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La schizophrénie des solidaires

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 publié le 13 juin 2015 à 18 h 54

Québec solidaire soufflera ses 10 chandelles en février prochain. Dix ans pour une formation politique, c’est assurément l’âge de raison, voire l’âge adulte.

Néanmoins, il semble que ce n’est pas pour autant un gage de maturité politique. Le plus récent bilan du parti dressé par la porte-parole Françoise David n’en faisait certainement pas la démonstration.

Aux questions des journalistes sur la possibilité d’une alliance électorale avec le Parti québécois en 2018, Françoise David n’a pas voulu fermer la porte. On ne se sabordera pas, mais on est ouvert au dialogue, a-t-elle dit pour l’essentiel. Des « alliances ponctuelles » seraient possibles.

Pourtant, c’est la même femme qui a déjà déclaré qu’elle refuserait de s’asseoir aux côtés de Pierre Karl Péladeau. « Une candidature odieuse », avait affirmé la porte-parole de QS en mars 2014.

Que l’opinion de Françoise David à l’égard de Pierre Karl Péladeau se soit améliorée, maintenant que celui-ci est devenu chef du Parti québécois, n’a rien de trop étonnant. Ce qui l’est beaucoup plus, c’est que la porte-parole de Québec solidaire, presque 10 ans après la création de son parti, n’écarte pas clairement l’idée de créer une alliance électorale avec une autre formation politique.

Au-delà du principe, il ne fait pas de doute que forger une alliance, sur la base d’un partage de circonscriptions, se révélerait désavantageux pour les deux partis, particulièrement pour Québec solidaire, compte tenu des nouvelles règles liées au financement des partis politiques.

C’est aussi un message troublant, empreint de confusion, que Françoise David envoie à ses troupes et aux électeurs québécois.

Québec solidaire n’est-il qu’un autre parti du genre Option nationale? Québec solidaire n’est-il qu’une succursale « de gauche » du Parti québécois?

Cette constante valse-hésitation est peut-être une conséquence du statut de Françoise David, qui est la porte-parole des solidaires et non pas la chef de son parti. Est-ce que cela justifie son incapacité à défendre l’autonomie de son parti? Il semble que oui.

Pour ajouter à la confusion, les députés solidaires affichent une étrange posture politique à l’égard du PQ et du PLQ.

À l’occasion de ce bilan des travaux parlementaires, le communiqué de presse de Québec solidaire attaquait de front le gouvernement Couillard. Cependant, en point de presse, après avoir énoncé la ligne de presse d’usage qui s’en prenait aux libéraux, Françoise David a lancé plusieurs de ses flèches vers le Parti québécois. Comme d’habitude, diraient d’ailleurs les péquistes qui le rendent bien aux élus solidaires.

Cette impression que les députés solidaires sont davantage préoccupés par le Parti québécois que par le parti au pouvoir est confortée de deux autres façons. Les questions de Québec solidaire à l’Assemblée nationale sont rarement formulées, tel que le veut la tradition, comme des critiques de l’action du gouvernement. QS cherche plutôt à mettre de l’avant ses propres positions.

Par ailleurs, de manière très opportune, le premier ministre Philippe Couillard ne manque pas une occasion d’encenser le travail de la députée de Gouin. Le chef libéral sait bien que les solidaires sont peu susceptibles de gruger le vote libéral, mais qu’en revanche ceux-ci sont en mesure de réduire les chances du Parti québécois de remporter une majorité parlementaire.

D’ailleurs, cette évidence explique sans doute la raison pour laquelle les députés solidaires privilégient les attaques contre l’opposition officielle péquiste, plutôt que de viser sans relâche le gouvernement libéral. Or, cette attitude électoraliste sied mal avec la volonté de Québec solidaire de faire de la politique autrement.

En quoi les attaques de Québec solidaire (de même que celles de la CAQ) contre le PQ (qui en font autant) profitent réellement aux Québécois? Le travail des partis d’opposition est normalement consacré à la critique (si possible constructive) du travail et des orientations du gouvernement.

Naturellement, les partis d’opposition sont parfaitement libres de se disputer entre eux, même à trois ans des prochaines élections. Il est aussi légitime pour ces partis de rappeler sans cesse aux Québécois que leur offre politique est différente des autres et de la mettre en valeur. Il n’empêche qu’ils ont une obligation absolue de demander quotidiennement au gouvernement de rendre des comptes.

Un éventuel (et encore hypothétique) appui des libéraux envers un projet de loi de QS qui vise à empêcher l’expulsion des aînés de leur logement ne peut justifier la moindre clémence des solidaires à l’égard du gouvernement Couillard.

Mais pour ce qui est de ses rapports avec le Parti québécois, les élus de Québec solidaire semblent souffrir de schizophrénie.

D’une part, sa porte-parole ne rejette pas l’idée d’une alliance électorale avec le PQ, tandis que d’autre part toutes les occasions sont bonnes pour attaquer l’opposition officielle et son nouveau chef dans l’espoir d’élargir sa base électorale.

Il est bien difficile de réconcilier ces deux attitudes.

Les résultats électoraux plutôt décevants de Québec solidaire depuis 18 mois (malgré l’élection d’une troisième députée) montrent peut-être que les Québécois peinent à comprendre ses cheminements.

Catégorie: Québec

Un an plus tard, les partis d’opposition

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 publié le 10 avril 2015 à 15 h 33

Le Parti québécois

La défaite électorale du Parti québécois le 7 avril 2014 est probablement un jalon davantage qu’une étape dans l’histoire politique du Québec. Surtout que le scrutin de 2018 pourrait se révéler bien plus déterminant.

Il demeure que dans la foulée des résultats de 2014, une question lancinante s’est immédiatement imposée sur la capacité du Parti québécois de former à nouveau à lui seul une majorité parlementaire.

Après la période Charest, le gouvernement Marois s’est donc fait étriller par un Philippe Couillard pas si expérimenté, au style un peu guindé, avec son propre passif fait d’Arabie saoudite, de compte bancaire dans un paradis fiscal, d’Arthur Porter et d’un départ peu élégant en politique.

À cette question sur la majorité parlementaire s’ajoute une autre, qui pèse sur le parti depuis déjà longtemps, sur sa capacité de remporter un référendum sur la souveraineté du Québec.

Or, avec ces deux questions, c’est à la fois la survie et la raison d’être du Parti québécois qui sont en cause.

La première conséquence concrète de la défaite de 2014, la démission de Pauline Marois, a précipité le parti dans un circuit de montagnes russes qui ne prendra pas fin avec l’élection d’un nouveau chef en mai prochain.

Celui qui a été déclaré le favori avant même le déclenchement officiel de la course à la direction est une personnalité déjà controversée qui a fait son entrée dans le débat politique par l’entremise du sujet le plus chaud au Canada depuis 50 ans, l’indépendance du Québec.

L’impact de la candidature de Pierre Karl Péladeau est tel que, peu importe le résultat, le Parti québécois sortira transformé de cette course.

Dans un pareil contexte, l’opposition officielle fait comme elle peut, du mieux qu’elle peut. Stéphane Bédard était le meilleur choix comme chef intérimaire et il parvient à tirer son épingle du jeu, même s’il n’est pas là pour gagner. Sa fonction primaire est d’engager le siège contre le gouvernement libéral. Le prochain chef poursuivra le travail de sape jusqu’aux élections. Pour le moment, il y a des jours meilleurs que d’autres. En moyenne, le résultat est tout à fait défendable.

Je me dois de rappeler que le dernier gouvernement majoritaire péquiste à siéger à l’Assemblée nationale a été celui de Lucien Bouchard, élu à l’arraché le 30 novembre 1998, malgré une pluralité de voix pour le Parti libéral.

La Coalition avenir Québec            

Au tour maintenant de Gérard Deltell de quitter la Coalition avenir Québec (CAQ), après le douloureux départ de Christian Dubé.

C’est sans doute le sort prévisible et ingrat d’un parti qui forme la deuxième opposition à l’Assemblée nationale. D’autant que cette formation politique, créée sous l’impulsion d’un seul homme, offre un espace limité à ceux qui veulent se déployer dans ses rangs. La seule véritable zone d’influence dans ce parti est celle qui s’est créée autour de son chef, François Legault. À la CAQ, si vous n’avez pas la confiance de M. Legault ou de son ami et directeur de cabinet Martin Koskinen, il vaut peut-être mieux se faire voir ailleurs.

Depuis quelques mois, la CAQ a entrepris un virage qualifié d’identitaire, auquel s’ajoute une dimension sécuritaire. Nouvelle politique d’immigration, nouvelle approche face à la liberté d’expression et appui au projet de loi C-51 du gouvernement Harper. La CAQ semble vouloir occuper une partie de l’espace abandonné par le Parti québécois depuis que la Charte des valeurs a été, pour une part, reléguée aux oubliettes. Les assises de ses propositions semblent s’appuyer davantage sur des sondages que sur des fondements idéologiques solides.

Par ailleurs, à la période de questions, François Legault insiste inlassablement sur l’écart de richesse entre le Québec et le reste du Canada, surtout l’Ontario. Jusqu’à présent, cela n’a guère porté ses fruits. Mais, en politique, à force de taper sur le même clou, il arrive que l’on parvienne à imposer ses priorités.

Québec solidaire

On oublie que Québec solidaire (QS) n’a connu qu’une faible croissance d’un point de pourcentage entre l’élection de 2012 et celle de 2014, passant de 6 % à 7 % du vote populaire. L’élection de Manon Massé a été bénéfique, mais il n’est pas clair que QS a tiré les leçons de ce dernier scrutin. Si c’est le cas, ce n’est pas particulièrement perceptible.

Un prochain congrès qui aura lieu ce printemps offrira peut-être davantage de réponses. Car ce résultat soulève, encore un an plus tard, plusieurs questions. En voici quelques-unes :

  • Si QS, un parti de gauche, veut prendre le pouvoir, ne doit-il pas aussi chercher à gagner le centre?
  •  Si oui, comment y parviendra-t-il? Au prix de quels compromis?
  •  Si la réponse est non, alors que devrait-il faire? Doit-il demeurer sur ses positions au risque de rester très longtemps dans l’opposition?

À trois députés, la capacité d’intervention de Québec solidaire à l’Assemblée nationale est limitée.

En outre, l’avenir de Françoise David – 67 ans – et d’Amir Khadir – qui combine le travail de député à temps plein et de médecin à temps partiel depuis bientôt sept ans – fait souvent l’objet de rumeurs, gracieusement alimentées par le Parti québécois.

Première année difficile

Cette première année a été difficile pour tous les partis d’opposition, et c’est compréhensible. L’important pour eux, avant tout, sera d’être en plein contrôle dans la dernière année du mandat. D’ici là, et comme les 12 derniers mois n’ont pas été très édifiants, ils devront accomplir leur rôle de loyales oppositions.

Face à la faiblesse relative des oppositions, le premier ministre Couillard ne devrait pas s’étonner de la vigueur de la presse parlementaire à l’endroit de son gouvernement. Cela s’inscrit dans le cours normal d’une société démocratique.

 

Catégorie: Élections Québec, Élections Québec 2014, Québec

Charte des valeurs : un scénario de repli

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 publié le 17 septembre 2013 à 13 h 46

Il n’est peut-être pas si compliqué de deviner de quelle façon le gouvernement Marois devrait évoluer dans le dossier de la laïcité, surtout en ce qui a trait à l’interdiction des symboles religieux ostentatoires dans le secteur public.

Les partis d’opposition ont déjà délimité leurs territoires :

  • Le Parti libéral s’oppose à toute interdiction des symboles religieux.
  • Québec solidaire propose de les interdire seulement pour ceux pour qui cela entraverait le devoir de réserve.
  • La Coalition avenir Québec précise que les juges, les procureurs, les policiers, les gardiens de prison et le personnel scolaire ne pourraient pas porter de signes religieux.

Le gouvernement du Parti québécois pourrait être tenté de se replier sur une position « CAQ + » pour son projet de loi de charte des valeurs québécoises.

Notons d’ailleurs qu’il y a une majorité d’élus à l’Assemblée nationale du Québec (avec ceux de la CAQ et du PQ) qui est favorable à une interdiction des symboles sacrés qui viserait une partie plus ou moins large des employés du secteur public.

Le scénario « CAQ + »

Voici à quoi pourrait ressembler ce scénario « CAQ + » :

En plus des corps policiers, judiciaires et du personnel scolaire, le gouvernement de Pauline Marois soumettrait sans doute les centres de la petite enfance et les garderies privées subventionnées à cette interdiction. Il envisagerait probablement d’inclure aussi les employés de la fonction publique qui sont en contact avec les citoyens.

Les autres employés de l’État ne seraient probablement pas contraints de respecter l’exigence de neutralité religieuse.

Il est plausible aussi que l’administration péquiste abandonne l’idée de soumettre les établissements de santé, les universités, les cégeps et les municipalités à ce bannissement des symboles. Il suffira de créer un programme volontaire pour les conseils d’administration et les conseils municipaux.

Le gouvernement mettrait ainsi de côté cet incohérent « droit de retrait » renouvelable qui, paradoxalement, aurait été invoqué par des institutions qui comptent le nombre le plus important d’employés arborant des symboles religieux.

Le ministre Drainville pourrait aussi s’intéresser davantage aux symboles « visibles » et délaisser la notion de symboles « ostentatoires », comme le suggère aussi la CAQ. Cela éviterait au ministre de devoir faire des dessins dans son projet de loi.

En outre, Québec pourrait sagement prévoir une période de transition avant une entrée en vigueur complète de la loi, afin de faciliter les réaffectations et les réorientations du personnel. Le gouvernement devrait aussi au minimum consulter les Premières Nations.

Quant au crucifix à l’Assemblée nationale, on peut supposer que Québec maintiendra sa position, qui est populaire, quoique pas très logique.

Bien que certains y verront un recul, ce scénario constitue déjà tout un programme dans un contexte nord-américain.

Bernard Drainville aurait d’ailleurs intérêt à mieux expliquer, si cela est possible, les raisons pour lesquelles les bambins et les élèves ne devraient pas être exposés aux symboles religieux.

Des interrogations

Le ministre des Institutions démocratiques pourra consacrer tout son temps éveillé à piloter ce dossier explosif. La première ministre, elle, n’aura pas ce loisir.

Comme toujours, Pauline Marois apprendra vite, elle gagnera en assurance et en précision sur ce sujet, mais sans jamais véritablement parvenir à convaincre… qu’elle est elle-même parfaitement convaincue. C’est ainsi. Pauline Marois n’y parvient pas. Pas encore.

Y parviendra-t-elle, cette fois, avec la question de la laïcité?

De son côté, le chef libéral Philippe Couillard affirme que cette charte est la charte de la chicane. Pour l’essentiel, c’est tout ce qui a été retenu de sa proposition sur la laïcité, présentée il y a tout juste deux semaines.

Qui souhaite que Philippe Couillard explique de nouveau ce qu’est l’interculturalisme? Qui a compris ce que Philippe Couillard voulait véritablement changer?

Le chef caquiste, François Legault, est en voie de se transformer en instrument du gouvernement Marois. En fait, la CAQ offre déjà une caution au projet du gouvernement, en ouvrant la porte au principe de l’interdiction des symboles religieux pour de nombreux employés de l’État. François Legault est dans une situation difficile, incapable de se distinguer réellement de ses adversaires. Jusqu’où ira-t-il et comment parviendra-t-il à se tirer du guêpier dans lequel il se trouve?

Québec solidaire réaffirme que sa position est adoptée depuis des années, mais le malaise est encore palpable. Les communiqués et les interventions du parti ne cherchent jamais à expliquer clairement et complètement sa position, qui paraît très proche de celle du Parti libéral. Françoise David parviendra-t-elle à faire entendre la voix de son parti en cette seconde année de mandat de ce gouvernement minoritaire?

Il peut y avoir une posture politique avantageuse pour Pauline Marois dans tout ça, mais l’affaire est très délicate à mener. Son ministre est un homme talentueux et fougueux qui lui offre, peut-être, un intéressant thème de campagne électorale. Une chose est sûre, cela devrait permettre à la chef du Parti québécois d’éviter de parler de souveraineté au cours de la prochaine campagne électorale.

Catégorie: Québec

L’épreuve du pouvoir

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 publié le 20 juin 2013 à 9 h 57

Pauline Marois à l'Assemblée nationale, le 7 décembre.

Pauline Marois a dilapidé une partie de son capital politique au cours des neuf premiers mois de son mandat. Les élus du Parti québécois (PQ) ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Ils sont les seuls responsables de leurs malheurs. La première ministre a elle-même reconnu qu’elle n’avait pas su orchestrer les initiatives de ses ministres.

Il est aussi facile de constater un manque de souci évident dans les détails. Et, à cet égard, la faute en incombe aux ministres et au personnel qui entoure la première ministre. En fait, personne ne parvient à échapper au blâme au sein du PQ. Personne ne sort indemne de cette épreuve du pouvoir. Le PQ doit désormais craindre de se retrouver au troisième rang dans les intentions de vote, derrière la Coalition avenir Québec.

La position des libéraux

La démission de Jean Charest a créé tout un vide à l’Assemblée nationale. La commotion a été encore plus importante au Parti libéral. Le nouveau chef, Philippe Couillard, tente aujourd’hui de combler le vide en secouant les structures internes.

M. Couillard semble lui-même se transformer au fil des semaines. Pendant la course à la direction, il paraissait se ranger dans un camp plus nationaliste que celui de Jean Charest, alors que ces derniers jours, il a montré le visage d’un fervent fédéraliste.

En gardant ses distances avec l’Assemblée nationale, le nouveau chef libéral parvient à rester au-dessus de la mêlée. L’ennui, c’est qu’il paraît également loin de son aile parlementaire. Cela a donné lieu à quelques notes discordantes au cours des derniers jours entre ses propres positions et celles des élus libéraux.

Les questions nationale, linguistique et identitaire sont à la fois une force et une faiblesse du Parti libéral de Philippe Couillard. Le principal point d’interrogation est encore et toujours l’impact de la commission Charbonneau sur le Parti libéral d’ici les prochaines élections.

De la CAQ à Québec solidaire

De son côté, la Coalition avenir Québec ne semble toujours pas avoir fait son nid politique. Ce parti demeure difficile à cadrer, son étiquette est encore en voie de définition. Le Projet Saint-Laurent prend forme tranquillement et devrait contribuer à chasser le flou entourant ce parti. Les attaques du chef de la CAQ, François Legault, contre le gouvernement Marois sont souvent bancales et parfois menées avec imprécision.

Pour sa part, Québec solidaire continue son travail patient. L’arrivée de Françoise David à l’Assemblée nationale n’a toutefois pas donné la visibilité espérée à son parti.

Par ailleurs, la démission de Jean-Martin Aussant à la direction d’Option nationale offre un certain soulagement au Parti québécois et à Québec solidaire. La survie de ce parti est désormais remise en question.

Malgré la lune de miel des libéraux et l’inconsistance des péquistes, aucun des partis n’est véritablement en situation de force ou de faiblesse extrême. Il semble que tout demeure possible d’ici les prochaines élections.

Catégorie: Québec

Les chiffres décortiqués

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 publié le 13 mai 2013 à 23 h 56

Tout bon politicien vous dira qu’il ne commente pas les sondages. Mais vous devez savoir que tout bon politicien dévore les sondages comme un amateur de hockey dévore les statistiques.

Alors, que comprendre du dernier Léger Marketing qui donne 35 % au PLQ, 27 % au PQ, 19 % à la CAQ, 11 % à QS et 4 % à ON?

En rafale :

– le PLQ progresse grâce à l’attention créée par l’élection de Philippe Couillard. Parlons d’une « lune de miel » parce que M. Couillard n’a encore rien proposé de concret pour renouveler le PLQ;

– le PQ baisse. Les difficiles décisions gouvernementales des dernières semaines font mal;

– le PQ maintient son avance chez les francophones (32 % PQ, 25 % PLQ, 22 % CAQ), ce qui empêcherait le PLQ de former un gouvernement majoritaire;

– Québec solidaire et Option nationale profitent du mécontentement à l’égard du PQ. Leur défi est de transformer ces intentions de vote en véritables votes aux prochaines élections;

– des électeurs délaissent la CAQ pour le PLQ. Y resteront-ils? On le saura quand Philippe Couillard proposera des choses.

Mais la grande conclusion de ce sondage est probablement qu’il n’y aura pas d’élections à court terme (d’ici la fin 2013) à moins d’un changement draconien.

Le PQ ne risquera pas le pouvoir avec de tels chiffres et la CAQ ne risquera pas de renverser le gouvernement pour affronter l’électorat avec moins de 20 % des intentions de vote.

Catégorie: Québec

Convergence souverainiste

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 publié le 8 avril 2013 à 20 h 52

Le principe est vieux comme le monde : l’union fait la force.

Les musiciens d’un orchestre jouent en harmonie, quand ils jouent « ensemble ». Une équipe de hockey gagne, quand elle joue ensemble.

Mais en politique, surtout dans le camp souverainiste (ou indépendantiste), le principe semble dur à appliquer.

Un parti est trop à droite, l’autre trop à gauche. Un parti est trop pressé, l’autre pas assez. Bref, les wagons ne s’accrochent pas ensemble.

Alors, pourquoi ne pas unir les forces, gagner les élections, tenir un référendum et faire la souveraineté? Comme dirait Bernard Landry : « La patrie avant le parti. L’indépendance n’est ni à droite ni à gauche, elle est en avant. »

Après tout, pour un souverainiste, l’indépendance du Québec est le projet d’une vie. C’est un peu comme quitter la maison familiale, à 18 ou 20 ans (30-35 ans dans certains cas, mais bon), voler de ses propres ailes, prendre ses décisions, s’affranchir, etc.

Cela paraît simple, mais dès qu’il est question d’unifier les forces souverainistes, tout le monde se dit d’accord, mais à ses conditions. Pour le PQ, c’est avec ce parti qu’il faut s’unir. Il n’en est pas question pour Québec solidaire qui ne fait pas de différence entre les politiques sociales du PQ et celles de la CAQ ou du PLQ. Une alliance ponctuelle de Québec solidaire semble plus probable avec Option nationale, mais rien ne permet de croire que cette alliance leur donnerait le pouvoir.

Alors, que se passe-t-il? On lance des appels au rassemblement et on lance des débats sémantiques (êtes-vous indépendantistes ou souverainistes?).

Pendant ce temps, il reste un noyau « dur » d’électeurs (entre 30 et 40 %) qui voteront toujours « oui » à un référendum sur la souveraineté, un noyau « dur » (plus près de 40 %) qui votera toujours « non » à un référendum.

Entre les deux, il y a entre 20 et 30 % d’électeurs qui observent la situation, attendent d’être convaincus par un camp ou l’autre.

Disons que pour l’instant, dans le camp souverainiste/indépendantiste, la cohésion reste à faire et ne semble pas envisageable de sitôt…

Catégorie: Québec

Des résolutions pour 2013

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 publié le 7 janvier 2013 à 13 h 39

Permettez-moi d’abord de vous souhaiter mes meilleurs voeux pour 2013!

L’arrivée d’une nouvelle année est évidemment le moment d’échanger des voeux, et c’est aussi le moment de prendre des résolutions et d’essayer de les tenir.

Je vous propose de jouer au jeu des résolutions que les partis politiques pourraient prendre en 2013, une année peut-être préélectorale (eh oui!).

PQ :

Un des moments forts de ce début d’année sera le sommet sur l’enseignement supérieur. La promesse de tenir le sommet a ramené les étudiants en classe après un printemps perturbé. Sauf que le gouvernement s’y présentera en ayant déjà joué plusieurs de ses cartes. Il propose l’indexation des droits de scolarité, il met en doute le sous-financement des universités et il demande une meilleure gestion de ces universités. Que restera-t-il à négocier?

Résolution : apprendre à marcher sur des oeufs, si nécessaire, après s’être mis dans le pétrin.

Un autre défi du Parti québécois sera de montrer qu’il peut être un bon gouvernement. Cet automne, il s’est attaqué avec succès à l’intégrité en adoptant plusieurs projets de loi. Les Québécois souhaitent une lutte plus serrée à la corruption et à la collusion, mais ce qu’ils souhaitent surtout c’est améliorer leur qualité de vie. Le gouvernement devra démontrer qu’il a une vision précise du développement économique.

Résolution : s’assurer que quand le gouvernement passe à l’action, il embraye en deuxième vitesse, pas sur le reculons.

PLQ :

Les premiers mois de 2013 seront monopolisés par la course à la direction du parti. Cette course n’a pas soulevé beaucoup de passions jusqu’à maintenant. Il faut dire que les trois candidats se sont concentrés sur les militants pendant les dernières semaines, un exercice qui n’attire pas les caméras. Mais les choses changeront dès dimanche avec le premier de cinq débats. Les libéraux ont bien besoin d’un chef. Leur chef intérimaire, Jean-Marc Fournier, hésite souvent à prendre des positions tranchées pour ne pas lier les mains du prochain chef. Le parti se trouve donc en position de faiblesse dans les débats parlementaires.

Résolution : choisir les bonnes mains pour tenir le nouveau volant du PLQ.

CAQ :

Avec 19 députés, la Coalition avenir Québec se trouve dans le rôle ingrat de deuxième parti d’opposition. Le temps de parole est réduit, mais somme toute, la CAQ a réussi à gagner de la crédibilité cet automne. Son défi est de préparer les prochaines élections en démontrant qu’elle représente le changement, qu’elle fera les choses autrement. Il faut qu’elle aille au-delà des mots, propose des changements concrets, réalisables. Cette démonstration reste à faire.

Résolution : passer du « on verra» au « on veut le voir pour le croire ».

Québec solidaire :

L’arrivée de Françoise David à l’Assemblée nationale a bousculé « l’ordre établi » à Québec solidaire. Avant, QS rimait avec Amir Khadir. Aujourd’hui, Québec solidaire se conjugue au pluriel. Et on constate que M. Khadir doit s’adapter. Au point d’ailleurs que certains se questionnent sur son avenir politique. Reste que Québec solidaire veut faire de la victoire de Mme David un tremplin pour faire élire d’autres députés. Pour ça, il faudra que le parti trouve sa place dans les débats.

Résolution : trouver le bon ton, la bonne stratégie pour préparer la prochaine élection et espérer faire élire d’autres députés.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Catégorie: Québec

Politique québécoise Prévisions 2012

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 publié le 1 janvier 2012 à 11 h 40

JEAN CHAREST

Si la logique prévaut, le premier ministre annoncera qu’il quitte la vie politique d’ici la mi-février. Du prochain scrutin, Jean Charest ne peut pas tirer d’avantages clairs. Au mieux, une victoire marquée par des pertes sérieuses, pour remporter la direction d’un fragile gouvernement minoritaire.

Puisque la logique ne prévaut pas toujours, Jean Charest pourrait décider de persévérer… auquel cas, il risque d’être contraint de tenir des élections d’ici l’été. Le calendrier politique n’appartient plus tout à fait au premier ministre, il est miné par la commission Charbonneau.

Si Jean Charest quittait ses fonctions, il bouleverserait les échéances politiques.  Le Parti libéral devrait lancer une quête pour dénicher un nouveau chef et le prochain premier ministre. La personne choisie entreprendrait ensuite un dangereux périple, parsemé d’obstacles.
 

PAULINE MAROIS

La chef du Parti québécois ne paraît plus être en péril. Son caucus s’est apaisé et en l’absence de toute relève immédiate (Gilles Duceppe n’est manifestement pas prêt pour un retour en politique), les délégués du Conseil national devraient confirmer son leadership ou, à tout le moins, ne pas le contester.

Il y a désormais une certaine urgence électorale et, fin janvier, le Parti québécois n’aura d’autre choix que de miser sur le commandement actuel.

Pauline Marois n’est peut-être plus menacée, mais elle est blessée et affaiblie.

Quoique, parfois, ce qui ne tue pas rend plus fort.

Le puissant taux d’insatisfaction contre le gouvernement Charest permet au PQ d’espérer qu’il pourra se tirer d’affaire, advenant une baisse d’intérêt pour François Legault.

 

 FRANÇOIS LEGAULT

L’année 2011 s’est déroulée à merveille, ou presque, pour François Legault.  D’autant que la création d’un parti est un exercice périlleux et complexe.

2012 sera encore plus exigeante pour celui que les sondages consacrent premier ministre.  La mise sur pied d’une équipe de candidats, l’élaboration du programme électoral, la tenue d’un congrès et la coordination avec l’aile parlementaire comptent parmi les problèmes déjà visibles.

La préparation pour une éventuelle prise de pouvoir pourrait même apparaître sur la liste de tâches de François Legault.

Néanmoins, l’épreuve des faits sera très rude, il n’y a aucun doute. D’autant que François Legault n’est pas toujours le plus dégourdi en ces circonstances.

Le principal avantage de François Legault, c’est qu’il effectue un retour à un moment propice sur la scène politique et qu’il possède, en prime, un certain flair pour jauger l’état d’esprit des Québécois.

C’est la coupe que François Legault veut décrocher – il réclame un gouvernement majoritaire – et, pour le moment, les Québécois paraissent intéresser à la lui offrir.

 

 ET LES AUTRES

Québec solidaire fera tout en son pouvoir pour sortir Amir Khadir de son isolement. Le parti de gauche doit prendre de l’expansion, sa crédibilité en dépend.

Louise Beaudoin ne sera pas candidate et, si la tendance se maintient, Lisette Lapointe sera candidate pour plusieurs partis.

Jean-Martin Aussant a créé l’Option nationale. Ce sera probablement sa seule option.

Pierre Curzi sait qu’il est à son mieux lorsqu’il se représente lui-même, mais il sait aussi qu’il peut difficilement espérer une victoire à titre d’indépendant.

Gérard Deltell va officier aux funérailles de l’Action démocratique du Québec et diriger l’aile parlementaire de choc de la Coalition avenir Québec.  Dans les deux cas, ce seront des rôles de composition.

 

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