
À l’ombre de Montréal et Longueuil, les banlieues de la Rive-Sud n’échappent pas à la pauvreté. « Une réalité plus cachée qu’en ville », note Cathy Lepage, directrice du Complexe Le Partage, à La Prairie.
Cet organisme offre plusieurs services, dont un dépannage alimentaire (notre photo), aux résidents des sept municipalités du secteur Kateri, au sud-ouest de Montréal : Candiac, Delson, La Prairie, Sainte-Catherine, Saint-Constant, Saint-Mathieu et Saint-Philippe.
Presque 10 % de la population vit sous le seuil de faible revenu dans le secteur Kateri (avant impôt), selon Statistiques Canada. À Saint-Mathieu et Delson, cette proportion atteint 13 %. À Montréal, elle de 22,3 %.
Manque de ressources
Cathy Lepage déplore que les organismes d’aide aux familles démunies dans le secteur Kateri soient sous-subventionnés.
« Il faut qu’il y ait un rehaussement des subventions pour que ce soit équitable pour les autres territoires [par rapport à Longueuil et Brossard]. Nos décideurs doivent être conscients qu’il y a d’autres organismes avec des besoins aussi criants», dit-elle.
Le Complexe Le Partage fonctionne bon an mal an avec un budget annuel d’environ 500 000 $ :
- plus de 300 000 $ amassés grâce à sa friperie
- 125 000 $ de l’Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie
- 50 000 $ en dons privés
- quelque 35 000 $ de Centraide, pour la première fois cette année
Comment calculer la pauvreté?
Au Canada, il n’existe pas de seuil de pauvreté officiel. On parle plutôt du « seuil de faible revenu », en deçà duquel « une famille est susceptible de consacrer une part plus importante de son revenu à l’alimentation, au logement et à l’habillement qu’une famille moyenne ». Par exemple, une famille de quatre personnes sera sous ce seuil si elle gagne moins de 32 000 $ avant impôt, dans un milieu urbain de moins de 30 000 habitants, et moins de 28 000 $, en région rurale (2008). À Montréal, cette même famille devrait gagner plus de 41 000 $ pour s’en tirer.
