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Carignan : le sort de l’île au Foin bientôt scellé

Carignan : le sort de l’île au Foin bientôt scellé

Une centaine de personnes ont manifesté, lundi soir, pour la sauvegarde de l’île au Foin, à Carignan, un écosystème jugé exceptionnel par le ministère de l’Environnement du Québec. Cette mobilisation intervient au moment où la MRC dit en être venue à une entente avec le ministère.

Les citoyens de Carignan et d’autres villes de l’agglomération de Montréal se sont fait entendre devant les bureaux de la MRC de la Vallée-du-Richelieu, à McMasterville, avant de participer à une consultation publique à l’intérieur. Le sujet : une demande de dérogation pour la construction d’une voie d’accès à l’île au Foin par son propriétaire, qui veut y bâtir des maisons unifamiliales.

Dès le début de la rencontre, le préfet de la MRC, Gilles Plante, a annoncé avoir obtenu une « entente tacite » avec le ministère de l’Environnement.

La MRC a déjà soumis, l’an dernier, une première demande de dérogation pour bâtir une voie d’accès à l’île au Foin. Mais le ministère des Affaires municipales l’a rejetée en juillet dernier. « Ce projet de règlement ne respecte pas les orientations gouvernementales en matière de sécurité et de bien-être publics, de protection de l’environnement ainsi que de la protection du patrimoine naturel et de maintien des espèces floristiques, fauniques et de leurs habitats », écrivait le ministre de l’époque, Laurent Lessard.

Une deuxième mouture de la demande a reçu un avis négatif du ministère de l’Environnement en décembre. La MRC a donc dû la revoir, en collaboration avec ce ministère.

Parmi les modifications apportées : le rehaussement du niveau de la chaussée, l’augmentation du nombre de ponceaux pour l’écoulement des eaux et la construction d’un pont de 20 mètres à l’intérieur de la voie.

Rien pour satisfaire les citoyens, qui ne comprennent pas pourquoi leurs élus « s’acharnent » à aller de l’avant avec ce projet, malgré une vive opposition. Ils rappellent avoir déjà rejeté le projet immobilier par référendum en 2011.

Les discussions entre élus et citoyens ont été houleuses. « Pourquoi poussez-vous un projet dont les citoyens ne veulent pas? », a demandé Madelaine Drolet-Savoie, de Nature Carignan.

De son côté, le préfet de la MRC, Gilles Plante, répète que toutes les règles ont été respectées, que le promoteur immobilier est dans son droit de vouloir développer le secteur, et que ce sera au ministère de l’Environnement de trancher.

À moins d’une grande surprise, la demande de dérogation sera adoptée par la MRC jeudi, lors d’une séance publique qui s’annonce mouvementée. Elle sera ensuite envoyée au ministère des Affaires municipales (MAMROT), qui consultera entre autres le ministère de l’Environnement, pour approbation. Le MAMROT doit rendre sa décision d’ici la fin du mois d’août.

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