Blogue de Philippe Malo

Un peu de fatigue

Jeudi 28 avril 2011 à 17 h 48 | | Pour me joindre

Pour me joindre

Si le roman de Stéphane Bourguignon qui porte le même titre que ce texte nous parlait d’un homme déprimé et désabusé, il ne faut pas aller jusque-là en parlant de la série qui vient de prendre fin. Même si, sur le coup, c’est indéniablement la déprime qui nous frappe. 

On se doutait que le Canadien était moins fort que son adversaire avant le début de la série, mais le vrai fan ne voulait pas le voir. Canadien en 5 avait-on clamé. Et après les deux premiers matchs, on pensait même que ça allait arriver. Mais après quelques bas et d’autres hauts, puis enfin d’autres bas, c’est la fin.

Une autre saison passée sans coupe Stanley pour la plus grande équipe de l’histoire de la LNH. Au bout du compte, c’est probablement la raison qui fait en sorte que mes fils ne sont pas des amateurs du Tricolore comme leur père, leur grand-père et leur arrière-grand-père.

Pour ce septième match, ma chère épouse avait proposé une soirée spéciale avec bouffe dans le salon et dodo tard. C’est avec des moments comme ceux-là qu’on va en faire des vrais fans, croyait-elle.  Le match s’est amorcé et l’intensité était au rendez-vous, tout comme les pointes de pizzas, les chips et le jus. Après un début de match horrible du Canadien, Jacques Martin a demandé un temps d’arrêt. À la maison, on en a profité pour rapporter la vaisselle à la cuisine et se concentrer comme il faut sur notre travail. Résultat, le Canadien est revenu dans le match.

En début de troisième, Liam couché, Alexis et Emrick étaient toujours debout, mais moins concentrés sur l’action. Les Bruins en ont profité pour marquer. Tout le monde est alors revenu s’asseoir. Le moment était grave. Et avec toute l’émotion qui nous habitait, nous avons envoyé tout ce que nous avions d’énergie pour permettre à P.K Subban de marquer. Quelle joie. Mais nous savions que ce n’était pas terminé et que les défenseurs du Canadien étaient fatigués, tout comme mes garçons, qui commençaient à se frotter les yeux.

Malgré toute notre volonté en début de prolongation et l’ardeur des joueurs du Canadien, ce sont finalement les Bruins qui ont marqué. Fini!

Toutes ces émotions pour rien? Sur le coup oui. Mais en repensant aux conversations, aux cris, aux heures passées ensemble, on ne peut pas être déçus trop longtemps. Et puis, il reste encore les Red Wings d’Emrick. Ce n’est pas mon équipe préférée et elle ne me fera pas lever de mon siège, mais la famille se tient, et comme Emrick l’a fait pour mon Canadien, je vais le faire pour ses Wings. Nos séries ne sont pas encore terminées.