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Élections en Ontario : 10 choses à retenir

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 publié le 20 juin 2014 à 10 h 17

La première ministre réélue Kathleen Wynne (en rouge) en compagnie de ses parents à droite, et de sa conjointe, à gauche.

Le Parti libéral de Kathleen Wynne a remporté l’élection du 12 juin et formera un gouvernement majoritaire pour les quatre prochaines années. Le Conseil des ministres sera assermenté mardi prochain. En attendant, voici 10 choses à retenir et à surveiller après cette élection (sans ordre particulier) :

1. Ontario : province ouverte et tolérante
Les Ontariens ont élu pour la première fois une femme comme première ministre (en retard sur d’autres provinces, c’est vrai). Mais Kathleen Wynne devient également la première chef de gouvernement élue ouvertement gaie de tout le Commonwealth. Sans que ce soit un enjeu durant la campagne. Vous souvenez-vous d’André Boisclair?

2. La chance du débutant
C’est la première fois en 43 ans qu’un chef de parti recrue remporte une majorité en Ontario (depuis Bill Davis en 1971). La recrue conservatrice Frank Miller a remporté une minorité en 1985, avant d’être renversée trois mois plus tard par une alliance libérale/néo-démocrate. Au Québec, Jean Charest, Jacques Parizeau et Pauline Marois ont également échoué à leur première tentative. Philippe Couillard a réussi, tout comme Christy Clark en Colombie-Britannique et Alison Redford en Alberta.

3. Dynastie en formation
C’est la concrétisation d’une dynastie libérale en Ontario. Après ce mandat de quatre ans, les libéraux auront été au pouvoir pendant 15 ans (de 2003 à 2018). Ils ont également réussi à changer de chef en cours de mandat et à se faire réélire. Du jamais vu en Ontario depuis la « Big Blue Machine » conservatrice, qui a gouverné la province pendant 42 ans de 1943 à 1985.

Tim Hudak annonce sa démission comme chef conservateur le soir de sa défaite.

4. Déclin de l’idéologie de droite
Non seulement les conservateurs font chou blanc pour une quatrième élection d’affilée depuis l’ère de Mike Harris (1995-2003), mais ils sont depuis incapables de faire une percée convaincante dans la ville de Toronto. La capitale leur échappe, le pouvoir aussi. Au total, la « droite » a été au pouvoir en Ontario pendant seulement 8 des 30 dernières années. En contrepartie, au fédéral, le PCC détient présentement 73 des 106 sièges.

5. « Back to the future? »
Certains y voient un signe que l’économie ontarienne en transition entraîne une transformation de l’échiquier politique. Mais il faut également se rappeler que la fameuse « Big Blue Machine » au pouvoir pendant 42 ans était idéologiquement beaucoup plus centriste,  plus « Red Tories » que les récentes incarnations du PC sous Mike Harris ou Tim Hudak. La course à la direction à venir sera l’occasion pour les membres de décider s’ils veulent réaffirmer l’adjectif « progressiste » dans le Parti progressiste-conservateur.

6. Gauche caviar c. New Labour
Le NPD a perdu des circonscriptions torontoises qu’il détenait depuis des décennies, au profit des libéraux. La tendance plus populiste du NPD, sous la gouverne de la chef Andrea Horwath, lui a cependant permis de faire des gains dans des régions ouvrières à l’extérieur de Toronto (Windsor, Oshawa, Sudbury). Il faudra voir au cours des prochains mois si la base socialiste et urbaine du NPD va déserter le parti, ou se rallier à sa chef et adopter la nouvelle vision, qui poursuit la transformation entreprise sous Jack Layton au fédéral.

La chef du NPD Andrea Horwath devant la statue de Jack Layton à Toronto.


7. Stimulus économique
Avec une majorité en main, les libéraux ont les coudées franches pour investir des milliards de dollars dans le transport en commun, la création d’emploi, la santé et l’éducation, et pour mettre sur pied un régime de retraite ontarien semblable à la Régie des rentes du Québec.

8. …mais contrainte budgétaire
L’Ontario doit également éponger un déficit de 12,5 milliards de dollars. Le budget qui sera déposé le 2 juillet contiendra des compressions importantes (un total de 3G$/3 ans) dans la fonction publique et le secteur parapublic. Et une réforme en profondeur des régimes de retraite publics. Comme au Québec, il faut s’attendre à un soulèvement des syndicats au cours des prochains mois.

L’ex-premier ministre Dalton McGuinty témoigne au comité parlementaire.

9. Le « Watergate » ontarien
Des enquêtes criminelles de la police provinciale sont toujours en cours. Des anciens bras droits de l’ex-pm libéral Dalton McGuinty sont soupçonnés d’avoir effacé le contenu d’ordinateurs du gouvernement, afin d’éliminer des documents compromettants en lien avec l’annulation de deux centrales au gaz qui a coûté 1 milliard aux contribuables. À surveiller pour voir si ça mènera à des accusations.

10. Transparence ou limiter les dégâts?
Cette controverse des centrales au gaz faisait l’objet d’une enquête d’un comité parlementaire. Elle a été interrompue par la dissolution de la chambre. Kathleen Wynne a déjà promis de reconstituer le comité pour l’écriture du rapport. Mais des témoins-clés qui devaient comparaître pourraient ne jamais le faire. Pourquoi? Avant les élections, les partis d’opposition contrôlaient les procédures au comité. Maintenant, ce sont les libéraux majoritaires qui décident. Les libéraux voudront-ils essayer de limiter les dégâts, ou au contraire, feront-ils preuve de transparence?

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Sondages: pour s’y retrouver un peu

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 publié le 16 mai 2014 à 18 h 54

Je suis confus.

Les résultats des sondages publiés par les différentes firmes depuis le début de la campagne sont tellement incohérents quand on les compare les uns aux autres que j’en perds mon latin. Mercredi, les libéraux menaient par huit points. Jeudi, les progressistes-conservateurs menaient par huit points. Aujourd’hui, les libéraux mènent par sept points.

Cependant, au-delà des intentions de vote en général, le sondage Ekos de vendredi dénote plusieurs tendances intéressantes. Tous les tableaux sont disponibles ici, marge d’erreur et tout.  Voici mon analyse, à chaud.

D’abord les mauvaises nouvelles :

– Inquiétant pour les libéraux : ils semblent perdre du terrain dans les banlieues de Toronto et dans le sud-ouest de l’Ontario, des bastions traditionnels.

– Inquiétant pour le NPD : il semble perdre la fidélité des cousins fédéraux. 20 % des électeurs qui ont voté NPD au fédéral songe à voter libéral au provincial. Sans cet appui, difficile de faire des gains dans des régions comme la banlieue de Toronto, ou de maintenir les sièges dans Niagara-Falls et London-Ouest.

– Inquiétant pour le PC : Tim Hudak ne passe pas auprès de la gent féminine. Seulement 24 % des femmes voteraient PC, contre 40% qui voteraient libéral, et 25 % NPD. Le PC mène par contre chez les hommes, 38 % PC, 34 % LIB, 17 % NPD.

Puis les bonnes nouvelles :

– Encourageant pour le PC : en tête dans toutes les régions, sauf Toronto et le nord de la province.

– Encourageant pour les libéraux : ils semblent toujours avoir la cote auprès des immigrants, des femmes et dominent complètement à Toronto, où est situé environ un siège sur cinq.

–  Encourageant pour le NPD : il semble prendre de l’élan dans le Sud-Ouest, où plusieurs luttes à trois sont à prévoir et où des gains leur sont possibles.

 À noter :

– Le nombre d’indécis reste élevé, à 20 %. (Pourquoi? Ce que j’en pense ici.)

– Les verts et les autres partis marginaux recueillent ensemble 12 % d’appui. C’est plutôt élevé, un peu hors norme. Ça représente sûrement des indécis ou des électeurs qui veulent cacher leur véritable choix.

Il y aura d’autres sondages au cours de la campagne, je ne vais pas tous les commenter. Mais avec 1111 répondants, joints tant au téléphone à la maison qu’au cellulaire, ce dernier Ekos est le plus sérieux jusqu’à maintenant.

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Élections ontariennes : crise d’identité

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 publié le 16 mai 2014 à 10 h 54

Les Ontariens iront aux urnes le 12 juin.

L’économie de l’Ontario est en pleine transformation. C’est aussi vrai pour l’échiquier politique. Au cours des derniers mois, les chefs des principaux partis semblent tous avoir été frappés par une crise identitaire.

Auditionner pour le bon rôle

Prenez par exemple le chef progressiste-conservateur. En 2011, Tim Hudak a perdu l’élection parce que, de son propre aveu, il avait « auditionné pour le poste de chef de l’opposition » en passant trop de temps à critiquer le plan de ses adversaires, et pas assez de temps à présenter son propre plan.

Cette fois-ci, Tim Hudak ne parle que de son plan (ou presque) de créer 1 million d’emploi en huit ans. Il n’a pas peur de dire tout haut qu’il va éliminer 100 000 emplois dans le secteur public, annuler un rabais sur les droits de scolarité, couper dans les services publics, dont l’éducation. C’est la méthode des sirops Buckley : ça a mauvais goût, mais c’est efficace.

« Les gens doivent savoir à quoi s’attendre quand nous serons au pouvoir. Pas d’intentions cachées. Les Ontariens s’attendent à ce que leurs leaders soient francs et honnêtes », dit-il. Cette fois, il auditionne pour le poste de premier ministre.

 De médiatrice à antagoniste

À l’inverse, c’est la première ministre sortante Kathleen Wynne qui, par moment, semble auditionner pour le poste de « critique en chef ». Celle qui s’est pourtant fait élire à la tête du Parti libéral en raison de son côté de bonne médiatrice a décidé de faire campagne, jusqu’à maintenant, en passant à l’offensive. La chef libérale attaque le gouvernement fédéral dans le dossier des régimes de retraite. Elle attaque le PC ontarien pour ses politiques « fractionnistes et rétrogrades ». Elle attaque le NPD pour son « dangereux » manque d’expérience.  Elle a même fait un détour par Walkerton (vous vous souvenez : eau potable contaminée, sept morts, des milliers de malades) pour ramener à la mémoire des Ontariens le symbole de l’ère du gouvernement Harris, l’effet des compressions et de la déréglementation. Prochain arrêt des libéraux, l’Hôpital Montfort?

 De sociale-démocrate à pragmatiste

De son côté, Andrea Horwath, la chef du NPD, semble vouloir prendre un (mini) virage à droite. Parfois, on dirait même qu’elle emprunte des idées au maire de Toronto, Rob Ford. Elle a promis de faire la lutte au gaspillage en créant un ministère de l’Épargne, responsable des compressions gouvernementales. Elle courtise les petites et moyennes entreprises en leur promettant des réductions d’impôts. Elle s’oppose aux projets d’amélioration du transport en commun, si ça veut dire faire payer plus les contribuables. Elle est devenue la grande défenseure du portefeuille des Ontariens contre les hausses d’impôts.

Indécis

Avec 27 jours à faire dans la campagne, environ 30 % des Ontariens ne savent toujours pas pour qui voter. Il y a 20 % d’indécis, et 8 % qui envisagent de ne pas aller voter ou d’annuler leur vote. C’est vrai, la campagne est jeune. Mais c’est aussi vrai que les chefs de parti semblent être en pleine métamorphose idéologique. Si les chefs en sont à revoir leurs propres croyances politiques, c’est aussi normal que l’électeur ne sache pas à quel saint se vouer.

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De gauche à droite : la chef du NPD Andrea Horwath, la chef libérale Kathleen Wynne
et le chef progressiste-conservateur Tim Hudak

 

La campagne électorale ontarienne se déroule pour le moment sur le thème de l’emploi et du coût de la vie. Il n’y aucun doute que c’est la préoccupation numéro un des Ontariens. Mais ça ne veut pas nécessairement dire que ce sera LA question à laquelle les électeurs vont répondre au moment de mettre une croix sur leur bulletin de vote.

« C’est l’économie, stupide!  » — James Carville

Ce conseil du stratège américain James Carville, donné à la campagne à la présidence de Bill Clinton en 1992, s’applique parfaitement à l’élection ontarienne actuelle.

L’économie de la province tarde à reprendre son rythme d’avant la récession. La croissance économique est anémique. La création d’emplois stagne. La qualité des emplois diminue. Le coût de la vie augmente. Beaucoup d’Ontariens ont l’impression de tirer le diable par la queue.

Les partis politiques misent gros sur ce sentiment. Tous maintiennent qu’ils ont LA solution pour relancer l’économie et donner un répit aux familles. Question de leur donner un peu d’espoir.

Mais c’est rarement l’espoir qui mène les électeurs à aller voter. « C’est l’économie, stupide! » n’était que le deuxième conseil sur la liste de James Carville à Bill Clinton. Le premier, c’était « le changement contre le statu quo ». Changement comme le « Are you better off than 4 years ago » de Ronald Reagan, le « Change that works for you » de Barack Obama. Ou stabilité comme « les deux mains sur le volant » de Jean Charest.

La colère et la peur

Le désir de changement politique est à son plus fort en Ontario depuis 10 ans. Selon les récents sondages, plus de 6 électeurs sur 10 croient que la province est sur la mauvaise voie. Et 7 électeurs sur 10 affirment qu’il est temps de se choisir un autre gouvernement.

Les conservateurs et les néo-démocrates misent donc sur cette colère pour gagner des électeurs. Colère contre les scandales de dépenses inappropriées (ORNGE, cyberSanté, l’annulation des centrales au gaz), colère contre les tentatives de camouflages de l’administration du gouvernement McGuinty, colère en raison des enquêtes criminelles en cours contre les libéraux.

Les libéraux, eux, misent sur la peur. Peur que les compressions et les mises à pied de fonctionnaires promises par le conservateur Tim Hudak ne nuisent aux services de santé, d’éducation, de garderie et à la reprise économique. Peur que l’inexpérience du NPD mène à une nouvelle récession, comme ça a été le cas sous Bob Rae dans les années 1990.

Mobiliser les électeurs

Cette dynamique semble pour le moment favoriser en partie les conservateurs. Voici pourquoi : les électeurs de droite sont les plus susceptibles d’être en colère contre les libéraux, donc plus susceptibles d’aller voter. Et beaucoup de « Red Tories » installés chez les libéraux pourraient se tourner vers Tim Hudak.

Par ailleurs, pour les électeurs plus à gauche, la peur d’un futur gouvernement conservateur est plus forte que la colère envers les libéraux. C’est pour séduire cette tranche de l’électorat que le parti de Kathleen Wynne a déposé un budget très progressiste juste avant le déclenchement des élections. C’est ce qui risque de faire mal aux néo-démocrates d’Andrea Horwath. Elle a forcé le déclenchement des élections en misant notamment sur les scandales. Mais pour ses électeurs traditionnels, l’enjeu ne résonne pas autant qu’elle le souhaiterait.

Les promesses de création d’emplois, ça fait appel au côté rationnel, à l’hémisphère gauche du cerveau. Mais c’est souvent le côté émotionnel, l’hémisphère droit, qui influe non seulement sur le choix des électeurs, mais aussi sur la volonté de se déplacer vers l’isoloir pour que ce choix compte. Un taux de participation élevé serait donc une mauvaise nouvelle pour les libéraux, et une bonne pour le PC et le NPD. Lors de la dernière élection ontarienne en 2011, à peine 49 % des électeurs se sont présentés aux urnes.

L’impondérable : pour le moment, il y a encore un électeur sur trois qui est indécis. Une semaine de campagne derrière nous, 29 jours à faire, c’est loin d’être terminé.

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La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, signale à mots couverts son désir d'élections printanières
La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne

Les chances que le gouvernement libéral minoritaire soit défait après un vote sur le budget ce printemps sont aujourd’hui considérablement plus grandes.

Si on compare la politique au patinage artistique (pourquoi pas!), la première ministre Kathleen Wynne n’a pas obtenu une très bonne carte de pointage dans son programme court, les élections partielles de jeudi. Ça s’annonce mal pour le programme long, les générales.

Les conservateurs ont gardé la circonscription de Thornhill, en banlieue de Toronto. Les libéraux ont perdu Niagara Falls, très syndicaliste, au profit du NPD.

Pour se défendre, les libéraux diront que ce ne sont que des partielles, qui ne reflètent en rien l’humeur de la population en général, et que si des élections provinciales avaient lieu bientôt, le résultat serait différent. Tout cela est vrai.

Mais ça n’éclipse en rien l’importance que revêtaient ces partielles, tant pour le gouvernement libéral que pour les conservateurs et les néo-démocrates.

Sinon comment expliquer la multitude d’événements publics de la première ministre, au cours des dernières semaines, dans les circonscriptions en jeu? Les millions de dollars annoncés pour un nouvel hôpital et l’industrie du vin dans le Niagara?

Il est clair que les libéraux comptaient sur la popularité de Kathleen Wynne pour marquer le plus de points possible. L’équipe a envoyé son joueur étoile dans la mêlée et a quand même perdu la partie. Dans la défaite, toute l’équipe est à blâmer, mais les joueurs qui étaient sur la patinoire portent une part accrue de responsabilité. Ça ne donne pas l’image d’une gagnante aux yeux de l’électorat.

J’irais même plus loin. Depuis la dernière élection générale, il y a eu neuf partielles :
LIB : -4 sièges
PC : +0 siège
NPD : +4 sièges *(voir ci-dessous)

Trois constats :

– Les libéraux minoritaires de Kathleen Wynne semblent en perte de vitesse. Leur plan pour créer de l’emploi est mince. Leur idée d’augmenter taxes ou impôts pour financer le transport en commun ne génère pas beaucoup de sympathie auprès du public (et les deux chefs d’opposition sont contre).

– Le PC fait du surplace : la rhétorique antisyndicale du chef Tim Hudak semble nuire à son parti, et sa promesse de créer un million d’emplois en huit ans s’il est élu ne semble pas résonner auprès du public.

– Seul le NPD semble faire des gains. La chef Andrea Horwath mise sur une approche populiste, protectrice du portefeuille des travailleurs. Son discours s’est légèrement modifié pour inclure récemment les « PME créatrices d’emplois ». Mais ses politiques publiques (son grand « master plan ») demeurent floues.

Kathleen Wynne vient de souffler sa première bougie comme première ministre (elle a été assermentée le 11 février 2013). À quel point (prix) veut-elle rester plus longtemps pour asseoir son autorité et se construire un bilan à défendre?

Le PC veut défaire le gouvernement à tout prix depuis deux ans et demi. Mais Tim Hudak est-il encore prêt à faire le grand saut quand son parti semble au neutre? (Réponse : oui)

Le NPD a préféré négocier des amendements aux deux derniers budgets pour « obtenir des améliorations pour les travailleurs ». Andrea Horwath en a-t-elle assez de se faire « voler » ses idées par les libéraux? Assez pour déclencher des élections en votant contre le budget?

Pour ceux qui doutent encore de la possibilité d’une élection provinciale ce printemps…

La chef libérale s’est lancée dans une tournée effrénée de la province la semaine dernière. Quatorze villes en quatre jours. Le genre de rythme qu’on voit durant une campagne. Une tournée organisée et payée par le Parti libéral, et non par le gouvernement. Avec des membres du personnel de la première ministre, qui ont pris congé de leur poste au gouvernement pour travailler pour le Parti libéral durant cette tournée. Le genre d’arrangement logistique qu’on voit aussi en campagne.

Clairement, comme les partielles, cette tournée était aussi une répétition générale pour un scrutin provincial à venir. Ou peut-être juste une façon pour le gouvernement de jouer du muscle pour dissuader l’opposition. On en aura un avant-goût avec la reprise des travaux à Queen’s Park mardi prochain. Et on sera fixé lors du dépôt du budget.

L’audace de son contenu sera un indicateur du niveau d’intérêt des libéraux pour un scrutin printanier.

*9 élections partielles depuis 2011.
Kitchener-Waterloo : PC -1, NPD +1
Vaughan : LIB conserve (0)
Ottawa-Sud : LIB conserve (0)
Etobicoke-Lakeshore : LIB -1, PC +1
Scarborough-Guildwood : LIB conserve (0)
London-Centre : LIB -1, NPD +1
Windsor-Tecumseh : LIB -1, NPD +1
Thornhill : PC conserve (0)
Niagara Falls : LIB -1, NPD +1

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Les dessous politiques de la saga Rob Ford

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 publié le 14 novembre 2013 à 17 h 51

Le maire de Toronto a présenté de nouvelles excuses, jeudi, accompagné de sa femme.
Le maire de Toronto, accompagné de sa femme, a présenté de nouvelles excuses jeudi.

L’hôtel de ville de Toronto est situé à moins de 2 kilomètres de Queen’s Park, le parlement ontarien. Et il semble que ça soit beaucoup trop près pour la première ministre. Kathleen Wynne ne veut pas toucher au dossier Rob Ford avec une perche de 10 pieds.

La première ministre a dit cet après-midi que « le maire et les conseillers municipaux sont démocratiquement élus, et que c’est à eux de régler la situation à l’hôtel de ville ». Message clair aux conseillers municipaux : le grand frère provincial ne va pas s’immiscer dans les affaires de la ville sans y être invité.

Kathleen Wynne ajoute que la province « pourrait » agir.  Si les conseillers municipaux font la « requête pour de nouveaux outils », son gouvernement est prêt à l’étudier, et si elle obtient l’appui des partis d’opposition pour « prendre une décision unanime, si nécessaire ».

Donc, ce n’est pas demain la veille.

D’abord parce que le gouvernement n’a pas nécessairement les outils pour intervenir. Pour destituer un maire, il doit être reconnu coupable et emprisonné. On n’a qu’à regarder du côté de London. Le maire Joe Fontana est accusé de fraude de moins de 5000$. Et même pendant les procédures judiciaires, il continue d’être maire.

La province pourrait invoquer la Loi sur la Cité de Toronto pour prendre le contrôle de la ville, mais seulement si la santé financière de la ville est en jeu, si c’est « nécessaire ou souhaitable dans l’intérêt provincial » (article 25).

La déclaration de Kathleen Wynne aujourd’hui sert surtout à protéger ses arrières politiques.

Si elle intervient, elle devrait faire face à une série de critiques qui l’accuseront d’avoir l’audace de s’attaquer à un maire démocratiquement élu, alors qu’elle n’a pas été choisie comme première ministre par les électeurs ontariens à des élections générales, mais seulement par les délégués libéraux lors d’une course à la direction.

Certains pensent également que Kathleen Wynne veut éviter de se mettre à dos la Ford Nation, la base indéfectible du maire, au moment où l’on semble se diriger vers des élections provinciales le printemps prochain. Je crois de moins en moins à cette analyse. Le noyau qui appuie Rod Ford représente probablement 25 % des électeurs torontois, situés majoritairement dans les quartiers en périphérie de la ville. C’est vrai que les libéraux provinciaux ont besoin des sièges de cette région pour se faire réélire et espérer une majorité. Mais les 25 % des électeurs qu’on considère comme membre de la Ford Nation votent probablement déjà contre les libéraux. Le danger pour Kathleen Wynne de s’aliéner des indécis semble donc plutôt mince.

C’est ce qui complique la situation pour le chef conservateur Tim Hudak. Il veut pouvoir compter sur la base, la machine Ford, dans les élections provinciales, mais sans avoir l’air d’approuver la conduite du maire de Toronto. C’est pour cette raison qu’il ne ferme pas complètement la porte à une candidature provinciale pour le frère du maire, Doug Ford, mais sans pour autant lui tendre une main très accueillante.

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Le chef conservateur Tim Hudak fait un virage à 180 degrés. Fini l’obstruction à Queen’s Park. Il souhaite maintenant collaborer avec le gouvernement libéral minoritaire. 

Les libéraux ontariens accusent souvent leurs adversaires conservateurs d’utiliser des politiques et des stratégies empruntées au Tea Party américain. Mais pendant qu’aux États-Unis des élus républicains affiliés au Tea Party se retrouvent au centre de l’impasse budgétaire qui paralyse le gouvernement, ici, en Ontario, les conservateurs semblent vouloir abandonner leurs tactiques dilatoires.

Les conservateurs parlent d’un Tim Hudak 2.0. Fini l’obstruction systématique des travaux à Queen’s Park. Fini le mantra « Nous allons défaire le gouvernement ».  L’heure est à la coopération. Le PC est maintenant prêt à collaborer avec les libéraux minoritaires pour faire adopter une série de projets de loi à saveur économique ou sociale le printemps prochain.

Peut-être parce que les conservateurs veulent imiter le NPD, pour qui la collaboration semble avoir porté ses fruits. Le gouvernement ontarien adopte certaines idées du NPD et sa chef Andrea Horwath a gagné en popularité.

Mais le changement de ton du Parti conservateur pourrait aussi être une stratégie à long terme en deux temps bien orchestrée.

Au congrès conservateur à London, Tim Hudak s’est prêté à deux séances de questions-réponses avec ses militants. Parmi les commentaires provenant de ces derniers :

« Il faut adoucir l’image de notre parti auprès du public. Nous sommes vus comme le parti sans âme, trop axé sur les affaires. Les autres partis s’approprient complètement l’image de la compassion et ça nuit à notre popularité. »

« Il faut cesser de taper sur la tête des syndicats. Ils représentent la classe moyenne, et on ne peut gagner sans l’appui de la classe moyenne. »

Voilà le coeur du problème des conservateurs.  Le virage à droite entamé par Mike Harris dans les années 90 ne semble plus suffire. Les «Red Tories » ont déserté le parti. Le PC plafonne dans les intentions de vote à 36-37 % depuis la dernière élection, malgré un gouvernement libéral impopulaire. Pour espérer former un gouvernement majoritaire, les conservateurs doivent gagner beaucoup plus de sièges à Toronto ou dépasser la barre des 40 %.

Pourtant, depuis la dernière élection il y deux ans, Tim Hudak maintenait la ligne dure : menace de défaire les libéraux, position antisyndicale, politiques sociales empruntées au Tea Party américain. Mais ce Tim Hudak ne parlait pas à l’électorat en général. Il parlait à ses militants, en tournée dans toutes les circonscriptions pour fouetter les troupes et aussi pour remplir les coffres. Sa mission est accomplie. Les dons politiques entrent à la pelle, soit 4,6 millions déjà cette année, presque autant que les 5 millions des libéraux.

La base maintenant mobilisée, les conservateurs passent à la seconde phase de leur stratégie :  l’opération de séduction de l’électorat.

 

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La première ministre Kathleen Wynne parcourt la province et menace de déclencher des élections. Si vis pacem, para bellum (qui veut la paix prépare la guerre).

Changement de ton au bureau de la première ministre de l’Ontario cette semaine.

En janvier, à sa première journée comme chef du Parti libéral et première ministre désignée, Kathleen Wynne promettait de ne pas déclencher d’élections hâtives. « Nous devons travailler avec l’opposition. Les rancoeurs et les coups bas à l’Assemblée législative ne peuvent pas continuer. Les Ontariens ne veulent pas d’une élection ».

Sept mois plus tard, à la première journée de la session d’automne, cette semaine, elle a modifié son discours. « S’il n’y a aucune possibilité de collaboration, l’Assemblée législative va s’enliser, et ce sera un message clair de la part des partis d’opposition qu’ils souhaitent une élection générale. Ça peut ressembler à une menace, mais tout ce que je veux, c’est faire avancer nos dossiers. »

Pourquoi ce changement de ton?

Son gouvernement a vraiment besoin de « faire avancer ses priorités ». En sept mois au pouvoir, les libéraux de Kathleen Wynne n’ont pas fait adopter de projet de loi, sauf celui sur le budget du printemps dernier. Et les principales mesures qui en ressortent (réduction des primes d’assurance-auto, création d’un chien de garde des dépenses publiques) sont des idées réclamées par le NPD (voir blogue précédent : Judo politique). Kathleen Wynne doit commencer à s’imposer si elle veut présenter un bilan positif aux Ontariens durant la prochaine campagne.

Parmi les projets de loi sur la table : interdire les salons de bronzage aux mineurs, protéger les Ontariens contre les prêteurs sur salaire, mieux contrôler les frais de téléphonie cellulaire. Gagnant auprès du consommateur si ça passe. Gagnant dans un programme électoral si ça casse.

Le changement de ton est aussi une question d’image pour Kathleen Wynne. Elle a remporté la course à la direction du parti parce que sa campagne était la plus « amicale » (une stratégie délibérée de son chef de campagne). Elle a un certificat en médiation de Harvard. Son mot préféré est « conversation », et elle veut en avoir avec tous les groupes de pression. Elle sent peut-être qu’il est temps de montrer qu’elle a aussi de la poigne, d’où son semblant d’ultimatum de la rentrée.

Je dis « semblant » d’ultimatum, parce que malgré les sondages légèrement favorables aux libéraux, malgré les déboires du chef de l’opposition Tim Hudak (dont le leadership est contesté à l’interne) Kathleen Wynne ne veut pas être la Kim Campbell de l’Ontario. Elle ne souhaite pas être première ministre pendant seulement quelques mois et perdre la prochaine élection.

La menace d’élection, c’est un outil pour faire avancer les choses. Ça a fonctionné au printemps avec le vote de confiance sur le budget, qui a un peu forcé le NPD à négocier. Mais pour le moment, le seul vote de confiance automatique en vue aura lieu dans six mois, lors du prochain budget. D’ici là, le gouvernement libéral minoritaire semble avoir décidé d’évoquer une menace d’élection comme levier de négociation avec les partis d’opposition.

Le problème du bluff, en politique comme au poker, c’est que ça ne marche pas toujours. Parfois, l’adversaire n’y croit pas. Parfois, il a vraiment une meilleure main que vous. Parfois, il veut juste mettre cartes sur table et voir votre jeu. Kathleen Wynne a fait son pari. Au tour des partis d’opposition de décider s’ils veulent relancer la mise.

 

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Tim Hudak félicite son nouveau député, Doug Holyday.

Tim Hudak félicite son nouveau député, Doug Holyday, vainqueur de l’élection partielle d’Etobicoke-Lakeshore, le 1er août 2013. Une première percée à Toronto en 15 ans pour le PC ontarien.

« Pour être chef de l’opposition, il faut avoir le dos large et une bonne carapace », disait plus tôt cette semaine le chef conservateur Tim Hudak. La carapace, c’est pour s’habituer aux critiques, mais aussi pour se protéger des couteaux. Et Tim Hudak vient d’en recevoir deux dans le dos. Son leadership est contesté par des militants du parti, mais aussi, par deux députés de son caucus.

L’élément déclencheur : les élections partielles du début août. Cinq sièges libéraux étaient en jeu. Les conservateurs n’en ont remporté qu’un (le NPD deux et les libéraux deux). Un résultat peu reluisant pour les conservateurs, surtout devant un gouvernement libéral minoritaire ébranlé par une série de scandales. Seule bonne nouvelle : une percée dans Toronto, une première victoire en 15 ans pour le Parti conservateur ontarien.

Mais cette victoire n’a pas réussi à calmer l’irritation des militants conservateurs. Une poignée de rebelles de la région de London, où le PC a perdu une lutte à trois au profit du NPD, demande la tête du chef. Ils vont exiger la tenue d’un vote de défiance au congrès annuel du parti, en septembre, à London. Pourtant, Tim Hudak a remporté haut la main un vote du genre (à presque 80%) il y a 18 mois. J’en parlais dans un blogue précédent.

Ce qui donne du poids à cette contestation : deux élus conservateurs appuient ce mouvement. Plutôt que de faire part de leur mécontentement au sein du caucus, ils ont décidé de laver leur linge sale en public. Le fait que ces deux députés soient d’anciens rivaux de Tim Hudak lors de la course à la direction retourne le fer dans la plaie.

Mais les relations difficiles dans le parti conservateur ne s’arrêtent pas là. Même le président du parti, Richard Ciano, semble vouloir miner l’autorité du chef. Quand Tim Hudak a demandé l’augmentation d’une marge de crédit pour préparer la machine électorale face aux libéraux minoritaires, Ciano et l’exécutif du parti ont refusé. C’est loin d’être une preuve de confiance. Petite parenthèse : Ciano faisait partie de l’équipe qui a fait élire Rob Ford à la mairie de Toronto. Son compagnon d’armes et partenaire d’affaires, Nick Kouvalis, demande ouvertement des changements à la garde rapprochée de Tim Hudak.

Bref, le manque de cohésion au sein de l’appareil conservateur n’a jamais été aussi visible depuis la rébellion contre leur chef précédent. John Tory a perdu l’élection et son siège de député en 2007. Au congrès suivant, il a obtenu la confiance d’à peine 67 % des militants, mais s’est accroché à son poste. Aucun membre conservateur n’a voulu démissionner pour lui offrir un siège dans une circonscription sûre. John Tory a finalement été forcé de démissionner après une défaite dans une partielle difficile, dans une circonscription hostile.

À l’époque, Nick Kouvalis menait une campagne publique pour détrôner John Tory. En coulisse, on disait que Tim Hudak tirait aussi les ficelles de cette rébellion parce qu’il voulait devenir calife à la place du calife. Maintenant, c’est à son tour de faire face à une mutinerie, organisée par d’anciens rivaux et des stratèges qui se sentent écartés des décisions du parti.

Ma prédiction : contrairement à John Tory, Tim Hudak va survivre à cette mini-tempête… du moins jusqu’à la prochaine élection générale. Pourquoi? Sous John Tory, le PC a perdu 3 % du vote populaire. Tim Hudak a gagné 4 % et 11 sièges. John Tory n’avait pas de siège de député à l’Assemblée, ce qui le rendait vulnérable. À l’inverse, le contexte politique protège Tim Hudak. Sous un gouvernement minoritaire, la grande majorité des conservateurs ne veut pas changer de chef, car le coup de départ d’une élection peut retentir à tout moment.

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Élections partielles, véritable test

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 publié le 6 juillet 2013 à 8 h 05

Un bulletin de vote devant une urne électorale

Quatre cent vingt mille! 420 000 chanceux d’entre vous auront le droit de voter aux cinq élections complémentaires en Ontario le 1er août. Ce n’est pas rien. C’est presque 5 % des électeurs potentiels de la province. C’est la plus grosse mobilisation pour des partielles en Ontario depuis les années 1970*. Donc, une miniélection générale.

Une miniélection, ça sert à quoi? À roder la machine électorale. Tant pour la mécanique interne (organisations, bénévoles, financement) que pour voir si la rhétorique du parti tiendra la route en public.

Libéraux

C’est le premier test électoral pour Kathleen Wynne comme chef libérale et première ministre. A-t-elle bien réussi à se distancer de Dalton McGuinty? L’étiquette « nouveau et amélioré » qu’elle souhaite accoler à son parti réussit-elle vraiment à redorer le blason libéral?

Kathleen Wynne a dit lors de son assermentation qu’elle voulait mettre l’accent sur l’emploi. C’est le thème que les libéraux tenteront d’imposer comme fil conducteur dans les cinq partielles. Ça ne sera pas facile, surtout avec deux des courses à Windsor et à London, capitales canadiennes du chômage à 9,4 % et 9,2 %.

Kathleen Wynne veut également réformer la façon dont le transport en commun et le réseau routier sont financés. Elle jongle avec plusieurs idées, comme hausser la taxe de vente harmonisée, créer des péages, augmenter la taxe sur l’essence. Des ballons d’essais qui seront au cœur des débats dans les partielles de Toronto, Scarborough-Guildwood et Etobicoke-Lakeshore, deux circonscriptions où les embouteillages et le manque de transport en commun exaspèrent les électeurs.

Conservateurs

Pour le chef Tim Hudak, le défi est de faire une percée à Toronto. Ça fait 10 ans que le Parti progressiste-conservateur n’arrive pas à faire une brèche dans ce château fort libéral, qui contient quelques poches de résistances néo-démocrates.

Sans siège à Toronto, les conservateurs n’ont jamais formé le pouvoir. Le parti de Mike Harris a gagné en 1995 et en 1999 justement en courtisant l’électorat torontois et, surtout, celui de sa banlieue. Sans conservateur à Toronto, les chances pour Tim Hudak de devenir un jour premier ministre sont extrêmement minces.

 Une victoire dans l’une des deux partielles torontoises permettrait au parti de mettre un pied dans la porte en vue des prochaines élections générales. Cet objectif semble être à portée de main dans Etobicoke-Lakeshore, avec son candidat-vedette Doug Holyday, actuel maire adjoint de Toronto et ancien maire d’Etobicoke dans les années 1980.

Les conservateurs voudront aussi rappeler les scandales récents (centrales au gaz, Ornge, destruction illégale de documents) de ce qu’ils appellent le gouvernement Wynne-McGuinty. Ça pourrait les aider à remporter la circonscription d’Ottawa-Sud, laissée vacante par la démission de l’ex-premier ministre.

Cette « miniélection » sera aussi un test pour Tim Hudak. Il a perdu l’élection générale en 2011. Il a également perdu un siège jugé sûr dans une partielle en 2012. S’il revient bredouille une troisième fois, la grogne au sein du caucus contre son leadership ne va pas se calmer de si tôt.

  Néo-démocrates

Andrea Horwath est la chef qui semble avoir le moins à perdre. La circonscription de Windsor-Tecumseh semble dans la poche pour son candidat Percy Hadfield, le conseiller municipal et ancien journaliste bien connu de la CBC. Son parti semble aussi bien placé pour donner des sueurs froides aux libéraux dans London-Ouest, où une lutte à trois est à prévoir.

Andrea Horwath est aussi la chef qui, pour le moment, a le message le plus flou à présenter aux électeurs. Le NPD ne cesse d’accuser le gouvernement d’être corrompu et malhonnête. De rappeler que deux enquêtes policières sont en cours dans les dossiers des documents effacés et des services d’ambulances aériennes. Mais Horwath a quand même soutenu le gouvernement minoritaire lors d’un vote de défiance sur le budget, en juin, lui permettant de survivre et d’éviter le déclenchement d’élections générales. Un « pas de deux » un peu chancelant, un équilibre difficile à maintenir et qui pourrait l’envoyer pirouetter en dehors de la piste.

Grain de sel

Évidemment, les élections complémentaires sont toujours à prendre avec un grain de sel. Elles offrent la possibilité d’un vote de protestation contre le gouvernement. Mais les résultats font plus souvent foi de la force du candidat local et de son organisation. Un candidat plus « faible » ne peut pas se fier à une forte campagne provinciale de son chef pour lui donner un coup de main localement. Mais quand on a une miniélection, avec 5 % des électeurs, dans quatre des plus grandes villes de la province, qui se prononcent tous en même temps… 420 000 personnes, même en plein cœur de l’été, ne peuvent pas toutes se tromper.

* Il y a eu 16 élections partielles en même temps au fédéral, le 16 octobre 1978. Sept avaient lieu en Ontario.

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