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Saint-Hubert veut devenir chef de file dans le recyclage des avions

Le Centre de technologie en aérospatiale (CTA) affilié à l’École nationale d’aérotechnique de Saint-Hubert participe à un projet de recherche pour optimiser le recyclage des avions arrivés à la fin de leur vie utile.

L’enjeu est important puisque, au cours des 20 prochaines années, au moins 5000 avions commerciaux seront retirés de la circulation. Des aéronefs qui vont s’ajouter aux milliers déjà entreposés dans les cimetières d’avions. Des endroits où les carcasses sont déchiquetées après avoir été dépouillées de toutes pièces pouvant être réutilisées, comme les moteurs, les trains d’atterrissage et l’équipement électronique du tableau de bord.

Le directeur général du CTA, Pascal Désilets, croit que la grande région de Montréal, en tant que troisième centre mondial de fabrication d’avions, est bien positionnée pour développer cette filière industrielle. Le défi des chercheurs est d’arriver à récupérer les composantes de moindre valeur des avions comme le câblage, l’isolation et la structure métalliques du fuselage.

Plusieurs entreprises collaborent au financement du projet de recherche, dont Bombardier Aéronautique, qui a fourni aux chercheurs un avion CRJ-200 qui sera démantelé dans le hangar du CTA à Saint-Hubert. L’avionneur cherche à améliorer sa performance environnementale en se préparant à un éventuel resserrement de la réglementation qui exigera qu’une part plus importante des aéronefs soit recyclée.

En démontant l’appareil, des ingénieurs spécialisés en écodesign vont tenter de développer de nouvelles méthodes de construction pour faciliter le recyclage des prochaines générations d’avion. L’un des objectifs est de faciliter le triage des différents alliages d’aluminium de grande valeur pour les réutiliser dans le secteur aéronautique plutôt que de les envoyer pêle-mêle chez un recycleur qui en fait des produits à faible valeur ajoutée comme des canettes ou des objets en fonte d’aluminium.

Le projet doté d’un budget de 1,4 million de dollars est supervisé par l’École polytechnique de Montréal en collaboration avec des chercheurs de l’Université Laval, de l’École de technologie supérieure et de l’Université McGill.

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