Blogue de Renaud St-Laurent

Date limite des transactions : le bilan

Jeudi 28 mars 2013 à 8 h 32 | | Pour me joindre

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C’est aujourd’hui que Radio-Canada Sports lance son nouveau blogue « Section 400 ». Avec la collaboration de Guillaume Lefrançois et Renaud St-Laurent, Section 400 vous plongera dans l’univers fascinant du hockey. 

Avant de ressentir les premiers symptômes de la fièvre des séries et l’exaltation des matchs sans lendemain, il y a d’abord cette étape angoissante qu’est la date limite des transactions dans la Ligue nationale de hockey.

Pendant que les joueurs et les journalistes sont sur le qui-vive, les mordus de hockey ont leur journée la moins productive de l’année au travail, car ils attendent avec impatience l’annonce de la transaction qui changera le visage de leur équipe.

Pour l’instant, cette année, ce sont les Penguins qui ont amorcé le bal avec vigueur. Jarome Iginla, Brenden Morrow et Douglas Murray font de la bande à Sidney Crosby une équipe redoutable. Les autres aspirants au trône vont certainement répliquer, mais le feront-ils au cours des prochains jours ou attendront-ils la fameuse date limite?

En attendant la fin des emplettes mercredi prochain, Section 400 vous présente un bilan des quatre dernières périodes de transactions.


Des chiffres en baisse

Au cours des deux dernières années (17 échanges en 2011, 15 en 2012) , la grand-messe de la transaction n’a pas fourni à ses fidèles un sermon digne de ce nom. Pourtant, en 2010, les téléphones intelligents des journalistes sportifs n’ont jamais cessé de vibrer : 31 transactions, un sommet depuis le lock-out de 2004-2005.

« Il y a une grosse tendance dans la Ligue nationale, affirme l’analyste Martin Leclerc. Les directeurs généraux se sont rendu compte que ça valait peut-être la peine, lorsqu’un joueur arrive dans sa dernière année de contrat, d’essayer de s’entendre avec lui plutôt que de le laisser partir sur le marché des joueurs autonomes. »

« Magasiner sur le marché de l’autonomie coûte très cher, ils préfèrent garder les joueurs qu’ils connaissent au sein de leur organisation. »

Du soutien, d’abord et avant tout

Ce qui saute aux yeux lorsque l’on regarde les statistiques des dernières années, c’est le total des salaires des joueurs échangés, des chiffres peu impressionnants compte tenu du nombre d’athlètes concernés.

Au cours des quatre dernières années, le salaire moyen des joueurs échangés s’est situé entre 1,29 million de dollars (2011) et 1,44 million de dollars (2012), bien en-dessous du salaire moyen dans le circuit Bettman (2,45 M$). Alors que l’on rêve à Jarome Iginla, il faut désormais se rabattre sur Drew MacIntyre.

« Les directeurs généraux qui transigent à la date limite ont souvent des équipes gagnantes. Et ce qu’ils veulent aller chercher, c’est de la profondeur, précise Martin Leclerc. Il n’y a pas de DG qui arrive là pour frapper le coup de circuit, aller chercher un joueur qui va changer son équipe. La mission, c’est de trouver des joueurs qui vont la compléter. »

En 2008,  Marian Hossa, Brad Richards, Brian Campbell et Cristobal Huet ont contacté leur courtier immobilier le jour de la date limite des transactions.

Depuis, les joueurs de niveau supérieur (Ilya Kovalchuk, Erik Johnson, James Neal) plient bagage dans les semaines précédant le «Jour J», une réalité qui prend encore plus son sens cette saison.

« Il y a des matchs qui sont disputés tous les deux jours, ça ne vaut peut-être pas la peine de laisser passer trois ou quatre matchs. »

« Souvent, ces joueurs ont des clauses de non-échange, ce qui ne laisse pas une marge de manoeuvre incroyable. Ton terrain de jeu est limité, tu négocies avec 3-4 équipes, lorsque tu parviens à une entente, ça ne donne rien de faire monter les enchères. »

Ces transactions qui ont marqué la date limite

2012 : Zach Kassian et Marc-André Gragnani à Vancouver – Cody Hodgson et Alexander Sulzer à Buffalo

 Verdict Section 400 : Il est encore trop tôt pour évaluer le tout. Hodgson (28 points en 33 matchs) est l’un des rares points positifs pour les Sabres cette saison, mais Kassian (5 buts en 27 matchs) pourrait un jour se retrouver de nouveau dans le trio des frères Sedin et exploser.

2011 : Dustin Penner à Los Angeles – Colton Teubert, un choix de 1er tour en 2011 (Oscar Klefbom) et un choix de 3e tour en 2012 (Daniil Zharkov) à Edmonton

Verdict Section 400 : En attendant de voir les espoirs des Oilers jouer dans la Ligue nationale, l’avantage va aux Kings qui, malgré les nombreux passages à vide de Penner, ont tout de même remporté la Coupe Stanley avec l’aide du gros numéro 25.

2010 : Lubomir Visnovsky à Anaheim – Ryan Whitney et un choix de 6e tour en 2010 (Brandon Davidson) à Edmonton

Verdict Section 400 : Match nul, les deux défenseurs ont rendu de fiers services aux Oilers et aux Ducks au fil du temps, avec la seule différence que Whitney joue encore en Alberta tandis que Visnovsky a depuis été échangé aux Islanders.

2009 : Bill Guerin à Pittsburgh – choix de 3e tour en 2009 (Mike Lee) aux Islanders

Verdict Section 400 : Comme ils le font cette saison, les Penguins étaient en mode location en 2009. Le bon vieux Guerin s’est révélé un atout important (15 points en 24 matchs de séries éliminatoires) et son nom est depuis gravé sur la précieuse coupe Stanley.

2008 : Marian Hossa et Pascal Dupuis à Pittsburgh – Colby Armstrong, Erik Christensen, Angelo Esposito et un choix de 1er tour 2008 (Daultan Leveille) à Atlanta

Verdict Section 400 : Les Penguins l’emportent haut la main. Même si Hossa n’est pas resté très longtemps dans la Ville de l’Acier, Pascal Dupuis demeure à ce jour un membre actif sur la banquise. Les deux espoirs cédés (Esposito et Leveille) n’ont jamais fait leur niche dans la Ligue nationale.

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