Accueil

Quoi de plus agréable que de se balader en début de soirée, pendant que le soleil se couche et que le ciel se met à prendre des couleurs! Pour ma part, c’est un des plaisirs de la belle saison, quand les soirées deviennent de plus en plus longues. Lorsqu’il traîne encore quelques nuages, la lumière du soleil les illumine et offre à nos yeux un spectacle irisé.

Ces jours-ci, vous pourrez en profiter encore plus, car les astres s’entendent pour ajouter un plus au spectacle. Du milieu à la fin de mai, les trois planètes les plus brillantes de mai se rapprochent l’une de l’autre pour faire un pas de trois. Il s’agit de Vénus et Mercure, les deux planètes situées entre le Soleil et la Terre, ainsi que de la géante Jupiter.

(Source : images de la NASA)

Triple conjonction

La soirée summum pour voir ce triangle dans sa plus belle forme est le 26 mai. Ce sera le moment d’une triple conjonction des planètes, ce qui est un événement quand même assez rare. La dernière fois qu’on a pu observer trois planètes tout près l’une de l’autre était le 9 mai 2011. La prochaine est prévue dans un plus de deux ans, le 17 octobre 2015. Et à ce moment, le pas de trois se dansera entre Vénus, Jupiter et Mars. Vous voyez, ça vaut donc la peine de sortir pour l’observer cette fois-ci. Qui plus est, selon la NASA, les trois belles devraient être observables même sous la pollution lumineuse des villes.

Vénus, notre guide

Ces planètes devraient apparaître l’une après l’autre, assez bas à l’ouest, de 30 à 60 minutes après l’heure du coucher du soleil. D’abord, ce sera la brillante des brillantes, Vénus, qui fera son apparition. Aussitôt que vous l’aurez repérée, utilisez vos jumelles pour observer dans cette direction et attendez que le crépuscule avance. Vous verrez apparaître les deux autres membres du trio astral. Étant distantes l’une de l’autre de seulement trois degrés, les trois planètes devraient entrer ensemble dans l’objectif de vos lunettes d’approche. Bonne nouvelle : au fur et à mesure que l’obscurité avancera, vous pourrez laisser la béquille visuelle de côté et n’utiliser que vos yeux. Peu à peu, le trio descendra vers l’horizon pour éventuellement disparaître.

Le « off-spectacle » entourant le 26 mai

Déjà depuis la mi-mai, le ciel, quand on sait bien le déchiffrer, nous donne déjà bien des choses à voir : si vous aviez repéré une diagonale entre le 11 et le 13 mai, sachez qu’elle était formée par le croissant lunaire et les planètes Vénus et Jupiter.

 À partir du 23 mai, Vénus et Jupiter seront à moins de 5 degrés d’écart et entreront toutes les deux dans l’objectif des jumelles.

Puis dès le lendemain, Mercure fera son entrée sur scène pour former, en quelques nuits, ce trio dont le triangle sera le plus beau le soir du 26 mai.

Le 27, le trio se dispersera, mais la démonstration n’est pas finie pour autant. Le 28, vous verrez un magnifique duo d’étoiles. Vénus et Jupiter seront à 1 degré de distance.

Il n’y a aucune raison de manquer ce spectacle astronomique assez rare : pas besoin d’équipement spécial, de déplacement vers la campagne ou de veiller tard ou de se lever tôt. Les conditions sont idéales. Bon spectacle!

À la chronique radio cette semaine

Avec Jean-Pierre Girard, animateur de L’heure de pointe à Radio-Canada Saguenay, le 16 mai 2013, on se demande si les rayons UV qui nous chauffent en avril et mai sont plus forts que ceux qui nous bronzent pendant l’été. À écouter pour savoir!

 

Vous avez remarqué la pleine Lune du 26 avril? À son lever, elle apparaissait tellement grosse, qu’elle semblait remplir l’horizon Est! Savez-vous pourquoi elle apparaît aussi volumineuse quelques fois par année?

La pleine lune

Le rapprochement physique de la Terre et de la Lune?

On pourrait croire que notre satellite terrestre est plus près de nous parce qu’il est à l’horizon et que c’est la raison pour laquelle on le voit si gros. Car vous avez remarqué, bien sûr, que quand cette Lune s’élève dans le ciel, au fil des heures qui suivent son lever, elle « rapetisse »…

Cela n’a toutefois aucun rapport avec la distance séparant notre planète de son satellite. Oui, la Lune tourne autour de la Terre sur une orbite elliptique, mais sa grosseur apparente n’est absolument pas reliée à ce manège. Même que si on calcule bien, quand la Lune se lève à l’horizon, elle est un peu plus éloignée de nos yeux que lorsqu’elle est au zénith, car aux 384 000 km qui nous séparent d’elle en moyenne, il faut ajouter le rayon de la Terre qui est de 6400 km…

L’atmosphère, alors?

On aurait des raisons d’accuser la couche d’atmosphère comme étant responsable de l’immensité apparente de la Lune à l’horizon. Oui, quand les rayons lumineux parviennent à notre œil, en provenance de l’horizon plutôt que du zénith, ils doivent franchir une plus grande distance dans la couche d’atmosphère en raison de leur inclinaison. Le résultat n’est pas une Lune plus grosse, mais une Lune plus aplatie par le phénomène de réfraction qui courbe les rayons lumineux à l’horizon. Parfois, c’est à peine perceptible, d’autres fois, quand l’atmosphère est turbulente, la Lune peut paraître un peu déformée. Et ce n’est pas non plus un effet de loupe de l’atmosphère, similaire au fond d’une bouteille en verre, qui grossit l’image de la Lune.

En réalité, le résultat de la lumière lunaire traversant une plus grande couche d’atmosphère est une Lune plus colorée, souvent rousse. L’astronome Marc Jobin, du Planétarium Rio Tinto Alcan de Montréal, nous explique pourquoi.

Bon… peut-être une illusion d’optique?

On se rapproche de la vérité. Si on voit la Lune si grosse, c’est en raison d’une illusion d’optique, mais qui est couplée à une interprétation fautive de notre cerveau. Réfléchissons ensemble. Quand la Lune est à l’horizon, on la voit faisant partie d’un tableau : derrière des arbres, des édifices, au bout d’une rue, à côté d’une montagne qui ne sont pas si loin de nous. En regardant la Lune ainsi, notre cerveau suppose qu’elle est située sur cette même échelle de distance et conclut qu’elle doit être énorme, donc en fait une correction visuelle et nous la fait percevoir plus grosse qu’elle ne l’est en réalité.

Par contre, rendue au zénith, la Lune est seule, perdue dans l’immensité de l’espace. Le cerveau la corrige à l’inverse, ce qui fait qu’elle semble inférieure à sa taille réelle.

La conclusion est que la référence spatiale est un point important qui influe sur notre perception.

Don McCready, professeur en psychologie de l’Université du Wisconsin, explique cette illusion par les phénomènes de macropsie et de micropsie oculomotrices. La macropsie cause l’impression que la largeur angulaire d’un objet éloigné est plus grande qu’en réalité, en comparaison à l’environnement. La micropsie fait l’inverse.

L’astronome Marc Jobin nous apporte une autre explication complémentaire qui peut s’illustrer de cette façon :

Ponzo, vous connaissez?

Mario Ponzo, psychologue italien né en 1882 et mort en 1960, a déterminé au début des années 1910 que le cerveau juge la taille d’un objet d’après son environnement, et il l’a prouvé aisément par ce schéma qui ressemble à des rails de chemin de fer. Laquelle des deux lignes bleues est la plus longue à votre avis?

Malgré ce que l’on croit, la ligne du bas n’est pas plus petite que celle du haut. Elles sont égales. C’est l’effet de les avoir placées sur des lignes convergentes qui nous donne l’illusion qu’elles sont différentes.

Petite expérience

Vous doutez? Rien de mieux qu’une petite expérience à faire soi-même. Lorsque vous observerez une prochaine pleine Lune qui sera « immense » à l’horizon, enroulez une feuille de papier comme un tube, de façon à en faire une lunette d’observation dont le trou sera équivalent au diamètre de la Lune et fixez le tout avec du papier collant. Vous le réutiliserez quelques heures plus tard, quand l’astre sera au-dessus de votre tête. Que voyez-vous à travers votre tube optique? La Lune est tout à fait de la même dimension. L’illusion est démystifiée!

Marc Jobin suggère une autre expérience, photographique cette fois, pour prouver les dimensions égales de la Lune.

D’ailleurs, vous remarquerez que quand vous voulez immortaliser sur pellicule cette immense pleine Lune, le résultat n’est jamais ce qu’on a vu, de nos yeux vu!


Et c’est pareil pour le Soleil…

En passant, tout ce qui vient d’être expliqué ici, grosseur apparente, couleurs changeantes de l’astre, illusion de Ponzo, vaut aussi pour le Soleil à son coucher.

Plus d’informations

Je vous réfère à mon blogue du 31 août dernier pour un complément d’information sur la Lune. J’y explique les marées et je démystifie les croyances populaires qu’on attribue à l’influence de la Lune sur le comportement humain. Par exemple, est-il vrai que les cheveux poussent plus vite?

Voici deux vidéos que l’on peut trouver sur YouTube de magnifiques levers de « grosses lunes » : à l’arrière d’un clocher d’église et avec un arbre en avant-plan

À la chronique radio cette semaine

Avec Jean-Pierre Girard, animateur de L’heure de pointe à Radio-Canada Saguenay, le 2 mai 2013, on passe en revue des trésors lunaires qui manquent à l’appel… Écoutez pour savoir!

En lisant un livre ou en regardant un film de science-fiction, vous êtes-vous déjà demandé quelle était la part de vérité scientifique? L’histoire telle qu’écrite par l’auteur ou réalisée par le cinéaste est-elle purement imaginaire, ou a-t-elle été basée sur une certaine réalité?

L’astrophysique mène aussi à ça

Pour ma part, ça m’intrigue parfois, quoique je me laisse souvent bercer par l’œuvre sans m’obliger à faire de la révision scientifique! Cependant, j’ai trouvé un physicien qui analyse, par plaisir, la science derrière la science-fiction. Comme il l’explique lui-même, il est tombé dedans étant petit.

Roland Lehoucq est chercheur au Service d’astrophysique du CEA (Commissariat à l’énergie atomique), au Centre de Saclay, au sud de Paris, et il est aussi professeur à l’école Polytechnique. Il est l’auteur de plusieurs livres de vulgarisation visant une clientèle jeunesse comme adulte. Depuis une quinzaine d’années, il a donné plus de 400 conférences. Il a aussi reçu plusieurs prix et distinctions scientifiques.

Cet astrophysicien se questionne depuis des décennies sur l’Univers, sur la possibilité de vie extraterrestre et sur la forme que pourraient prendre ces êtres vivant ailleurs. Il n’a pas tort, car c’est un grand sujet d’actualité. Les missions spatiales ne cessent de découvrir des systèmes planétaires, plus ou moins éloignés de notre système solaire, avec des planètes qui gravitent autour d’étoiles. Des planètes qui, situées à une distance propice de leur soleil, pourraient bien, à leur tour, abriter la vie. Voici ce qu’il pense de la vie extraterrestre.

La science-fiction passée à la moulinette de la science réelle

La manière dont procède Roland Lehoucq pour analyser la science derrière la fiction ressemble à une enquête. Ça permet de parler de science et de la montrer en action. C’est un travail de connaissances, où on apprend des faits scientifiques. Mais c’est aussi un travail méthodologique grâce auquel on comprend comment fonctionne la science.

Une scène du film Avatar, le plus grand succès commercial international à ce jour. Photo : Twentieth Century Fox

Le monde d’Avatar

Parlant de vie extraterrestre, une œuvre cinématographique relativement récente qui est assez foisonnante à ce sujet est bien le film de James Cameron Avatar. Évidemment, Roland Lehoucq s’y est intéressé. Écoutons-le nous décrire comment il décortique la science-fiction, et plus particulièrement ce qu’il a fait avec ce film :

Selon son enquête, comme il se plaît à le dire, les êtres d’Avatar sont un beau mélange. Il en fait une zoologie comparée avec ce qu’on trouve sur Terre.

Il a aussi analysé le vaisseau interstellaire Venture Star dans lequel les humains se rendent à la planète Pandora. Il le trouve très cohérent et près d’une certaine réalité.

James Cameron au lancement de son film Avatar à Davos. Photo : PC/AP/Virginia Mayo

Les astres sont aussi examinés, et on se rend compte qu’ils ont un fond de réalité. Par exemple, la planète Polyphème est bleue et on y voit une grosse tache. Si on y pense bien, c’est une imitation de la planète Jupiter avec sa grosse tempête caractéristique, mais peinte en bleu. Et Polyphème, c’est le nom d’un des fils de Poséidon qui était… cyclope! Alors, la boucle est bouclée.

Pour ce qui est de la planète Pandora, en fait, elle est un satellite de Polyphème qui orbite autour d’Alpha du Centaure A, une étoile à peine plus grande que notre Soleil et qui fait partie du système triple Alpha Centauri. Les deux autres étoiles qui font aussi partie de ce système stellaire triple sont Alpha Centauri B et Alpha Centauri C, qu’on nomme souvent Proxima Centauri. Cette dernière est l’étoile le plus près de notre système solaire. Si on avait les moyens, autant techniques que pécuniaires, de voyager dans l’espace vers un autre système planétaire, on se rendrait probablement à Proxima Centauri.

Un vrai amusement!

M. Lehoucq semble s’amuser vraiment à faire cet exercice, et il ne le voit pas du tout comme un travail ardu.

Qui plus est, on peut considérer que l’esprit critique se forme ainsi, ça fait pratiquer les connaissances acquises et ça montre que les sciences s’appliquent à plein d’autres choses que le strict champ scientifique. C’est une façon de réaliser que les sciences ne font pas peur et qu’elles devraient faire partie de la culture de tous. Tout en faisant travailler notre cerveau, on jette un nouveau regard sur le monde, un regard enrichissant qui nous permet de mieux le comprendre, et d’avoir du plaisir à l’habiter puisqu’on le voit sous plusieurs angles.

Diverses formes de rencontres avec Roland Lehoucq

À très court terme, M. Lehoucq sera au Planétarium Rio Tinto Alcan à Montréal, le mardi 30 avril à 19 h 30 pour une conférence sur les extraterrestres. Cliquer ici pour plus d’informations.

Une autre façon de le rencontrer est d’assister en ligne à l’une de ses conférences intitulée « Le monde d’Avatar est-il réaliste? », enregistrée le 30 novembre 2010, devant des étudiants français.

Finalement, en allant dans une librairie, vous ne pourrez pas faire autrement que de tomber sur l’un ou l’autre de ses ouvrages scientifiques, qui sont tous aussi passionnants les uns que les autres. Si la science, fiction ou réelle, vous intéresse!

À la chronique radio cette semaine

Avec Jean-Pierre Girard, animateur de L’heure de pointe à Radio-Canada Saguenay, le 25 avril 2013, on parle de la dernière découverte de la mission Kepler, trois exoplanètes dans deux différents systèmes planétaires situés à des centaines d’années-lumière du nôtre, mais qui pourraient permettre à l’eau d’être liquide, donc d’y avoir une certaine forme de vie. Et on écoute Roland Lehoucq nous parler de la possibilité de vie ailleurs…