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Manque criant d’arénas à Laval

Jeudi 9 février 2012 à 14 h 11
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Manque criant d’arénas à Laval

Des parents qui doivent se lever aux petites heures pour amener fiston à sa pratique de hockey, c’est de l’histoire banale. Mais quand la petite famille habite Laval et qu’elle doit se rendre à Montréal, à Deux-Montagnes ou à Boisbriand pour la pratique, elle se pose des questions.

C’est le cas d’Alain Gagné, qui habite à cinq minutes de l’aréna Richard-Trottier, dans le quartier Fabreville, et qui doit se rendre trois ou quatre fois par mois à Deux-Montagnes avec son garçon de 12 ans, de niveau peewee A.

« Ce n’est pas que c’est si long que ça pour se rendre, mais pour des pratiques, je trouve ça un peu loin », dit-il. « C’est 20 minutes de voiture pour aller et 20 autres minutes pour revenir, pour une pratique d’une heure… »

Joël Fillion, père de deux joueurs de hockey, abonde dans le même sens. « Je dirais que trois fois sur quatre les fins de semaine, c’est à l’extérieur [de Laval]. Mon fils a huit ans. Il joue dans le novice. Ce matin, j’étais à Boisbriand à 8 h. »

« T’es obligé de te lever à 4 h 30 du matin pour aller pratiquer à 6 h à côté de l’oratoire Saint-Joseph, pour les équipes de niveau novice et atome », renchérit Claudine Delvoye, mère d’un joueur.

La situation s’est légèrement améliorée depuis que l’aréna privé Guimond a été construit sur l’autoroute 440, estime-t-elle, mais « le fait qu’il y a des arénas privés fait en sorte que les frais d’inscription pour le hockey augmentent de plus en plus ».

Louis Bissonnette, Claudine Delvoye et Joël Fillion, à l'aréna Richard-Trottier, à Laval

Louis Bissonnette, Claudine Delvoye et Joël Fillion, à l'aréna Richard-Trottier, à Laval

De gros sous dépensés à l’extérieur de la ville

Cette situation affecte particulièrement l’association de hockey Laval-Nord qui, avec le seul aréna Richard-Trottier, dessert plus de 1000 joueurs. « On a un grand manque de glace », confirme Ghislain Beaulieu, président de l’association.

Et ce manque de glace a un coût, poursuit-il. « Je suis obligé d’acheter pour 220 000 $ de temps de glace à l’extérieur de Laval et au complexe Guimond », par saison, ajoute-t-il. L’ensemble du budget de la ligue s’élevant à près d’un demi-million de dollars, c’est pratiquement la moitié des fonds qui sortent de la ville pour offrir du temps de glace aux jeunes.

« C’est déplorable. Ça fait des années et des années que ça dure », dit M. Beaulieu, qui se dit obligé de faire des levées de fonds et des tournois pour combler ses besoins financiers.

« Un temps, on a pensé couper le nombre d’inscriptions. Mais ce n’est pas d’hier que je m’occupe des jeunes. Je ne pouvais pas m’imaginer le faire », dit-il encore.

Le nouvel amphithéâtre répondra-t-il aux besoins?

La construction du futur complexe sportif et culturel, dans le quadrilatère sud-ouest du boulevard Saint-Martin et de l’autoroute 15, comblera une partie des besoins, avec l’aménagement de trois nouvelles patinoires.

Mais ce projet ne fait pas l’unanimité. Pour Louis Bissonnette, on devrait plutôt construire de plus petits arénas. « Ce que je n’aime pas du futur amphithéâtre, c’est que c’est un projet qui va coûter 120 millions de dollars. Si on regarde l’aréna Guimond, qui est un aréna privé, ça a coûté entre 10 et 15 millions de dollars. Il y a une grande glace et deux petites glaces. On pourrait avoir cinq ou six projets comme ça à Laval, pour le même prix que l’amphithéâtre. »

Claudine Delvoye, de son côté, estime que les priorités ne sont pas à la bonne place. Un peu avant la dernière campagne électorale, elle avait interpellé le maire lors de la soirée d’investiture d’un candidat de son parti. « J’avais souligné la question du manque d’arénas, du manque d’heures de glace. »

« Le maire m’avait répondu qu’on n’avait pas besoin de plus de glaces à Laval parce que la démographie faisait en sorte que c’était une population vieillissante. La population de Laval avait besoin d’édifices pour personnes âgées. Les jeunes, ce n’était pas important », se souvient-elle.

Quant à Ghislain Beaulieu, de l’association de hockey Laval-Nord, il attend cet aréna avec impatience, car les différentes associations de hockey de la ville devraient se voir accordé 1100 heures de glace par année, dit-il.

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