmisch-Partenkirchen. J’aurais pu profiter de quelques semaines de vacances parce que les prochaines épreuves techniques ne sont que les 9 et 10 mars.

Mais justement, l’occasion était parfaite après les Championnats du monde de participer à quelques épreuves de vitesse. D’autant plus que deux bons résultats dans les super-G me permettraient de me classer pour les finales de la Coupe du monde de Lenzerheide, qui regroupent les 25 meilleures de chaque discipline.

Avant l’étape allemande, je pointais au 26e rang.

J’y tenais parce que je ne voulais pas perdre mes acquis. J’aurais dû faire plus de super-G, mais comme mes courses techniques se sont avérées plus difficiles que prévu cette saison, je me suis concentrée sur le slalom et le slalom géant jusqu’aux mondiaux.

Maintenant que j’ai retrouvé mes repères dans les épreuves techniques, je peux renouer avec la vitesse. J’ai beaucoup de plaisir et je m’améliore chaque jour.

Je n’avais pas fait de super-G depuis Saint-Moritz en décembre. On dirait que j’ai choisi les deux meilleures semaines pour faire de la vitesse. Il fait beau, la neige est parfaite. J’ai été chanceuse.

Il y a deux ans, aux mondiaux, j’avais skié à Garmisch et la piste était glacée. C’était difficile.

Le week-end dernier, en finissant 5e du super-combiné de Méribel, j’ai réalisé que je devrais peut-être m’y attarder un peu plus parce que cette épreuve représente, certes, une chance de médaille pour moi.

Si j’améliore ma vitesse avant Sotchi, tout est possible. À Méribel, j’étais à moins d’une seconde d’une médaille.

C’est sûr que d’avoir participé à la descente le samedi m’a aidée pour le super-combiné le lendemain. Lors du slalom je me suis retenue un peu parce que la neige n’était pas aussi parfaite que pour un slalom de Coupe du monde

J’ai bien skié, mais j’aurais dû foncer davantage comme l’a fait Michaela Kirchgasser. Elle ne me précédait que de deux places (26 contre 24) après la descente. Elle n’a fait qu’une bouchée du parcours de slalom pour finir 3e.

Quand j’ai franchi la ligne d’arrivée, je savais que je n’avais pas assez poussé. Oui, j’aurais pu attaquer plus et monter sur le podium. Mais j’aurais pu aussi sortir de piste. Alors, je suis bien contente de cette 5e place et toutes les situations que je rencontre me font acquérir de l’expérience.

Dommage cependant que le super-combiné n’ait pu vraiment sa place en Coupe du monde. Après les Jeux de Sotchi, la Fédération internationale n’en inscrira plus à son calendrier. Vrai que le super-combiné ne jouit guère de la même popularité que les autres disciplines.

Marie-Michèle Gagnon
Marie-Michèle Gagnon à Méribel
Le problème, c’est qu’en Coupe du monde, la plupart des filles sont divisées en deux catégories : vitesse ou technique. Ce n’est pas facile de trouver des filles qui s’illustrent dans toutes les disciplines, à part les Lindsey Vonn, Tina Maze, Maria Höfl-Riesch, les trois grandes vedettes du circuit.

Il faut arriver à déloger ces filles-là. Mais pour ce faire, il faut être aussi à l’aise sur ses skis de vitesse que sur ceux de technique. Parce que sinon, il est impossible d’attaquer si la confiance n’est pas au rendez-vous.

Le hic, c’est qu’une fois arrivées en Coupe du monde, les skieuses se dirigent vers la vitesse ou la technique, tandis qu’en Coupe Nor-Am ou en Coupe d’Europe, tu fais toutes les disciplines.

Dans mon cas, j’ai passé à peine une semaine l’été dernier sur mes skis de vitesse. Et c’est pareil pour celles qui se concentrent sur la vitesse. Alors, il faut un certain courage pour se lancer en super-combiné.

Si vous pensez que c’est une affaire de filles, détrompez-vous!

En janvier, l’équipe américaine a inscrit mon copain pour le super-combiné de Kitzbühel afin qu’il récolte des points. Ça faisait quatre ou cinq ans qu’il n’avait pas fait de slalom. Il m’a dit qu’il avait bien plus peur de faire le slalom que la descente.

Pourtant, y a-t-il quelque chose de plus épeurant que la descente de Kitzbühel? C’est la descente la plus dangereuse.

Alors, tout est question de confiance et d’entraînement.

Par ailleurs, la saison tire à sa fin. Trois Coupes du monde, et on rentre à la maison. Je n’ai jamais hâte que ça finisse parce que je récolte souvent mes meilleurs résultats en fin de saison.

Reste à voir ce que Garmisch, Ofterschwang et Lenzerheide me réservent!

L’homme à battre

Mercredi 27 février 2013 à 9 h 39 | | Pour me joindre

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Dans quelques jours s’amorcent les Championnats du monde, mon autre objectif principal de la saison après la Coupe du monde de Sotchi, épreuve test pour les Jeux olympiques.

Je profite de cinq jours de repos à Copenhague avant de m’envoler pour Voss. Les massothérapeutes sont ici aussi, et ils nous traitent aux petits oignons afin que nous soyons prêts pour les mondiaux.

Les entraîneurs avaient choisi cette pause au Danemark pour deux raisons : un, c’est dans le même fuseau horaire que la Norvège et, deux, nous n’étions jamais allés à Copenhague. Alors, aussi bien joindre l’utile à l’agréable!

Ce repos sera particulièrement profitable après deux grosses compétitions à Sotchi et à Inawashiro, car les mondiaux vont compter beaucoup de jours de courses. Pour la première fois, les qualifications et les finales se dérouleront sur deux jours, tant en simple qu’en parallèle.

Pour une raison que j’ignore, la Fédération internationale de ski en a décidé ainsi. Ça va faire beaucoup de jours de ski, mais ça vaut la peine pour mes parents qui font le voyage! C’est la première fois qu’ils viennent me voir skier en Europe. C’est cool et j’ai hâte de les voir. D’habitude, ils optent pour Deer Valley. Mais cette année, ils ont préféré la Norvège.

Mikaël Kingsbury à Sotchi
Après ma victoire à Sotchi
Un excellent choix! J’adore ce pays. Si j’avais à déménager du Canada, c’est en Norvège que je m’installerais. La Suède et l’Australie ne suivent pas loin derrière, mais mon premier choix serait la Norvège parce que ça ressemble beaucoup à chez nous.

J’arrive à Voss comme l’homme à battre, un statut qui me plaît et un avantage. J’ai remporté les cinq épreuves en simple cette saison, de quoi faire le plein de confiance pour la suite. Je suis exactement dans la position dans laquelle je voulais me présenter à Voss.

En 2011, c’est Guilbaut Colas qui était auréolé de ce statut et il avait gagné. J’espère bien l’imiter.

Tout ce que j’ai à faire, c’est de skier comme je le fais depuis le début de la saison. Je n’ai pas encore vu la piste. Mais en 2011, j’avais fini 2e dans l’épreuve en parallèle. Je sais que je vais trouver le moyen pour faire preuve de constance à chaque descente. Ainsi, je vais contraindre mes rivaux à pousser et à éventuellement commettre des erreurs. D’ailleurs, c’est mon point fort et j’entends bien m’en servir à 100 %!

C’est un titre que je veux vraiment décrocher. Même en parallèle, je sais que mon ski est là et que je peux gagner. Alors, pourquoi pas deux médailles d’or?

La piste ressemble beaucoup à celle de Sotchi en raison de sa longueur et de son inclinaison. Par contre, les conditions vont être mieux qu’en Russie avec une vraie neige hivernale. Je me suis quand même bien débrouillé sur la piste olympique.

Il faut dire que je skie bien dans les conditions printanières. Nos camps d’été se déroulent presque toujours sur ce type de neige. Donc, c’est parfait pour moi si c’est comme ça l’an prochain!

Il suffit d’avoir des skis moins aiguisés pour que les carres ne ralentissent pas trop l’élan. En fait, contrairement aux skieurs alpins ou aux fondeurs, les bosseurs accordent peu d’importance au fartage à moins de skier sur une piste peu pentue. Nous avons seulement besoin d’une bonne cire de glisse et nous gérons notre vitesse selon l’inclinaison.

Mikaël Kingsbury
Sur la piste de Sotchi
J’avais fait de Sotchi un objectif important cette saison parce que je pouvais y obtenir ma sélection pour les Jeux. Je suis content de l’avoir réglé aussi rapidement et de l’avoir fait avec une telle constance. C’est une pression de moins sur les épaules pour le reste de la saison et même jusqu’aux Jeux olympiques. Je vais pouvoir m’entraîner la tête libre.

Après ma victoire à Sotchi, j’ai enchaîné avec une autre à Inawashiro dans l’épreuve de simple samedi dernier. Ce qui me réjouit, c’est que j’ai réussi ma meilleure descente du jour au moment où ça comptait vraiment : en super finale.

J’avais opté pour une stratégie plus prudente en qualifications et en finale, soit ralentir mon élan pour minimiser les erreurs parce que la neige collante se compactait au passage des skieurs et se transformait en glace. Sauf que c’est le contraire qui s’est produit… j’en faisais plus. Alors, en super finale, je suis revenu à ma bonne vieille recette qui est de foncer. Et ça a fonctionné!

Ma série de deux victoires a pris fin le jour suivant. J’ai été éliminé en quarts de finale par Bradley Wilson, l’éventuel vainqueur. J’ai bien skié contre l’Américain. J’étais sorti plus fort au départ. Mais à mi-parcours, il m’a rattrapé et il m’a devancé de quelques centièmes de secondes à l’arrivée. Comme nous avions deux excellentes descentes sans erreur, il a avancé en demi-finales grâce à un score serré de 18-17. Et moi, j’ai fini 5e.

Bradley méritait vraiment la victoire cette journée-là. Il skiait avec aplomb.

J’espère prendre ma revanche à Voss!

L’expérience, un gros plus

Mardi 26 février 2013 à 9 h 14 | | Pour me joindre

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Pour une première expérience sur la piste artificielle de Moscou, ça ne pouvait pas mieux se terminer. Une victoire et, par surcroît, mon premier podium en slalom en parallèle.

Ce succès m’a permis de terminer la saison au 3e rang de la spécialité. Pour la première fois cette année, le slalom a un classement distinct du slalom en parallèle, puisqu’il est maintenant une épreuve olympique.

J’étais vraiment contente, d’autant plus que le slalom n’est pas ma spécialité. Mais l’été dernier, j’ai travaillé davantage cette discipline, à cause évidemment de son entrée aux JO. Auparavant, je ne saisissais pas la différence entre le slalom géant et le slalom, je ne savais pas quelles sensations je devais ressentir. Alors, j’approchais le slalom comme un slalom géant plus court.

Caroline Calvé
Caroline Calvé

Évidemment, ça ne fonctionnait pas du tout. Comme en ski alpin, c’est une discipline en soi avec une tout autre technique. Notre nouvel entraîneur Rob Roy m’a vraiment aidée à comprendre ce que je devais faire. Maintenant, je regarde les vidéos et je me rends compte que ce n’est pas sorcier!

L’expérience a aussi joué en ma faveur. Un, parce que contrairement aux autres étapes de la Coupe du monde, on ne s’entraîne pas sur la piste. À notre arrivée le matin, on l’inspecte à deux reprises et, ensuite, place à la course.

Disons que j’étais contente de ne pas être une recrue. Avec l’expérience, tu t’habitues à ces différents formats de course.

Et deux, j’ai compris assez vite comment négocier le parcours, ce qui m’a permis d’adopter la bonne stratégie pour aller le plus vite possible. C’était primordial, car le parcours n’avait que 14 portes contrairement à une vingtaine d’habitude.

Tout a fonctionné d’entrée de jeu. J’ai gagné la seconde manche des qualifications pour finalement terminer 5e. J’avais donc atteint mon premier objectif de me qualifier dans le haut du tableau, soit dans le top 8.

Vue de Moscou du haut de la piste de slalom en parallèle
Vue de Moscou du haut de la piste de slalom en parallèle

Avant le tour éliminatoire, je me suis dit : aborde-le comme ta seconde manche de qualification. D’autant plus que l’épreuve se déroulait dans le même format que les courses en ville (city events) en ski alpin, c’est-à-dire une seule descente et tu passes à l’étape suivante. C’est pour rendre la course plus excitante, et ça l’est.

Donc, en me qualifiant dans le top 8, j’avais l’avantage de choisir mon parcours. Les deux étaient sensiblement pareils, mais la première partie du rouge était plus bosselée. Sans surprise, les huit premières ont choisi le bleu pour les huitièmes de finale.

En quarts et en demi-finales, je n’avais pas le choix du parcours parce que mes rivales s’étaient montrées plus rapides en qualifications. Après la première section, j’accusais un retard d’une porte, un retard qui est pratiquement impossible à combler sur une descente de 18 secondes, mais durant toute la compétition, c’est moi qui ai le mieux réussi la transition entre la section plate à mi-parcours et la section abrupte avant l’arrivée.

Chaque fois, j’ai rattrapé mes rivales. D’ailleurs, en demi-finales, la Russe Ekaterina Tudegesheva, championne du monde et 1re des qualifications, ne s’attendait pas du tout à ce que je me pointe devant elle.

En finale, je suis retournée dans le bleu avec le même résultat!

Des attentes à la baisse

Mardi 12 février 2013 à 9 h 43 | | Pour me joindre

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Mes Championnats du monde s’amorcent jeudi avec le slalom géant, suivi du slalom samedi.

Au début de la saison, je m’étais fixé de gros objectifs, surtout pour les mondiaux parce que c’est une répétition pour les Jeux olympiques l’an prochain à Sotchi. Je visais une médaille parce que je m’imaginais monter sur le podium avant les JO.

Mais comme la saison est un peu plus difficile que prévu, les objectifs ont changé. Je serais très contente avec un top 10. En fait, je ne veux pas me fixer d’objectif en terme de résultat. Je veux seulement skier et je sais que les résultats viendront si le ski et la confiance sont au rendez-vous.

Je n’ai coursé qu’une fois à Schladming, c’était aux finales de la Coupe du monde l’année dernière. J’avais fini 6e du slalom, un de mes meilleurs résultats de la saison. C’est sûr qu’à cette époque, je débordais de confiance. C’est différent d’une fois à l’autre. Mais je crois que c’est une piste qui pourrait bien me convenir.

Par contre, je n’ai jamais skié le parcours de slalom géant, car je ne m’étais pas qualifiée pour les finales dans cette discipline. Je sais que c’est une piste longue qui, je crois, pourrait être à l’avantage de notre équipe parce que nous sommes en bonne forme physique.

Marie-Michèle Gagnon à Schladming
Marie-Michèle Gagnon à Schladming en 2012

Avant de m’envoler pour Schladming, j’ai passé une semaine à la maison, à Lac-Etchemin. Une semaine de repos pendant laquelle je n’ai pas skié. Généralement, un petit séjour au Québec s’avère très positif pour le reste de la saison, surtout quand j’ai moins de succès. On dirait que les choses m’atteignent moins quand je suis à la maison, et je repars plus motivée.

Pendant mon séjour au Québec, j’en ai profité pour échanger avec mon psychologue afin d’essayer de sortir de cet état d’esprit où j’essaie d’en faire trop.

C’est ce qui est arrivé à Maribor, à ma dernière Coupe du monde avant de revenir au Canada. Chaque fois, tant lors du slalom géant que du slalom, j’ai trop poussé à la seconde manche parce que je voulais améliorer mon rang.

Mais c’est le contraire qui s’est produit. J’aurais dû garder la même approche et la même façon de skier que lors de la manche initiale. Les deux fois, j’étais 9e après le premier parcours. Au final, j’ai terminé 16e en slalom géant et 20e en slalom. On dirait que lors des courses, je veux faire quelque chose de différent au lieu de conserver le même plan et rester confiante.

Je dois donc retrouver cette confiance parce que le ski est là. À l’entraînement, je suis forte, je chauffe les meilleures. Je dois seulement prendre le temps de franchir les étapes pour revenir à mon meilleur niveau.

Schladming
Schladming

En tout cas, la performance d’Erik (Guay) à Kitzbühel (2e de la descente) s’est avérée toute une source d’inspiration. Entre les deux manches du slalom géant, j’ai regardé la descente. Dans la mesure du possible, j’essaie de suivre les courses masculines, puisque j’aime bien voir mon copain, l’Américain Travis Ganong, à l’œuvre.

Ça a été une course vraiment excitante à suivre. On ne s’entraîne presque jamais avec les garçons, mais leurs performances et leurs résultats nous inspirent parce que ça montre que le programme canadien fonctionne.

En terminant, je m’en voudrais de ne pas glisser un petit mot sur notre nouvelle recrue, Mikaela Tommy, qui aura même l’occasion de participer aux mondiaux. Mikaela, 17 ans, s’amène en renfort dans l’équipe de slalom géant. C’est une bonne nouvelle, car il n’y avait que Marie-Pier Préfontaine et moi inscrites dans cette discipline. De plus, Mikaela s’est super bien intégrée à l’équipe et tout le monde l’adore.

C’est bien d’avoir une jeune qui nous pousse. Les jeunes arrivent avec une nouvelle énergie qui nous incite aussi à nous dépasser. Et puis, c’est bon de commencer jeune sur le circuit de la Coupe du monde parce que tu réalises que même si tu gagnes en Coupe Nor-Am, ça ne veut rien dire. Ça fait du bien un bon retour à la réalité! C’est comme ça qu’on apprend.

Sotchi me voici

Vendredi 8 février 2013 à 10 h 56 | | Pour me joindre

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Ma série de podiums consécutifs en Coupe du monde s’est arrêtée à 19. Tout un exploit. Il y a plein de gens dans le milieu qui disent que ça ne sera jamais battu, qu’en fait, je suis le seul qui pourrait améliorer cette marque.

Pour ma part, je dois avouer que je ne suis pas du tout fâché que ce record soit derrière moi. Quand je suis arrivé au bas de la piste, j’ai senti une tonne de pression s’envoler.

Mine de rien, de course en course, la pression s’accumulait. Chaque fois que j’étais en haut de la piste, j’entendais l’annonceur poser la question : Kingsbury va-t-il améliorer sa série de podiums? J’étais capable de gérer cette pression parce qu’au portillon de départ, je suis dans ma zone.

En revanche, j’aurais préféré que cette série prenne fin à la régulière, soit en étant battu par un meilleur adversaire ou en commettant une erreur, plutôt que par un bris d’équipement. La partie arrière de ma fixation de droite s’est littéralement cassée juste avant le deuxième saut. Ce n’est qu’une fois au bas de la piste que j’ai constaté le bris. Car au moment de perdre mon ski, je n’ai pas compris pourquoi c’est le droit qui avait lâché alors que tout mon poids se trouvait sur le gauche.

Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury

Après Deer Valley, je suis rentré au Québec pour cinq petits jours de repos bien mérité – la piste de Deer Valley taxe le corps –, avant de m’envoler pour Sotchi où se déroulera l’épreuve test en ski acrobatique la semaine prochaine. Ce sera mon troisième voyage à Sotchi. L’an dernier, j’ai pris part à une Coupe d’Europe… que j’ai gagnée. Et en 2011, j’y suis allé avec l’équipe canadienne juste pour me familiariser avec l’endroit.

C’est donc gonflé à bloc, mais aussi soulagé, que je pars pour la Russie parce que j’ai remporté les trois épreuves en simple de la saison et les trois premières qui servaient de qualification pour les Jeux. On dirait que lors des courses en simple, je me sens plus en mode olympique que lors des deux autres années précédentes. En principe, je suis pratiquement assuré d’aller aux Jeux, même si selon les critères de la Fédération canadienne, je dois également réussir un podium à Sotchi ou aux mondiaux en mars.

Comme j’étais sur le podium de la Coupe d’Europe l’an dernier, des gens de l’organisation m’ont offert une petite répétition préolympique. J’ai visité les installations. Ils m’ont indiqué comment ça se passerait aux JO, ils m’ont montré où sera la zone mixte, les tests antidopage. Donc, ça a été une bonne préparation, même si c’est sûr que ça va être encore plus gros aux JO.

En ce qui a trait à la piste de bosses, elle est belle. Mais ce n’est pas la plus difficile que j’ai vue. Par contre, les conditions changeantes seront difficiles. Une neige molle et collante qui se transforme en glace. Après cinq skieurs, la piste devient comme une grosse boule de neige pleine d’eau qui durcit. Je pense que les conditions seront pires qu’à Vancouver parce que c’est encore plus chaud.

Mikaël Kingsbury sur la piste de Sotchi

Ça fait deux fois que je vais en Russie, mais je ne peux pas dire que j’ai vu grand-chose du pays, à part la montagne et le site pour le patinage, le hockey et les cérémonies. En fait, à Sotchi, il n’y avait rien. Ils nous ont seulement dit que les futures installations seraient construites à tel ou tel endroit.

Sotchi, c’est vraiment dépaysant. Disons que c’est spécial d’être en hiver, de voir de la neige… et des palmiers en même temps! Notre hôtel était sur le bord de l’eau et il y avait des glissades d’eau à côté. Ça me fait penser à Vancouver, les palmiers en plus!

Justement, j’ai déjà vécu l’expérience olympique aux Jeux de Vancouver, où j’étais ouvreur de piste. Je suis vraiment content d’avoir eu un avant-goût des Jeux grâce au Comité olympique canadien. Il a usé de son influence pour que nous soyons là, Philippe (Marquis), Cédric (Rochon), Eddie (Hicks) et moi. On s’est entraînés avec nos coéquipiers de l’équipe canadienne. C’est comme si nous avions coursé, mais avec le stress et la pression en moins.

En haut de la piste, je me suis imprégné du moment en regardant la foule, en regardant les gars se préparer, s’échauffer. En fait, j’étais comme une ombre qui surveillait tout. Ça sera donc un gros avantage d’avoir tout vu et d’avoir profité de ce moment. Parce que pour l’occasion, j’avais les mêmes privilèges que les athlètes, j’avais une accréditation, j’avais accès au salon des athlètes sur le site de la compétition. Seulement pour cette course-là cependant.

À Sotchi, j’aurai une VRAIE accréditation. Je logerai dans le village des athlètes, ce qui n’était pas le cas à Vancouver. J’ai hâte, ça va être vraiment cool.

Kingsbury sur le podium avec les Russes Sergey et Andrey Volkov

Je me demande bien quels coéquipiers vont m’accompagner. La lutte est vraiment serrée dans l’équipe. Marc-Antoine (Gagnon) est vraiment en bonne position, il est le plus constant après Alex (Bilodeau) et moi. Entre Cédric, Simon (Pouliot-Cavanagh), Phil, et même Pascal-Olivier (Gagné) qui vient d’arriver, ça joue du coude. Tous les gars sont capables de faire un podium, mais c’est de savoir qui va le faire au bon moment. Ils ne vont pas se battre à coup de 5e-6e places, mais à coup de podiums.

Les Russes seront à surveiller chez eux. Ils ont toujours été de bons skieurs. Mais leur point faible, c’était les sauts. Ils les ont toutefois beaucoup améliorés. La saison passée, Sergey Volkov a fini 6e au classement des bosses. Et cette saison, c’est Alexandr Smyshlyaev (4e) qui s’illustre. Sauf que dans son cas, il n’a réussi ses podiums qu’à Calgary et à Deer Valley.

Mais c’est sûr qu’eux aussi, comme pour nous à Vancouver, ils ont un objectif pour Sotchi. Je parle beaucoup aux Russes. J’essaie de me rapprocher d’eux, surtout que nos anciens entraîneurs (Stephen Fearing, Jim Schiman et Darcy Down) sont rendus avec l’équipe russe. Cependant, je n’ai jamais eu la chance d’aborder avec eux la question de la pression pour les Jeux de Sotchi.