
Dans la région métropolitaine, c’est sur la Rive-Nord que l’on retrouve les plus fortes croissances de population. Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Mirabel, Mascouche, L’Assomption attirent de plus en plus de citoyens. « Mais nos infrastructures ne pourront pas soutenir cette tendance », s’inquiète le professeur en urbanisme David Hanna.

Un quartier résidentiel neuf à Sainte-Marthe-sur-le-Lac
« C’est normal que la population choisisse la banlieue, et surtout, ce n’est pas nouveau », poursuit M. Hanna, du Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM. « Ça se fait souvent au détriment de Montréal, parce que les citoyens de la ville centre n’ont pas l’impression d’avoir le contrôle sur leur qualité de vie. Montréal est une ville qui a beaucoup de potentiel, mais qui est aux prises avec un important marasme. »
D’après David Hanna, la Rive-Sud connaît aussi une croissance soutenue et rattrape lentement la Rive-Nord. « Le problème, c’est que nous n’avons pas les moyens de supporter un tel étalement en ce moment. »
Quelques données sur les variations de population de 2006 à 2011
Grand Montréal : 5,2 %
Rive-Nord (sans Laval) : 11,2 %
Laval : 8,9 %
Rive-Sud : 7 %Parmi les villes championnes de la croissance…
Sur la Rive-Nord :
Sainte-Marthe-sur-Lac : 38,7 % (1er rang du Grand Montréal)
Mascouche : 25,8 %
Mirabel : 21,2 %
L’Assomption : 20 %Sur la Rive-Sud :
Saint-Amable : 29,4 %
Vaudreuil-Dorion : 29,1 %
Candiac : 24,6 %
Mont-Saint-Hilaire : 15,8 %
Le coût de la croissance en banlieue
Selon David Hanna, pour supporter une telle croissance avec le modèle actuel, il faudrait doubler le nombre de ponts et élargir les autoroutes. « On a déjà du mal à entretenir notre réseau. Il faut penser autrement notre développement. »
« Nous n’avons pas les moyens de soutenir une telle croissance des couronnes si nous ne nous dotons pas d’infrastructures de transport collectif efficaces » – David Hanna, urbaniste
La solution, à son avis, est simple : puisque les populations choisissent les couronnes, il faut améliorer le système de transport collectif. « Nous devons diminuer le nombre de voitures sur nos routes. Par exemple, nous n’avons pas de système léger sur rail (SLR) comme dans certaines villes d’Europe et des États-Unis. »
« Il faudra aussi densifier les quartiers résidentiels. Rendre les maisons en rangées plus attrayantes, implanter des commerces dans les quartiers pour que les gens utilisent moins leur voiture. C’est possible, ça se fait ailleurs; la ville de Portland en Oregon vient d’annuler deux projets de construction d’autoroute parce qu’elle a réussi à offrir autre chose aux citoyens des banlieues. Mais on a du retard à rattraper avant d’en arriver là! »
