RIVE-SUD Pour mieux comprendre votre milieu

Une première maison de répit pour les agriculteurs en détresse

Une première maison de répit pour les agriculteurs en détresse

Un organisme d’aide aux agriculteurs de la Montérégie annonce la création de la première maison de répit pour les producteurs fermiers. L’initiative, qui sera dévoilée mercredi au Salon de l’agriculture de Saint-Hyacinthe, serait une première dans le monde et intéresse déjà d’autres pays.

La maison, qui n’a pas encore été achetée, sera un lieu d’accueil pour un agriculteur qui a besoin d’aide, quelle que soit la raison (problèmes financiers, divorce ou épuisement professionnel). C’est l’association Au Coeur des Familles Agricoles, située à Marieville, en Montérégie, qui est à l’origine de l’initiative.

« À partir de nos liens, on va réunir des gens dans son secteur pour qu’ils puissent aller s’occuper de la ferme pendant que lui ou elle vienne reprendre un peu de ses forces, puis que le moral remonte. » Jean-Claude Poissant, Au Coeur des Familles Agricoles

La vie personnelle des agriculteurs est intimement liée à leur lieu de travail et les suicides sont plus répandus que dans la moyenne de la population. La productrice de porcs du Centre du Québec Nathalie Roy aurait bien aimé profiter de cette maison de répit quand elle s’est séparée de son mari, il y a quelques années.

« Parce que moi, quand je me suis séparée, mon ex-mari travaillait dans la cour tous les jours. Il n’était pas question qu’on ne se voie plus, on travaillait là! Moi, c’est arrivé à quelques reprises où j’avais besoin d’être seule, j’avais besoin de réfléchir seule. Si j’avais eu la maison de répit, je serais allée là. » Nathalie Roy

L’organisme Au Coeur des Familles Agricoles a recueilli 750 000 $ et a déjà trouvé une maison à Saint-Hyacinthe. Tous les agriculteurs du Québec pourront en bénéficier après son ouverture, prévue cet été. Aux dires de l’organisme, le projet suscite l’intérêt de travailleurs sociaux suisses, français et australiens.

En complément

Le plancher des vaches : fermiers de génération en génération
Chez certains agriculteurs, la pression pour prendre le relais se fait sentir très tôt. Mais le jour où les enfants prennent la place des parents, c’est aussi la fierté qui prend la relève.

Vos contributions