Billets classés sous « Thomas Mulcair »

Le jeu des prédictions est toujours périlleux en politique, car les débats et les jeux de coulisses finissent toujours par nous surprendre. C’est donc avec beaucoup d’humilité que je vous offre ici une liste des enjeux à surveiller.

Un blogue d’Emmanuelle Latraverse

Si l’année 2013 peut être décrite comme l’année de la mi-mandat, celle de 2014 servira à vraiment camper les forces en présence en vue des prochaines élections fédérales. La mi-mandat a eu le don d’ébranler les conventions, mais c’est au cours de la prochaine année que les tendances qui se sont dessinées jusqu’ici vont se cristalliser ou s’évanouir.

Pour la première fois, le gouvernement conservateur est profondément secoué et cherche comment tirer un trait sur le scandale et reprendre l’offensive. Le Parti libéral et son chef frappent l’imaginaire de l’électorat. Le NPD, en ayant consolidé ses acquis, cherche comment concrétiser les gains auxquels il aspire.

La fortune de chacun des partis dépend bien sûr de la performance de leurs chefs, mais aussi de leurs prises de position devant certains enjeux qui s’imposent dans le débat politique.

LES ENJEUX EN 2014

- Le scandale du Sénat

Sénat, Sénat, Sénat! Vous n’y échapperez pas, car plusieurs développements sur ce front sont à surveiller au cours de la prochaine année.

Mike Duffy (archives)
Mike Duffy (archives)

Bien sûr, tous les regards continueront d’être tournés vers la GRC et ses découvertes imprévisibles. On imagine l’inquiétude des stratèges au Bureau du premier ministre à la perspective de voir un nouveau détail de cette histoire faire les manchettes par le biais d’une autre vague de documents d’enquêtes déposés devant les tribunaux et ainsi rendus publics. Un véritable supplice de la goutte pour les conservateurs. Mais surtout, c’est au cours de la prochaine année qu’on devrait savoir si des accusations criminelles sont bel et bien portées contre les principaux acteurs, l’ex-chef de cabinet de Stephen Harper Nigel Wright et le sénateur Mike Duffy, mais aussi la sénatrice Pamela Wallin et le sénateur Patrick Brazeau. Et là, les répercussions politiques pourraient être infinies.

Mais l’enjeu du Sénat va aussi largement dépasser le cadre de l’enquête de la GRC.

En 2014, on attend le rapport du vérificateur général du Canada sur les dépenses de TOUS les sénateurs. Michael Ferguson et ses vérificateurs bénéficient d’un accès sans précédent aux livres de la Chambre haute, et personne n’y échappe. Certains sénateurs se sont même vu demander l’accès à leurs cartes de crédit personnelles dans le cadre de cette enquête pour vérifier si chaque sou des deniers publics a été bien dépensé. Un premier rapport sur le leadership et les membres du Comité de régie interne est attendu et sera suivi d’un rapport plus large sur l’ensemble des dépenses des sénateurs au cours des deux dernières années.

Après la police et les comptables, il y aura aussi les tribunaux.

Le débat sur le Sénat prendra inévitablement une tournure constitutionnelle au cours de la prochaine année, alors que la Cour suprême devrait rendre sa décision sur les mécanismes à mettre en oeuvre pour réformer la Chambre haute, plus spécifiquement permettre l’élection des sénateurs et limiter la durée de leurs mandats. Stephen Harper rêve de voir le plus haut tribunal du pays reconnaître au Parlement le droit de légiférer unilatéralement ces réformes, lui qui a déjà indiqué qu’il n’a pas l’intention de présider une grande messe constitutionnelle avec ses homologues provinciaux sur la question.

- Les pipelines et l’avenir énergétique

Après les baisses d’impôts, on pourrait dire que les pipelines sont l’autre grande priorité du gouvernement conservateur.

Les ressources énergétiques canadiennes sont le moteur de l’économie, mais encore faut-il leur trouver des débouchés. Or, devant un marché américain qui se dirige vers l’autosuffisance, le Canada est engagé dans une véritable course contre la montre pour trouver de nouveaux débouchés, tout particulièrement se donner les moyens de percer l’immense marché de l’Asie. Et compte tenu des délais importants avant que ces investissements se concrétisent et rapportent, le facteur temps est clé. Le Canada ne peut se permettre de rater cette fenêtre.

Mais pour y arriver, il faut des pipelines vers le Pacifique, d’où l’importance du débat entourant le projet Northern Gateway, sur lequel le gouvernement Harper devra se prononcer formellement d’ici six mois.

Mais le débat dépasse le Northern Gateway. Une foule d’autres projets sont dans les cartons, et ils soulèvent des discussions tous aussi déchirantes.

Et c’est sans compter le débat entourant les projets vers l’est du pays, comme le projet Energy East, de TransCanada, qui mènerait le pétrole de l’Alberta jusqu’aux raffineries du Nouveau-Brunswick, ou encore le renversement de la conduite 9B d’Enbridge entre Sarnia et Montréal, qui suscite un vif débat à la suite des dégâts monumentaux causés par la fuite d’un oléoduc semblable au Michigan en 2010. L’Office national de l’énergie doit d’ailleurs rendre sa décision sur le sort de ce projet au plus tard le 19 mars 2014.

Devant tous ces projets, le dilemme est le même : comment réconcilier les impératifs de la croissance économique avec ceux de la protection de l’environnement? C’est là un débat maintes fois amorcé au pays, mais qui impose une réflexion profonde.

Les conservateurs sont les premiers à savoir que leur pari est loin d’être gagné justement parce qu’ils font face à un électorat bien sceptique. Près de huit ans après avoir pris le pouvoir, le gouvernement Harper récolte finalement ce qu’il sème en matière d’environnement; son propre bilan peu reluisant vient de le rattraper.

- L’affrontement syndicats-gouvernement

Les relations de travail, c’est là l’enjeu oublié de 2013, et tout indique qu’il sera incontournable en 2014 alors que le Conseil du trésor entreprend une nouvelle ronde de négociations avec le secteur public.

Le gouvernement Harper affirme vouloir moderniser les relations de travail; les syndicats y voient un assaut majeur contre les droits des travailleurs.

Déjà dans son projet de loi omnibus de mise en œuvre du budget, le gouvernement Harper a imposé une foule de réformes lourdes de conséquences pour la fonction publique. À peine le C-4 avait-il été adopté que les syndicats de la fonction publique formaient un front commun pour en contester la constitutionnalité.

En vertu des réformes adoptées, le Conseil du trésor pourra décider unilatéralement ce qui constitue un service essentiel, le fédéral pourra décider seul de soumettre une nouvelle convention collective à l’arbitrage, et la ministre du Travail pourra refuser de désigner une tâche comme étant dangereuse, moyennant des sanctions contre tout travailleur qui s’y opposerait.

Et ça ne s’arrête pas là; d’emblée, le président du Conseil du trésor a indiqué que les pensions et avantages sociaux de la fonction publique seront dans sa mire lors des négociations à venir.

Tout est en place pour un affrontement entre Ottawa et ses syndicats, qui, confrontés à l’érosion de leur rapport de force se sentent cette fois-ci l’obligation de résister.

LES CHEFS EN 2014

- Stephen Harper

L’année 2014 sera cruciale pour Stephen Harper. Sa crédibilité est ébranlée, entachée par le scandale du Sénat, par ses versions contradictoires et ses demi-réponses depuis des semaines. Le premier ministre devra à tout prix trouver une façon de mettre ce scandale derrière lui, et, surtout, se donner les moyens d’affronter ses conséquences, les potentielles mises en accusation de certains acteurs-clés.

Stephen Harper

Certains pourraient rêver d’un grand moment de vérité et de candeur, où Stephen Harper mettrait cartes sur table. Mais non seulement ce n’est pas dans sa nature, il a de plus attendu si longtemps que les risques pourraient paraître politiquement trop importants. Après tout, les questions sont si nombreuses. D’ailleurs les entrevues de fin d’année qu’il a accordées ne laissaient pas présager de grands aveux à venir. Tout au plus le premier ministre a-t-il concédé que des changements se sont imposés dans l’organisation de son bureau et dans les mécanismes d’imputabilité qui y règnent, sans pour autant donner de détails.

De plus, le retour d’un de ses plus loyaux serviteurs, Dimitri Soudas, au cœur de la machine conservatrice, laisse plutôt présager que le premier ministre s’entoure de sa machine de guerre pour affronter la tempête envers et contre tous.

Mais pour combien de temps? Le premier ministre a beau répéter qu’il a l’intention de mener ses troupes jusqu’en 2015 (le contraire aurait été surprenant), la question de son avenir politique continuera de planer. Comme on dit, le chat est sorti du sac, la question est posée.

À ce chapitre, les relations de Stephen Harper avec son caucus seront déterminantes. Depuis plus d’un an déjà, certaines failles sont apparues. Il y a eu les sorties remarquées de certains députés contre la discipline de parti, le départ fracassant du député d’arrière-ban Brent Rathgeber. Il y a déjà les murmures de mécontentement qui s’amplifient en coulisse. Il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que les frustrations éclatent au grand jour. Stephen Harper est confronté aux conséquences de son style de gestion. Lui qui a mené son caucus d’une main de fer n’a pas toujours cultivé l’affection de ses députés. Leur loyauté émanait davantage de son succès politique, et de l’espoir de se voir un jour promu au Conseil des ministres. Une crise prolongée et la crainte d’une élection difficile pourraient facilement ébranler cette loyauté.

- Thomas Mulcair

On parle souvent de la mi-mandat du gouvernement, mais le chef du NPD aussi est en quelque sorte à la mi-mandat.

Depuis qu’il a pris la tête du parti, Thomas Mulcair peut se réjouir d’avoir consolidé une bonne partie de ses appuis. À cet égard, il faut se rappeler à quel point, au lendemain de son élection, plusieurs remettaient en question sa capacité à faire l’unité au sein du NPD. Un an et demi plus tard, il peut se dire que c’est chose faite.

Si le scandale du Sénat a offert à Thomas Mulcair l’occasion de démontrer qu’il est devenu un excellent chef d’opposition à Ottawa, encore faut-il qu’il convainque les Canadiens qu’il est prêt à devenir premier ministre et que son parti est prêt à gouverner.

La route vers 2015 n’allait jamais être facile pour le NPD, mais l’arrivée de Justin Trudeau à la tête du Parti libéral vient sérieusement brouiller les cartes. Amplement sous-estimé par ses adversaires, en quelques mois, il a réussi à gruger des appuis tant à droite qu’à gauche, et à détrôner le NPD en tête des intentions de vote au Québec. À en juger par la dernière campagne de financement des conservateurs : leur adversaire en 2015 est Justin Trudeau, pas Thomas Mulcair.

Le défi est immense pour le chef du NPD, car il doit se battre tant au niveau des idées que des perceptions. Thomas Mulcair doit rallier les électeurs charmés par le charisme de Justin Trudeau et convaincre ceux qui sont rassurés par la détermination et l’approche rationnelle de Stephen Harper. Thomas Mulcair doit éviter de se trouver coincé entre les deux, il doit donner à son parti les moyens de contrer le chant des sirènes dont je vous parlais dans mon blogue la semaine dernière.

- Justin Trudeau

Neuf mois après son élection à la tête du Parti, Justin Trudeau continue de mystifier les sceptiques. Son parti mène toujours dans les intentions de vote, récolte davantage d’argent, et ce, malgré les aveux du chef libéral sur la marijuana, malgré ses absences répétées aux Communes, malgré ses dérapages sur la dictature chinoise.

Combien de temps est-ce que ça va durer? Bien malin celui qui peut le prédire. Cette lune de miel est-elle au bord de l’essoufflement, ou le chef libéral peut-il continuer à surfer sur son charisme?

Justin Trudeau, chef du Parti libéral, lors d'une soirée-bénéfice
Justin Trudeau, chef du Parti libéral, lors d’une soirée-bénéfice

L’année 2014 devrait offrir une réponse à cette question. Justin Trudeau devra bien un jour passer de son rôle de jeune premier à premier ministre en attente s’il veut espérer convaincre les Canadiens de lui donner les clefs du 24 Sussex.

D’ailleurs, le congrès du PLC à la fin du mois de février offrira une occasion en or pour le chef libéral de montrer qu’il a des idées novatrices et modernes, qu’il est capable d’offrir des réponses aux problèmes complexes de cette classe moyenne si courtisée de tous. Justin Trudeau a beau répéter qu’il doit avant tout aller à la rencontre des Canadiens, pour les rassembler, il devra donner une certaine cohérence à son offre politique.

La barre est d’autant plus haute pour lui, qu’ayant résisté aux premières attaques des conservateurs, ayant réussi à s’imposer, ayant grugé dans les appuis de la droite et de la gauche, Justin Trudeau sera la cible de tous cette année. Son jugement, ses idées, son sens politique seront mis à l’épreuve.

Comme le disait si bien mon collègue Michel C. Auger lors de notre bilan de fin d’année aux Coulisses du pouvoir, 2014 sera l’année de tous les dangers pour Justin Trudeau.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

Thomas Mulcair et le chant des sirènes

par

 publié le 19 décembre 2013 à 7 h 50

Certains diraient que l’année 2013 aura été celle de Thomas Mulcair. Les Canadiens ont certainement découvert en lui un parlementaire redoutable, efficace, un chef d’opposition qui a su mener la charge contre la crédibilité du premier ministre. Pourtant, le NPD sera confronté à un dilemme pour entreprendre l’année 2014 : comment la performance de leur chef peut-elle être si applaudie sans que son parti ne voie ses appuis augmenter auprès de l’électorat?

Une analyse d’Emmanuelle Latraverse

Le constat est universel d’un océan à l’autre. Même au Québec où Thomas Mulcair est le chef fédéraliste le plus apprécié des Québécois, son parti est deuxième dans les intentions de vote, loin encore de son sommet de mai 2011. On observe une dynamique semblable ailleurs au pays. Le NPD ne franchit pas la barre des 30% d’appuis.

Le principal intéressé tente de voir le beau côté des choses :

« Ce qui était notre plafond d’appui est maintenant notre plancher, dit-il. Preuve que notre base se solidifie. »

Malgré cet optimisme, le chef néo-démocrate ne peut ignorer ce qu’il décrit lui-même comme le « chant des sirènes libérales ».

Thomas Mulcair admet non seulement que les Canadiens sont séduits par Justin Trudeau, mais que le NPD doit se battre contre le réflexe de l’électorat de se tourner vers le Parti libéral du Canada comme alternative au gouvernement conservateur.

Plus de deux ans après avoir pris la tête du NPD, Thomas Mulcair n’a finalement pas entièrement résolu le problème existentiel du NPD : se défaire de son image d’opposition exemplaire et convaincre les Canadiens qu’il est apte à gouverner. Et la dernière année n’a pas nécessairement contribué à changer cette perception. En posant 786 questions sur le Sénat et en menant la charge contre la crédibilité du premier ministre Harper, le NPD n’a-t-il pas contribué à ébranler les assises du gouvernement conservateur, tout en laissant Justin Trudeau en récolter les fruits et conserver son image de jeune politicien qui ose « faire la politique autrement »? Thomas Mulcair, lui, rejette cette analyse et plaide que les allégations qui planent sur le bureau du premier ministre sont graves et méritent toute l’attention que son parti leur a donnée.

N’empêche, pour faire bouger l’aiguille de l’opinion publique et convaincre les Canadiens que le NPD est apte à prendre les rênes de l’État, il reste bien du travail à abattre au cours des deux prochaines années. Pour y arriver, Thomas Mulcair se donne comme mission d’offrir aux Canadiens une vision positive de ce que le gouvernement peut accomplir dans la société, de les convaincre qu’il peut offrir des solutions concrètes à des problèmes complexes, que ce soit à propos des pensions, des droits des consommateurs et, surtout, sur le dossier de l’énergie.

C’est un des grands enjeux auxquels est confronté le Canada. Comment réconcilier énergie, environnement et emplois. Tel qu’il l’a exposé dans un récent discours à l’Economic Club, Thomas Mulcair croit pouvoir forcer une discussion portant à la fois sur le potentiel économique et sur l’impact environnemental des nombreux projets de pipelines au pays, essentiels à une diversification des marchés pour le pétrole canadien. Le NPD croit y trouver un thème où il pourra se distinguer et rallier les sceptiques tant du côté environnemental que dans le monde des affaires. Il entend faire valoir que le piètre bilan environnemental du gouvernement Harper l’empêche de bâtir un lien de confiance et d’amorcer une discussion constructive avec l’électorat canadien.

Mais attention, sur ce front, le NPD trace une ligne dans le sable. Peu importe la décision du Conseil national de l’énergie, attendu cet après-midi sur le Northern Gateway, qui acheminerait le brut des sables bitumineux vers Kitimat, sur la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique, le NPD s’y opposera farouchement.

« Permettre à des super-pétroliers de naviguer dans le chenal de Douglas, c’est de la folie », affirme Thomas Mulcair.

Le chef néo-démocrate doit donc se battre sur deux fronts : contre la crédibilité et l’assurance de Stephen Harper et contre la popularité et le charisme de Justin Trudeau. Il n’est pas surprenant d’ailleurs qu’on l’entende de plus en plus souvent attaquer le bilan des gouvernements libéraux passés, leurs promesses brisées, tout pour jeter une ombre sur la popularité du jeune chef libéral, qui n’a pas de bilan de son propre cru à offrir.

Est-ce que ce sera suffisant pour contrer le chant des sirènes libérales? L’année 2014 et surtout la performance de Justin Trudeau au cours des prochains mois offriront la réponse. J’y reviendrai d’ailleurs dans une chronique prochaine sur les enjeux à surveiller au cours de la prochaine année.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

Le relevé de notes de la classe politique

par

 publié le 15 décembre 2013 à 6 h 56

La session (parlementaire) est finie, les députés partis en vacances. L’occasion de distribuer les étoiles et les avertissements en attendant la rentrée prochaine.

Une analyse de Denis Ferland

1. Stephen Harper


Stephen Harper

Meilleur coup : l’entente commerciale et économique avec l’Union européenne.

Épine au pied : la tache d’huile de l’affaire Wright/Duffy dans son entourage immédiat.

Citation de l’automne : « Monsieur le président, M. Wright l’a dit clairement : c’est lui, et lui seul, qui a décidé de rembourser M. Duffy en utilisant ses propres fonds. Il a informé très peu de gens de cette décision. » – Le 24 octobre 2013, à la Chambre des communes

Hanté la nuit par : Mike Duffy et Nigel Wright.

Actif/passif : ténacité, fermeté, persévérance/entêtement, inflexibilité, opiniâtreté.

Sondages, résultat net : entre août et décembre : -2 % (28 %), depuis l’élection de 2011 : -12 %.

Défi pour 2014 : reprendre l’initiative de la « discussion publique », ce qu’il a entrepris l’automne avec un Discours du Trône d’une heure. Vous en souvenez-vous?

Lecture pour les Fêtes : Le Canadien de Montréal, une légende repensée, un livre académique, semblable au sien sur le hockey à Toronto. Une différence entre les deux livres : une des deux équipes gagne.

2. Thomas Mulcair


Thomas Mulcair

Meilleur coup : avoir transformé la période des questions en un « interrogatoire » serré et systématique de Stephen Harper.

Épine au pied : l’absence de retour sur l’investissement dans ces séances où il cloue M. Harper au pilori, la meilleure preuve, les quatre partielles du 25 novembre.

Citation de l’automne : « Le premier ministre souhaite-t-il changer sa version des faits avant que les prochains documents de la GRC ne le contredisent encore une fois? » – Le 28 mai 2013 à la Chambre des communes

Hanté la nuit par : Justin Trudeau.

Actif/passif : Détermination, expérience, répartie/ne pas être Jack Layton.

Sondages, résultat net : entre août et décembre : +1 %, depuis l’élection de 2011 : -7 %.

Défi pour 2014 : redoubler d’efforts pour convertir en résultats sur le terrain le travail parlementaire.

Lecture pour les Fêtes : Le Petit Prince, surtout ne pas confondre avec Le prince de Machiavel.

3. Justin Trudeau

Justin Trudeau (à gauche) et Emmanuel Dubourg
Justin Trudeau (à gauche) et Emmanuel Dubourg

Meilleur coup : avoir choisi de passer beaucoup de temps sur le terrain avec des résultats intéressants lors des quatre partielles du 25 novembre.

Épine au pied : des performances encore assez scolaires en Chambre et en point de presse.

Citation de l’automne : « J’ai un certain niveau d’admiration pour la Chine parce que leur dictature leur permet de faire un virage économique soudain. » – Le 7 novembre 2013

Hanté la nuit par : Mao!

Actif/passif : image, amabilité, spontanéité/image, amabilité, spontanéité.

Sondages, résultat net : entre août et décembre : stable, depuis l’élection de 2011 : +17 %.

Défi pour 2014 : répéter sa performance sur la Charte des valeurs québécoises plus souvent en prenant le leadership fédéral sur de grands enjeux.

Lecture pour les Fêtes : Le prince de Machiavel,  surtout ne pas confondre avec Le Petit Prince.

4. Denis Lebel

Justin Trudeau (à gauche) et Emmanuel Dubourg
Denis Lebel

Meilleur coup : devancement de trois ans de l’échéancier de construction du nouveau pont Champlain.

Épine au pied : le péage sur le futur pont.

Citation de l’automne : « Pas de péage, pas de pont. » – Le 26 novembre 2013, à la Chambre des communes.

Hanté la nuit par : le fantôme de Samuel de Champlain.

Actif/passif : Affabilité, sincérité/radar (flair) politique en développement.

Sondages, résultat net : ne s’applique pas.

Défi pour 2014 : comme capitaine, naviguer dans les rapides qui entourent le pont actuel avec un équipage provincial et municipal qui pourrait se mutiner.

Lecture pour les Fêtes : Entrée principale, biographie-entretien de l’architecte Roger Taillibert. Le Danois Paul Ove Jensen n’a pas encore publié la sienne.

5. Jason Kenney

Justin Trudeau (à gauche) et Emmanuel Dubourg
Jason Kenney

Meilleur coup : avoir dénoncé Rob Ford en réclamant son départ, tout en n’associant pas le maire de Toronto et Justin Trudeau, contrairement au reste du gouvernement Harper.

Épine au pied : deux dossiers impopulaires dans sa cour. Le premier auprès des gens : la réforme de l’assurance-emploi. L’autre auprès des provinces : la future subvention canadienne à l’emploi.

Citation de l’automne : « Je pense que M. Ford a déshonoré le service public, la mairie et sa ville. » – Le 19 novembre 2013, à la Chambre des communes

Hanté la nuit par : Henry Morgentaler.

Actif/passif : les meilleures qualités de communicateur dans les deux langues du cabinet/des convictions religieuses profondes qui le placent aux côtés d’alliés politiques qui ne font pas l’unanimité.

Sondages, résultat net : ne s’applique pas.

Défi pour 2014 : continuer à refouler ses élans d’ambition de chef de parti.

Lecture pour les Fêtes : Juggernaut, sur la machine et le travail en coulisse de Paul Martin pour tasser Jean Chrétien, ce qu’il ne faut pas faire.

Catégorie: Ottawa

Quelques leçons des partielles de lundi

par

 publié le 26 novembre 2013 à 5 h 28

Les élections partielles ont ceci de particulier que parfois elles permettent d’établir une tendance. Mais en même temps, il faut s’en méfier pour une foule de raisons. Elles sont souvent décidées par des enjeux locaux, les partis ont le luxe d’investir de manière disproportionnée leurs efforts dans la ou les quelques courses qu’ils espèrent gagner. Et le taux de participation est généralement particulièrement bas.

Un texte d’Emmanuelle Latraverse

Les quatre partielles de lundi n’échappent pas à cette mise en garde, mais elles permettent cependant de tirer certaines leçons. Pour les mordus de politiques, le plus intéressant c’est que si le portrait général n’a pas changé. Si aucune circonscription n’a changé de main, la vraie histoire de cette soirée se trouve dans l’analyse détaillée des résultats, le mouvement de l’électorat qu’il révèle.

D’ailleurs, Paul Fairie, professeur de sciences politiques de l’Université de Calgary, offre un bilan qui en dit long.

partielles pourcentages

Un gagnant?

S’il faut déclarer un gagnant, ce serait Justin Trudeau. Non pas tant pour ses deux victoires dans Bourassa et Toronto-Centre, mais surtout pour le reste du portrait global que l’on peut dresser des quatre courses. Le chef libéral est le seul à avoir vu ses appuis augmenter de façon importante dans les quatre circonscriptions. Le Parti libéral a ainsi remporté au total 42 % de l’ensemble des votes lundi soir, par rapport à 25,5 % dans les mêmes circonscriptions en 2011. C’est ainsi que dans Bourassa et Toronto-Centre, le PLC a réussi à augmenter sa marge de victoire par rapport aux résultats de 2011. Surtout, la défaite a beau être crève-cœur dans Brandon-Souris, le seul fait d’avoir réussi à s’imposer dans une circonscription où il était arrivé quatrième en 2011 est remarquable.

Dures leçons pour le NPD

Les stratèges néo-démocrates avaient bien modéré les attentes à la veille du vote, et indiqué qu’une victoire serait très difficile. Mais les résultats de lundi sont plus décevants qu’une simple défaite. Dans Bourassa, le NPD avait en Stéphane Moraille une candidate de qualité, avocate, ancienne chanteuse de Bran Van 3000, et elle aurait dû faire des gains majeurs dans cette circonscription, au moins mettre de la pression sur le libéral Emmanuel Dubourg. Or, avec 31,4 % des voix, elle n’a guère fait mieux que l’illustre inconnue que les troupes de Jack Layton avaient opposée à Denis Coderre en 2011.

Le NPD vous dira que leur candidate Linda McQuaig a « préparé le terrain » pour 2015 dans la circonscription de Toronto-Centre en menant une chaude lutte à la libérale Chrystia Freeland. Vrai, le NPD a fait passer ses appuis de 30,2 à 36 % des voix. Sauf que l’avance des libéraux s’est creusée, et ils ont gagné avec 49,1 % des votes. Ce qu’il y a de plus remarquable dans cette circonscription, qui connaît un important clivage socioéconomique, c’est l’effondrement du vote conservateur qui est passé de 22,6 % en 2001 à 9,2 % lundi soir

Le portrait au Manitoba n’ouvre pas une voie facile vers les prochaines élections non plus. Tant dans Brandon-Souris que dans Provencher, où il était arrivé deuxième en 2001, le NPD a fait les frais de l’effet Trudeau et a terminé troisième.

Il est vrai qu’aucune des quatre courses n’offrait de gain facile pour les troupes de Thomas Mulcair. Mais un chef qui dit être en mesure de faire des gains importants en 2015 pour prendre le pouvoir devrait voir au moins ses appuis augmenter. Or, les partielles de lundi ont montré que malgré sa brillante performance aux Communes dans le scandale du Sénat, face à un premier ministre Harper affaibli, Thomas Mulcair ne réussit guère à faire mieux que Jack Layton.

L’échappée belle

Pour les conservateurs, on a entendu le soupir de soulagement dans Brandon-Souris jusqu’à Ottawa, un peu avant une heure du matin. Si une défaite aux mains des libéraux y aurait été désastreuse, une victoire par 391 voix face à un Parti libéral qui n’était même pas dans la course en 2011 n’est guère reluisante.

Le parti conservateur de Stephen Harper a surtout vu ses appuis fondre de près de 10 % par rapport aux résultats de 2011. Tout un avertissement de l’électorat pour un premier ministre empêtré dans un scandale qui ébranle sa crédibilité et l’éthique de son équipe de semaine en semaine.

Catégorie: Élections fédérales, Élections partielles, Ottawa

La fin de l’idéalisme?

par

 publié le 24 septembre 2013 à 16 h 43

Depuis l’arrivée de Stephen Harper au pouvoir en 2006, tous les chefs d’opposition à Ottawa ont dénoncé les tactiques conservatrices. Tout comme le contrôle absolu, les points de presse ultra-contrôlés, le nombre limité de questions. Ils ont aussi dénoncé le style de campagne très scénarisé du premier ministre, les non-réponses aux questions, les campagnes de publicité assassines… Les chefs d’opposition ont également, d’une façon ou d’une autre, promis de changer ce nouvel ordre des choses pour renouer avec la transparence inhérente et nécessaire au processus démocratique.

Et si cet idéalisme ne pouvait plus fonctionner dans le monde politique d’aujourd’hui?

C’est le constat brutal que dresse Brian Topp, l’ex-directeur de campagne de l’ancien chef néo-démocrate de Colombie-Britannique Adrian Dix, dans une note de service sur les causes de la défaite électorale qui circule depuis quelques semaines.

Pour la petite histoire, oui, Brian Topp est l’ancien adversaire de Thomas Mulcair dans la course à la direction du NPD fédéral. Il a surtout dirigé la campagne du chef néo-démocrate en Colombie-Britannique, au printemps dernier, lors de laquelle Adrian Dix a réussi à perdre une bataille électorale qu’il avait pourtant amorcée avec 20 points d’avance dans les intentions de vote.

Déjà, en mai dernier, il était évident que le bilan de cette défaite allait servir de leçon aux néo-démocrates à Ottawa.

Adrian Dix avait promis une campagne positive, authentique et de substance. Or, ces trois piliers ont contribué à le couler.

En s’engageant à être « positif », il s’est empêché d’attaquer, de riposter aux attaques de sa rivale libérale Christy Clark, qui menait une campagne à la Stephen Harper.

En s’engageant à être « authentique », il était accessible, prononçait des discours sans télésouffleur, répondait à toutes les questions des journalistes et finissait ainsi par « diluer » son message politique tous les jours face à une rivale qui martelait ses attaques et son mantra « des emplois et de l’économie ».

En menant une campagne de substance, la plateforme de son parti était trop détaillée, trop axée sur les coûts et les nuances, plutôt que sur les enjeux plus simples et plus larges qui trouvent plus facilement écho auprès de l’électorat.

Il est intéressant de noter d’ailleurs que ce sont là toutes des conclusions que l’on aurait pu dresser au sujet de la campagne libérale de Michael Ignatieff en 2011, après qu’il eut mené son parti à sa pire défaite électorale.

Parmi les remèdes proposés par Brian Topp aux troupes néo-démocrates de la Colombie-Britannique (et que les néo-démocrates à Ottawa ont minutieusement décortiqué), on retrouve les suivants : le chef devrait s’en tenir à un message simple, clair, précis, ultra-scénarisé, et les points de presse du chef en campagne électorale devraient être brefs, rares et dans la mesure du possible répéter le message du jour.

Morale de l’histoire, il faut faire comme l’adversaire libéral (ou conservateur à Ottawa) : limiter le débat, répéter le message ad nauseam et, surtout, attaquer l’adversaire, « nommer l’ennemi » même, car le chef demeure LA marque de commerce de son parti.

À Ottawa, après trois victoires électorales conservatrices, ces leçons ne surprennent personne. Les stratèges, même les plus idéalistes, commencent petit à petit à se ranger derrière la logique.

Comme me disait l’un d’eux : « Dans le monde d’aujourd’hui, en politique, la nuance n’a plus beaucoup de place. On opère dans un monde de plus en plus binaire. »

Sur le sujet, je vous invite d’ailleurs à lire l’analyse de Chantal Hébert dans le Toronto Star.

Il sera intéressant de voir si le chef libéral Justin Trudeau, qui se réclame d’un autre style et qui veut faire de la politique autrement, résistera, le moment venu, à la tentation du contrôle absolu pour espérer gagner.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

Le malaise fédéral

par

 publié le 10 septembre 2013 à 21 h 37

Cette charte, toute la classe politique fédérale l’attendait, s’y était préparée. Pourtant, le malaise demeure le même. Car dans la capitale fédérale aussi la charte est un casse-tête politique, du moins pour deux des trois partis fédéralistes.

Il fallait voir les ministres Denis Lebel et Jason Kenney se présenter au micro, dans le foyer des Communes, avec leurs notes où chaque mot était soupesé, pour saisir toute la prudence dont tente de faire preuve le gouvernement Harper face à la charte des valeurs présentée par le ministre québécois Bernard Drainville, mardi matin.

Ils n’avaient pas été choisis au hasard : le lieutenant du Québec, pour envoyer le signal que Stephen Harper n’a pas fait une croix sur le Québec et comprend la popularité de la mesure du gouvernement Marois. Le ministre du multiculturalisme, l’auteur des liens serrés entre les conservateurs et les communautés culturelles au pays, pour les assurer que le gouvernement fédéral prend la chose au sérieux et agira s’il le faut.

« Si on pensait déclarer une chicane fédérale-provinciale avec un tel dossier, ce ne sera pas le cas, car pour nous, nous allons rester concentrés sur ce qui est notre priorité. » – Denis Lebel, ministre de l’Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales

Les conservateurs, tout comme le NPD d’ailleurs, sont pris entre l’arbre et l’écorce, politiquement, face à ce dossier. Stephen Harper et ses ministres tiennent à éviter de donner des munitions à l’adversaire souverainiste, mais se doivent soudainement de répondre aux graves inquiétudes que suscite la charte des valeurs auprès de l’électorat qui les a portés au pouvoir. C’est à la lumière de cet équilibre, difficile à trouver s’il en est un, qu’il faut essayer de comprendre leur réaction au dévoilement de la charte.

En soumettant le texte de la future loi encadrant cette charte des valeurs à l’analyse des juristes du ministère de la Justice d’Ottawa et en laissant planer la menace de contester la constitutionnalité de celle-ci, le gouvernement tente d’agir sur deux fronts : faire preuve de retenue en réservant son jugement, tout en affichant sa détermination à protéger les droits des minorités et la perception de ceux-ci au sein de son électorat principal. Surtout, en réservant son jugement, en attendant de voir le texte final de la loi avant de se lancer dans des analyses plus approfondies, le gouvernement fédéral achète du temps. À en juger par la réaction des partis d’opposition à Québec, soit le projet du Parti québécois sera dilué, soit il ne sera pas adopté avant les prochaines élections québécoises. D’ici là, Ottawa tente de se mouiller juste assez pour calmer son électorat, mais pas trop.

« Dire qu’une femme qui porte le foulard va perdre son emploi comme éducatrice dans un centre de la petite enfance, c’est pour nous intolérable dans une société démocratique. On va se tenir debout face à cette situation. » – Thomas Mulcair, chef du NPD

À l’inverse, le chef du NPD a définitivement mis sa réserve de côté. « Intolérable », « confirme nos pires craintes », les épithètes ne manquaient pas pour dénoncer ce que Thomas Mulcair qualifie de manoeuvre politique qui ne fera qu’ériger la discrimination en système au Québec. Mais cette conviction du chef permet surtout de faire taire les doutes au sein de son propre parti. Car doutes il y a; pour preuve, ces commentaires de François Pilon, député de Laval-les-Îles qui, lundi soir, tenait ces propos sur le projet de charte : « Si la personne veut garder le voile, eh bien il y a des carrières qu’elle ne pourra pas faire, qu’elle fasse un choix. » S’il est le seul à avoir osé exprimer publiquement sa dissension, le malaise demeure au sein de ce caucus où plus de la moitié des députés québécois viennent des régions où cette charte est la plus populaire. C’est par la force de ses certitudes que Thomas Mulcair espère rassurer ses troupes québécoises. D’ailleurs, l’électorat traditionnel du NPD ne lui pardonnerait pas une position équivoque dans ce dossier. Thomas Mulcair n’a pas les moyens de ménager la chèvre et le chou.

« Mme Marois cherche à faire de la politique de division négative et de la politique identitaire dans son aspect le moins flatteur pour se sortir des défis économiques dans lesquels elle se trouve. » – Justin Trudeau, chef du PLC

Finalement, le chef fédéral à avoir les mains entièrement libres, c’est Justin Trudeau. Il est le seul qui, depuis le tout début, a exprimé ses inquiétudes haut et fort, voire jusqu’à faire des parallèles avec la ségrégation aux États-Unis. L’ironie, c’est que le chef politique qui a le plus de chances de faire des gains au Québec soit celui qui a pris le plus de risques dans ce débat. Le calcul libéral est simple : on ne s’attend à aucune autre position de la part du fils du maître d’oeuvre de la Charte canadienne des droits et libertés, fermement inscrite dans l’ADN de son parti, et son franc-parler dans ce dossier s’inscrit dans toute la logique de sa personnalité politique. Finalement, le chef du PLC est celui qui a le moins à perdre dans ce dossier.

 

Catégorie: Ottawa, Québec

Une saison politique mouvementée à Ottawa

par

 publié le 20 juin 2013 à 11 h 46

Joël-Denis Bellavance, Chef de bureau à Ottawa pour le journal La Presse.

Six mois en politique… c’est une éternité. Imaginez 10 mois, soit toute une saison politique ici à Ottawa! Vous vous demandez ce qui a tant bougé depuis la rentrée en septembre dernier?

Petit retour en arrière. À la rentrée, le gouvernement fédéral porte en appel le jugement québécois sur la conservation des données du registre des armes d’épaule. Les Communes se préparent aussi à rejeter une motion sur la définition de l’enfant et du fœtus au sens du Code criminel. Sans oublier les conservateurs qui multiplient les sorties orchestrées sur la « taxe sur le carbone de 21 milliards du Nouveau Parti démocratique ».

D’ailleurs, tout le monde se réclame de l’économie, LA priorité pour tous. On appréhende notamment le prochain mégaprojet de loi budgétaire. Le gouvernement Harper se donne également l’échéance morale pour conclure une vaste entente sur les investissements et le commerce avec l’Union européenne avant la fin de 2012. Il continue aussi de lancer des accusations contre ceux qui expriment des réserves sur le pipeline Keystone, qui dépend d’un partenaire important, les États-Unis.

Au plan plus purement politique, c’est business as usual pour le gouvernement Harper avec le Québec. Compte tenu de la minorité du PQ, les analystes se concentrent sur le duel Mulcair-Harper. De son côté, le Parti libéral du Canada (PLC), à la veille d’une course à la direction, n’est pas dans le match. Le PLC plafonne entre 20 % et 25 % dans les sondages, pendant que le Parti conservateur et le NPD s’affrontent au début de la trentaine de points d’appui.

Des chasseurs F-35 à Idle No More

Eh, que c’est loin tout ça! Autre retour en arrière, moins loin, mais quand même. Le vent a tourné dès l’automne, même si les controverses récentes sont plus fraîches à la mémoire. Les chasseurs F-35 coûteront 45 milliards de dollars plutôt que les 16 milliards annoncé par le gouvernement conservateur. Ça vous rappelle quelque chose? On presse très vite sur le bouton reset pour réinitialiser le programme. On est le 12 décembre.

Quelques jours plus tard, Stephen Harper annonce lui-même l’approbation de son gouvernement de la prise de contrôle de la pétrolière Nexen par le géant chinois CNOOC. Il émet un avertissement toutefois : « Ça ira pour cette fois. » Il édicte de nouvelles normes pour les futures transactions qui touchent des entreprises canadiennes du secteur des ressources naturelles.

C’est la pause pour les fêtes. Puis, c’est le mouvement populaire Idle No More qui mobilise les Autochtones du pays. Une grève de la faim de la chef de la réserve d’Attawapiskat, Theresa Spence, vient ajouter de la pression pour forcer une rencontre au sommet. Les éléments plus radicaux ont le chef national Shawn Atleo à l’oeil et surveillent attentivement le suivi qui est donné à la rencontre. Le suivi au plus haut niveau promis se fait en toute discrétion. On parlait d’une autre rencontre Harper-Atleo « dans les prochaines semaines ». On compte plutôt les mois, pour ceux qui prennent encore la peine de compter.

Scandales au Sénat

Le Sénat canadien

C’est en décembre qu’on prend connaissance de certaines manipulations des règles de dépenses au Sénat, les Mac Harb, Mike Duffy et Patrick Brazeau sont visés sur la question du logement, puis Pamela Wallin sur celle des déplacements. Le sénateur Brazeau est ensuite suspendu par ses pairs, après le dépôt d’accusations de voies de fait et d’agression sexuelle.

S’ensuit une série de controverses ponctuelles, qui éclosent les unes après les autres. La liste est longue : des travailleurs temporaires étrangers embauchés pour tasser des Canadiens, deux démissions de ministres sur des questions d’éthique (John Duncan et Peter Penashue), 3 milliards de dollars en dépenses antiterroristes et 29 milliards de dollars en recettes fiscales parties en fumée, levée de boucliers au Québec sur la récupération par Ottawa de la gestion de la main-d’oeuvre et sur l’abolition des crédits avantageux pour des placements comme ceux du Fonds de solidarité de la FTQ, un jugement sur les appels trompeurs qui blâme les conservateurs, le livre La bataille de Londres sur le rôle de la Cour suprême dans le rapatriement constitutionnel, etc.

Mais tout ça, c’était sans compter sur la menace de l’intérieur. Une énorme gaffe d’un chef de cabinet, Nigel Wright, pourtant surqualifié pour l’emploi, entraîne le feu de broussailles des dépenses au Sénat. Le bras droit de Stephen Harper démissionne en raison du remboursement controversé des allocations de résidence secondaire du sénateur conservateur Mike Duffy. Il y a aussi eu la démission du caucus de Brent Rathgeber, un député albertain qui dénonce l’obscurantisme pratiqué par les proches du premier ministre. Encore une fois, le bureau de M. Harper est visé. M. Rathgeber avait aussi appuyé son collègue Mark Warawa pendant la « révolte » du printemps des conservateurs d’arrière-ban, qui réclamaient leur droit de parole face à leur patron trop contrôlant.

La politique, c’est du sport

Bref, vous le voyez, en 10 mois le paysage politique a changé rapidement. Pour faire une analogie avec la période de quatre ans entre les Jeux olympiques, ça veut dire que les deux années et quatre mois qui restent avant l’élection d’octobre 2015 laissent amplement de temps à tout ce beau monde pour parfaire leurs programmes. Du temps pour Stephen Harper pour relancer son gouvernement essoufflé et se rapprocher de son parti, à Thomas Mulcair pour passer en mode préélectoral après une année d’installation tel que prévu dans son plan triennal et à Justin Trudeau pour se dévêtir en public… politiquement.

Cela dit, si l’économie reste une figure imposée d’ici l’élection, le programme court, à la rentrée, va encore tourner sur la transparence et l’intégrité. Une ou des enquêtes de la GRC pourraient bien déboucher à ce moment-là, et c’est en public que la Chambre des communes va procéder cet automne à la réforme de son administration et des dépenses des députés, qui doit entrer en vigueur à la fin de l’année. Le dossier pourrait aussi bien rebondir dès cet été, puisqu’on attend le rapport Deloitte sur les dépenses de la sénatrice Pamela Wallin quelque part à la fin juillet.

Catégorie: Ottawa

Partielles : du soulagement aux inquiétudes

par

 publié le 27 novembre 2012 à 14 h 07

En surface, les résultats des trois élections partielles n’auront finalement pas changé le paysage politique canadien lundi soir. Mais sur le fond, ils ont envoyé bien des signaux aux chefs des différents partis en vue de la grande bataille électorale de 2015.

Les verts

Elizabeth May et Donald Galloway

Si son parti n’a fait aucun gain, Elizabeth May ne sort pas moins gagnante de la soirée grâce à la performance aussi surprenante que remarquable de ses candidats dans les deux circonscriptions de l’Ouest. Un bond de 22,7 % d’appuis à Victoria a placé les verts en deuxième place et donné toute une frousse au NPD. Une remontée de 15,7 % par rapport aux résultats de 2011 dans Calgary-Centre a sans équivoque privé les conservateurs de la majorité absolue à laquelle ils étaient si habitués.

Est-ce que la remontée du Parti vert a divisé le vote progressiste en Alberta et ainsi ouvert la voie à la réélection des conservateurs? Certainement. Mais cette performance a aussi montré que grâce à un bon candidat, une solide organisation et une campagne ultraciblée, ce parti longtemps marginalisé est capable de s’imposer dans la cour des « grands ». De là à conclure que le Parti vert sera une force indéniable en 2015, il y a une marge.

Ce ne serait pas la première fois qu’ils offrent une bonne performance lors d’une partielle. Pensez à London-North-Centre en 2006. La leçon à retenir pour Elizabeth May est surtout que, tout comme en 2011, son parti a davantage de chance lorsqu’il concentre ses efforts en un endroit stratégique qu’en essayant de mener une campagne nationale.

Les conservateurs

C’est un euphémisme que de dire qu’ils l’ont échappé belle dans Calgary-Centre. De voir leurs appuis passer de 57,7 % à 36,9 % ne peut que soulever une bonne dose d’inquiétude dans cette circonscription qui est jugée comme une des plus sûres au pays.

Ici aussi, les leçons sont multiples. Miser sur une candidate associée avec la droite sociale du parti (non pas tant pour ses opinions personnelles que ses appuis) rapporte de moins en moins, surtout dans une grande ville comme Calgary, dont l’électorat se diversifie. Surtout, est-ce qu’on commence à voir poindre les premiers signes d’une fatigue à l’égard de la gouvernance majoritaire de Stephen Harper?

En tout cas, son parti a perdu des appuis dans les trois circonscriptions. Et bien que les partielles soient rarement tendres envers les gouvernements en place, après presque sept ans au pouvoir, il y a de quoi se demander si les premières failles de l’armure bleue se sont manifestées. La bonne nouvelle : leur machine électorale ciblée demeure ultraefficace et aura permis de sauver les apparences dans Calgary-Centre et Durham.

Les néo-démocrates

Pour un chef de l’opposition officielle qui répète depuis son élection que la route vers le pouvoir passe par des gains dans l’Ouest, difficile pour Thomas Mulcair d’être rassuré par les résultats de lundi soir. Le NPD a réussi à conserver Victoria de peine et de misère et s’est trouvé en 4e place avec 3,8 % des votes dans Calgary-Centre.

Le discours du chef néo-démocrate sur la maladie hollandaise et les effets néfastes de l’industrie pétrolière telle qu’on la connaît aujourd’hui ont fort probablement contribué à cette chute d’appuis. À trois ans des prochaines élections, le message est clair : le NPD est loin d’avoir convaincu les électeurs de cette région du pays que son discours sur l’environnement et les investissements étrangers ne sont pas une attaque à la croissance économique, comme s’amusent à le répéter ad nauseam les conservateurs.

Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair félicite son candidat Murray Rankin pour sa victoire dans Victoria.
Le chef néo-démocrate Thomas Mulcair félicite son candidat Murray Rankin pour sa victoire dans Victoria.


Les libéraux

Il y a ceux qui voient la coupe à moitié pleine et se réconfortent de leur défaite dans Calgary-Centre en soulignant que le parti n’a pas aussi bien fait depuis 1968. C’est vrai. Mais ce serait une analyse bien étroite des résultats de lundi soir. Dans Durham, en Ontario, les libéraux ont perdu des appuis. Dans Victoria, une circonscription qu’ils ont détenue pendant 13 ans (1993-2006), ils sont arrivés troisièmes, loin derrière les verts. Morale de l’histoire : quand on accumule le vote populaire total lundi soir, le parti libéral arrive quatrième. C’est dire tout le chemin qu’il reste à parcourir d’ici 2015.

Harvey Locke, candidat du PLC dans Calgary-Centre pour l'élection partielle du 26 novembre 2012, et le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae
Harvey Locke, candidat du PLC dans Calgary-Centre pour l’élection partielle du 26 novembre 2012, et le chef intérimaire du Parti libéral, Bob Rae

Avec une marge de défaite de 1167 voix dans Calgary-Centre, il est difficile de jeter exclusivement le blâme sur les commentaires antialbertains de Justin Trudeau en 2010. Toutefois, ceux-ci auront contribué à dissiper une partie du capital de sympathie qu’il s’était attiré avec un bon début de campagne. L’inquiétude pour ses troupes doit être à plus long terme. Voyant l’effet et la médiatisation de cette première controverse, la machine de guerre conservatrice n’a pas fini de fouiller les déclarations passées de Justin Trudeau pour trouver d’autres munitions.

Catégorie: Élections fédérales, Ottawa

Keystone ou le « ni-ni » de Thomas Mulcair

par

 publié le 7 novembre 2012 à 18 h 18

Avec la réélection de Barack Obama, l’avenir du projet d’oléoduc Keystone XL qui doit acheminer le pétrole albertain jusqu’aux raffineries du golfe du Mexique revient à l’avant-plan des discussions bilatérales entre le Canada et les États-Unis.

L’espoir du gouvernement Harper c’est que maintenant que l’administration Obama est en quelque sorte libérée des considérations politiques et partisanes inhérentes à une campagne électorale présidentielle, elle jugera le projet au mérite et finira par donner son feu vert. Un débat qui va inévitablement relancer celui sur les politiques énergétiques du gouvernement Harper ici au pays.

Demandez à Thomas Mulcair ce qu’il en pense, voici la réponse : « Au lieu de faire la folie d’exporter à un si bas prix, ayons comme principe et comme priorité de déménager nos ressources pétrolières d’ouest en est, toujours sous réserve d’une analyse environnementale rigoureuse. »

Les critiques sont nombreuses. Le chef du NPD reproche au projet Keystone de mener à l’exportation de 40 000 emplois au pays. Comme le gouvernement Harper mise tant sur l’exportation des ressources naturelles brutes vers les États-Unis, Mulcair lui reproche du même souffle de se préoccuper davantage de la sécurité énergétique de nos voisins du sud que de la nôtre.

Mais le chef du NPD est-il en faveur du projet, si jamais son parti prenait le pouvoir? Est-ce qu’un gouvernement du NPD continuerait d’aller de l’avant?

« Nous, on prioriserait de bouger nos produits pétroliers d’ouest en est », affirme M. Mulcair.

Mais encore… Dirait-il oui ou non à Keystone? Est-ce possible de privilégier le développement des ressources pétrolières ici au pays tout en allant de l’avant avec le projet Keystone?

« La priorité d’un gouvernement néo-démocrate ça serait double. Un, s’occuper de notre propre sécurité énergétique pour l’avenir. Deux, veiller à faire l’ajout d’emplois ici pour nos propres richesses », dit Thomas Mulcair, ajoutant que de toute façon, le dossier est maintenant entre les mains du gouvernement américain.

À vrai dire, Thomas Mulcair refuse de se prononcer précisément sur cette question de l’oléoduc Keystone et préfère avancer que le NPD privilégie la mise en oeuvre d’un système de transport du pétrole au Canada, qui permettrait de relancer l’industrie du raffinage et surtout de créer des emplois ici au pays.

Sur l’avenir de Keystone, Thomas Mulcair a donc développé sa propre logique du « ni-ni », la non-ingérence, non-indifférence.

La logique du NPD est simple : pourquoi se laisser embarquer dans un débat sur le controversé pipeline dont l’avenir dépend davantage des gouvernements américains, quand il est plus avantageux de proposer une politique énergétique alternative pour l’ensemble du pays dans l’avenir?

Cela étant dit, on ne pourra pas reprocher à Thomas Mulcair d’esquiver entièrement cet enjeu épineux. Il a tout de même accepté de répondre à des questions sur le sujet pendant une bonne vingtaine de minutes mercredi midi.

 

Catégorie: Ottawa

Bilan d’une rentrée ultra-partisane

par

 publié le 21 septembre 2012 à 16 h 58

S’il fallait trouver un mot pour décrire cette rentrée parlementaire à Ottawa, lequel choisir?

Productif? J’en doute.

Constructif? Encore moins.

Mais ultra-partisan, vindicatif,  seraient plus appropriés. À vrai dire, cette rentrée parlementaire à Ottawa aura été aussi partisane que révélatrice.

Bien sûr, Thomas Mulcair a tenté d’insuffler une dose de professionnalisme et d’optimisme à cette rentrée. Dans un discours à son caucus, il a tracé leur route vers le pouvoir, comme un fruit mûr à cueillir en 2015. « C’est pourquoi, cet automne, nous allons présenter aux Canadiens un message positif, optimiste et ô combien déterminé. Un message qui parle de rétablir l’économie équilibrée que les conservateurs ont démantelée », a-t-il promis à ses députés.

Mais la réalité, c’est qu’en cette première semaine de travaux parlementaires, lui et son parti ont dû subir l’assaut des conservateurs. À la période des questions seulement, députés et ministres de Stephen Harper l’ont accusé de vouloir mettre en oeuvre une taxe sur le carbone, une taxe de 20 milliards de dollars. Une accusation répétée 36 fois en 5 jours durant la seule période des questions. Une taxe « qui tuerait des emplois et ferait augmenter le prix de l’essence, de l’électricité et de pratiquement tout ».

On se serait crû à l’époque du virage vert de Stéphane Dion, en 2008.

Le problème (et les néo-démocrates prient pour que vous le sachiez), c’est que la taxe sur la carbone n’apparaît nulle part dans le programme du NPD. Celui-ci propose plutôt de mettre en place une bourse du carbone. L’ultime ironie, c’est que le Parti conservateur a lui-même proposé une bourse sur le carbone en 2008. Mais soudainement ça c’est de l’histoire ancienne… voilà. Mauvaise foi? À vous de juger. Mon collègue de Maclean’s offre une analyse fort intéressante d’ailleurs.

Sur le front du Québec (drapeau, registre des armes d’épaule), les troupes de Thomas Mulcair ont joué de prudence. Sans surprise, bloquistes et libéraux n’ont pas hésité à dénoncer la décision du gouvernement Harper d’en appeler de l’injonction accordée par la Cour supérieure pour sauvegarder les données québécoises du registre. Même la députée néo-démocrate Françoise Boivin a parlé d’« un affront pour tous ceux qui sont du côté de la prudence, du côté de la sécurité publique ». Mais ne cherchez pas une telle indignation du côté de Thomas Mulcair. Il a plutôt bien évité de se montrer cinglant. « Pour ce qui est du registre des armes à feu, porter ça en appel, ce n’est pas la fin du monde. C’est un cours qui existe pour le gouvernement tant et aussi longtemps qu’effectivement, ils n’ont pas détruit les informations », a-t-il déclaré.

Cette prudence du chef reflète non seulement un certain malaise de plusieurs membres de son caucus face au registre, mais surtout l’espoir du NPD de faire des gains dans les régions du pays où ce registre est honni. Morale de l’histoire : cette semaine, le NPD a choisi de ne pas se mouiller, mais sur les grands enjeux et ceux qui sont plus symboliques, il est loin d’être acquis que tant les Québécois que les électeurs du reste du pays vont apprécier une telle ambivalence à la longue. Après tout, la politique c’est l’art des choix.

Du côté des conservateurs, ceux-ci avaient beau promettre de ne pas mordre à l’hameçon de la gouvernance souverainiste, on a pu constater qu’ils n’en ont pas besoin pour attiser les braises; pensez à la « fierté » de Maxime Bernier d’annoncer l’appel de son gouvernement sur le registre, et Christian Paradis qui ferme la porte à toute discussion sur autre chose que l’économie.

Inutile de dire qu’on a bien hâte de voir Stephen Harper et Pauline Marois côte à côte au Sommet de la Francophonie dans quelques semaines à Kinshasa au Congo.

Pour le reste, comme vous l’a expliqué mon collègue Denis Ferland, le signal d’une nouvelle loi omnibus est clair. Il cache d’ailleurs la tactique d’insérer dans cet immense texte législatif l’éventuelle réforme du régime de pension des députés. Une tactique, diraient certains, pour forcer l’opposition à « voter contre un ménage de leurs retraites dorées », même si elle est en faveur du principe? On entend déjà les lignes d’attaques du caucus conservateur à ce sujet.

L’objectif des conservateurs, dans ce dossier comme dans celui de la taxe sur le carbone, semble être de forcer l’opposition à jouer dans les nuances.

Forcer l’opposition dans le gris alors que dans le monde politique de Stephen Harper, on opère toujours dans le noir ou blanc.

La vie n’est pas si simple me direz vous. Mais les stratèges de Stephen Harper vous répondront que jusqu’à maintenant, ça a toujours fonctionné.

Catégorie: Ottawa