Blogue de Claudia Beaumont

Mars à Varsovie : la genèse d’une chanson

vendredi 3 mai 2013 à 16 h 14 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Par Stanley Péan

Le dimanche 24 mars dernier, au lendemain d’un concert électrisant au club Pod Filarami et au terme d’une nuit beaucoup trop courte, Jacques Kuba Séguin (Révélation Radio-Canada jazz 2012-2013) et moi quittions à l’aube notre hôtel vers la gare ferroviaire de Gorzów. Inutile de vous dire que nous somnolions un peu durant les six heures requises pour arriver dans la capitale polonaise. À Varsovie, nous attendait notre guide et interprète pour la journée, Agnieszka Kuś, qui allait sans le savoir nous inspirer une chanson.

La grisaille à Varsovie

Récemment revenue d’un séjour dans le sud de l’Inde, la jeune femme n’en finissait plus de s’excuser de la grisaille et de la froidure qui régnait dans Varsovie, dont les printemps sont d’ordinaire tellement plus cléments selon elle. Et pendant que nous flânions dans les jardins de Stanislas II, roi de Pologne, que nous déambulions dans les rues où Chopin avait vécu son enfance, que nous déambulions dans les rues de la vieille ville, entièrement reconstruite dans les années 50 après avoir été dynamitée par les nazis, que nous roulions dans le Praga, dont Polanski avait fait le décor de son film Le pianiste, Jacques et moi en avons eu l’idée.

Elles sont fort nombreuses, dans le répertoire standard du jazz, les chansons qui évoquent des villes : April in Paris, Autumn in New York, I left my heart in San Francisco, Do you know what it means to miss New Orleans… Pourquoi ne pas profiter de notre séjour ici pour créer une chanson qui serait comme un instantané de Varsovie? Ce qui n’était qu’une blague au début s’est vite imposé comme un défi, un exercice de style stimulant. Tant le texte que la musique de la chanson, avons-nous convenu, devraient se conformer à la structure traditionnelle des standards du jazz. Inspiré par l’hiver et la distance qui me séparait de celle que j’aime, j’ai pondu dès le lendemain le premier jet des paroles en anglais, que Jacques s’est empressé de coucher sur une musique tout imprégnée du spleen et des spectres qui hantent les rues de Varsovie.

Journée de neige à Varsovie

Ainsi naquit March in Warsaw, enregistrée cette semaine par Kuba aux claviers et à la trompette, en compagnie du chanteur Elie Haroun, du contrebassiste Olivier Hébert et du batteur Kevin Warren. Cette chanson, c’est notre cadeau aux auditeurs et auditrices de Quand le jazz est là, qui restera accessible pour écoute en ligne sur la plateforme Espace.mu. C’est aussi le témoignage d’une amitié renforcée au fil de ces derniers mois, où Jacques Kuba Séguin a été pour moi une révélation à plus d’un titre.

Écoutez March in Warsaw: