Accueil

les 4 officiel2-crop

François Reeves, David Suzuki et Jean Lemire

Depuis le 24 septembre et jusqu’au 9 novembre, David Suzuki, généticien, communicateur scientifique, auteur et cofondateur de sa fondation, sillonne le Canada d’un océan à l’autre avec sa tournée Bleu Terre. Il veut passer son message, qui est bien simple en soi. « Y a-t-il un droit plus fondamental que celui de respirer de l’air pur, de boire de l’eau claire et propre, et de manger des aliments sains? Pensons aux générations futures et transmettons les leçons qu’on a apprises au cours de notre vie. »

J’ai eu la chance d’assister à la conférence « Une planète, un avenir : notre droit de vivre dans un environnement sain », qui a eu lieu au Jardin botanique le dimanche 12 octobre dernier. Suzuki était accompagné de deux autres scientifiques dignes de mention : le cardiologue François Reeves et le biologiste cinéaste Jean Lemire. Chacun à sa façon et selon son domaine d’expertise est venu exposer l’urgence de la situation pour prendre soin de notre environnement, au Canada, pour les générations futures. Ils étaient tellement passionnés qu’ils ont allumé une étincelle en moi et m’ont fait réaliser qu’il faut bouger, maintenant.

francois-reeves_sn635-OK

 François Reeves

Dr François Reeves

Ce cardiologue a fait un parallèle intéressant entre la santé et l’environnement sain auquel tout humain a droit. Cet environnement qui, pour le moment, ne présente rien d’idéal. Il a évoqué des études faites récemment et communiquées par l’Organisation mondiale de la santé au printemps dernier. Ces données mettent en évidence un fort lien entre la pollution de l’air et l’occurrence élevée des maladies cardiovasculaires, ainsi qu’entre le cancer et la pollution de l’air. Certaines grandes villes ont un taux de pollution si élevé que si on avait réussi à en purifier l’air, sept millions de décès prématurés dans le monde auraient pu être évités en 2012. La pollution de l’air est dorénavant le principal risque environnemental pour la santé. En connaissant mieux les maladies provoquées par cette pollution atmosphérique et l’effet de l’exposition de l’humain aux polluants, on peut arriver avec les chiffres suivants (OMS) :

Décès dus à la pollution extérieure
  • 40 % : cardiopathies ischémiques
  • 40 % : accident vasculaire cérébral
  • 11 % : bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO)
  • 6 % : cancer du poumon
  • 3 % : infections aiguës des voies respiratoires inférieures chez l’enfant
Décès dus à la pollution intérieure
  • 34 % : accident vasculaire cérébral
  • 26 % : cardiopathies ischémiques
  • 22 % : bronchopneumopathies chroniques obstructives (BPCO)
  • 12 % : infections aiguës des voies respiratoires inférieures chez l’enfant
  • 6 % : cancer du poumon

 

Le Dr Reeves a aussi utilisé un énoncé de Salim Yusuf, un collègue de l’Université McMaster, en Ontario, pour souligner un défi auquel la population devra faire face. « Après tout, la maladie coronarienne était peu fréquente avant 1830. Pourquoi ne pourrait-elle pas le redevenir en 2050? »

En fait, la révolution industrielle a inclus des nanoagresseurs, comme les appelle le Dr Reeves, dans notre quotidien. Si une ville les éradiquait complètement et était proactive d’un milieu vert, elle pourrait observer une réduction de 25 à 75 % de la morbidité cardiovasculaire. Il est prouvé que plus le taux de polluants augmente, plus s’élève le taux de calcifications artérielles, de thrombophlébites, d’infarctus aigus, d’AVC et de complications diabétiques.

Les nanoagresseurs alimentaires

Les nanoagresseurs aériens

  • Sel
  • Fructose et glucose
  • Gras trans
  • Acide phosphorique
  • Pesticides
  • CO2 (gaz carbonique – gaz à effet de serre)
  • NO2 (dioxyde d’azote)
  • SO2 (dioxyde de souffre – aérosols)
  • Particules fines (créées par les feux de forêt, les éruptions volcaniques et les activités humaines telles que le chauffage au bois, la combustion du charbon et les automobiles)
  • COV (composés organiques volatiles)
  • Ozone
  • Plomb, mercure

 

Des études hollandaises menées entre 1986 et 1994 sur 4492 personnes montrent que plus une population vit près d’une voie routière polluée, plus la mortalité cardiovasculaire est élevée. On observe une hausse de 95 % pour ceux qui habitent à moins de 50 mètres…

À Boston, de 1995 à 1996, on a remarqué que sur 772 infarctus, plusieurs ont été causés par des pics de pollution. Une hausse de 49 % a été constatée dans l’heure suivant un maximum, et 69 % dans les 24 heures suivantes.

Ce n’est pas compliqué, c’est mathématique. L’humain a besoin d’oxygène pour vivre. Est-ce qu’un jour, le taux actuel compris dans notre atmosphère de 21 % et essentiel à la vie diminuera dramatiquement? En adoptant des stratégies plus saines, en plus d’être économique dans le domaine de la santé, ce serait aussi bénéfique pour le climat!

equipage Sedna OK

L’équipe du Sedna IV pour la mission 1000 jours pour la planète

Jean Lemire, biologiste

Sa mission 1000 jours pour la planète avec l’équipage du Sedna IV vient de se terminer. Évidemment, les nouvelles ne sont pas bonnes, comme on peut le constater en écoutant ses émissions sur RDI qu’on peut voir à partir de Tou.tv. Lors de cette conférence, il a abordé plusieurs points.

D’abord, la déforestation qui est un fléau de plus en plus important. On brûle les forêts, car couper les arbres prend trop de temps. La fumée occasionne des problèmes de santé pour les habitants de ces régions, les animaux paniquent, ne sachant plus où se diriger, et se retrouvent sans habitat. Certaines espèces seront ainsi enrayées de la surface de la planète.

D’après Lemire, la fin n’est pas loin, entre autres pour le rhinocéros de Sumatra et les éléphants de la province de Rio en Indonésie. Et ce qu’il dit rejoint le récent constat de la WWF (le Fonds mondial pour la nature), qui expose qu’en 40 ans (de 1970 à 2010), 52 % des espèces d’animaux de toutes sortes (mammifères, poissons, oiseaux, reptiles et amphibiens) sont disparues de notre planète.

Le biologiste ajoutait à ça que 90 % des grands poissons prédateurs, responsables de l’équilibre marin, sont décimés et que 87 % des océans sont surexploités ou exploités à leur limite. Qu’arrivera-t-il au milliard d’humains qui dépend de la mer pour subsister? Que peut-on faire, nous de l’Amérique du Nord, pour enrayer cette pratique? S’informer sur les produits faits à base d’huile de palme, car en les achetant on contribue à détruire les forêts du monde.

Finalement, Jean Lemire nous a parlé du troisième et dernier volet de ces 1000 jours, pendant lequel le Sedna IV est allé naviguer sur le Saint-Laurent et en Arctique. Rappelez-vous qu’il y a tout juste 12 ans, en 2002, Lemire et le Sedna IV menaient leur mission Arctique. Le cinéaste dit que tout a tellement changé qu’il a de la difficulté à reconnaître certains lieux. Il ne faut plus penser à trouver de la glace arctique en été, c’est terminé.

Plusieurs bateaux de croisière y défilent maintenant et des entreprises minières s’y installent. D’ailleurs, quelle n’a pas été sa surprise d’avoir été chassé du Milne Inlet, pouponnière de narvals rappelant des souvenirs merveilleux à l’équipage, par un entrepreneur minier américain installé au fond du fjord. On lui indiquait que cet endroit était privé! Un quai profond est en construction et il servira à exploiter un des gisements de fer le plus pur au monde.

Son voyage l’a aussi mené près d’Anticosti, où il a constaté ce qu’a donné l’exploitation du pétrole de schiste pour les habitants de l’île. De 800 qu’ils étaient à la fin des années 1920, ils ne sont plus que 200 qui se demandent s’ils auront du travail dans quelques mois…

Suzuki1-crop

David Suzuki

David Suzuki, le grand

C’est avec le chapeau de grand-père et d’aîné de la société que David Suzuki rencontre des gens de tous âges partout au Canada pour leur dire de prendre le flambeau afin d’assurer la pérennité de son enseignement sur notre environnement. Avec cette tournée, il veut sensibiliser la population canadienne pour que le droit d’avoir un environnement sain soit inscrit dans la Constitution de notre pays, comme ça l’est dans celle de 110 pays.

Avec l’inscription de tels droits, ça voudrait dire qu’un jour les Canadiens pourront boire l’eau directement de leur robinet sans crainte de devenir malade. Ça signifie que dans des villes comme Sarnia en Ontario, le droit des habitants de respirer un air pur passerait avant celui d’avoir des raffineries.

On est d’accord que ça ne changerait rien aux décisions prises par le passé comme celle des sables bitumineux, mais ça contribuera grandement à orienter les décisions économiques futures des entreprises en les obligeant à respecter l’environnement.

Les pays qui ont cette clause dans leur Constitution agissent pour améliorer le niveau de pollution et pour contrer les changements climatiques. Ils sont économiquement performants tout en offrant des soins de santé à moindres coûts. L’économie d’un pays ne peut pas être forte si les gens qui y vivent ne sont pas forts et en santé.

Il a évoqué son enfance au milieu du siècle dernier lorsque la nature était abondante et saine, et il l’a comparée avec aujourd’hui.

- Enfant, il ne connaissait pas le mot asthme, alors qu’aujourd’hui il y a autant d’asthmatiques dans une classe que de roux.
- Il pêchait avec son père tout près de chez lui à Vancouver. Maintenant, il doit faire des kilomètres pour y emmener ses petits-enfants.
- Et il n’aurait jamais cru qu’un jour on devrait payer plus cher pour de l’eau en bouteille que pour de l’essence!

Le Canada possède plus d’eau fraîche que n’importe quel autre pays, mais le mercure la pollue. Nos pratiques agricoles et industrielles actuelles ont tellement changé que, maintenant, chaque humain porte dans ses os et ses muscles, des douzaines de polluants toxiques à différentes doses.

Oui, on peut contribuer au changement, dit Suzuki

Suzuki a étalé des changements qui se sont faits au cours des dernières décennies. L’effondrement du mur de Berlin à la fin à la guerre froide, et qui a détruit l’Union soviétique, a été amorcer par des gens ordinaires. Nelson Mandela a fait cesser l’apartheid. Rachel Carson, scientifique auteure du livre Silent Spring, a fait changer les lois sur les pesticides. Plusieurs autres exemples ont été mentionnés. Rappelez-vous qu’il n’y a pas si longtemps, on fumait partout, et tout ça a changé. Des changements qu’on pourrait croire impossibles peuvent se produire, et parfois très rapidement.

Le défi qui nous attend est celui de voir le monde autrement, car la façon dont on le voit influence notre comportement face à lui. L’environnement fait partie intégrante de l’humain. Ce qu’on lui fait, on se le fait directement. Ses exemples parlent d’eux-mêmes. Ne voyons pas les forêts simplement comme de la pâte à papier et du bois de charpente à exporter, mais plutôt comme des bosquets secrets cachant des merveilles de la nature. Le sol n’est pas que de la poussière, il est un monde complexe d’organismes. Notre maison est notre chez-soi et non pas qu’un bien immobilier.

David Suzuki nous demande de travailler tous ensemble pour faire partie de ce changement et d’exiger que ce droit soit inscrit dans la Constitution canadienne. Une fois cette action faite, on aura enclenché le mouvement du changement. N’oublions pas que la santé de la planète et la nôtre sont reliées.

On en parle aussi à ma chronique science du 16 octobre 2014, avec Jean-Pierre Girard, animateur de L’heure de pointe à Radio-Canada Saguenay.

Pour s’informer sur la fondation de David Suzuki.

Verrez-vous l’éclipse totale de Lune?

Vendredi 3 octobre 2014 à 11 h 35 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

@eve_christian

eclipse-totale-nasa-fr

Crédits photo : NASA

Les nuages ayant envahi le ciel de Montréal ce mercredi 8 octobre 2014, j’ai suivi l’éclipse virtuellement. Tout au long de ce blogue, vous trouverez ici et là, des images captées à différents moments de l’éclipse (l’heure est inscrite), à partir de l’écran de mon ipad, en provenance de divers sites astronomiques, tel que listés au bas de ce blogue. Comme quoi, vaut mieux voir virtuellement que pas du tout!

eclipse-6h25

Entrée de la Lune dans le cône d’ombre de la Terre.

Dans la nuit du mercredi 8 octobre, il y aura une éclipse totale de Lune. Cette éclipse fait partie de la tétrade qui s’étalera pendant un an et demi. Les deux dernières éclipses lunaires auront lieu le 4 avril et le 28 septembre 2015. Selon notre position sur le territoire canadien, on la verra en partie ou en totalité. Et évidemment… si le ciel est sans nuages!

L’éclipse totale de Lune

Pour bien comprendre le phénomène, utilisons une approximation qui demeure tout de même assez juste. La Lune tourne autour de la Terre, et la Terre, autour du Soleil. À un moment précis de leurs mouvements relatifs, la Lune se retrouve à l’opposé du Soleil, avec la Terre entre les deux astres. Comme si on alignait horizontalement de gauche à droite sur un même plan, le Soleil, la Terre et la Lune. On est alors en situation de pleine lune. Dans cette configuration, le Soleil éclaire la Terre et quand la Lune, cheminant sur son orbite, se trouvera à passer derrière la Terre, elle sera alors dans son ombre. C’est l’éclipse lunaire.
eclipse lunaire-rc

Cette explication est très simplifiée. Si ça se passait comme ça dans la vraie vie, on aurait une éclipse lunaire chaque mois, à chaque pleine Lune. En réalité, ces trois astres circulent dans un espace à trois dimensions, donc pas dans le même plan. Il faut que la géométrie spatiale soit dans des conditions idéales pour avoir un phénomène d’éclipse. L’orbite lunaire étant inclinée de 5⁰ par rapport à l’orbite de notre planète, la pleine lune passe, la plupart du temps, au-dessus ou en dessous de l’ombre de la Terre. Alors, ça ne crée pas d’éclipse.

eclipse-7h25

À quelle heure et que pourra-t-on voir?

Tout commencera dans la nuit ou à l’aube du mercredi 8 octobre, selon notre position géographique est-ouest. D’abord, il faudra repérer la Lune qui sera relativement basse à l’ouest. L’idéal est de s’installer dans un lieu d’observation où cet horizon est dégagé d’obstacles. La pollution nocturne de la ville n’empêchera pas l’observation, car la Lune, pleine, est facilement visible. Puis, selon l’endroit où vous serez, vous verrez en partie ou en totalité les différentes phases de l’éclipse. Les heures mentionnées ci-dessous sont toutes locales.

Pour les provinces maritimes (par exemple, pour Moncton au Nouveau-Brunswick), la phase partielle de l’éclipse — quand l’apparence de la Lune commence à changer et à rougir — débutera à 6 h 14. La Lune entrera dans la phase d’éclipse totale entre 7 h 25 et 8 h 24. Malheureusement, comme la Lune se couchera à 7 h 27 et que le Soleil se lèvera à 7 h 31, il sera tout juste possible de voir le début de la phase partielle.

Pour les provinces voisines du Québec et de l’Ontario, c’est à 5 h 14 que commencera la phase partielle de l’éclipse. La Lune sera dans la phase totale entre 6 h 25 et 7 h 24. Cependant, deux problèmes empêcheront l’observation des dernières phases. D’abord, la Lune descendra de plus en plus vers l’horizon pour s’y coucher (par exemple, à 7 h 7 à Montréal ou 7 h 16 à Ottawa). Puis, comme le Soleil se lève à ces heures-là (7 h 1 à Montréal et 7 h 10 à Ottawa), il éblouira le ciel de ses lueurs matinales. Donc, pour les Québécois et les Ontariens, l’observation de l’éclipse s’arrêtera après l’entrée dans la phase totale. (Voir l’illustration ci-après. Les heures indiquées d’un astérisque ne sont pas observables de Montréal, car la Lune sera couchée et le Soleil, levé.)

eclipselune20141008_heures

La trajectoire de la Lune dans l’ombre de la Terre (HAE)
(Crédit : Marc Jobin, Planétarium Rio Tinto Alcan; d’après des données de F. Espenak, NASA/GSFC)

Par contre, plus on se déplace vers l’Ouest canadien, meilleures sont les chances d’avoir accès à un spectacle complet. Mais il faudra payer le prix et se tirer du lit en plein milieu de la nuit!

Pour Regina, en Saskatchewan, la Lune changera graduellement d’apparence à 3 h 14. Elle sera totalement cachée entre 4 h 25 et 5 h 24 et ressortira de la phase partielle à 6 h 34. Cependant, comme la Lune se couchera à 7 h 23, la fin de l’éclipse sera plus difficile à voir du fait qu’elle sera presque à l’horizon. En plus, il faut penser au Soleil qui apparaîtra au-dessus de l’horizon dès 7 h 10. Cela empêchera peut-être de voir la dernière étape de l’éclipse.

Pour les habitants d’Edmonton, en Alberta, les heures des différentes phases de l’éclipse sont les mêmes qu’en Saskatchewan, puisque les deux provinces sont dans le même fuseau horaire. Par contre, les heures de coucher de la Lune et de lever de Soleil diffèrent. Et cette différence influe de façon importante sur la visibilité du spectacle, car ni la Lune qui se couchera à 8 h 4 ni le Soleil qui se lèvera à 7 h 48 ne viendront empêcher l’observation de toutes les phases de l’éclipse, contrairement à Regina.

Si l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, je dirais que cette éclipse appartient à ceux qui se lèvent tôt, mais qui sont aussi géographiquement plus à l’Ouest!

lune-rouge-nasa

Crédits photo : NASA

On ne perdra pas la Lune, elle deviendra rouge

Pendant une éclipse, la lumière qui éclaire la Lune traverse une couche de l’atmosphère terrestre appelée stratosphère. Elle est composée de particules diverses : aérosols, poussières, grains de pollens, sable, etc. Ces particules diffusent les rayons lumineux et rendent la Lune d’une couleur rouge plus ou moins prononcée. Parfois, à la suite d’importantes éruptions volcaniques, la Lune éclipsée devient d’un rouge tellement foncé qu’elle est presque noire. Mais ce ne sera pas le cas cette fois-ci.

Un autre phénomène optique vaut la peine d’être expliqué, même s’il est difficile à observer. On sait qu’une mince, très mince couche d’ozone recouvre la Terre. La lumière qui se rend à la Lune traverse aussi cette couche qui absorbe toutes les longueurs d’onde sauf les bleues. Si on est attentif et qu’on a la chance d’observer le phénomène dans un petit télescope ou avec des jumelles, on pourrait repérer tout autour de la grosse boule rougeâtre, un mince anneau bleu presque turquoise, mais seulement pendant les premières et les dernières minutes de la phase totale d’éclipse.

Alors, croisons-nous les doigts et espérons un ciel dégagé dans la nuit du mercredi 8 octobre! C’est le préalable pour observer une éclipse, où qu’on soit!

eclipse-7h45

eclipse-8h

eclipse-8h15

eclipse-8h38 la fin

Si jamais le ciel est nuageux au moment tant attendu de l’éclipse, voici comment l’observer par yeux interposés (sites web d’experts):

Les arbres, précieux pour la vie

Vendredi 26 septembre 2014 à 5 h 26 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Twitter:

@eve_christian

Tree Hug1-OK

Le record du plus grand nombre de personnes qui embrassent des arbres,
enregistré en 2011 au Népal, sera-t-il battu?
(Crédits photo : Arbres Canada)

Du 21 au 27 septembre au Canada, c’est la Semaine nationale de l’arbre et des forêts. Plus spécifiquement, le 24, c’était la Journée nationale de l’arbre. Bon prétexte pour célébrer de plusieurs façons l’importance des arbres dans les milieux urbains pour la santé de l’environnement et des humains. Un peu partout, des activités sont organisées : plantations d’arbres dans les écoles et par les jeunes, installation de haies brise-vent, tentative d’établissement de records Guinness…

D’ailleurs, en 2011, lors de la première Journée nationale de l’arbre, le record du plus grand nombre de personnes embrassant des arbres avait été homologué au Népal. Deux mille personnes s’étaient prêtées au jeu pour enregistrer ce record. Quand on dit « embrasser », évidemment, on parle de la définition directe du mot : serrer dans ses bras!

Cette année, c’est un autre record qui a été homologué, un record sans précédent : la plus longue embrassade d’un arbre. Adrina Bardekjian, bénévole d’Arbres Canada, l’organisme à l’origine de ces événements, a tenu à bras le corps un arbre pendant un total de 480 minutes. C’est huit heures, ça! Ce nouveau record a été établi au parc Mont-Royal de Montréal le 24 septembre 2014.

Tree Hug2-OK

Adrina Bardekjian homologue un record Guinness de la plus longue embrassade d’un arbre.
(Crédits photo : Arbres Canada)

Arbres Canada

C’est un organisme sans but lucratif fondé en 1992 et financé à l’origine par le Service canadien des forêts. En 2007, il a pris son appellation actuelle quand le financement est venu du secteur privé. Au fil des années et, à travers le Canada, plusieurs programmes ont été instaurés :

  • en 1993, à Winnipeg, la première Conférence canadienne sur la forêt urbaine;
  • en 1997, le premier programme d’Opération renouvert, qui aide à replanter des arbres détruits par les inondations du Saguenay;
  • en 1998, des municipalités touchées par le verglas sont reboisées et le programme Verdissement des terrains d’écoles est mis sur pied;
  • en 2000, en Saskatchewan, la mise en œuvre d’un programme de diversification de la forêt urbaine et la vente de trousses de semences d’arbres et de sachets de verdure;
  • en 2003, plusieurs désastres naturels nécessitent des campagnes de reboisement (incendies non maîtrisés en Colombie-Britannique, ouragan Juan en Nouvelle-Écosse, infestations d’insectes asiatiques en Ontario);
  • en 2007, c’est le 15e anniversaire d’Arbres Canada, une belle occasion pour remporter le Prix canadien de l’environnement;
  • en 2009, le premier projet international sur la création de liens internationaux pour l’avenir des forêts et l’établissement du protocole sur le carbone pour le programme Plantez de l’air pur;
  • en 2011, en Alberta, la mise en place du programme pour reverdir les régions infestées par le dendroctone du pin ponderosa,
  • en 2012, Arbres Canada fête son 20e anniversaire et est fier d’avoir planté 80 millions d’arbres.

120510_6226s_rivs-boise-perdrix_sn635

Principaux avantages d’avoir des arbres en ville

En captant le carbone et en retenant les matières en suspension et les gaz polluants, les arbres diminuent l’effet de serre et fournissent un environnement avec une meilleure qualité d’air.

Ensuite, en interceptant les précipitations et en filtrant l’eau, ils gèrent aussi le risque d’inondation qui pourrait se produire plus fréquemment avec les changements climatiques, car ceux-ci pourraient générer davantage d’orages forts et violents. En empêchant les particules du sol de se diriger vers les cours d’eau, les arbres, arbustes et plantes herbacées évitent l’érosion, gardent les berges relativement intactes et préviennent la pollution de l’eau.

Un autre bénéfice qu’apportent les arbres est la conservation de l’énergie et l’économie de chauffage, si les plantations sont faites adéquatement. Par exemple, en plantant des feuillus devant une maison orientée vers le sud, l’ombre rafraîchira pendant l’été, alors qu’en hiver, les arbres dégarnis laisseront passer les rayons solaires qui réchaufferont l’habitation. Et comme un aménagement végétal bien fait, c’est beau, ça ajoute de la valeur aux propriétés.

D’ailleurs, au lieu des murs pare-sons de béton érigés en ville, un mur végétal composé d’une allée d’arbres ou de haies de cèdres est plus joli, capture aussi bien les sons urbains et évite les graffitis. En plus, les arbres fournissent de l’ombre sur les rues, trottoirs et endroits de stationnement en plus de réduire les îlots de chaleur urbains.

D’après des recherches faites aux États-Unis, on compte beaucoup moins de crimes dans les quartiers où il y a beaucoup de végétation. Les arbres amèneraient plusieurs bienfaits psychologiques. Les boisés auraient un effet positif qui réduit même le stress et accélèrent le rétablissement des personnes malades.

Finalement, les arbres en ville servent d’habitats fauniques pour les oiseaux et quelques mammifères, qui peuvent alors cohabiter avec les citadins.

agrile-du-frene_sn635

L’agrile du frêne

De grands défis

Par contre, la foresterie urbaine fait face à de grands défis. Au début des années 60, les ormes souffraient de la maladie hollandaise, ce qui les a presque tous anéantis.

Et il y a aussi la menace d’insectes exotiques qui s’installent dans certaines de nos espèces d’arbres. Je pense ici à l’agrile du frêne, qui est arrivé en 1998 à Détroit, probablement dans des marchandises en provenance de l’Asie. L’insecte a pénétré au Canada par la Windsor, en Ontario, et s’est déplacé jusqu’au sud du Québec.

L’agrile a été observé pour la première fois à Montréal en 2011. Il se dirige vers Boucherville, et les experts s’attendent à ce qu’il soit bientôt à Trois-Rivières et à Québec. Son déplacement se fera aussi probablement vers les provinces de l’Ouest, soit par l’Ontario ou par les États-Unis, où la progression est rapide.

Cependant, il y a un traitement (TreeAzin) qui semble bien fonctionner. À Oakville, en Ontario, le taux de succès dépasse 90 %. Il est important cependant de traiter les arbres rapidement, car dès que la cime commence à dépérir, il peut être trop tard. En temps normal, le traitement se donne aux deux ans. Mais pour certaines zones fortement infestées par l’agrile, comme à Ottawa, le traitement est recommandé chaque année.

Autant les frênes des villes que ceux appartenant à des propriétaires privés peuvent être sauvés. Le traitement coûte de 200 $ à 300 $ par arbre. Comme on ne peut pas arrêter la progression de cet insecte, il faut donc traiter les arbres, sinon on devra les abattre. Et en ville, l’abattage est assez dispendieux. Il est donc important aussi de penser à la diversité des arbres pour éviter de perdre parfois jusqu’au tiers des plantations urbaines, comme ça a été le cas pour les ormes.

Un peuple des bois

C’est incroyable de penser que 10 % des forêts de la planète sont au Canada. Parfois, les gens d’autres pays sont convaincus que les Canadiens sont un peuple des bois. Autrefois, c’était peut-être le cas. Aujourd’hui, c’est différent. Au début du siècle, 80 % de la population habitait dans des milieux ruraux entourés de bois et de forêts. Aujourd’hui, 78 % vivent principalement en ville ou dans des zones densément peuplées.

Les premiers plans de foresterie urbaine remontent au début du 20e siècle, alors que les gens des municipalités se rendent compte qu’il faut de la végétation dans leur environnement. Des arbres ont donc été plantés le long des rues. Puis, les autorités municipales mettent sur pied des services responsables de leur protection.

Depuis les années 60, plusieurs changements ont été apportés dans le domaine de la foresterie urbaine : des règlements municipaux sur l’abattage des arbres ont été adoptés. Et on a introduit au Canada des innovations techniques pour les plantations et pour l’adaptation de différentes essences en milieu urbain. Selon une enquête menée récemment, 84 % des citadins sont conscients de l’importance d’avoir des arbres et des terrains boisés en milieu urbain, et ils sont prêts à s’occuper de la santé et de la vitalité de ces arbres. Une bonne résolution…

 

Merci à M. Cédric Bertrand, chargé de projet chez Arbres Canada, pour ces explications intéressantes. Vous pouvez l’entendre à la chronique enregistrée le 25 septembre 2014 avec Jean-Pierre Girard, animateur de L’heure de pointe à Radio-Canada, Saguenay.