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Le ministère des Affaires municipales enquête sur Sainte-Anne-de-Sabrevois

Le ministère des Affaires municipales enquête sur Sainte-Anne-de-Sabrevois

La Ville de Sainte-Anne-de-Sabrevois, en Montérégie, fait l’objet de vérifications de la part des autorités provinciales. Le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT) scrute notamment la gestion du maire Clément Couture.

Le résident Michel Caissey (notre photo) a envoyé une plainte au MAMROT en novembre dernier. Il y accuse notamment le maire Couture d’avoir octroyé des contrats sans appel d’offres et de faire preuve de favoritisme.

Le MAMROT étudie la plainte. Une décision devrait être rendue dans les prochaines semaines.

Des contrats sans appel d’offres

Parmi les faits reprochés au maire Couture dans la plainte : l’octroi d’un contrat de plus de 70 000 $ sans appel d’offres, pour la rénovation d’une église anglicane transformée en centre d’arts.

Conformément aux règles du MAMROT, les Villes doivent inviter au moins deux fournisseurs à leur soumettre un prix pour des travaux de plus de 25 000 $.

Selon Michel Caissey, la municipalité a contourné les règles en payant le promoteur Rénovation Roland Cloutier en 23 versements, d’après ce que montre des documents de la ville.

Des allégations que rejette le maire Clément Couture. Il estime n’avoir rien à se reprocher.

Le nouveau centre des arts de Sainte-Anne-de-Sabrevois

Il explique que la Ville a accordé un premier contrat de gré à gré à Rénovation Roland Cloutier pour refaire le plâtre et peinturer les murs et les bancs d’église. Puisque le contrat était d’une valeur de 14 000 $, aucun appel d’offres n’était nécessaire.

Mais, les contrats se sont ensuite accumulés. La Ville dirigeait les travaux. « Quand on a enlevé les bancs de l’église, le plancher rebondissait. On croyait que le bois de la fondation était sain, mais ce n’était pas le cas. On a découvert des problèmes additionnels », explique le maire Couture. « On n’était pas pour courir d’un bord à l’autre pour trouver quelqu’un. »

Dans sa demande de subvention à la MRC du Haut-Richelieu, la Ville évaluait le coût du projet à 156 000 $, dont 20 000 $ pour l’achat de la bâtisse.

Un entrepreneur sans licence

Rénovation Roland Cloutier n’a pas de licence de la Régie du bâtiment du Québec, ce qui est illégal.

« On était dans la période de la fin des inondations. Des entrepreneurs, il n’y en avait pas. Les gens en cherchaient partout pour refaire d’urgence les aqueducs, l’électricité. » La Ville s’est donc tournée vers un entrepreneur à la retraite, qui a voulu dépanner la municipalité, explique Clément Couture.

Une guerre ouverte

Michel Caissey ne le cache pas : il est ouvertement en guerre contre la maire Couture. Il arbore fièrement un t-shirt sur lequel il est écrit : « Membre de l’association des têtes de cochon ». « Je l’ai acheté pour la prochaine séance du conseil municipal. Le maire n’arrête pas de me reprocher d’avoir une tête de cochon », raconte-t-il.

Leur dernier litige en date porte sur la présence de chevaux sur le terrain de M. Caissey. Selon la Ville, M. Caissey est dans l’illégalité, ce que conteste le principal intéressé.

Dans toute cette affaire, le maire Couture croit que M. Caissey  agit par esprit de vengeance. « Il est choqué, alors il a appelé le ministère ».

De son côté, Michel Caissey est convaincu que le MAMROT va sévir contre M. Couture « Je sais comment il fonctionne à la Ville. Il faut que ça arrête. »

Avec Simon Coutu

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