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Encore la faute du messager

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 publié le 4 septembre 2014 à 16 h 32

Les responsables du financement du Parti conservateur (PC) de Stephen Harper en ont contre les médias, c’est bien connu et surtout documenté. Il faut dire que l’exemple vient de haut si on se fie aux propos du premier ministre lui-même lors du congrès de son parti à Calgary l’automne dernier.

Après s’en être pris à la Tribune de la presse parlementaire, aux « médias d’Ottawa », à l’« élite médiatique » et carrément à Radio-Canada/CBC pour demander à leurs militants de contribuer à la caisse du PC afin de lutter contre l’adversaire, le tir se précise.

En une semaine, deux appels à confronter l’ennemi médiatique en versant 5 $ au PC visaient deux journalistes en particulier pour montrer ensuite que c’est l’ensemble de la classe médiatique qui est un adversaire en prévision de la campagne attendue l’an prochain.

Dans un envoi/communiqué adressé aux sympathisants conservateurs, le directeur des opérations politiques du PC, Fred DeLorey, disait la semaine dernière : « Je ne peux pas croire ce que j’ai lu (just disgusting) ». Il tâte le porte-feuille de ses lecteurs en dénonçant une chroniqueuse du Toronto Star qui a recours, selon lui, aux attaques personnelles contre M. Harper.

Heather Mallick y va en effet d’une opinion sentie sur les qualités de Justin Trudeau qui font vibrer l’électorat, et elle expose ce qu’elle voit comme un contraste avec M. Harper. On lui reproche l’utilisation du mot « sociopathe » en association avec M. Harper. Elle évoque en fait le manque d’empathie, d’émotion de M. Harper face à la situation des femmes autochtones assassinées en grand nombre et parle de sa « vision de sociopathe », donnant ainsi des munitions à M. DeLorey.

Toujours à la recherche des précieux 5 $, M. DeLorey revenait à la charge cette semaine après l’annonce de l’embauche par les libéraux de Justin Trudeau d’un journaliste de CTV qui a roulé sa bosse à Ottawa dans d’autres boîtes, Colin Horgan.

 Voici quelques commentaires de M. DeLorey :
– « Ça confirme nos soupçons. »
– « Après des mois d’attaques contre notre parti comme reporter… »
–  « Ça vous en dit long sur la façon dont les médias d’Ottawa vont nous traiter dans la prochaine élection. »

M. DeLorey argumente que ça va prendre d’autant plus d’argent qu’on ne pourra pas passer le message par les médias. Il faudra beaucoup de publicité.

Les vases communicants des partis politiques et des médias sont assez bien connus, et pas seulement à cause de René Lévesque, un des cas les plus fameux. On n’a qu’à penser aux Drainville, St-Pierre et Lisée récemment au Québec, mais aussi aux Duffy, Wallin, Kent, Frum, Moore au Parti conservateur! Trois sénateurs et deux ministres, sans compter des candidats et du personnel politique. Les conservateurs ne se sont donc pas privés de recruter du côté des médias. Ça met les choses en perspective.

J’en parlais dans mon blogue précédent, Justin Trudeau trône en première place des sondages sans interruption depuis son arrivée à la tête des libéraux. Les plus récentes consultations font état d’écart grandissant. Tout ça, malgré certaines controverses amorcées par des propos de M. Trudeau et en dépit aussi des publicités négatives des conservateurs.

Une vaste enquête de la firme Abacus Data sur les intentions de vote, mais aussi sur l’impression laissée par les chefs, l’impact d’éventuels gouvernements NPD ou PLC, les enjeux chers aux Canadiens et même, carrément, les compétences de Justin Trudeau, n’apporte pas de réconfort aux conservateurs.

Ils ne doivent pas apprécier ce message qu’ils reçoivent en cette fin d’été. Si M. Trudeau se maintient, si rien ne colle ou ne l’égratigne, on explique ça comment? Plusieurs analystes sont arrivés à différentes conclusions. Au PC, on s’est aussi posé la question. Évidemment, la réponse :  « C’est un fait, les Canadiens savent que Justin Trudeau n’est pas à la hauteur. Les seuls qui sont encore sous son charme travaillent à Ottawa à la Tribune parlementaire.»

Quand le message ne fait pas l’affaire, on s’en prend au messager et on espère ainsi motiver les donateurs, question d’amasser le plus d’argent possible pour… produire d’autres publicités négatives puisqu’on ne peut pas compter sur les médias ligués contre nous!!!

Catégorie: Ottawa

La santé, encore et toujours!

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 publié le 22 août 2014 à 12 h 26

« Voici mon défi au Parti conservateur, au Nouveau Parti démocratique, au Parti libéral et au Parti vert : les Canadiens vous disent que les soins aux aînés sont d’une importance primordiale pour eux. Ils savent que si nous développons la meilleure stratégie pour les aînés dans le monde, on peut avoir le meilleur système de soins de santé. Ils sont tannés des excuses pour justifier l’incapacité du gouvernement fédéral d’agir dans ce domaine. »

Le défi en question, il vient du Dr Chris Simpson, fraîchement élu président de l’Association médicale du Canada (AMC). Il s’adressait mercredi pour la première fois à ses membres en assemblée annuelle à Ottawa. S’appuyant sur des sondages et des études, le Dr Simpson tente de remettre la santé en tête de l’ordre du jour politique.

En fait, sondage après sondage, la santé trône au sommet des préoccupations des Canadiens, les autres enjeux fluctuant au gré des courants et des événements. Il y est allé d’un constat brutal avant d’en arriver à son défi aux chefs politiques fédéraux. Le Canada est à l’avant-dernier rang d’une récente étude sur la qualité des soins de santé, tout juste devant les États-Unis. La différence entre le Canada et les pays de tête comme la Grande-Bretagne, la Suède ou la Suisse, c’est un engagement ferme du gouvernement central envers le système public de soins de santé, selon le Dr Simpson.

À 13 mois du début, en principe, de la prochaine campagne électorale fédérale, il prend les devants, mais il n’est pas le seul. Quelques heures avant qu’il n’interpelle la classe politique, devant le même auditoire, Thomas Mulcair était sorti des blocs de départ de la course électorale avec un engagement clair au sujet du financement fédéral en santé.

À même les surplus prévus à partir de l’an prochain par les conservateurs, M. Mulcair renverserait la vapeur quant au Transfert canadien en matière de santé (TCS). Et il reviendrait à l’indexation à 6 % du TCS en vigueur depuis 10 ans en vertu de l’accord sur la santé conclu en 2004 par Paul Martin avec les provinces. Résultat, si on se fie à l’estimation des provinces que M. Mulcair reprend à son compte :  36 milliards de dollars de plus dans les coffres des provinces.

Est-ce un engagement réaliste financièrement? M. Mulcair aurait-il les moyens de ses ambitions, compte tenu de la situation budgétaire prévue? Techniquement, on peut certainement penser que oui. En l’état actuel de la fiscalité, des prévisions de croissance modeste et des dépenses gouvernementales, les surplus passeraient de 6,4 milliards de dollars l’an prochain à plus de 10 milliards de dollars quatre ans plus tard. Or, ce n’est que dans trois ans que les provinces cesseraient de bénéficier de l’indexation à 6 % du TCS et commenceraient à ressentir le manque à gagner qui mène à 36 milliards de dollars.

Donc,  les surplus annuels semblent au rendez-vous, si aucune décision politique ou promesse à tenir ne vient modifier les colonnes des revenus et des dépenses d’un éventuel ministre néo-démocrate des Finances. Il faut se rappeler que le NPD a toujours l’intention d’aller chercher des revenus additionnels du côté des impôts des sociétés, mais que ses plateformes électorales contiennent également des engagements coûteux qui nécessitent à la fois des revenus nouveaux et des réaménagements des dépenses.

Si, et seulement si, la santé devient réellement un enjeu électoral, histoire et T.C. Douglas à l’appui, le NPD estime évidemment qu’il est un peu actionnaire majoritaire du concept de système public de soins, et qu’il part avec une longueur d’avance dans les perceptions. Avec cette promesse, M. Mulcair considère peut-être avoir ajouté une autre longueur entre lui et ses adversaires.

Les conservateurs doivent de leur côté vivre avec leur engagement de la dernière campagne et, surtout, avec la formule du TCS qu’ils ont ensuite imposée aux provinces pour les 10 années qui mènent à 2024, donc bien au-delà de l’élection d’octobre 2015. Pour eux, le dossier du TCS est réglé pour longtemps. Leur plateforme 2011 parlait de « renouveler l’accord sur la santé » et de « collaborer avec les provinces et les territoires » pour y arriver. Aucun engagement chiffré ni écrit. Talonnés en cours de campagne, MM. Flaherty et Harper avaient fini par s’étirer le cou en parlant de l’indexation à 6 %, même après l’expiration de l’accord en 2014.

Difficile de dire si on peut encore parler d’« accord » et de « collaboration ». Toujours est-il que les ministres provinciaux ont trouvé sur leurs napperons, entre l’assiette à pain et le menu de ce qui ne devait être qu’un premier lunch de travail là-dessus, l’indexation réduite décidée par leur collègue Flaherty.

En gros, sur 10 ans, jusqu’en 2024, indexation à 6 % sur trois ans, après quoi on la ramène à hauteur de la croissance du PIB nominal, sans descendre sous les 3 % cependant. En fait, à Ottawa, on s’attendait à une hausse tournant autour des 4 % pour la période, 2 % de moins, d’où le 36 milliards de dollars de pertes du côté des provinces, repris par M. Mulcair. Ottawa faisait valoir qu’après des années de hausses de dépenses provinciales frisant les 7 %, on s’acheminait vers des hausses prévisibles d’environ 3 %.

Les libéraux de Justin Trudeau peuvent se targuer, eux, d’avoir adopté la Loi canadienne sur la santé qui met en place les fameux cinq grands principes, universalité, transférabilité, etc. L’accord de 10 ans avec indexation de 6 %, c’était eux aussi… On ne connaît évidemment pas ce que serait un engagement formel libéral en santé en 2015, mais trois résolutions adoptées au congrès de cette année à Montréal font état de quelques intentions.

On y parle à la fois de « négocier un nouvel accord sur la santé » de façon à « assurer à tous les gouvernements la flexibilité administrative voulue ». Rebonjour, fédéralisme asymétrique! Il est aussi mention de « résultats mesurables », de « consultation » entre les gouvernements sur les versements annuels, de « formule de financement équitable et adéquate » adaptée aux besoins et de variations en fonction de « facteurs démographiques ».

Est-ce que la plateforme sera plus précise? Les libéraux réunis à Edmonton laissaient entendre cette semaine qu’ils auraient une plateforme complète et chiffrée rapidement, au cas où… On verra comment cette bonne volonté en santé se traduit arithmétiquement.

Voilà! À quelques semaines de la dernière rentrée d’automne avant la prochaine élection fédérale, on avait beaucoup entendu en prévision du scrutin les expressions « classe moyenne », « consommateurs », « emploi », etc. Est-ce que le thème du financement des soins de santé s’imposera? Surtout, est-ce qu’un parti prendra vraiment sur lui de l’imposer? Du côté de l’opposition évidemment, puisque pour le gouvernement Harper la question est réglée jusqu’en 2024.  On parle bien sûr pour l’instant des fédéraux, attendez que les provinces s’en mêlent!

La santé, faut-il le rappeler, fait l’objet de maints débats, y compris en campagne électorale. Elle fait bonne figure dans les sondages,  mais a-t-elle déjà fait LA différence une fois devant l’urne?

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

L'homme l'affaires Bill Morneau que Justin Trudeau aimerait recruter comme candidat en vue des prochaines élections. (source: Manon Globensky / Radio-Canada)

L’homme l’affaires Bill Morneau que Justin Trudeau aimerait recruter comme candidat en vue des prochaines élections. (source: Manon Globensky / Radio-Canada)

Il a sa carte de membre du parti libéral depuis deux mois à peine. Mais derrière lui, Bill Morneau a une carrière prospère dans le secteur privé. Sa compagnie Morneau Shepell élabore et livre à des compagnies du secteur privé des programmes d’avantages sociaux et de compensation pour leurs employés.

Il a été président de l’hôpital St. Michael’s à Toronto et de Covenant House, un centre de crise pour jeunes sans-abri. Son épouse, Nancy McCain, est de la célèbre et riche famille McCain du Nouveau-Brunswick. Le couple représente l’élite de Toronto, engagé dans les arts, les organismes de charité et maintenant la politique.

Bill Morneau n’a pas encore décidé s’il allait être candidat, dit-il, encore moins dans quelle circonscription. Toronto Centre, une des deux Don Valley : qui sait? Justin Trudeau a dit qu’il n’y aurait pas de parachutage de candidat nulle part, qu’il voulait des assemblées d’investiture dans toutes les circonscriptions. Mais en même temps, il doit y en avoir plus d’un dans le parti qui font des neuvaines pour que cet homme soit choisi comme candidat.

Aurais-je oublié de dire qu’il préside le conseil d’administration de l’institut CD Howe, un important groupe de réflexion économique. Certains libéraux disent déjà qu’il pourrait être le ministre des Finances dans un gouvernement Trudeau.

C’est la première fois de sa vie, il le jure, qu’il songe à faire de la politique. Parce qu’il n’aime pas ce qu’il voit, qu’il sent une grande anxiété chez les Canadiens. Comment remédie-t-on à ça et, surtout, où trouve-t-on l’argent pour le faire? Bill Morneau ne répond pas (serait-il déjà politicien dans l’âme?). Il faut d’abord identifier les priorités et se concentrer sur elles.

Justin Trudeau fait-il une erreur en soumettant tous les candidats potentiels, y compris ces candidats vedettes, au ballottage des assemblées d’investiture? Vraisemblablement, malgré le fait que le chef voudrait bien tous les avoir à ses côtés – l’expertise d’une équipe sera d’une grande importance pour les libéraux aux prochaines élections -, il y a des risques que certains ne passent pas la rampe.

Dans Winnipeg Sud-Centre, Jim Carr, ancien président de l’équivalent du Conseil du patronat du Manitoba, n’est pas le seul à vouloir se présenter. Karen Taraska-Alcock, ancienne directrice de campagne de Justin Trudeau dans la province et veuve de l’ancien député Reg Alcock, voudrait aussi la nomination. Il devra se passer de l’un des deux.

Il devra aussi probablement faire son deuil de plusieurs candidatures féminines. Depuis Jean Chrétien, le parti réservait un tiers des circonscriptions à des femmes, quitte à les parachuter, les courses d’investiture étant plus dures pour les femmes qui ont moins de temps et de réseaux que les hommes.

Depuis 2011, les femmes représentent 25 % des députés de la Chambre des communes, soit 77 députés, dont la moitié sont élues pour la première fois. Il s’agit la plus grande proportion de femmes jamais élues au Canada.

Catégorie: Élections fédérales

Baromètre politique de début d’année

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 publié le 9 janvier 2014 à 10 h 35

Le climat a retenu l’attention plus que jamais pendant les dernières fêtes. C’est un peu l’habitude, mais on a l’impression qu’on a quand même eu droit cette année à des situations hors-norme, et ça se poursuit. Nos amis de la région de Toronto y ont goûté, tout comme ceux de l’Estrie d’ailleurs, qui ont vu leurs réjouissances de Noël être perturbées par les pannes massives de courant et les déplacements difficiles, voire impossibles, à cause du verglas.

Le climat politique fédéral n’a pas subi les mêmes soubresauts pendant qu’on avait la tête ailleurs, mais il reste qu’on entreprend une nouvelle année et que, si on compare à la même période l’an dernier, le paysage a changé… Et pas juste à cause de la neige plus abondante sur la capitale fédérale.

Rappelez-vous par exemple qu’à pareille date en 2013, c’est un dénommé Bob Rae, chef intérimaire, qui dirigeait le navire du Parti libéral du Canada. Les rafales Trudeau ont gonflé les voiles libérales, et le PLC vogue en tête des sondages.

On va donc parler chiffres en laissant de côté degrés, millimètres de pluie, centimètres de neige ou encore facteur éolien!

La donnée de base du baromètre politique, les intentions de vote tout d’abord. Les sondages Ekos de fin décembre, à un an d’intervalle, nous montrent que les conservateurs sont passés du premier rang, avec 32 % des appuis, au deuxième, avec 26 %. Les libéraux ont eux grimpé de deux rangs : ils occupent la première place avec 32 % des intentions de vote, un bond de huit points. Les troupes de Thomas Mulcair sont passées du deuxième au troisième rang avec 23 % des intentions, un recul de trois points.

Le nombre de Canadiens qui pensent que le gouvernement s’en va dans la mauvaise direction est maintenant à 52 %, en hausse de six points, et Justin Trudeau devance Stephen Harper, de peu, mais quand même, comme le chef le plus apprécié. Ces données nous montrent essentiellement la météo politique à court terme, comme si vous planifiez le week-end de ski qui vient.

Les prévisions à long terme

Plusieurs données sous-jacentes, d’Ekos comme de Nanos, laissent entrevoir les prévisions à long terme et les plafonds, souvent nuageux, ou encore les éclaircies pour chacun des partis.

Par exemple, Nanos nous apprend que seulement 38 % des répondants envisageraient de voter conservateur, contre 40 % pour le NPD et 50 % pour les libéraux. Deux constats, tout d’abord :

  1. Stephen Harper peut concentrer son attention sur environ 10 % de l’électorat; c’est la différence entre les intentions de vote conservatrices actuelles et ce plafond de 38 %.
  2. Ensuite, même dans le meilleur scénario, le potentiel de croissance par rapport à la majorité de 2011 est restreint pour le moment. Le PC avait alors récolté 39,6 % des appuis.

C’est d’autant plus vrai qu’avec 26 % des intentions de vote, les conservateurs ne représentent le deuxième choix que de 9 % des répondants à Ekos. Les possibilités sont nettement plus intéressantes pour leurs adversaires. Le NPD serait un deuxième choix pour 22 % des gens contre 19 % pour les libéraux.

En fait, très peu de mouvement vers les conservateurs chez les gens qui ont voté pour les autres partis en 2011, autour de 5 %. Les libéraux eux, récoltent maintenant l’appui de 17 % des électeurs conservateurs de 2011… et de 23 % des néo-démocrates.

Et si on veut parler de croissance potentielle tout en expliquant un peu la chute des libéraux en 2011, 33 % des gens qui n’ont pas voté en 2011 voteraient libéral actuellement, contre 20 % pour les deux autres partis. Les libéraux avaient vu leur électorat s’évanouir dans la nature en 2011, particulièrement en Ontario.

Autre sujet de préoccupation pour les conservateurs, les gains effectués du côté des immigrants, notamment dans certaines concentrations en banlieue à Toronto et à Vancouver, ont peut-être été de courte durée. Est-ce le retour d’un Trudeau, un nom qui fait résonner « multiculturalisme »? Il reste que les libéraux obtiennent maintenant 38 % des appuis des électeurs nés à l’étranger, une avance de 12 points sur les conservateurs. Ce sera un des nerfs de la guerre électorale de 2015 avec une bonne part des 30 nouveaux comtés se trouvant dans ces mêmes banlieues.

MM. Trudeau et Harper sont à égalité auprès de l’électorat masculin. Chez les femmes, on est à 33 % contre 22 %, et je vous laisse deviner lequel a l’avantage…

Le vote régional québécois

Dans le sondage CROP, 63 % des répondants sont insatisfaits du gouvernement Harper. Ça se reflète dans les intentions de vote, les conservateurs n’en récoltent que 13 %, seulement 9 % dans le Grand Montréal. Petite consolation avec une lutte à trois dans la région de Québec, mais un autre 13 % pour le PC dans les régions hors Montréal et Québec.

Encore une fois, les libéraux sont les gagnants de la dernière année. Avec 36 % des appuis, on parle d’un gain de 15 points selon CROP. Le NPD en perd 10, à 30 %, tandis que le Bloc est à 17 %. À noter que des sondages nationaux placent le Bloc et le NPD à proximité, en milieu de vingtaine. Dans le cas du Bloc, le choix d’un nouveau chef et la performance du gouvernement Marois sont les facteurs à surveiller. Stephen Harper n’est vu comme le meilleur premier ministre que par 11 % des répondants au Québec, contre 27 % pour MM. Mulcair et Trudeau.

Donc, vous êtes maintenant inondés, ou plutôt enneigés, de chiffres, ne les apprenez pas par coeur, mais ne les pelletez pas trop loin non plus. Ils vont expliquer bien des choix, déclarations, promesses et attaques des dirigeants fédéraux en 2014.

Catégorie: Ottawa

Le silence de Trudeau

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 publié le 31 octobre 2013 à 16 h 05

Dans ses publicités, le chef libéral, Justin Trudeau, ne mentionne pas le nom de Stephen Harper.

Dans la crise qui secoue actuellement le Sénat et le gouvernement Harper, plusieurs observateurs trouvent Justin Trudeau bien silencieux, à peu près absent du débat. À n’en pas douter, le maître du jeu, celui qui torpille inlassablement le gouvernement Harper en Chambre, c’est Thomas Mulcair… très très loin devant Justin Trudeau. Mais se pourrait-il qu’il s’agisse là d’une stratégie bien planifiée? Vous pouvez parier que oui.

Dans le camp libéral, tous les stratèges sont bien conscients que sur le terrain de la critique, des batailles de tranchées et des déclarations assassines, Justin Trudeau n’arrive pas à la cheville du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD). Il est alors logique de penser que les libéraux ont choisi de faire porter un autre chapeau à leur chef : le chapeau de celui qui est au-dessus de la mêlée et de celui vers qui les gens se tourneront quand viendra le temps d’élire un premier ministre.

Depuis déjà plusieurs semaines, Justin Trudeau se présente comme un politicien positif, tourné vers les préoccupations de la classe moyenne, loin des bagarres parlementaires qui déçoivent tant d’électeurs. Son pari, c’est que les électeurs désabusés, fatigués des conservateurs, se tourneront vers celui qui a un message positif et non pas vers le NPD, dont le chef est souvent perçu comme un bagarreur ou, pire, comme un politicien chicanier.

À court terme, cependant, celui qui tire le plus de bénéfices de ce qui se passe à Ottawa est Thomas Mulcair. Un sondage de la firme Ipsos Reid mené pour CTV et réalisé entre le 25 et le 28 octobre – en pleine crise du Sénat – confirme la remontée des néo-démocrates. Ce sondage donne 31 % d’appui aux libéraux, le même pourcentage que lors du mois de septembre. Du côté des conservateurs, ils ont baissé de deux points et se situent à 30 %. Quant au NPD, il a bondi de 5 points pour rejoindre les libéraux à 31 %. C’est un bond spectaculaire.

C’est donc une course à trois qui se dessine. Mais le pari de Justin Trudeau et des libéraux, c’est qu’en octobre 2015, le positivisme se traduira par davantage de votes que l’attitude bagarreuse de Thomas Mulcair. À preuve, regardez et écoutez cette publicité que le Parti libéral du Canada lancera au début de la semaine prochaine, tout juste après la conclusion du congrès du Parti conservateur du Canada.

Un pari réussi?

Cette publicité de Justin Trudeau ne passera pas à l’histoire, mais le ton est clair. Le chef libéral se présente comme « le bon père de famille » rassembleur, et qui veut faire les choses autrement. Gagnera-t-il son pari? À court terme, la crise actuelle profite au NPD et à Thomas Mulcair. Les libéraux semblent croire que leur stratégie peut être rentable à long terme. Mais octobre 2015 est encore bien loin et la stratégie de « Monsieur positif » pourrait s’essouffler…

Catégorie: Ottawa

Attaques conservatrices contre… les médias

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 publié le 25 avril 2013 à 12 h 52

On a beaucoup fait état des publicités négatives et autres attaques conservatrices contre le tout nouveau chef libéral depuis une dizaine de jours. Mais derrière la cible Justin Trudeau se cache une autre cible pour les conservateurs : les médias, et certains journalistes en particulier. Je dis « se cache », mais dans le fond, il n’y a pas de cachette. Les conservateurs s’assument pleinement et visent ouvertement la presse.

Prise un : sur le site « Justin pas à la hauteur », qui véhicule, entre autres, les publicités en ligne et télé dénigrant M. Trudeau pour des déclarations passées et pour certains emplois qu’il a occupés, une rubrique donne les exemples d’écrits de certains commentateurs de publications anglophones favorables à M. Trudeau. Que des commentateurs politiques aient une opinion qui ne fait pas votre affaire, mieux vaut vous y préparer. Si vous avez la peau trop mince, lisez les commentaires qui vous sont favorables. Les conservateurs peuvent me contacter. J’ai des exemples en tête de collègues aux opinions solides et cohérentes qui défendent fréquemment leurs politiques.

Les conservateurs reconnaissent d’ailleurs le droit de ces journalistes à leurs opinions. Toutefois, ils enchaînent en demandant de l’argent pour contrer ces mêmes opinions, qui ne sont pas basées sur des faits, mais plutôt sur « leurs sarcasmes et leur déformation des faits ».

Prise deux : mardi, Jenni Byrne, ex-conseillère du premier ministre Harper retournée au Parti conservateur, s’en prend à nouveau à l’« équipe libérale de Justin Trudeau » qui fait de la petite politique, selon elle, après les arrestations des deux suspects de terrorisme par la GRC. Elle se base sur le compte Twitter de la sénatrice Céline Hervieux-Payette, qu’elle présente comme une conseillère principale pour le Québec de M. Trudeau. En gros, la sénatrice disait qu’avec des politiques à la George W. Bush, le gouvernement Harper allait se retrouver avec des terroristes à la George W. Bush. Bon, disons que les arguments de la sénatrice libérale restent à être étayés, car ils ne sont pas évidents. Et d’associer les commentaires de M. Trudeau sur le terrorisme et ses causes profondes à tout ça.

Le hic, entre autres, c’est que Mme Hervieux-Payette n’a aucune responsabilité dans le bureau ou l’équipe Trudeau. Elle appuyait même sa principale rivale, Joyce Murray, dans la course à la direction.

Mais surtout, autre occasion de s’en prendre aux médias que Mme Byrne ne rate pas. « Les médias ignorent volontairement cette histoire pour protéger M. Trudeau. » Elle ajoute avoir tenté d’attirer l’attention des journalistes là-dessus. Je n’ai pas consulté tous les collègues, mais, dans la tourmente des arrestations des deux suspects lundi après-midi, personne n’a souvenir d’une alerte conservatrice là-dessus. Et Mme Byrne de poursuivre encore une fois en demandant un p’tit 5 $ pour « maintenir la pression sur Justin Trudeau » (sous-entendu, puisqu’on ne peut pas compter sur les médias pour le faire).

À vous de juger. Il vous reste 906 jours avant l’élection d’octobre 2015 pour vous faire une tête là-dessus.

Catégorie: Ottawa

La nouvelle dynamique à la Chambre des communes

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 publié le 12 avril 2013 à 13 h 57

Stephen Harper à Chambre des communes en 2006

Quand la Chambre des Communes reprendra ses travaux le lundi 15 avril, le visage politique ne sera plus le même et la dynamique non plus. Pourquoi? Parce que le Parti libéral aura un nouveau chef, parce que le NPD sortira tout juste d’un congrès qui lancera le parti dans la dernière étape avant les élections générales de 2015 et parce que le Parti conservateur devra modifier son approche sur sa façon de diriger le pays.

Parlons d’abord du Parti libéral, qui se choisit un chef dimanche. Personne ne doute que le chef qui se lèvera en Chambre lundi prochain pour poser une question sera Justin Trudeau. Sa victoire est tellement évidente qu’il est plus que probable que l’entourage de Trudeau est déjà en train de préparer l’après-victoire. Même si les conservateurs parlent beaucoup de l’inexpérience du futur chef libéral, de son « absence de contenu », un fait demeure. Le parti au pouvoir craint l’effet Trudeau dans le pays. Et déjà, de nombreux sondages indiquent une remontée du PLC qui n’a que 34 sièges à la Chambre des communes.

Alors, la cible pour les conservateurs sera assurément Justin Trudeau et ils feront tout ce qu’il faut pour que la « lune de miel » qui suit généralement l’élection d’un nouveau chef soit la plus courte possible. De leur côté, les libéraux devront entourer leur nouveau chef de gens forts et s’assurer qu’il soit bien perçu jusqu’à la prochaine élection. Dès le 13 mai, il y aura une élection partielle et ce sera un test important pour le parti libéral… Saura-t-il regagner de façon importante la circonscription historiquement libérale de Labrador, perdu lors de la dernière élection à la faveur du conservateur Peter Penashue? Penashue a dû démissionner à cause d’irrégularités dans le financement de sa campagne… Il se représente à la partielle.

Puis, il y a le NPD, en congrès en fin de semaine à Montréal. Thomas Mulcair tente de changer l’image du parti… de l’emmener de la gauche vers le centre. M. Mulcair croit que c’est un des éléments qui permettrait au NPD d’être perçu comme un parti qui peut prendre le pouvoir. Mais le problème des néo-démocrates est le suivant : l’étoile de Thomas Mulcair semble pâlir. Il veut se montrer « premier ministrable », mais il a perdu le mordant qui le caractérisait. Alors, en fin de semaine, il devra convaincre que le virage vers le centre est la solution. Puis, en Chambre, il devra affronter Stephen Harper ET Justin Trudeau. Peut-être devra-t-il retrouver cette combativité qui l’a mené à la tête du NPD. Les prochains mois seront cruciaux pour Thomas Mulcair.

Pour ce qui est des conservateurs, il leur reste deux ans pour montrer qu’ils ne sont pas victimes de l’usure du pouvoir. Ils ont aussi dirigé le pays sans compromis. Ils n’ont jamais tenu compte de l’avis des partis d’opposition, parfois, disent leurs adversaires, au mépris des institutions parlementaires. Dans la perspective d’une lutte à trois, les troupes de Stephen Harper pourraient corriger le tir. Dès lundi, il faudra voir si le premier ministre, qui n’est jamais en Chambre les lundis et vendredis, sera là pour répondre aux questions du nouveau chef libéral. Si c’est le cas, ce sera peut-être le début de cette nouvelle dynamique.

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PLC : sprint final???

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 publié le 6 avril 2013 à 6 h 26

Les libéraux fédéraux entrent dans la dernière semaine de cette course qui a de moins en moins l’air d’en être une avec la « présentation nationale » des six candidats restants, à  Toronto, devant un auditoire, ou plutôt une salle, de 1500 places.

Difficile de savoir combien de gens y participeront et à quel titre. Des places sont vendues, mais 100 billets sont gracieusement offerts à chacune des six campagnes. Ça laisse 900 billets à vendre en principe et disons que ça ne se bousculait pas au portillon. Il faut dire que le rassemblement est sans grande conséquence.

Quand on parle de présentation nationale, ça veut dire que les candidats pourront se faire valoir de la façon dont ils ou elles l’entendent sur la scène pour convaincre les 127 000 membres/sympathisants ayant droit de vote.

Certains réseaux, dont RDI, diffuseront l’événement qui sera aussi rendu disponible sur le site du PLC et aucune interaction, décision et encore moins un vote final, n’auront lieu dans la salle. Pas beaucoup de motivation donc à être sur place. Il suffit de rattraper tout ça en ligne si vous avez encore des doutes et de voter, aussi en ligne, ensuite.

Et c’est sans parler de LA principale raison qui sabote la motivation des inscrits, la domination de Justin Trudeau. On évalue généralement le recrutement du clan Trudeau à plus de 60 % de ceux qui ont droit de vote et sa campagne rapportait vendredi à Élections Canada avoir récolté 1 078 866 $ contre environ 625 000 $ pour ses cinq adversaires réunis. Si vous voulez entretenir l’intérêt, vous pouvez vous rabattre sur le mode de scrutin qui donne à toutes les circonscriptions un poids équivalent de 100 points sans égard au nombre de votants. Par exemple, un candidat qui obtient 80 des 100 voix exprimées dans une circonscription reçoit 80 points, tout comme celui qui compterait 800 voix sur 1000 dans un autre. Cette improbable distorsion pourrait-elle rendre le résultat moins prévisible?

Eh oui, même si le directeur national du PLC, Ian McKay, vantait le procédé de « démocratie directe » adopté par son parti plus tôt cette semaine, tout le monde a compris que tous les votes n’auront pas le même poids.

Malgré cette domination, le clan Trudeau demeure prudent. Il ne présume pas du résultat final, même avec la confiance de circonstance. On n’envisage pas ouvertement l’après-victoire. Mais comme le résultat sera dévoilé autour de 18 h le dimanche 14 avril et qu’il y a une période des questions en Chambre le lendemain, on a tous compris qu’on ne préparera pas le futur chef dans la nuit du dimanche au lundi.

Et même si tous les membres de l’entourage de M. Trudeau parsèment nos conversations de « si on gagne » plutôt que de « quand on va gagner », on a eu droit plus tôt cette semaine à la première manifestation publique du fait qu’on est passé en mode post-14 avril. Le patron de la campagne, Gerald Butts, a réagi en effet aux informations voulant que les conservateurs lancent une campagne de publicité négative après l’élection de M. Trudeau. Il a adressé un courriel à ses troupes pour leur demander des contributions de 5 $ pour financer la campagne de réplique. Clairement, on en est rendu là.

Un sprint final certes, pas d’un 100 mètres serré, mais plutôt d’un de ces 10 000 mètres dominé par un Kényan ou un Éthiopien arrivant au fil pendant que ses rivaux sont encore au loin dans la courbe de la piste.

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PLC : l’homme à la balayeuse

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 publié le 14 février 2013 à 12 h 34

Marc Garneau a tenté hier d’insuffler un peu de vie et de vigueur dans cette course à la direction qui culminera avec le choix de Just… oups, du prochain chef libéral,  dans deux mois jour pour jour. Celui qui confiait lors du débat/entrevue style « au coin du feu avec… » de Winnipeg qu’il aimait bien passer l’aspirateur et éprouver la satisfaction de voir les « minous » disparaître dans le boyau, a décidé de jeter les gants. Justin Trudeau ne peut pas être élu chef du PLC en reportant à l’élection de 2015 le dévoilement de ses vrais projets politiques, affirme M. Garneau.

L’ex-astronaute a fait cette sortie par altruisme, pour le bien du parti, dit-il. Il rappelle comment on a couronné Michael Ignatieff sans débat sur les politiques, et comment ce vide a vite été comblé par les conservateurs, qui ont défini le nouveau chef en le dénigrant. C’est une erreur qu’il ne faut pas répéter, ajoute-t-il. Reconnaissant les longueurs d’avance de M. Trudeau, son rival le somme de dire ce qu’il va faire pour la classe moyenne et la jeunesse, dont il se prétend le défenseur.

Derrière ce message, il y a le moment et surtout le ton. Il y a tout d’abord un lien évident et facile à faire avec le calendrier de la course à la direction du PLC. Samedi, troisième débat, certains vous diraient premier « vrai » débat, puisqu’il y aura pour la première fois du « un contre un ». Et, quel hasard, MM. Garneau et Trudeau croiseront le fer les premiers! Donc, occasion d’échanges plus directs et surtout plus musclés. Autre élément de calendrier, ce sera le dernier débat avant la date limite du 3 mars pour le recrutement de nouveaux membres ou sympathisants qui auront droit de vote, une dernière occasion donc de faire forte impression.

Et le ton… Ceux qui ont eu accès à l’ensemble du point de presse ont pu voir un homme qui semblait hors de sa zone de confort. Pas le Marc Garneau qu’on voit au quotidien, plutôt celui qui livre un cri du coeur. Respiration haletante par bout, difficulté à avaler à d’autres moments, des soubresauts dans le ton de la voix. On sentait, sinon le désespoir, l’impuissance et une frustration contenue face à une machine bien rodée qui baigne dans l’huile depuis bien avant le début de cette course.

Sa collègue Martha Hall Findlay a pris sur Twitter le relais de M. Garneau pour réclamer de la substance dans cette course, demandant à tous les candidats de s’engager clairement, dont un en particulier…

Et, ce qui ne va pas être sans augmenter la frustration de M. Garneau, non seulement Justin Trudeau a gardé ses distances devant les attaques, mais la publication fort opportune des détails de ses finances personnelles a achevé de détourner l’attention. Grrrrrrr!!! L’article de Post Media donne tous les détails de son héritage, de ses revenus de conférencier d’avant la vie politique, etc. Il donne l’occasion à M. Trudeau de se dépeindre comme un jeune homme qui était conscient de sa chance, qui ne prétend pas être de la classe moyenne qu’il défend, mais qui a mené sa vie à coup d’expériences personnelles qui l’ont rapproché des gens. Si ces privilèges, même admis, feront évidemment des envieux, force est de constater que l’article, même très factuel et documenté, est dans le registre de la campagne qu’il mène jusqu’à maintenant.

Bref, belle tentative de Marc Garneau. Meilleure chance la prochaine fois, samedi à Mississauga.

P.-S. : en passant, à surveiller dans cette course si on se fie à ce qui circule sur les médias sociaux et les blogues libéraux, une idée qui fait du chemin, beaucoup de chemin même, celle de l’unification des forces opposées à Stephen Harper, mise de l’avant par Joyce Murray.

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