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Un abri pour les jeunes écorchés de la Rive-Sud

Un abri pour les jeunes écorchés de la Rive-Sud

Depuis quelques mois, les jeunes en difficulté de Châteauguay et des municipalités voisines ont un endroit où être hébergés. Ils n’ont plus besoin de s’exiler dans les grands centres pour obtenir de l’aide. L’Élan des jeunes offre un toit aux 16 à 22 ans, le temps qu’ils recollent les morceaux de leur vie.

La plupart d’entre eux ont été mis à la porte du nid familial. Certains ont vagabondé de chez un ami à un autre, avant d’atterrir au centre d’hébergement, à Châteauguay.

Six chambres sont disponibles. Lors de notre passage, toutes étaient occupées.

Les pensionnaires sont logés et nourris pour un symbolique 6 $ par jour (ou moins s’ils n’ont pas les moyens), à condition de contribuer aux tâches ménagères. Une façon de les rendre plus autonomes.

Des intervenants les aident à se prendre en main : trouver un boulot, s’inscrire à l’école, louer un appartement, etc. Parce que leur répit a un terme : trois mois.

Mérick, 18 ans, doit quitter la maison dans une semaine pour voler de ses propres ailes. « Ça fait bizarre de s’en aller. C’est con, mais à un moment donné tu t’accroches au monde, aux intervenants, à ma petite chambre ici. C’est dur le changement de place. »

Trois jeunes de L’Élan parlent de leur parcours :

Un besoin criant

Ce sont les professionnels des milieux scolaire, communautaire, des CLSC et du Centre jeunesse qui se sont mobilisés pour que L’Élan des jeunes voie le jour. Ils n’en pouvaient plus de parachuter les jeunes nécessitant un hébergement à Longueuil ou Montréal.

« Ça n’avait pas de sens, dit la coordonnatrice de L’Élan, Isabelle Dubuc. Les jeunes se retrouvaient coupés de leur milieu : coupés des amis, de la famille, de l’école. » Rien pour aider leur réinsertion.

L’organisme dessert tout le territoire Jardins-Rousillon, qui compte 24 municipalités : 30 000 jeunes de 14 à 24 ans.

Les six places disponibles n’arrivent pas à combler tous les besoins. Alors, les jeunes attendent…

Isabelle Dubuc, coordonnatrice de L'Élan des jeunes

Isabelle Dubuc, coordonnatrice de L'Élan des jeunes

« Quand ton lit n’est pas assuré, que tu ne sais pas quand tu vas prendre une douche, quand tu vas manger et quoi, c’est sûr que tu ne peux pas avancer. Tu es toujours en mode survie. » L’Élan leur fournit une base sur laquelle ils peuvent construire, explique Isabelle Dubuc.

Les problématiques des jeunes sont variées : conflits familiaux, toxicomanie, problème de santé mentale, etc.

« Certains n’ont aucun papier, dit la coordonnatrice. Pas d’extrait de naissance, pas de carte d’assurance maladie. Rien pour prouver qui tu es, pour t’inscrire à l’école, trouver un emploi. Ils partent de loin! »

Avenir incertain

L’Élan a reçu 260 000 $ du Forum jeunesse de la Vallée-du-Haut-St-Laurent pour démarrer le projet et le poursuivre jusqu’en juin 2013. Après, le financement du centre demeure incertain.

« Un centre d’hébergement, c’est 24 heures sur 24. Ça coûte très cher. Environ 300 000 $ par année », dit Isabelle Dubuc.

« Ce qui est le plus dur, c’est de voir comment les jeunes ont besoin de cet endroit. Des jeunes qui pourraient rester dans la rue si le gouvernement n’embarque pas. »

Au rythme où vont les choses, L’Élan sera forcé de fermer ses portes durant l’été, pour survivre. « Au moins, c’est une période moins occupée », se console Isabelle Dubuc.

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