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Des coûts de déneigement inégaux entre les villes de la Rive-Nord

Des coûts de déneigement inégaux entre les villes de la Rive-Nord

Les coûts reliés aux opérations de déneigement varient considérablement d’une ville à l’autre sur la Rive-Nord. C’est ce qui ressort de l’analyse partielle des indicateurs de gestion 2011 de cinq d’entre elles collectés par le ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire (MAMROT).

Selon ces données, c’est à Laval que le déneigement a été le plus dispendieux avec un coût de 7921 $ pour chaque kilomètre de chaussée déneigé en 2011. Terrebonne a fait face à des coûts similaires (7742 $), alors que Repentigny et Blainville occupaient une position intermédiaire (5471 $ et 5201 $). Mirabel se détache nettement du lot en n’ayant dépensé que 3206 $ par kilomètre.

Notons que tous ces chiffres sont très nettement inférieurs à ceux observés à Montréal, où il en a coûté 16 365 $ par kilomètre.

Voyez nos explications sous l’infographie pour interpréter ces différences entre les villes.

Comment interpréter ces différences?

Selon Yves Meunier, directeur des communications à la Ville de Blainville, les conditions sont très variables d’une ville à l’autre, ce qui rend les comparaisons hasardeuses à précipitations égales. La géographie, le mode de collecte et la vétusté des équipements peuvent influencer les coûts du déneigement. Ainsi, à Mirabel, la neige est généralement poussée sur le côté des rues, et seuls les trottoirs, soit seulement 6 % du total, sont effectivement déneigés. Les coûts, déjà plus bas qu’ailleurs, y sont en baisse depuis trois ans en raison d’une renégociation récente des accords passés avec les entreprises privées chargées d’effectuer 90 % du travail, selon Carl St-Louis, directeur du Service de l’équipement et des travaux publics.

À Terrebonne, où les coûts sont proches de ceux observés à Laval, on met de l’avant un grand nombre d’éléments d’explication. La responsable des communications, Isabelle Lewis, souligne que les opérations sont déclenchées à 2,5 cm d’accumulation, que le territoire de la ville comporte un dénivelé de 60 mètres et que le dépôt à neige est relativement éloigné des points de collecte. Du côté de Repentigny, on associe la hausse marquée de 10 % entre 2009 et 2011 à celle des prix du carburant et des coûts de main-d’œuvre.

À Montréal, on explique les coûts de déneigement très élevés par la complexité et la rapidité des opérations. La Ville avance de nombreux facteurs qui contribuent à alourdir la facture. Elle insiste notamment sur l’étroitesse des rues, la présence de nombreux trottoirs et le recours à l’enlèvement plutôt qu’au soufflage.

Ancien ministre des Affaires municipales et professeur associé à l’École nationale d’administration publique, Rémy Trudel soutient qu’il est difficile pour les municipalités de bien planifier les coûts reliés à l’enlèvement de la neige. « Celles qui ont un bon équilibre entre le public et le privé en la matière s’en sortent généralement mieux que les autres, avance-t-il, insistant sur l’importance de comparer les coûts. Il est plus difficile de contourner le système lorsqu’il y a des points de comparaison », estime M. Trudel, qui suggère la création d’un fichier centralisé à Québec.

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