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Handicap : des délais de deux ans pour faire adapter son logement

Gaétan Saint-Germain, de Saint-Jérôme, a été amputé d’une jambe l’été dernier. Maintenant, il se déplace en fauteuil roulant. Il doit donc faire adapter son domicile. Mais les délais administratifs du Programme d’adaptation de domicile de la Société d’habitation du Québec sont de deux ans. M. Saint-Germain a donc fait aménager une rampe d’accès à son logement par des proches. Mais la SHQ refuse de rembourser les travaux parce que les procédures d’usage n’ont pas été suivies.

Je ne voulais pas attendre parce que je ne pouvais pas sortir de chez moi, en cas d’incendie, par exemple. – Gaétan Saint-Germain

Plusieurs facteurs expliquent ces délais, selon la Société d’habitation du Québec. « Beaucoup de professionnels sont impliqués, notamment les ergothérapeutes du réseau de la santé », explique John MacKay, président-directeur général de la Société d’habitation du Québec, qui gère le Programme d’adaptation de domicile. « Il y a une pénurie d’ergothérapeutes, ce qui complique et ralentit le cours des choses. Il y a aussi le fait que dans certaines régions, il est plus difficile de trouver des entrepreneurs certifiés pour faire les travaux. Parfois, il arrive que les estimations ne soient pas conformes à nos fourchettes de prix. »

Nombre de personnes en attente au Programme d’adaptation de domicile

  • Laurentides : 228
  • Lanaudière : 256
  • Ensemble du Québec : 4175

Ne pas se faire justice soi-même

Au Regroupement pour la concertation des personnes handicapées des Laurentides, on n’encourage pas les gens à procéder eux-mêmes aux travaux d’adaptation de domicile. « S’il fallait que tout le monde le fasse, ça deviendrait ingérable », raconte la directrice générale de l’organisme, Caroline Dupuis. « Mais les délais demeurent inacceptables. Que font les personnes dans cette situation? Si elles ne peuvent attendre, elles vont aboutir dans le réseau de la santé. Et là, ça va coûter cher. »

Se faire rembourser

Gaétan Saint-Germain espère toujours se faire rembourser les matériaux utilisés pour l’aménagement de sa rampe. « Je n’ai pas les moyens, je ne travaille plus. Les revenus diminuent », raconte-t-il. La Société d’habitation du Québec a laissé entrevoir une certaine possibilité de discuter avec lui.

« Nous avons aménagé cette rampe selon les critères que l’on retrouve sur les sites Internet du gouvernement », raconte pour sa part Claude Cloutier, beau-frère de M. Saint-Germain. « Qu’ils nous envoient un inspecteur; si les travaux ne sont pas conformes, je vais les reprendre personnellement. »

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