Blogue de Ève Christian

Géminides, Toutatis… De la visite dans le ciel en décembre

Vendredi 14 décembre 2012 à 14 h 30 | | Pour me joindre

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Une magnifique, mais mystérieuse pluie d’étoiles filantes…

Comme tous les ans, les Géminides nous reviennent vers la mi-décembre. Mais même si cette pluie d’étoiles filantes enjolive le ciel nocturne depuis 1860, les astronomes ne sont pas encore certains de sa provenance!

Nous, Terriens, avons droit quelques fois par année, à des nuits où les météores se relancent dans l’espace céleste. C’est ainsi parce que la Terre, en route sur son orbite autour de l’astre solaire, traverse un nuage de petits débris rocheux laissés par une comète après son passage plus ou moins récent autour du Soleil. Ces poussières de roche pénètrent à une vitesse olympique dans notre atmosphère, se consument et forment des traits lumineux dans le ciel qu’on appelle étoiles filantes.

Une comète est en soi une immense balle de glace sale en orbite autour du Soleil. En s’en approchant, les glaces, composées de gaz gelés et mêlés avec des millions de particules de roches, fondent en partie et forment une longue queue qui se déploie sur plusieurs millions de kilomètres.

Remarquez que cette queue est toujours opposée au Soleil. Elle suit la comète à l’approche du Soleil et une fois qu’elle l’a contourné et s’en éloigne, la queue se retrouve devant la comète. Ce sont les particules rocheuses de cette queue qui forment alors le nuage de poussière dans lequel passe parfois la Terre et qui produit les merveilleux spectacles célestes que sont les pluies d’étoiles filantes.

Chacune a sa comète mère. Par exemple, les Perséides observées à la mi-août sont dues à la comète Swift-Tuttle. Alors, qui est responsable du ruban de poussière qui produit les Géminides? Les astronomes ne savent pas très bien. Des hypothèses sont formulées, mais restent à prouver.

L’orbite d’une roche de 5 km de diamètre nommé Phaeton laisse supposer que cet astre n’y serait pas étranger. Mais qu’est-ce que Phaeton? Une comète rocheuse qui, par décomposition thermique en frôlant le Soleil, aurait éjecté un flot de poussières? Un petit astéroïde qui se serait fragmenté de son parent? Ces questions en suscitent d’autres et rien n’est encore résolu complètement.

Quoi qu’il en soit, les nuits du 13 et du 14 décembre seront les plus propices à l’observation des météores, mais on pourra aussi en voir les nuits suivantes. Éloignez-vous de la ville et de sa pollution lumineuse, habillez-vous chaudement et regardez vers l’est en soirée, là où se lève la constellation des Gémeaux. Puisque la Lune est nouvelle, elle n’illumine pas le ciel. Cela nous permet d’en repérer plusieurs… Et ça durera presque jusqu’au lever du soleil.

Une nouvelle pluie de météores

On prévoit qu’il y aura avec les Géminides une centaine d’étoiles filantes à l’heure. D’après les astronomes de la NASA, il pourrait y en avoir une trentaine de plus à l’heure. Cette nouvelle pluie de météores vient de la comète Wirtanen qui a été découverte en 1948 et qui orbite autour du Soleil en un peu moins de cinq ans et demi. Son orbite croise celle de notre planète depuis longtemps, mais jamais la Terre n’avait encore traversé le ruban de poussière laissé par cette comète et qui produit cette nouvelle pluie de météores de décembre.

Pas encore officiellement baptisée, cette pluie pourrait s’appeler Piscides, car les étoiles filantes semblent émaner de la constellation du Poisson. Ces petites roches en feu se déplaceront lentement pour permettre un repérage plus facile que pour les rapides Géminides. Préparez vos vœux, car avec autant d’étoiles filantes à l’heure, ça prendra une longue liste! Ça tombe bien, Noël approche!

Le voici de retour
L’astéroïde Toutatis a été découvert pour la première fois en 1934, puis a été perdu de vue… On l’a retrouvé en 1989 et depuis, il revient dans le voisinage de la Terre tous les quatre ans. Sa visite ne présente aucun danger de collision, car il passe à 7 millions de kilomètres. Mais il y a 8 ans, on peut dire que Toutatis avait frôlé la Terre. Le 29 septembre 2004, il était à 1,5 million de kilomètres, soit quatre fois la distance Terre-Lune. C’était la plus courte distance avec notre planète depuis l’an 1353. Et la prochaine fois ce sera en 2562.

Cet astéroïde de forme très irrégulière, qui fait penser à une arachide, mesure 4,6 km par 2,4 km par 1,9 km. Une hypothèse suggère qu’il pourrait avoir été créé par l’amalgame de deux astéroïdes, un plus petit et un plus gros. Sa proximité permettra aux astronomes de poursuivre la collecte de données sur ce type d’astre et surtout de préciser, entre autres, sa composition et la répartition de sa masse. Les images révéleront des détails de sa surface de deux à cinq fois plus précisément que ce qu’avaient donné les précédents instruments.

Tout ça grâce à un nouveau système d’imagerie radar installé au complexe Goldstone de la NASA dans le désert de Mojave, au sud-ouest des États-Unis. Ces instruments prendront des photos de Toutatis sous tous ses angles entre le 4 et le 22 décembre. Même si les astronomes sont certains que cet astre ne frappera pas la Terre d’ici plusieurs centaines d’années, grâce aux nouvelles données, ils espèrent prévoir sa trajectoire encore plus loin dans le temps.

En plus de sa forme bizarroïde, Toutatis se fait remarquer par la façon dont il tourne sur lui-même. Les planètes et la plupart des astéroïdes pivotent de manière régulière, autour d’un simple axe. Toutatis, lui, tourne à la manière d’un ballon de football mal lancé! Cette vidéo est vraiment éloquente.

C’est d’ailleurs un autre objectif des observations radars : comprendre cette étrange rotation et savoir comment les forces de marées du Soleil et de la Terre l’influencent. Chaque voyage que l’astéroïde fait autour du Soleil modifie légèrement sa rotation.

Mais ne le cherchez pas dans le ciel, il n’est pas visible à l’œil nu. Contentez-vous des étoiles filantes…

À la chronique radio cette semaine

En plus de présenter les Géminides à Jean-Pierre Girard, animateur de L’heure de pointe, le 13 décembre à Radio-Canada Saguenay, je lui parle des autres pluies annuelles de météores et on tente de comprendre quel est l’astre qui cause ces Géminides depuis plus de 150 ans. Écoutez pour tout savoir!