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Des journées internationales de ci et de ça, il y en a de toutes sortes : le 22 avril, c’est le Jour de la Terre, le 8 mars, la Journée internationale de la femme, le 29 avril, le Jour de la danse, le 13 février la Journée mondiale de la radio et il y a même une Journée internationale de la lenteur, le 21 juin.

Ce qu’on remarque, par contre, c’est qu’année après année, ces éléments sont soulignés toujours à la même date, ce qui n’est pas le cas avec la Journée internationale de l’astronomie. Pourquoi? Parce qu’elle est définie comme étant le samedi le plus près du premier quartier de lune qui se produira entre la mi-avril et la mi-mai. Cette année, ça tombe bien : le premier quartier arrivera le 25 avril, un samedi.

C’est donc pour souligner cette journée, qui depuis 1973 a pour but de faire connaître l’astronomie au grand public, que j’ai pensé traiter de quelques faits intrigants de notre système solaire.

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Représentation du système solaire
(Crédit : NASA)

Mon Vieux, Tu M’as Jeté Sur Un Nuage

Cette courte phrase est utile pour retenir la position des planètes à partir du Soleil : Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune.

Mercure étant la planète le plus près du soleil, elle devrait logiquement être la plus chaude, mais ce n’est pas le cas. C’est plutôt Vénus, même si elle est située presque deux fois plus loin. Il faut se méfier des idées préconçues.

L’atmosphère de Vénus est la principale responsable. D’abord, Mercure n’a pas d’atmosphère, alors que celle de Vénus est très épaisse et retient à la surface de la planète la chaleur solaire accumulée, comme le ferait un couvercle sur un chaudron chaud. Une centaine de fois plus épaisse que celle qui entoure notre planète, la couche atmosphérique vénusienne est composée presque entièrement de dioxyde de carbone, ce fameux gaz à effet de serre.

Vous avez sûrement une idée de la suite de l’histoire : la couche d’atmosphère laisse entrer librement l’énergie solaire qui se rend au sol, mais ne permet pas au rayonnement émis par la surface terrestre de s’échapper aussi facilement. Résultat : la température s’élève à des niveaux extrêmes : 480 ºC, ce qui est assez chaud pour faire fondre le plomb. Sur Mercure, il fait autour de 430 ºC le jour, mais -100 ºC la nuit, puisqu’il n’y a pas d’atmosphère pour conserver la chaleur.

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Dimensions proportionnelles de Pluton, planète naine, par rapport à la Lune.
(Crédit photo : NASA)

Que d’histoire pour un si petit astre : Pluton

En 1781, des astronomes découvrent la septième planète du système solaire, Uranus. Mais, constatant une légère déviation dans son orbite, non prévue selon leurs calculs, ils croient que la force gravitationnelle d’un autre corps céleste encore plus loin du soleil en serait responsable. Les recherches se poursuivent donc et, en 1846, Neptune, la huitième planète, est découverte.

Les scientifiques ne sont toutefois pas convaincus que c’est l’effet de Neptune qui dévie l’orbite d’Uranus. Ils retournent à leur table de travail pour finalement découvrir Pluton en 1930. Celle qui a, pendant 76 ans, été reconnue comme la neuvième planète du système solaire a été démise de ses fonctions en 2006 et reclassée comme planète naine, au même titre que Cérès et Eris.

Dans un sens, le reclassement est logique. Pluton, dont le diamètre est de 2300 km, est plus petite que notre Lune, qui fait 3475 km. Concrètement, on pourrait déposer Pluton sur le continent américain entre la Californie et le Maine et elle remplirait à peine la moitié du territoire. Cela étant dit, les recherches astronomiques étant en perpétuel développement, il semblerait que les supposées perturbations d’Uranus n’étaient qu’imaginaires! Mais au moins, elles auront servi à découvrir deux autres corps planétaires… par hasard!

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Saturne, le « seigneur des anneaux »
(Crédit photo : NASA)

Saturne et ses magnifiques anneaux

Dès la petite école, la planète Saturne et ses anneaux colorés fascinent l’imaginaire. On la dessine, on la voit dans les livres, on l’imagine en vraie, toute belle avec ses anneaux, qui ont été vus pour la première fois par Galilée en 1610. Mais Saturne n’est pas si unique que ça. Dans le système solaire, trois autres planètes possèdent aussi des anneaux : Jupiter, Uranus et Neptune. Ils sont toutefois moins spectaculaires que ceux de Saturne. Ces derniers sont brillants et faciles à discerner parce qu’ils sont composés de particules de glace réfléchissant facilement la lumière.

Les anneaux de Jupiter sont très sombres et difficiles à observer. Composés de poussières, ils pourraient aussi contenir des fragments de météores ou d’astéroïdes et des particules éjectées par l’une de ses lunes, la volcanique Io.

Le système annulaire d’Uranus, résultat probable de collisions entre d’anciennes lunes orbitant autour de cette planète, est moins obscur. Les anneaux ont été découverts récemment, en 1977.

C’est cette découverte qui a mené les astronomes à scruter plus attentivement les environs de Neptune et à découvrir, en 1984, cinq anneaux bien distincts, mais qui sont très sombres, semblables à ceux de Jupiter. Contrairement à ceux de Saturne, les anneaux des trois autres planètes géantes ne peuvent pas s’observer par un petit télescope. On peut donc laisser à Saturne son titre de « seigneur des anneaux », même si d’autres petits princes en sont aussi porteurs…

Le vol en V des… des quoi déjà?

Jeudi 16 avril 2015 à 14 h 11 | | Pour me joindre

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Bernaches au Parc de la Visitation
(Collection personnelle)

Que vous habitiez le sud ou le nord du Canada, vous les verrez bientôt, si ce n’est pas déjà fait. Qui ça? Ces grands oiseaux qui volent souvent en formation en V, dont les cris ressemblent à des aboiements. Mais justement, qui sont-ils? Des oies, des outardes, des canards ou des bernaches? Quand vient le temps de donner une réponse à cette question, j’entends de tout et l’obstination printanière revient année après année.

J’ai donc consulté un expert, Jean-Sébastien Guénette, directeur de QuébecOiseaux, pour connaître le nom exact de ces oiseaux qui s’amènent par chez nous ces semaines-ci.

En plus de la bernache du Canada, une nouvelle espèce de bernache s’est pointée depuis quelques années, la bernache de Hutchins (ou cackling goose). Elle est vue particulièrement dans le Grand Nord, mais on peut l’observer en moindre nombre dans toutes les provinces pendant les migrations. Elle est plus petite que la bernache du Canada, avec un cou et un bec bien plus petits.

Les sous-espèces moffitti et maxima des bernaches du Canada, qu’on appelle résidentes, passent l’été avec nous, que ce soit aux États-Unis ou dans le sud du Canada. Ce sont celles qui se promènent sur les terrains de golf ou qui pataugent sur les étangs et les rivières. Les sous-espèces parvipes, canadensis et interior, appelées aussi migratrices, nichent dans le nord de toutes les provinces, dans la forêt boréale et la toundra. On peut tout de même les observer dans le sud, surtout au printemps et à l’automne.

Voici une carte de la répartition des bernaches au Canada.

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Bernache de Hutchins à gauche et bernache du Canada à droite
(Crédit photo: Bill Schmoker)

La migration

Même si on remarque de plus en plus de bernaches parmi nous pendant l’hiver, la grande majorité part vers le sud quand l’automne arrive.

D’après M. Guénette, le phénomène de migration reste encore mystérieux, et les réponses avancées pour en expliquer certains comportements sont parfois hypothétiques. Ce qui déclenche le moment du départ serait hormonal, mais dans quelle mesure? Difficile à dire. Les experts pensent que la luminosité et probablement la température seraient des éléments déclencheurs.

Selon les données récoltées depuis des années à QuébecOiseaux, on note une tendance : ces oiseaux semblent revenir vers chez nous plus tôt au printemps et leur départ à l’automne se fait plus tardivement. Les changements climatiques pourraient être en cause, mais c’est loin d’être certain. Il est aussi difficile à comprendre comment elles arrivent à détecter le nord magnétique et à ne pas se perdre pendant leurs migrations.

Ces oiseaux ne font pas beaucoup de kilométrage. Elles n’iront jamais aussi loin qu’en Amérique centrale ou du Sud, mais vont plutôt s’arrêter aux États-Unis. L’hiver, elles nichent entre autres sur les côtes est et ouest américaines. Elles ne fuient pas le froid, mais la glace et la neige.

Voici les explications de Jean-Sébastien Guénette.

Selon les régions, les bernaches du Canada font leur apparition vers le début de mars, et on peut en voir arriver jusqu’à la mi-mai. Pendant cette période, elles se tiennent en groupe, pour principalement se nourrir et faire des réserves d’énergie. Elles dorment souvent près des étendues d’eau, mais se nourrissent ailleurs, comme dans les champs.

Ce sont ces allers-retours entre le dortoir et la salle à manger qui nous donnent parfois l’impression qu’elles ne se dirigent pas toujours vers le nord. Dans quelques semaines, elles s’y dirigeront définitivement pour s’installer dans leurs quartiers d’été afin de fonder leur famille. La ponte est normalement prévue pour juin.

Quand les petits seront élevés, vers le mois de septembre, on verra les premières bernaches s’éloigner vers leurs aires d’hivernage au sud. Les dernières devraient partir en novembre. L’espérance de vie d’une bernache du Canada est d’une vingtaine d’années.

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Vol en V
Collection personnelle

La fameuse formation en V

Naturellement, pour les longs vols, les oiseaux vont se positionner en V, car ils réalisent qu’ils ont ainsi moins d’efforts à fournir. L’oiseau à la pointe du V ouvre le chemin et les autres profitent des turbulences créées par l’oiseau qui le précède. Après quelques minutes, la bernache en tête cède sa place à la prochaine et ainsi de suite. C’est ce que font aussi les cyclistes ou les patineurs de vitesse dans les courses par équipe. Comme quoi l’homme n’a rien inventé et peut encore se fier à l’instinct animal dans ce domaine.

Jean-Sébastien Guénette nous donne plus de détails.

Pour en savoir plus sur les lieux d’observation des différents types de bernaches et à quel moment les observer, le site ebird.org est parfait. Tous les ornithologues de la planète vont y inscrire leurs observations, ce qui permet d’avoir un portrait de la distribution des oiseaux. En temps réel, des cartes indiquent où se trouvent les oies. Et des outils de visualisation sont mis à la disposition des amateurs.

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Oies des neiges
(Crédit photo : Jean-Sébastien Guénette)

Il me semble fascinant de découvrir des objets plusieurs années après qu’ils eurent été enfermés ou cachés quelque part. C’est ce qui s’est passé le 31 mars dernier, lors du deuxième anniversaire du Planétarium Rio Tinto Alcan de Montréal.

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Sphère inférieure du planétaire Zeiss, scellée jusqu’en 2050
(Crédits photo : Geneviève Milot)

Le contexte est amusant. En 2014, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec a proposé au Planétarium de se joindre à lui pour donner une tournure scientifique à l’examen provincial de français de sixième année afin de motiver les élèves. Ces jeunes devaient rédiger, sous forme d’une lettre à remettre aux enfants du futur, leur vision de ce que sera la vie en 2050, en s’inspirant de l’avenir vu par trois scientifiques d’aujourd’hui : Danielle Monfet, ingénieur en mécanique du bâtiment, Pavel Hamet, médecin, et Pierre Chastenay, astronome et communicateur scientifique.

Les textes devaient présenter plusieurs parties :

  1. une mise en contexte, afin que le jeune lecteur en 2050 comprenne de quoi il s’agit;
  2. la description par le jeune d’aujourd’hui d’une prédiction d’un des trois scientifiques mentionnés précédemment;
  3. son explication du choix d’une technologie qu’il veut voir évoluer;
  4. la présentation de ce qu’il souhaite conserver de notre époque;
  5. sa perception quant à savoir si la vie en 2050 sera meilleure qu’aujourd’hui;
  6. son souhait en tant que jeune d’aujourd’hui pour un jeune du futur.
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Capsule temporelle avec deux objets qui y seront insérés

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L’aventure aurait pu se terminer là, mais le Planétarium a voulu pousser plus loin le projet. Inspirés par une capsule qui avait été découverte dans les murs de brique du Planétarium Dow (l’ancien Planétarium de Montréal) à sa fermeture en 2011, ils ont pensé reproduire l’idée. Mais que mettre dans cette capsule? D’abord, les textes de ces jeunes. Parmi les 77 000, les professeurs en ont donc sélectionné quelques-uns, mais c’est un jury qui a choisi les 25 lettres qui ont été mises dans la capsule avec d’autres objets.

Cliquez ici pour lire ces lettres et comprendre les préoccupations des jeunes, qui  sont de tous ordres.

Annabelle Poulin, 12 ans, de Québec, et Édouard Castonguay, 13 ans, de Rimouski, nous racontent.

 

Dans la capsule scellée en 1966, on retrouvait des objets usuels, dont des coupures de journaux et une bande-annonce audio. Mais comme on n’avait pas pensé à appliquer des techniques de conservation, il y a eu bien des problèmes pour relire cette bande-annonce. Pierre Lacombe, directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan, nous en parle.

 

Cette fois-ci, des mesures de conservation ont été appliquées. Afin de bien conserver les textes, ils ont été mis sur plusieurs plateformes. Pierre Lacombe nous les décrit et nous liste aussi certains des objets mis dans la capsule.

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Lettres des jeunes

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Chandail d’un animateur scientifique

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Dépliant du premier planétarium (Planétarium Dow) en 1966 et photo des premiers visiteurs du Planétarium Rio Tinto Alcan (6 avril 2013)

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Selon le matériau de chaque objet, métal, tissu, papier, végétal, il fallait appliquer les moyens de conservation adéquats et en faire la manipulation avec des gants. Sarah Arsenault, muséologue responsable du projet de la capsule temporelle, nous en parle.

Une fois tous les objets insérés à la manière d’un jeu Tetris, pour que rien ne bouge ou ne se détériore, la capsule scellée à double tour a été placée dans un écrin de velours coussiné et mise dans la sphère inférieure de l’ancien projecteur d’étoiles Zeiss, dont l’ouverture, à son tour, a été scellée. Le planétaire Zeiss, en exposition au Planétarium Rio Tinto Alcan, ne sera rouvert qu’en 2050, tout comme la capsule.

Voici la vidéo de la mise en place, filmée par moi!

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Planétaire Zeiss

Tant qu’à faire les choses, le Planétarium a voulu faire ça en grand. Il voulait que la capsule ressemble à un trésor quand on la retirera de son antre. Confectionnée sur mesure, cette capsule, qui est un tuyau d’acier inoxydable long de 35,5 cm et d’un diamètre de 15 cm, a été recouverte du même vernis que celui des camions de pompier, afin que le métal soit encore brillant dans 35 ans.

« 2050 : entre le rêve et la réalité » est une belle histoire. Alors, on se donne rendez-vous en 2050 devant le Planétarium? Ce n’est que dans trois décennies et demie…

PLacombe et les jeunes

Pierre Lacombe, directeur du Planétarium Rio Tinto Alcan, avec la capsule, devant le planétaire Zeiss et entouré de certains des 25 jeunes qui ont écrit les lettres.
(Annabelle est dans la deuxième rangée vers la droite en chandail rose, Édouard est juste devant elle.)